TÉNIA, OU VER SOLITAIRE
§ I. — Nature.
Il existe deux espèces de ténias : le tcenia lata ou bothriocéphale, et le taenia solium; mais ces deux espèces, très-importantes à distinguer sous le point de vue de l’histoire naturelle, pourraient facilement être confondues sous le rapport thérapeutique et pathologique.
Les ténias sont des animaux aplatis, rubanés, mous, blancs, formés d’articulations plus ou moins nombreuses, et se présentant sous la forme d’une bandelette, ce qui leur a valu leur nom.
Le tcenia solium est remarquable par la longueur de ses articulations, et par sa petite largeur, qui est à peme de 0U\001 ou t)in,002 en avant, et de 0ra,()0Gou 0m,009 en arrière. La tête du tcenia solium égale à peine la grosseur d’une fine épingle; elle a quatre suçoirs égaux, situés aux quatre angles, et au milieu un renflement où Bremser a signalé l’existence d’un très-petit orifice. Ce renflement ou rostre est entouré d’une ou de deux rangées de crochets disposés en couronne; mais ces crochets manquent souvent, l’animal étant trop jeune ou trop vieux; enfin un cou très-mince, filiforme, complète le tableau de cette apparence extérieure, suffisante pour le praticien (fig. 8 et 9).
Le bothriocéphale est remarquable par des fossettes dilatables et contractiles qui remplacent les suçoirs. Sa largeur peut s’élever jusqu’à 1 centimètre 1/2 et plus. Iludolphi en a vu de près de 3 centimètres. Sa tête est plus ovoïde que celle du tcenia solium. Les fossettes y sont au nombre de deux. Son cou se confond souvent avec le corps; il est quelquefois filiforme. Les anneaux qui composent le corps sont plus larges que longs, cl ressemblent à des rides. Ils deviennent plus longs et plus larges a mesure qu’on avance vers l’extrémité postérieure (fig. 10 et 11).
Le bothriocéphale est en général moins long que le tcenia solium; celui-ci, en eliet, peut atteindre une longueur de 8 mètres et au-dessus, tandis que le bothriocéphale dépasse rarement .7 mètres. Des auteurs assurent avoir vu des vers de I une et de l’autre espèce dont la longueur s’élevait à plusieurs centaines de mètres, mais l’authenticité de ces faits n’est pas généralement admise.
§ H. — Siège, fréquence.
Le siège habituel du ténia est vers la partie supérieure de l’intestin grêle ; on a vu quelquefois ce ver dans d’autres parties, et principalement dans l’estomac, sans qu on ait pu s’assurer s’il avait primitivement pris naissance dans l’intestin. On
(!,' Félix Pascal, Obs. sur les vers trichocéphales {bull, de la Société de médecine , p. 59).
n en ti'ome presque jamais qu un seul, ce qui lui a valu le nom de ver solitaire. Quelquefois, cependant, il y en a un assez grand nombre : ainsi, dans une masse
Ftg. g. — Ténia ordinaire. (Moquin-Tandon, fig. 137.)
Fig. 9. — A. Tête. — a. Partie antérieure un peu atténuée.
b b. Oscules. c. Double couronne de crochets, d. Proboscide. e. Commencement du cou. f. Première articulation. — B. Crochets.
a. Mouche, b. Garde, c.
Griffe.
(Moquin-Tandon, fig. 138.)
Fig. 10. — i, h. Tcte du bothriocéphalc de l’homme, grossie six fois et vue sons deux aspects. — fc.Têtc du bothriocéphalo du turbot, grossie douze fois: coupe en travers faisant voir la disposition des ventouses latérales.
(Davain’o, fig. 20.)
Fig. 1 1 . — Botliriocéphale de l’homme, grandeur naturelle ; fragments pris de distance en distance. L’ordre des lettres indique leur situation relative, de la tête à l’extrémité postérieure : en c, d, e, f, le pore génital mâle est visible. g. Derniers anneaux ratatinés après la ponte.
(Davaine, fig. 21 .)
rendue par une femme à laquelle on avait administré un ténifuge, Colomiès (1) put distinguer cinq têtes de ténia, chacune accompagnée d’une longue série d’anneaux.
de ta Société de médecine de Toulouse, 1851-52.
(1) Colomics. Compte rendu des travaux