OXYURES VERMICULAIRES
Quant aux symptômes auxquels ils donnent lieu, ils ne se manifestent pas dans liions les cas. Il n’est pas rare de trouver sur les cadavres une quantité très-cousi- Uérable d’oxyures, sans que l’on ait été averti de leur présence pendant la vie. DDans d’autres circonstances, ils peuvent déterminer des accidents notables. Ainsi Plusieurs auteurs ont attribué des troubles nerveux très-graves à l’influence de ce t/er; mais n’a-t-011 pas, dans le plus graud nombre des cas, eu affaire à de simples coïncidences? Le seul symptôme qui soit propre à l’oxyure vermiculairc, est une idve démangeaison vers l'anus; dans quelques cas, cette démangeaison devient intolérable. Cruveilhier (1) a cité un cas dans lequel l'intensité de ce symptôme ■tait très-remarquable; et ce qu’il y avait surtout de curieux, c’est que la sensation, qui allait jusqu’à une douleur véritable , se reproduisait toutes les nuits à la nnême heure. Nous avons vu, chez un enfant de deux ans et demi, quelque chose l ie semblable. Toutefois la sensation ne paraissait pas s’élever jusqu’à une douleur i'ive; il paraissait n’y avoir qu’une démangeaison violente, et le symptôme se reproduisait le soir, peu de temps avant l’heure du Coucher, empêchant l’enfant de .’i’endormir pendant un temps quelquefois assez long. Lorsqu’il en est ainsi, on coitles enfants s’agiter, porter leurs mains à l’anus, le comprimer, y exercer de Mortes frictions, et parfois s’asseoir par terre en poussant des cris.
L excitation produite sur le rectum peut se propager aux organes génitaux voisins, et provoquer la masturbation, ou produire un écoulement vaginal, et des •oertes séminales involontaires. [Lallemand (2) a rapporté sept cas de pertes séminales ilans son livre ex professo. ] Nous reviendrons sur ce sujet à propos de la leucorrhée !t de la spermatorrhée.
Le diagnostic de cette affection ne présente généralement pas de difficultés dans ~es cas où il existe quelque symptôme. Une démangeaison très-vive, revenant 'Principalement le soir, occupant l’anus et l’intérieur du rectum, mettra facilement nu la voie; et si I on examine 1 anus, on peut reconnaître facilement les oxyures 'l'agitant avec vivacité dans les plis radiés.
Le pronostic n a pas de gravité réelle; mais l’incommodité produite par ces vers, ui facilité avec laquelle ces petits animaux se reproduisent, et la difficulté que l’on i a les atteindre à Laide des médicaments, cachés qu’ils sont dans les replis de intestin, font que, dans un assez grand nombre de cas, le médecin ne doit pas irai ter cette affection avec légèreté.
Traitement. Ou a recommandé contre les oxyures des remèdes dirigés contre es ascarides; mais il en est quelques-uns qui leur sont plus particulièrement pplicables. [En général, le traitement doit être continué pendant deux ou trois remailles.]
Nous avons déjà parlé de la suie; c’est en lavements qu’on administre ce remède. Il suffit de donner un lavement par jour avec une décoction de suie (30 à AO gram. •oour 100 gram. d’eau.)
L eau froide a été en premier lieu vantée par Van Swieten. llosen la recommande aussi, et la donne en boisson aussi bien qu’en lavements.
l'iaenkel, cité par Barthez et Rilliet, a préconisé les deux lavements suivants :
(1) Cruveilhier, Dictionn. de yiédec. et de chirurgie pratiques, art. Entozoaires, p. 337.
(2) Lallemand, Des pertes séminales involontaires , t. III. p. 116, 247.
I ol
MALADIES DES VOTES DIGESTIVES
le premier consiste dans l’infusion de S à 16 grammes d’herbe d’absinthe dans 60 grammes d’eau ; le second, dans lequel IV/ et Vam fœtidu sont réunis, consiste dans I mfusion de 8 grammes de bulbe d’ail frais dans 125 grammes d’eau bouillante. On ajoute à la colature 1 gramme d’«s« fœtida dissous dans un jaune d’œuf.
Le même auteur prescrit aussi des lavements d’eau de chaux dans la proportion de 90 grammes d’eau de chaux pour 30 grammes de décoction de guimauve
Guersant recommande le sulfure de potasse en lavements ainsi qu’il suit :
3e Sulfure de potasse 30 à (30 gram. | Eau 250 gram
[On a aussi prescrit la décoction de deux gousses d’ail dans du lait.]
On n’a fait aucune recherche pour savoir si l’un de ces lavements a plus d’efficacité que les autres.
On injecte une certaine quantité d'huile d'olive dans le rectum, ce qui est utile contre les démangeaisons.
Dans le cas cité par Cruveilhier, un peu d'onrjuent gris, posé sur l’anus pendant quelques jours, débarrassa complètement le malade. Nous avons obtenu le même effet en faisant frictionner l’anus avec la pommade suivante, dont on introduisait une petite quantité dans l’extrémité inférieure de l’intestin :
^ Axonge 25 gram . | Calomel 5 gram>
Mêlez.
Ce médicament topique, ioit simple, parait devoir être particulièrement recommandé. Toute autre pommade mercurielle agirait de la même manière.
[Debout (1), le picmici, a appelé I attention sur les propriétés anthelmintbiques du sucre , qu d administie en lavements et en lotions contre les oxyures vermieu— Iaires. ]
3° TRIGIIOCÉPHALE.
Ce ver est linéaire, long de h à 6 centimètres, capillaire, aminci du côté de la tète, renflé et pyriforme à la partie postérieure chez le mâle. La partie amincie ou
Fig. 7. — Trichocéphale. — a. Mâle. — b. Femelle. — c. Extrémité céphalique, avec la bouche lcrminale. — d. Extrémité caudale du mâle avec sa gaine masculine et spinale. — e. Œuf.
(Moquin-Tandon, fig. 128.)
antérieure est la plus longue ; la partie postérieure est droite chez la femelle. Le mâle est moins développé que celle-ci (%■ 7).
Cet animal se rencontre principalement dans le cæcum et dans le côlon.
Il est rarement en très-grande quantité; cependant on en peut trouver un nombre immense. [La fréquence de ces vers est telle, que Rudolphi, Mérat, et après eux Davaine (2), prétendent qu’ils existent chez la moitié des sujets.]
On n’a assigné aucun symptôme particulier 'a cette espèce de ver. Cependant
(1) Debout, Bulletin de thérapeutique , 15 mars 1863.
(2) Davaine, ouvr. cité, p, 207.