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TÉNIA

CAUSES

iOn l’a encore désigné sous ceux de lombricus latus , vermis citcurbitinus, tœnia i cucurbitina, etc.

La fréquence de ce ver est très-différente suivant les climats. [La présence du ■ tœnia solium semble exclure celle du bothriocéphale.j

§ III. — Causes.

Tous les âges peuvent être affectés du ténia. Sur deux cent six malades observés I par Wavruch (1), l 'âge variait de trois ans et demi à cinquante- cinq ans; et dans les observations de Louis (2), il y avait un enfant de douze ans et un vieillard de • soixante-quatorze ans. Cependant on rencontre le plus souvent ce ver chez les adultes : la plupart des malades observés, par Wavruch avaient de quinze à quarante ans.

D’après Wavruch et la plupart des auteurs, le sexe féminin est particulièrement i exposé. Cet auteur a trouvé soixante et onze sujets du sexe masculin et cent trentecinq du sexe féminin. Le nombre des hommes a été, au contraire, un peu plus : grand dans les faits recueillis par Mérat (3) et par Louis; mais ces observations ne sont pas en nombre suffisant pour être opposées à celles de Wavruch.

La constitution , dans les observations de Louis, était bonne chez presque tous I les sujets; leur nourriture était saine et variée, et ces faits ne viennent par conséi quent pas à l’appui de l’opinion qui attribue la production du ténia à la diète lactée. Wavruch a constaté, après Reinlein (Zi), que le séjour dans les cuisines et les boucheries était une cause de ver solitaire. Sur les deux cent six malades, il y avait un cuisinier, cinquante-deux cuisinières et plusieurs bouchers.

[Les observations de Weisse (de Saint-Pétersbourg) donnent la plus grande probabilité à cette dernière opinion ; car le traitement de la diarrhée des enfants sevrés par la viande de bœuf crue est une cause fréquente du tœnia solium (5). Mais la question n’est pas encore résolue.]

Le climat a-t-il de l’influence sur la production du ténia? C’est ce que l’on ne peut pas dire, quoique ce ver soit très-fréquent dans certaines contrées. C’est ainsi que, suivant Odier (6), le quart des habitants de Genève auraient, dans le cours de leur existence, le ver solitaire, qui est d’ailleurs très-commun dans toutes les contrées de la Suisse. Mais ne faudrait-il pas accuser plutôt le régime que le climat lui-même? C’est ce qui est très-probable. Un fait remarquable, c’est que les deux espèces de ténias ne se rencontrent pas indifféremment dans tous les pays. Ainsi le tœnia solium se trouve particulièrement dans l’Inde, en Égypte, en Grèce, en France, en Allemagne, en Portugal et dans l’Amérique septentrionale, tandis qu’en Suisse, en Pologne et en Russie, on trouve presque toujours le bothriocéphale.

[Davaine résume ainsi qu’il suit la distribution géographique des deux ténias en Europe :

(1) Wavruch, Ocst. mal. Jahrb., 1861.

(2) Louis, Du ténia et de son traitement par la potion Darbon (Mémoires ou recherches anat.-patli. Paris, 1826).

(3) Mérat, Du ténia ou ver solitaire. Paris, 1832.

(4y Reinlein, Animad. circa ort., incrementum, causas, symptomata et curam tœnia: latœ in intestin is Ji um a n is , etc. Vienne, 1811.

(5) Voy. Davaine, Traité des entozoaires et des maladies vermineuses. Paris , 1860 , p. 81 à 87.

(6) Odier, Manuel de médecine pratique.

« Le icema solium domine ou se trouve à l’exclusion du bothriocéphale : en Grèce, en Italie, en Espagne, en France, en Autriche, en Prusse, en Angleterre.

» Le ténia et le bothriocéphale sont plus ou moins communs en Hollande, en Suède.

” Le bothriocéphale domine ou se trouve à l’exclusion du ténia : en Suisse, en Russie. »

Enfui, le bothriocéphale est moins universellement répandu que le ténia; il occupe des régions restreintes, principalement au bord de la mer, de certains lacs ou de certains fleuves. Il n’est bien connu qu’en Europe.

§ IV.— Symptômes.

c Les principaux symptômes du ténia sont, dit Davaine, des étourdissements, des bourdonnements d’oreilles, des troubles de la vue, le prurit au nez et à l’anus, la salivation, les désordres de l’appétit et des digestions, des coliques, des douleurs à l’épigastre et dans différentes régions de l’abdomen, des palpitations, des lipothymies, la sensation d’une boule ou d’un poids dans le ventre, qui se déplace et suit les mouvements du corps, desdouleurs et des lassitudesdansles membres, l’amaigrissement. »]

Le début n’est pas toujours facile à fixer, attendu qu’il remonte souvent trèshaut, puisque Louis a vu des malades qui évacuaient des fragments de ver depuis huit, neuf, douze ans, ou même depuis la première jeunesse; ce n’est qu’à l’époque où les premiers fragments du ténia ont été rendus que les malades font remonter ce début.

Les douleurs de ventre consistent souvent en de véritables coliques , mais parfois ce sont des sensations particulières , telles que la sensation de morsure, de succion, de reptation, de mouvements onduleux, d’une tension ou d’un poids dans l’abdomen, ou enfin d’une douleur indéfinissable. C’est ordinairement vers les flancs et autour de l’ombilic que se manifestent ces diverses sensations. Quant aux coliques, elles occupent une grande partie de l’abdomen. Les douleurs, de quelque nature <[u 'elles soient, sont intermittentes, et se reproduisent à des intervalles variables. Les coliques sont ordinairement fréquentes, du moins à certaines époques de la maladie. Dans quelques cas cependant elles ne se produisent que très-rarement. Leur violence peut être considérable. Chez certains sujets, l’abdomen présentait une tuméfaction locale et variable, occupant de préférence l’ombilic.

Ces douleurs ne sont ordinairement accompagnées d’aucun trouble dans les fonctions intestinales. La diarrhée n’est pas un symptôme du ténia, et sauf la présence ries fragments du ver dans les déjections alvines, on n’y trouve rien de remarquable. Chez les sujets qui ne subissent pas de traitement, les fragments de ténia sont rendus à plusieurs reprises et à des intervalles très-variables.

Signalons le prurit au pourtour de U anus; le prurit des narines est plus rare.

On a insisté sur l'état de l'appétit qui est quelquefois insatiable, d’autres fois diminué, quelquefois nul. Chez certains sujets, il y a des alternatives d’augmentation et de diminution. Dans un nombre assez considérable de cas, l’appétit ne subit aucune altération. Ce symptôme est très-variable, et il faudrait se garder d’y chercher un signe diagnostique positif. [La salivation est assez fréquente.]

Quelques douleurs épigastriques se font sentir chez un petit nombre de sujets.

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