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CANCER DE L’INTESTIN

Le cancer de l'intestin est moins fréquent que celui de l’estomac, et même, si l’on excepte le rectum et la partie inférieure du côlon, on peut dire que le canal intestinal est fort rarement atteint de cette maladie.

§ I. — Causes.

Nous ne connaissons pas mieux les causes du cancer de l’intestin que celles du cancer des autres organes.

§ II. — Symptômes.

Us varient en partie, suivant le point de l’intestin occupé par le cancer. Si celui-ci se trouve dans une portion très-voisine de l’estomac, comme dans le

CANCER DE i/lNTESTÏN.

duodénum , les symptômes ne diffèrent pas sensiblement de ceux du cancer gasi trique. Le cancer de la partie moyenne de l'intestin grêle e st le plus rare de t tous ; il donne lieu aux coliques, aux troubles de la digestion, aux alternatives de diarrhée et de constipation, à la présence d’une tumeur dont le siège n’est i point ordinairement sur le trajet du gros intestin. Le cancer de la fin de V iléon et du commencement du cæcum, plus fréquent que le précédent, se distingue par le siège de la tumeur à laquelle il donne lieu, et par l’obstacle au cours des i matières.

Cancer de l’S iliaque, du côlon et du rectum. — Le principal Symptôme auquel donne lieu ce cancer est d’abord une constipation plus ou moins opiniâtre, -suivie, à une époque plus avancée de la maladie, d’une diarrhée qu’il est trèsildifficile de vaincre. On a pensé que cette diarrhée était due principalement à I rulcéralion du cancer; mais le fait n’est pas exact, et l’on trouve des cas (Vidal, de (Cassis (1) ),où le cancer non ulcéré a pour principal symptôme l 'incontinence des matières fécales. La douleur n’est pas un phénomène constant ; elle manque trèsssouvent au début, et peut ne se montrer à aucune époque de la maladie.

La palpation et la percussion font reconnaître l’existence d’une tumeur dans la ( fosse iliaque gauche, lorsque la maladie siège vers l’S iliaque du côlon, dont elle occupe principalement la courbure (Chanu) (2). Quand le cancer occupe une partie plus profonde, c’est à l’aide du toucher rectal ou bien du spéculum ani qu’il faut chercher à reconnaître cette tumeur. Parfois elle est tellement située, qu’elle échappe à l’investigation.

A ces signes du cancer occupant la partie inférieure du gros intestin, il faut joindre un certain degré de dépérissement, à' affaiblissement, et la pâleur des téguments, très-remarquable dans quelques cas.

A une époque plus avancée, les accidents deviennent beaucoup plus graves : i alors surviennent la diarrhée et Y écoulement par l'anus d'une matière sanieuse, sanguinolente, purulente, présentant l’odeur caractéristique du cancer. En même ( temps, des douleurs plus ou moins vives peuvent se faire sentir, le dépérissement i augmente, le faiblesse devient extrême, et l’on observe les divers symptômes généraux des autres cancers et principalement du cancer de l’estomac. Parfois la tumeur cancéreuse est assez volumineuse pour occasionner des symptômes de compression • sur les organes voisins. Nous avons vu, il y a douze ans, à l’hôpital de la Pitié, un homme qui présentait à la région hypogastrique, un peu à gauche, une tumeur dure et bosselée, et qui se plaignait principalement d’une difficulté notable dans l’émission des urines et de douleur dans. la vessie. On avait peine à croire à l’existence d’une tumeur de ce dernier organe ; mais le toucher rectal faisait reconnaître une tuméfaction considérable avec végétations, produisant un liquide sanieux et fétide, et la diarrhée continuelle que le malade éprouvait depuis longtemps achevait d’établir le diagnostic. La tumeur , en effet, avait pris naissance dans les parois du rectum et comprimait seulement la vessie par son développement. On comprendra quels doivent être les effets analogues des cancers situés dans d’autres points de l’intestin.

Requin a cité un cas dans lequel un cancer du côlon avait déterminé par son

(1) Vidal (de Cassis), Du cancer du rectum et des opérations qu’il peut réclamer. Paris. 1842, in-8.

(2) Chanu, Du cancer du rectum, thèse. Paris, 1842.

Valleix, 5e édit.

ulcération la communication de cet intestin et de l’estomac. Il en était résulté des vomissements de matières fécales qui du côlon passaient dans l’estomac. Des communications semblables peuvent s’établir entre l’intestin et les autres organes creux contenus dans l’abdomen.

g III. — Marche, durée, terminaison.

La marche de cette affection est chronique. Sa durée peut se prolonger pendant plusieurs années, et sa terminaison est toujours fatale, à moins qu’elle n’occupe une partie du rectum accessible aux opérations chirurgicales. De grandes hémorrhagies, dues à l’ulcération, et la perforation de l’intestin, hâtent parfois cette terminaison fatale.

§ IV. — Lésions anatomiques.

Les diverses formes du cancer, les ulcérations, les végétations, en un mot, tout ce que nous avons décrit à l’occasion du cancer de l’estomac se retrouve dans le cancer de l’intestin. Parfois on trouve, dans la partie occupée par la dégénérescence cancéreuse, des corps étrangers, comme des noyaux de fruits, etc.

§ V. — Diagnostic, pronostic.

L’existence d’une tumeur accompagnée de symptômes de dépérissement, de cachexie cancéreuse, met facilement le médecin sur la voie. Chez un enfant affecté d’un cancer du commencement du cæcum, une grande quantité de noyaux de cerises étaient accumulés dans la partie de l’intestin affecté. Il existait une tumeur dans la fosse iliaque droite, et si l’on pressait sur cette tumeur pour apprécier sa résistance, la collision des noyaux de cerises donnait lieu à une espèce de crépitation qui aurait pu faire croire à l’existence d’un emphysème (Cruvcilhier). Dans un cas semblable, les bosselures que présente ordinairement la tumeur et la matité a la percussion préviendront l’erreur.

§ VI. — Traitement.

On peut, en pratiquant la dilatation h l’aide de sondes, de mèches, comme dans le rétrécissement simple, prolonger les jours du malade, et la chirurgie est parvenue à pratiquer des opérations qui intéressent une partie assez élevée de 1 intestin, opérations que l’on croyait impossibles autrefois ; nous devons renvoyer aux

traités de chirurgie (1).

Moyens palliatifs. - Ils ne diffèrent pas sensiblement de ceux que nous avons iudinués h l’occasion du cancer de l’estomac. Un accident est quelquefois arrive. Des lavements laudanisés, h une dose ordinaire, ayant été administrés a des sujets mii iv aient une ulcération cancéreuse du rectum, il en est résulte un véritable empoisonnement. On a attribué cette action insolite à la promptitude de 1 absorption par la surface ulcér ée.

(1) Vidal (de Cassis), voy. Traité de pathologie externe. 5° édition par le docteur Fano. Paris, 1361, t. IV, p. 545.

ENTÉRALGIE. — SYMPTÔMES.

ARTICLE XIII

ENTÉRALGIE.

§ I. — Définition, synonymie, fréquence.

Rien n’est plus mal défini que Y entéralgie. En lisant les auteurs, on ne sait, en effet, quels sont les cas qu’il faut particulièrement lui rapporter. Il est un grand nombre d’affections qui occasionnent des douleurs intestinales, et très-souvent on n’a vu en elles que la douleur, ce qui a engagé à en faire des névroses. Aussi, sous le nom de coliques nerveuses , remplacé généralement aujourd’hui par celui à' entéralgie, a-t-on rangé des douleurs des parois intestinales, des douleurs résultant de la distension intestinale qui a lieu dans la tympanite, etc. Ses symptômes ne diffèrent sensiblement de ceux de la gastralgie que par le siège.

§ II. — Causes.

Les causes sont généralement les mêmes (pie celles de la gastralgie.

§ III. — Symptômes.

Symptômes. — On observe d’abord une douleur très-variable par son intensité, occupant principalement le pourtour de l’ombilic, quelquefois assez violente pour arracher des cris aux malades et pour leur faire prendre des positions bizarres; assez souvent calmée et non modifiée dans sa nature par la pression ; quelquefois, au contraire, augmentée. Ce symptôme n’est pas ordinairement exaspéré par l’ingestion des aliments, comme la douleur de la gastralgie. C’est dans le cours de la digestion, et lorsque les matières commencent à pénétrer dans l’intestin, que l’exacerbation a lieu et devient parfois excessive. Tantôt les douleurs sont concentrées dans le point qui vient d’être indiqué, et tantôt elles s’irradient dans les diverses parties de l’abdomen.

Les sujets affectés d’entéralgie ont ordinairement des flatuosités incommodes, et souvent les gaz, n’étant pas chassés au dehors, s’accumulent dans l’intestin; il v a alors tympanite intestinale. Des borborygmes , la tension du ventre, la sonorité extrême de cette partie à la percussion, en sont la conséquence. La constipation est ordinairement opiniâtre, mais il survient souvent, surtout immédiatement après les repas, une diarrhée passagère.

C’est par des crises que se manifeste surtout l’entéralgie. Pendant ces crises ou accès, on observe une anxiété fort grande, le froid des extrémités , une sueur froide, une décomposition des traits, parfois enfin la lipothymie et la syncope. Le pouls présente alors un certain degré d’accélération, de concentration et de faiblesse; mais hors de ces circonstances, il est calme, naturel, quelquefois un peu ralenti. On a remarqué que ces crises avaient principalement lieu à la suite ■des émotions vives, après des travaux prolongés, et pendant le travail de la digestion.

§ IV. — Marche, durée, terminaison de la maladie.

La marcha de la maladie, sa durée et sa terminaison ne diffèrent pas de celles de la gastralgie.

§ V. — Diagnostic, pronostic.

Ce n’est pas avec l 'entérite qu’on pourra confondre l’entéralgie, aussi ne nous y arrêterons-nous pas. Mais il est une affection qui ressemble beaucoup à celle dont il s’agit ici : c’est la névralgie lombo-abdominale. Dans cette névralgie, les douleurs sont parfois excessives ; elles reviennent par accès; un des points qu’elles occupent se trouve à l’hypogastre et aux environs de l’ombilic. Voilà de nombreuses caisses d’erreurs. Dans l’entéralgie, la pression n’est ordinairement pas douloureuse ; dans la névralgie lombo-abdominale , au contraire, outre le point hypogastrique et ombilical, on trouvera les points lombaire et latéral qui la caractérisent.

ce seul signe suffit pour le diagnostic. I

Le rhumatisme des parois abdominales pourrait aussi en imposer; mais la persistance des douleurs, la difficulté des mouvements intéressant les muscles affectés, l’absence des flatuosités, lèveront bientôt tous les doutes.

Quant à la colique hépatique et à la colique néphrétique , le siège est différent, et ces affections ne pourraient donner lieu à une méprise qu’à une observation très-

peu attentive.

Le traitement de l’entéralgie ne diffère pas sensiblement de celui de la gastralgie. Les lavements opiacés, quelques laxatifs pour vaincre la constipation, 1 application des révulsifs aux environs de l’ombilic, en forment la base.

On trouve dans le journal la Verdad, de Madrid (184*2), deux cas d entéralgie guéries par le chloroforme administré comme il suit :

2 c. Eau de fleurs de tilleul. . . AO gram. I Mucilage !•

Chloroforme 12 gouttes. (

Dose : une cuillerée de quart d’heure en quart d’heure.

ARTICLE XIV

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