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PROSTATITE CHRONIQUE. — LÉSIONS ANATOMIQUES

'3a prostate peut présenter des calculs qui lui sont propres, et dont nous pensons pouvoir annexer la mention à ces détails d’anatomie pathologique.

Fia. 124. — Hypertrophie do la prostate, prédominante au lobe gauche. Saillie considérable do la glande dans la vessie ; déviation extraordinaire du col vésical. (Civiale, t. Il, fig. 12, p. 186.)

Fig. 125. — Hypertrophie énorme de la prostate, portant surtout sur les lobes latéraux; le lobe moyen se réunit par un prolongement à la crête uréthrale, qui fait elle-n.êmc une forte saillie. Trigone vésical soulevé ■ hypertrophie des parois. (Civiale, t. II, fig. 19, p. 208.) ’

Fie. 4 20. — Petit calculs prostatiques (Beale, pl. XXV fig. 434.)

Calculs prostatiques. — Thompson (l), Civiale, Beale, ont donné sur ces concrétions (fig. 126) des détails intéressants. Elles se forment dans les glandules de la prostate par le dépôt, en couches concentriques, d’une matière albuminoïde qui se résorbe ensuite partiellement, et abandonne des sels terreux, particulièrement du phosphate de chaux. Chez les vieillards, ces calculs atteignent un volume assez considérable, et ont des couches concentriques manifestes ; ils sont, d’ordinaire, durs et blancs comme de la porcelaine, rarement fragiles et poreux ; à leur centre on peut encore reconnaître des cellules. De la prostate ils passent assez souvent dans l’urèthre (Civiale), et quelquefois dans les canaux éjaculateurs (de Blegny). Quand ils sont nombreux et volumineux, ils déterminent les accidents de l’inflammation chronique. Quelquefois ils convertissent la prostate en une sorte de

poche spongieuse, à structure aréolaire (fig. 127).

§ V. — Diagnostic, pronostic.

Diagnostic. — Les signes locaux que nous avons précisés, le toucher rectal, le cathétérisme, la présence et l’examen microscopique du liquide de la prostatorrhée, constituent les ressources du diagnostic absolu. On peut y joindre l’examen endoscopique à l’aide duquel Desormeaux (2) assure pouvoir reconnaître les ulcérations de la portion prostatique de l’urèthre et ses fongosités.

Les maladies du rectum ne feront guère illusion si l’on pratique avec soin le loucher par ce canal.

Le cathétérisme fera facilement distinguer un rétrécissement uréthral d’avec les altérations survenues au niveau de la prostate par suite de son engorgement chronique.

La névralgie pure du col vésical est caractérisée par les phénomènes concomitants qui ont tous le cachet de la névrose.

Si l’on craint (1e confondre la prostatite avec la pierre dans la vessie, on procédera à l’exploration de cette

applications au diagnostic et au traitement

faites à l’hôpital Necker.

Fin. 12”. La vessie a clé diviser verticalement par

sa paroi postérieure, el la prosiale par sa paroi inférieure. On voit sur la tranche droite de la coupe une multitude de petits calculs miliaires, brunâtres, semblables à de gros grains de sable, réunis en foyer. La tranche gauche présente la structure celluleuse de la prostate : chacune des cellules contenait un ou plusieurs petits calculs. Une coupe verticale faite sur la paroi supérieure du canal de l'urèthre, établit que la portion de prostate qui entoure celte paroi supérieure présente la même disposition spongieuse et contient également des calculs. (Cruveilhier, Anatomie pathologique du corps humain, 30e livraison. — Civiale, t. II, p. 345.)

(I) Thompson, The enlarged Prostate, p. 265. (2 Ant. Desormeaux, De V endoscope et de ses des a/Jedions de l’urèthre et de la vessie, leçons

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cavité avec un des instruments acl hoc , par exemple, la sonde graduée de Mercier

(fig. 128).

Eig. 128. — 1'. Sonde prostaliquo graduée de A. Mercier, vue entière. — A. Extrémité postérieure à petite

courbure. — B. Patte octogone de la sonde. — II'. Les deux extrémités delà même sonde vues de grandeur

naturelle A et B.

C’est encore cette exploration qui renseignera sur la présence ou l’absence de fongus de la vessie. ,

Il ne sera guère possible de distinguer de l’engorgement de la prostate le cancer ou les tubercules de cet organe, autrement que par les signes rationnels généraux; à moins qu’à une époque avancée l’urine ne renferme quelques détritus caractéristiques ou ne prenne des qualités suffisamment significatives.

Il est généralement difficile, sinon impossible, d’affirmer qu’il y a des complications du côté des vésicules séminales. On a dit que les calculs de la prostate donnaient au toucher ou au contact de la sonde une sensation de crépitation ou de frottement ; ce signe ne repose peut-être que sur une idée préconçue.

Pronostic. — Ce qui a été dit de la marche de la maladie nous dispense d’ajouter que le pronostic est toujours assez grave; en effet, si le malade ne court pas un danger de mort prochaine, il esta craindre que son existence ne devienne une longue maladie, et qu’elle ne soit bientôt abrégée par le fait d’une complication. Heureusement, le traitement peut avoir quelque influence pour prévenir l’issue fatale et même délivrer le palient.

§ VI. — Traitement.

Le traitement de la prostatite chronique des adultes admet les mêmes pratiques que celui de la forme aiguë, sauf une certaine réserve dans la détermination du moment de leur application; l’engorgement hypertrophique comporte différents moyens, la plupart du ressort de la chirurgie, et sur lesquels nous insisterons très-peu.

Poussions sanguines. — La saignée générale est rarement indiquée dans cette forme de la maladie; les applications de sangsues sont plus employées, et Velpeau, Bégin, Ollivier, conseillent d’en faire une tous les quinze ou vingt jours, dans le but d’opérer une espèce de dégorgement continuel.

Bains. — Le bain général n’est pas toujours bien supporté ; les malades ne devront y séjourner que peu de temps. Les bains de siège tièdes procurent presque toujours du soulagement.

Moyens de mercui

intentes. ■ Ou a donné le calomel à doses altérantes, le protoiodure ■<?, 1 iodme de potassium, en raison des propriétés résolutives qu’on leur reconnaît; la térébenthine, dont l’usage est banal dans toutes les affections des voies urinaires; l’acétate de plomb, divers narcotiques ou stupéfiants, en particulier la jusquiame ; les bains de mer elles eaux minérales : Yichv, Contrexéville, Cauterets. Les moyens médicaux, il faut le dire, ont en général peu d’efficacité, et l’on setrouve tôt ou tard forcé de recourir au traitement chirurgical.

Moyens locaux. — Auparavant, toutefois, on aura dû essayer des topiques calmants ou astringents, tels que ceux dont nous allons parler.

On donne des lavements émollients ou astringents, en recommandant au malade de les garde r autant que possible. Miquel (1) a employé avec succès le lavement suivant :

Extrait de ratanhia 1 gram.

Laudanum de Rousseau. . 4 gouttes.

Eau q. s.

Pour un demi-lavement.

Les injections avec la seringue n’ont aucune efficacité, attendu qu’elles n’arrivent pas au siège du mal ; elles doivent être faites à l’aide d’une sonde.

On a introduit dans le rectum des suppositoires au beurre de cacao, à l’extrait de belladone. Enfin, on porte directement dans la région prostatique de l’urèthre des pommades astringentes, de l’onguent napolitain, à l’aide de bougies cmplastiques ou d’instruments imaginés dans ce but.

Deniau (2) se sert d’une sonde de gomme élastique, percée de trous en différents points de sa longueur, dans laquelle joue un petit piston, manœuvré au moyen d’un mandrin de fil de fer recuit. La sonde étant chargée de pommade à l’intérieur, on l’introduit au degré convenable, et l’on fait sortir la pommade à l’endroit voulu en manœuvrant le piston.

Lallemand et Dumont ont tiré un bon avantage de la cautérisation de la région prostatique, au moyen du porte- caustique.

Kiotomie. • — Dans les engorgements d’ancienne date et dans les cas d’hypertrophie prostatique chez les vieillards, on a songé à rétablir le calibre

I . Extrémité du même, de grandeur naturelle, avec sa lame cachée. — 2. Le même avec sa lame en saillie.

Fig. 129.

Instrument de Mercier pour la section des valvules du col de la vessie.

(1) Miquel, Revue méd.-chir. de Paris, 1849.

(2) Deniau, Essai sur l’inflammation subaiguë de la prostate chez les adultes, thèse de Paris, 1865.

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