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manière épidémique. Dans la première épidémie, qui se trouve relatée clans les Actes de Breslau , il est dit que dans les trois derniers mois de l’année 1702 les catarrhes de toute espèce dominèrent et en particulier la leucorrhée, que l’on attribua à l’humidité de la température.

La deuxième épidémie eut lieu à Turin en 1721, où l’hiver, le printemps et l’été furent très-humides, il y eut beaucoup d’alfections catarrhales, principalement la leucorrhée qui atteignait surtout les femmes hystériques.

Enfin, la troisième eut lieu à Paris au mois de septembre 1765. « Ce mois-là fut extrêmement sec, dit Ozanam, et la chaleur fut excessive à Paris : les femmes qui étaient sujettes aux (lueurs blanches en eurent de plus abondantes, et celles qui n’en avaient jamais en furent alîectées avec des tiraillements cl’estomac, des lassitudes dans tout le corps, et des maux de tête assez supportables. Ces symptômes augmentèrent avec l’écoulement. »

On lit dans un autre passage d’Ozanam :

« Le docteur Noël (de Nancy) vit dans une province, en 1769, soixante personnes des deux sexes, mariées, qui furent presque en même temps attaquées de la gonorrhée sans qu’elle fût propagée par un commerce honteux. On regarda celte maladie

comme une épidémie catarrhale. » (P. 128.)

On voit, si ces observations ont été bien prises , que les limites extrêmes de la température, humidité ou sécheresse, peuvent occasionner des écoulements spontanés. A ces exemples, nous pourrions joindre le suivant.

Le climat de la Hollande paraît, pour le même motif, être une cause de leucorrhée chez les femmes de ce pays (voy. tome V, art. Leucorrhée, p. 39 et Ô0).

L 'ingestion de certaines substances médicamenteuses , aphrodisiaques ouemmrnagogues , et l 'abus des boissons fermentées , ont quelquefois occasionné des écoulements bénins.

La bière nouvelle , le vin nouveau, ont été accusés de produire des écoulements bénins, surtout sur les personnes d’un tempérament lymphatique, lorsque ces

personnes en prenaient en quantité immodérée.

La suppression d'un exutoire a aussi, comme nous en donnerons plus loin un

exemple, été suivie de leucorrhée.

L 'éruption des dents est quelquefois l’occasion d’un flux muqueux vers le organes génitaux chez les enfants ; chez les grandes personnes, le fait a été observé à l’occasion de la sortie des dents de sagesse.

L'odontalgie a aussi provoqué cet écoulement.

Enfin, les diathèses ont été regardées surtout comme la cause d écoulements bénins Dans cette circonstance, les écoulements se sont montrés avant ou apres a manifestation de la diathèse ; dans d’autres cas, l’écoulement alternait avec les symptômes de la maladie principale. C’est ainsi qu’en 1851 (1), on a rappor

cas d’écoulement blennorrhoïde de l’urèthre, dus au scorbut. Barthez a rappor phistoire d’un goutteux dont l’écoulement alternait avec les fluxions articulaires.

Chez quelques personnes un écoulement apparaît avec une éruption de furoncles, ou avant ou après.

(1) Gazette médicale de Strasbourg, 1851.

ÉCOULEMENTS MÆNNOUliHOÏOES. — SYMPTÔMES.

§ II. — Symptômes.

Les symptômes des écoulements blennorrhoïdes diffèrent donc suivant la cause qui leur a donné naissance. Si c’est une inflammation, on pourrait confondre l’écoulement blennorrhoïde avec la vraie blennorrhagie, si l’on ne s’en tenait qu’à certains caractères extérieurs. Mais la marche de l’affection éclairera le praticien ; les symptômes d’un écoulement reconnaissant pour origine une violence extérieure, s’amenderont rapidement par la soustraction de la cause irritante, tandis que dans la vraie blennorrhagie, la marche aiguë s’observe jusqu’à ce que la maladie ail atteint son summum d’intensité. Les cas auxquels nous faisons allusion sont ceux qui sont dus à toutes les violences extérieures que nous avons passées en revue précédemment.

Quant aux écoulements dus à des liquides plus ou moins âcres des parties génitales de la femme, ils sont plus ou moins indolents, blancs, peu abondants. Un seul d’entre eux a été étudié jusqu’ici d’une manière spéciale, comme cause d’affection blennorrhoïde, le sang menstruel. Diday (l)a appelé urèthrorhée l’écoulement qui peut en être la conséquence, et en a fait l’objet d’un travail publié dans ces dernières années. Voici la description qu’en donne l’auteur :

« Description. — Un homme se présente dans notre cabinet avec un écoulement uréthral peu copieux (à peine une goutte en huit ou dix heures), ténu, clair, ni jaune, ni même blanc, mais seulement opalin, filant entre les doigts, mais filant assez peu (à 3 millimètres environ).

'> La seule sensation pénible qu’il éprouve, est une chaleur modérée, avec quelques chatouillements : sensation toujours présente, augmentant quand il urine, n'augmentant pas durant l érection; sensation dont le malade lui-même, sans que vous l’interrogiez sur ce point, prend ordinairement l’initiative de vous dire qu’elle ne va pas le moins du monde jusqu’à la douleur, qu’elle ne le fait pas du tout souffrir. Enfin, il n’y a aucun signe objectif d’inflammation, ni rougeur du méat, ni tension de l’urèthre, ni adénite.

» Jusqu’à présent, le lecteur ne voit sans doute là qu’un des nombreux degrés d’acuité que peut présenter toute chaudepisse; mais voici ce qui m’autorise à faire de cet ensemble de symptômes une espèce uosographiquemeni distincte.

» C’est que sur les sujets dont je parle, cette bénignité existe constamment, depuis le commencement jusqu’à la fin de la maladie. C’est là son cachet, son caractère pathognomonique. Ainsi l’indolence et l'aspect particulier de cet écoulement ne constituent sans doute rien moins qu’un état nouveau. Bien loin de là, tout observateur peut les constater dans toute blennorrhagie, d’abord à son commencement puis à la fin, c’est-à-dire avant et après le développement de la période inflammatoire. Mais ce qui n’appartient qu’à l’espèce actuellement décrite, qu’à l’uréthrorrhée, c’est l’absence non-seulement complète, mais persistante, du processus phlegmasique , c’est la chronicité s’établissant dès le début et régnant jusqu’à la fin.

>> Le mot de chronicité convient ici à merveille, il peint un autre caractère de la maladie et non le moins fâcheux. Très-bénigne, ainsi qu’on vient de le voir, et donnant l ’idée d’une simple incommodité passagère, elle est néanmoins très-longue.-

(1 ) Diday, Archives générales de médecine , 186t.

Sa durée, quand on l’abandonne à elle-même, est au moins d’un, souvent de plusieurs mois. Elle ne s’aggrave pas, mais ne s’atténue pas non plus. C’est, en un mot, l’état chronique avec ses attributs d’indolence et de ténacité ; c’est comme une goutte militaire qui commence d’emblée. »

Il est enfin une forme d’écoulement blennorrhoïde de la muqueuse balano-préputiale, très-bénin, très-commun, et dont nous devons dire un mot à cette place. On sait que l’accumulation du smegma est une cause prédisposante de la vraie blennorrhagie balano-préputiale, en ce sens qu’elle dénude le derme du gland et de la muqueuse. Eli bien, l’accumulation elle-même de cet amas d’épithélium, (pii a pour cause l’état couvert du gland, est l’écoulement blennorrhagique le plus commun, celui qui siège plus particulièrement dans la rainure et ne va guère au delà, par opposition à la vraie blennorrhagie balano-préputiale, qui étend généralement son action à toute la surface du gland ou de la face interne du prépuce.

C’est la balanite ou la posthite vulgaire, très-commune, tandis que la vraie blennorrhagie balano-préputiale est relativement rare. C’est cette balanite commune que l’on voit caractérisée quelquefois par quelques plaques séparées par des intervalles sains, de moins en moins nombreuses à mesure qu’on s’approche de la rainure.

C’est dans ces cas blennorrhoïdes que l’on a vu des exulcérations de la muqueuse balano-préputiale se recouvrir de membranes plus ou moins adhérentes. L’intlamvnation dont nous parlons existe chez la femme dans la région où la muqueuse se produit, c’est-à-dire sous le fourreau du clitoris et entre la partie supérieure des petites Sèvres. L’épithélium de la région s’accumule ici comme sous le prépuce pour déterminer l’inflammation dont nous pai Ions.

Quant aux autres écoulements de la muqueuse balano-préputiale, c’est-à-dire ceux qui tiennent à une disposition diathésique, leur histoire rentre dans la description des écoulements blennorrhoïdes de l’homme et de la femme, dont nous

allons parler d’une manière très-générale.

I es écoulements dus à un état général 'particulier de l’organisme ou à une diathèse sont généralement beaucoup plus abondants, tout en conservant leur bénignité au point de vue de la douleur et de la contagion.

° voyons d’abord, par des exemples, comment se comportent les écoulements symptomatiques d’une diathèse. Commençons parles écoulements symptomatiques de la diathèse dartreuse.

Alibert (1), l’éminent dermatalogue, cite l’exemple d’une jeune fille atteinte d’une dartre furfuraeêë qui alternait avec une leucorrhée abondante non contagieuse.

Baumès (2) a rapporté le fait suivant :

„ un individu menant une vie débauchée ayant, outre deux maîtresses entretenues plusieurs maîtresses intercurrentes, est affecté depuis son bas âge, cl par une disposition héréditaire, d’une éruption érythémato-vésiculeusc à la partie interne et supérieure de la cuisse gauche. 11 arrive assez souvent à celte dartre de pâlir, de disparaître presque entièrement, et alors il survient un picotement, une

m Alibert Dictionnaire des sciences médicales en 60 volumes. (2) Paumes, Traité des maladies vénériennes, 1840.

SYMPTOMES

ÉCOULEMENTS BLENNORRHOÏDES. —

chaleur dans le canal de l’urèthre et un suintement muco-purulent blanchâtre qui dure jusqu’à ce que la dartre reparaisse.

» Jamais, avec cet écoulement, il n’a rien communiqué à ses maîtresses; mais ayant contracté, sept à huit jours après le coït exercé avec une fdle de la Guillottière (1), un nouvel écoulement, qui causait d’abord peu de douleur, il confondit cet écoulement avec ceux auxquels il était habituellement sujet, et ne cessa pas par conséquent ses rapports avec ses autres maîtresses. Il communiqua ainsi une blennorrhagie à ses deux maîtresses entretenues et à une femme mariée qui la transmit à son mari, etc. »

Nous avons tenu à citer cet exemple, parce qu il montre bien la distinction qui existe entre les écoulements que nous appelons blennorrhoïdes et les vraies blennorrhagies : bénignité et non-contagion, d’une part; état aigu, douloureux et contagion, de l’autre. L’écoulement peut quelquefois être verdâtre et avoir ainsi une apparence d’écoulement inflammatoire contagieux; mais dans ce cas, 1 écoulement verdâtre n’est pas accompagné de symptômes de phlogose, tout se passe à froid, comme le montre l’exemple suivant, que nous empruntons à l’ouvrage de J. Rollet (2) :

« J’ai vu moi-même, dit l’auteur, il n’y a pas très-longtemps, une jeune dame quia été également visitée par beaucoup d’hommes spéciaux et même par des médecins légistes. Elle avait une vaginite purulente des plus marquées; elle portait aussi à la vulve et à la partie interne des cuisses des végétations confluentes, quelques-unes assez grosses. Cette jeune dame, d un tempérament éminemment lymphatique, avait été sujette, dans son enfance, à des affections diverses de la peau et des muqueuses ; elle avait eu longtemps un cautère a la cuisse qu on avait laissé clore au moment de son mariage. Le mari voulait une séparation. Cependant il avait cohabité pendant plusieurs mois avec sa femme ; il avait même, dans le principe, eu avec elle des rapports très-fréquents, et jamais il n avait rien contracté. J’ai observé depuis lors plusieurs cas semblables, c est-à-dire qu à ma connaissance, nombre de maris ont pu cohabiter impunément avec leurs femmes affectées d’écoulements franchement purulents. »

Dans l’observation précédente, l’écoulement est lié à un état lymphatique exagéré ou à la diathèse scrofuleuse.

Dans les exemples qui vont suivre, l’écoulement alterne avec la diathèse goutteuse ou coïncide avec les manifestations de cette maladie.

Jourdan (3) cite, d’après J. Storck, l’observation «d une femme de trente ans, d’un tempérament mélancolique, qui, après être accouchée d’une fdle, fut prise d’une leucorrhée, laquelle s’étant arrêtée, fut remplacée par de grandes douleurs au gros orteil. Après plusieurs remèdes, l’orteil guérit, et les llueurs blanches reparurent, alternant ensuite pendant plusieurs années, avec une céphalalgie et une odontalgie. » Pinel et Bricheteau ont cité des cas analogues (ù).

Jourdan signale le vrai caractère de ces écoulements bénins : « Ces écou-

(1) L'n des faubourgs de Lyon de celte époque où se trouvaient alors les maisons publiques les moins bien tenues.

(2) J. Rollet, Traité des maladies vénériennes. 1865, p. 211.

(3) Jourdan, Dictionnaire des sciences médicales en 60 volumes, t. XIX, art. Goutte,

1) Pinel et Bricheteau, Dictionnaire en 60 vol,,t. XX VIII . p. 23.

77 K MALADIES DES VOIES C.fiNÏTO-UR IN AIRES.

lements sont aqueux et abondants, dit-il, et particulièrement chez les femmes; c’est comme un torrent de petit-lait qui s’écoule par la vulve. » Stoll (1) paraît avoir fait les mêmes remarques. De Plaigne (2), cité par Barthez (3), « a observé une succession alternative d’une douleur de goutte au gros orteil et d’un écoulement par l’urèthre qui était parfaitement semblable à un flux vénérien. Dans la seconde reprise de cet écoulement, de Plaigne lit appliquer un vésicatoire à l’endroit de l’articulation goutteuse, qui, dans peu de jours, y reproduisit la goutte, ce qui fit cesser le flux de l’urèthre. »

A l’article lxxx intitulé : Flueurs blanches et gonorrhée causées par la goutte, Barthez s’exprime ainsi : « Des hommes habituellement goutteux, surtout lorsqu’ils sont dans un Age avancé, sont parfois sujets à des gonorrhées dont la nature est purement arthritique. '» XVhyt a vu une semblable gonorrhée se renouveler fréquemment chez la même personne.

Kæmpf (A) rapporte une histoire qui lui a été communiquée par Thilenius, d’un homme qui avait, tous les deux ou trois ans, une attaque de goutte très-complète, qui commençait toujours par un flux de l’urèthre, semblable à une chaudepisse, dont la nature, en se séchant, prenait la forme d’une substance crayeuse fort atténuée.

Barthez ajoute : « Des femmes sujettes h la goutte, et avancées en âge, ont aussi quelquefois des flueurs blanches de nature goutteuse. » Barthez donne un peu plus loin le caractère général de ces écoulements : « Chez les femmes, dit-il, cet écoulement est séreux et semblable à du petit-lait trouble. » Murray (5) s’est aussi occupé de cette question et en a donné des exemples.

Ainsi, d’après les observations qui précèdent, on voit qu’un des symptômes essentiels des écoulements blennorrhoïdes dus h une cause plus ou moins irritante, est de cesser spontanément par la soustraction de la cause productrice. « Il y a en apparence, dit Rollet, la plus grande ressemblance entre ces écoulements et celui de la blennorrhagie, cependant il y a entre eux au fond une différence trèsgrande, et pour ne parler que de leur issue habituelle, les écoulements une fois soustraits à l’action de la cause qui les a produits se terminent plus vite et guérissent plus simplement que les écoulements vraiment blennorrhagiques (6). »

On voit encore que les écoulements dus à une cause générale sont remarquables par leur indolence, et se distinguent des premiers par cette indolence plus grande, non moins que par l’abondance ordinaire de l’écoulement.

§ III. — Diagnostic, pronostic.

Le diagnostic ressort des considérations qui précèdent; deux cas se présentent : il s’agit 1° de distinguer les écoulements blennorrhoïdes de la vraie blennorrhagie;

(1) Stoll, Traité de médecine pratique.

(2) De Plaigne, Journal de médecine , mars 1788, t. LXX1V, p. 425.

(3) Barthez, Traité des maladies goutteuses , p. 181, édition d eY Encyclopédie des sciences

médicales. Paris, 1855.

(4) Kæmpf, Abhandlung von einer neuen Méthode , die hartnückigsten Kran/cneiten, aie

ihren Sitz im Unierleibe haben, sicher und gründlich zu heilen, 2e édit., p. 540 .

(5) J. And. Murray, De materia arthritica adverenda aberrante, sect. I et U. Gottingue, 1785,'in-4.

(6) J. Rollet, loc. cit,y, p.'238

ÉCOULEMENTS RLENNORRIIOÏDES. — DIAGNOSTIC.

2° de distinguer les écoulements blennorrhoïdes les uns des autres. Dans le premier cas on peut avoir à différencier l’écoulement blennorrhoïde dû à une cause

irritante de la vraie blennorrhagie. I ' ’

Il est évident qu’une confusion ne peut pas exister entre les deux étals a la période aiguë de la vraie blennorrhagie. « Quand il y a inflammation vive du canal, dit Rollet (1), tumeurs granuleuses le long de l’urèthre, perte de souplesse des parois uréthrajes, érections douloureuses, et courbure cordée de la verge, quelque ressemblance que puisse avoir alors l’écoulement blennorrhagique en lui-même avec l’écoulement blennorhoïde, aucune hésitation n’est possible, le diagnostic ne peut pas rester incertain. »

Nous ajouterons que les complications ordinaires de la blennorrhagie ne s observent pas d’une manière très-générale dans les écoulements blennorrhoïdes.

Mais lorsque la vraie blennorrhagie se présente à l’état subaigu, c est-à-dire avec l’aspect et les symptômes de l’écoulement blennorrhoïde dépendant d une cause traumatique, alors les difficultés peuvent devenir extrêmes, il faut bien l’avouer, car l’incubation de la blennorrhagie qu’on avait donnée comme caiactère distinctif, n’a pas réellement la valeur qu’on lui attribue, ainsi que nous l’avons montré plus haut; d’un autre côté « la marche, la durée et les caractères objectifs de l’écoulement sont tellement variables dans les deux maladies, selon les cas particuliers, qu’il y aurait de la témérité à se prononcer d’une manière absolue » (Rollet). Il faut l’avouer, il y a là un desiderata qui sera peut être comblé ultérieurement par les progrès de la science, mais qu’il ne nous était pas permis de dissimuler.

Quant à distinguer l’affection blennorrhoïde de la muqueuse balano-préputiale, de la vraie blennorrhagie balano-préputiale, on aura, dans cette seconde, 1 envahissement de tout le gland, des symptômes inflammatoires plus aigus, tandis que dans la première la localisation dans la rainure et des symptômes inflammatoires peu accusés serviront à établir le diagnostic.

La blennorrhagie chronique se distinguera de l’écoulement blennoi i hoïde suitout par les commémoratifs. Un individu atteint de blennorrhagie chronique sait qu’il a eu antérieurement un écoulement à caractères inflammatoires, avec douleur, écoulement verdâtre, jaunâtre, muco-purulent ou purulent, avant d avoir 1 écoulement actuel, ténu, clair, opalin, filant.

Les états subaigus seront distingués des écoulements blennorrhoïdes à causes diathésiques, par l’existence concomitante des manifestations de la diathèse, ou par l’interrogatoire, si les manifestations venaient de disparaître.

Les écoulements blennorrhoïdes peuvent être distingués les uns des autres.' Ceux qui sont dus à une cause plus ou moins inflammatoire ont des caractères d’inflammation ou de subinflammation, ceux, au contraire, qui sont symptomatiques d’un état général se passent pour ainsi dire à froid.

Les premiers sont caractérisés par un écoulement qui arrive vite à la purulence ; les seconds restent en général blancs, séreux, ils sont plus abondants que les premiers et ne sont pas douloureux.

Enfin l’interrogatoire ou les symptômes contemporains de la diathèse fixeront le praticien.

(1) .1. Rollet, Traité des maladies vénériennes. Paris, 1865, p 208.

MALADIES DES VOIES OflNTTO-Ii RT\A I R ES.

L affection blennorrhoïde inflammatoire se distinguera de l’écoulement blcnnorrhoide diathésique, en ce que ce dernier est plus considérable, incolore, sans signes d inflammation ; de plus, la présence des signes de la diathèse concourttante servira a établir le diagnostic.

§ IV. — Traitement.

Le traitement est extrêmement simple.

Deux cas peuvent se présenter, suivant la cause qui a donné lieu à l'écoulement blennorrhoïde.

Si c est une cause irritante, une violence extérieure, comme une injection, l’introduction de corps étrangers dans telle ou telle partie génitale, la maladie s’amendera immédiatement par la soustraction de la cause. Quelques soins de propreté et cette simple soustraction de la cause suffiront pour permettre à la guérison de s’effectuer sans autre traitement. Mais il sera bon, pour hâter cette guérison, de garder le repos, de prendre quelques grands bains, des tisanes délayantes, un îégime moins azote que d habitude, pour ne pas donner à l’urine des qualités irritantes au moment ou la muqueuse du canal de 1 urelhre vient à être privée momentanément de son épithélium par la suppuration. Les balsamiques n ont point, dans les formes blennorrhoïdes, l’efficacité qu’on leur voit dans la vraie blennorrhagie. Aussi fera-t-on bien de s’en abstenir pour ne pas fatiguer inutilement l’estomac des malades.

L affection blennorrhoïde inflammatoire de la muqueuse balano-préputiale sera traitée par des soins de propreté et, au besoin, par une cautérisation légère de nitrate d'argent.

Lorsque ce n est plus une cause pour ainsi dire traumatique, comme une irritation, qui a donné naissance à 1 écoulement, lorsque celui-ci a été provoqué par 1 action plus ou moins acre des règles, voici les conseils thérapeutiques que donne Diday (1) : « Je combats d’abord, dit l’auteur, par les délayants et les antiphlogistiques légers le peu d’irritation qui peut exister, j’insiste même sur les agents de cet ordre, non pas avec plus de vigueur, mais plus longtemps que cela ne paraîtrait, au premier coup d’œil, nécessaire. C’est que, s’il n’y a pas, par le fait, grande irritation à combattre, je n’oublie point que celte médication est la seule que l’expérience m’ait enseignée être de quelque efficacité. Je maintiens donc, malgré leur impatience et malgré l’absence apparente d’indication , je maintiens mes malades à ce régime pendant quinze, vingt et même trente jours, et ce n’est qu’ensuite que j’use d’injections astringentes variées; employées plus tôt, il est à peu près certain qu’elles échoueraient. Néanmoins, comme l’usage de ces injections est sans aucun danger, on peut, si le client le désire, y avoir recours dès le début du mal, l’y autoriser; mais il importe de l’avertir que très-probablement la médication ainsi brusquée échouera et qu’il sera forcé de subir après coup la période de préparation par les délayants, à laquelle il voudrait se soustraire.

» L’administration de quelques purgatifs salins, alors même qu’ils ne semblent pas indiqués par un état saburral manifeste, m’a paru concourir utilement à la guérison à titre de dérivatif. »

(1) Diday, Archives générales de médecine, 1861 .

ÉCOULEMENTS RLENNORRHOÏDES. — TRAITEMENT.

D’après ce que nous avons pu voir dans la pratique, cette longue période de préparation par les délayants ne nous a pas paru jusqu’ici suffisamment justifiée. Diday cite parmi ses intéressantes observations deux cas de guérison rapide, entre autres celui de l’observation xm de son mémoire. « Je pus encore aller plus vite, dit-il, chez le sujet de mon observation xm; il prit, dans l’espace de dix jours, trois purgations au citrate de magnésie, cinq bains, les boissons délayantes, et il se trouva guéri. »

C’est en insistant, dès le début, sur les purgatifs qu’on peut espérer une solution plus prompte ; puis les bains et quelques injections astringentes nous paraissent plus indiqués que ces vingt à trente jours de tisanes délayantes. Le dernier exemple que nous avons cité, en l’empruntant à Diday, est bien fait pour engager les praticiens à imiter cette dernière conduite.

Diday s’est demandé si les écoulements plus ou moins âcres des voies génitales, comme l’ichor d’un cancer utérin, les lochies, etc., ne produisaient pas un écoulement analogue à celui qu’il a décrit comme étant spécial aux règles.

Il n’existe pas à notre connaissance d’observations précises de ces derniers faits, mais, par analogie, on peut le supposer, et il est rationnel de leur appliquer un traitement analogue.

Le traitement des écoulements symptomatiques d'un état général ou d’une diathèse , est celui de la diathèse elle-même.

Nous renvoyons pour cela aux articles Goutte (tome I), Dartres (tome V), Scrofules (tome I), etc., dont l’écoulement n’est que le symptôme. Les bains de rivière , les bains de mer et l’ hydrothérapie sont d’excellentes médications adjuvantes.

Disons encore que les bains de vapeur térébenthinée nous ont paru avoir une action manifeste sur les écoulements de la muqueuse de l’urèthre, dont nous venons de nous occuper. Mais, comme les petites villes et les villages ne sont pas dotés d’établissements spéciaux, nous ne saurions trop conseiller l’appareil portatif dont le docteur Chevandier (de Die) vient de doter dernièrement la thérapeutique (1).

Résumé. — i° Écoulements Itlcnnorrhoïdes de cause externe. — Soins de propreté ; faire disparaître la cause ; antiphlogistiques légers.

2° Écoulements de cause diuthési<|ue. — Traitement de la diathèse ellemême ; y joindre, s’il y a lieu, l’hydrothérapie et les bains de rivière, de mer, de vapeur térébenthinée.

(1) Chevandier (de la Drôme), Gazette médicale de Lyon, 1865, n° du 16 juillet, p. 324.

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