TÉNIA. — MARCHE, DURÉE, TERMINAISON, DIAGNOSTIC
Les vomissements sont rares, ainsi que la céphalalgie, mais elle peut avoir une longue durée, puisque deux des femmes observées par Louis se plaignaient de maux de tète depuis deux ou quatre ans.
On observe encore des douleurs vagues, des lassitudes, quelquefois des crampes aux extrémités, des bourdonnements d'oreilles, surtout chez des femmes, l’obscurcissement de la vue. [C’est à tort qu’on a cité la dilatation ou la contraction de la pupille comme un des symptômes de cette affection : c’est un phénomène fort incertain.]
On a mentionné les lipothymies, les vertiges, la torpeur approchant de la paralysie (1), le tremblement des membres, les convulsions, Y épilepsie, les attaques d’hystérie, la catalepsie, la chorée, et même la paraplégie, etc.; mais ces divers (roubles nerveux n’ont été observés que dans des cas isolés, en sorte qu’ils n’ont lias une très-grande importance. Ajoutons enfin un certain degré de langueur, la pâleur de la face, et un peu d’ amaigrissement , phénomènes qui ne surviennent guère qu’à une époque avancée de la maladie.
§ V. — Marche, durée, terminaison.
Le début de la maladie peut remonter à une époque très-éloignée, et même à la première enfance ; mais, dans tous les cas, il arrive certaines époques où les symptômes prennent un peu plus d’intensité. On voit même des sujets qui ne les présentent qu’à des intervalles très-éloignés. La marche de la maladie ne diffère pas sensiblement de celle des ascarides lombricoïdes. Toutefois la continuité dos symptômes est plus fréquente dans le ténia.
Quant à la durée, elle est indéterminée, et si l’on n’emploie pas des remèdes efficaces, le ténia peut persister toute la vie.
La terminaison n’est jamais fâcheuse; on n’a pas cité d’exemples de ces accidents mortels qui rendent parfois si grave la présence des ascarides lombricoïdes. Nous avons mentionné plus haut des symptômes fâcheux qui ont été quelquefois observés.
On n’a signalé aucune lésion pathologique que l’on puisse rapporter avec quelque confiance au ténia.
§ VI. — Diagnostic.
De l’aveu des auteurs les plus compétents, il n’y a pas de signe diagnostique certain, autre que l’expulsion du ver.
[« Un long état de malaise avec l’amaigrissement et des désordres de l’appétit, sans symptômes d’une maladie organique, du diabète, etc., la gastralgie, des coliques fréquentes sans diarrhée, avec le prurit du nez ou de l’anus, quelquesuns de ces symptômes accompagnés de crampes, de douleurs dans les membres, d un brisement général, etc. , ou de quelque phénomène insolite, extraordinaire, indiquent presque avec certitude la présence du ver solitaire, s’ils datent de plusieurs mois ou de plusieurs années, et s’ils se produisent par accès irréguliers (2). » Joignons à ces symptômes la présence de fragments de vers dans les selles.]
(1) Moll, Oesterreich medizinisches Jahrbueh. Wien, Band XXVIII.
(2) Davaine, Entozoaires, p. 109.
MALADIES DES VOTES DIGESTIVES
Il est une circonstance qui peut servir, sinon à fixer le diagnostic du ténia et de V ascaride lombricoïde, du moins à le rendre probable : c’est l’âge des malades. Chez les adultes, on devra croire plutôt à l’existence du ténia, et chez les enfants a celle de I ascaride. Quant aux oxyures , ils ne produisent pas de coliques, mais seulement une démangeaison très-vive à l'anus, et en outre on peut les apercevoir en examinant attentivement cette partie.
L’absence de selles liquides empêchera que l’on confonde les symptômes du ténia avec ceux de l 'entérite, et la démangeaison au pourtour de l’anus et aux narines servira à les faire distinguer de ceux de V entéralgie. Ce diagnostic a encore besoin d’être étudié.
[Le point capital consiste dans l’expulsion de la tête de l’helminthe. ]
\ omit if s, purgatifs. — Les vomitifs elles purgatifs n’ont été administrés que pour favoriser l’action d’autres substances regardées comme spécifiques. Les premiers surtout, qui ne sont recommandés que par un petit nombre d’auteurs, ne méritent pas de nous arrêter. Quant aux seconds, nous signalerons le jalap, Valoès , l 'huile de ricin, qui font partie d’un grand nombre de formules, mais que l’on n’a pas employés seuls contre le ténia.
Il n’en est pas de même de Y huile de croton tiglium, vantée par Puccinotti (1). Deux ou trois gouttes de cette huile , données chaque jour en pilules, ont suffi quelquefois pour faire rendre le ténia. Le vin de colchique a été recommandé par Grisholm (2), et ce médecin a cité un exemple d’expulsion d’un ténia par ce médicament donné à la dose de trois cuillerées à thé dans les vingt-quatre heures ; mais celte substance n’a guère été employée par d’autres médecins.
Mercuriaux. — Les préparations mercurielles, et en particulier le calomel , oui été mises en usage ; mais jamais on ne s’est borné à l’emploi exclusif de ces moyens.
Desault (3) a recommandé les frictions mercurielles en même temps que le calomel à l’intérieur, et Rathier a uni cette préparation mercurielle à d’autres substances, ainsi qu’il suit :
Sabine en poudre. 1 gram . Huile essentielle de tanaisie. . CO centigr.
Semence de rue 75 centigr. Sirop de fleurs de pêcher q. s.
Calomel 50 centigr.
A prendre en deux fois, le matin et dans l’après-midi.
Fougère. — La racine de fougère mâle a été principalement employée dans la méthode de Nouffer (6), qui consistait dans l’administration d’une panade. Après la panade, le malade prenait un lavement d’eau de guimauve avec addition de sel ou d’huile. Le lendemain on fait prendre en une seule fois :
If Racine de fougère mâle en poudre très- fine 16 gram.
Eau distillée de fougère ou de fleurs de tilleul 120 à 180 gram.
(1) Puccinotti, Ann. univ. di medicina Milano, avril 1825.
(2) Grisholm, The London med. Repos., 1824.
(3) Mérat, Dictionnaire des sciences médicales . Paris, 1821, t. LIV, p. 219, art. Ténia.
(A) Nouffer, .tournât de médecine , t. XLIV, et Précis du traitement contre le ténia, etc. Paris, 1775. — Voy. aussi Mérat et Delens, Dictionnaire de matière médicale , t. 111, p. 285.
TÉNIA. — TRAITENENT.
Si le malade a des nausées, il peut mettre dans sa bouche quelque substance aromatique, mais non l’avaler. Si la poudre est vomie, administrez-en immédiatement une autre dose.
Deux heures après la poudre, donnez le purgatif qui suit :
60 centig.
Immédiatement après, une- ou deux tasses de thé vert léger, que l’on continuera jusqu’à ce que le ver soit rendu. Si le bol ne subit pas pour purger, prescrivez de 8 à 32 grammes de sulfate de magnésie.
Si le ver ne tombe pas en paquet, mais s’échappe seulement en partie, ne cherchez pas à l’extraire; on restera sur le bassin jusqu’à ce qu’il soit tombé, et pour favoriser son expulsion, on pourra donner une nouvelle dose de sulfate de magnésie. La non-expulsion du ver ne doit pas faire supprimer le repas suivant ; ce qui n’empêche pas le ténia d’être rendu encore, quoique rarement. Si le ver n’est pas rendu le lendemain, recommencez le traitement exactement comme la veille.
La méthode de Rcrrenschieand ne diffère guère de celle qui vient d’être indiquée qu’en ce que ce médecin, loin de regarder la fougère mâle comme la plus utile, ne l’administrait qu’à défaut de la fougère femelle.
Nombre d’auteurs ont adopté l’usage de la fougère , et malgré l’opinion de Herrenschwand, ils ont préféré la fougère mâle. Parmi eux nous citerons Rudolphi, Richter, Renaud, Bourdier, Meyer, Vogel, Peschier (1), etc.
Méthode de Peschier.
Extrait éthéré de fougère mâle tsr,25
Racine de fougère mâle en poudre 0®r,60
Conserve de roses . n =
Faites quinze pilules. A prendre, le soir, à intervalles d’une demi-heure.
Le lendemain, on administre un purgatif. Plus tard, Peschier a eu recours à X huile éthérée de fougère , qui est une oléo-résine résultant de la distillation de la teinture éthérée. On l’administre à la dose de 2 à 8 grammes, suivant l’âge, dans du pain à chanter.
d5 à 60 grammes d’huile de ricin sont donnés deux heures après.
Nombre de médecins allemands ont constaté les bons effets de cette méthode.
Budd (2) dit avoir employé le même médicament avec beaucoup de succès. 11 donne 6 gi animes d huile étherée de fougere mâle dans 25 grammes d’eau, avec addition d un peu de gomme adragant, et 30 grammes d’huile de ricin deux heures après. Dans un seul cas il a été obligé de recommencer le lendemain, la tête du ténia n ayant pas été rejetée. [Un moyen bien simple consiste à faire
(t) Peschier, iSotice sur l huile de fougère mâle contre le ténia ( Revue médicale, Paris, 1825, t. IV, p. 268). 5
(2; Budd, Bons effets de / huile etliérèe de fougère mule contre le ténia (The Lancet, et Bulletin général de thérapeutique, 15 avril 1851).
Ifi Calomel à Gomme-gutte
Racines sèches de scam- > aa 60 centigr. Confection d’hyacinthe monée ... J
Faites un bol de consistance moyenne, à prendre en une fois.
picndte i liaque matin, pendant huit jours, 8 à 10 grammes de racine de fougère' male en poudie dans 120 grammes d’infusion de tilleul: deux heures après, on prend 15 à 20 grammes d’huile de ricin.]
/{acvic de grenadier. — L’écorce de la racine de grenadier est aujourd’hui un des remèdes le plus généralement employés. Ce moyen, très-anciennement connu, a été longtemps négligé, jusqu’à ce que Buchanan (1) en signalât les propriétés anthclminthiques. Flemming et P. Breton (2), etc., vantèrent scs propriétés. Enfui Mérat (3) en a fait le sujet de recherches intéressantes.
Sans aucune préparation préalable, on fait prendre la décoction suivante :
■¥ Écorce fraîche de racine de grenadier cultivé 60 gram.
®au 750 gram.
Faites bouillir jusqu’à réduction de 500 grammes. A prendre en trois doses, à une heure d intervalle. (Mérat.)
iNe la faire prendre que lorsque le malade rend annuellement des anneaux de ténia.
Presque tous les auteurs conseillent de donner de 50 à 60 grammes d ‘huile de ricin , soit avant l’administration de l’écorce de grenadier, soit après, soit à ces deux époques.
Quelquefois on a prescrit la décoction viveuse de cette racine, que l’on a aussi associée à d’autres substances; il est impossible de savoir si ces préparations ont plus ou moins d’avantages que la précédente.
La méthode de Mérat a toujours réussi entre les mains de Legendre (5).
Deslandes a proposé (5) l’ extrait alcoolique de grenadier, à la dose de 25 grammes.'
Quelques médecins ont eu recours à la racine de grenadier sauvage ; mais la racine de grenadier cultivé a assez d’efficacité pour qu’on s’en tienne à son administration.
Etain. — L’ étain a joui d’une grande réputation. La manière de l’administrer est assez variable, et presque toujours on a uni ce métal à d’autres substances dont on admet 1 efficacité dans la cure du ténia. La poudre de Guy est une des préparations qui eut le plus de vogue.
Limaille d’étain 210 gram.
Mercure coulant 30 gram.
FJeur de soufre 4 gram .
triturez dans un mortier jusqu’à réduction en une poudre très-fine. Dose : de 1 gramme à lBr,50 dans la journée.
(1) Buchanan, Eilinburgli med. and. surg. Journal , t. III.
r,ICLon’ Ünthee/ficacy of the bar/c of the pomegranate tree in cases of Tœniu ( Med.-chir . Trans., London, 1821, t XI, p. 301).
(3) Mérat, Du ténia ou ver solitaire, et de sa cure radicale par l'écorce de racine de grenadier. Paris, 1838, in-8. J
(é) Legendre, Observations propres à éclairer les symptômes nerveux que détermine le ténia ( Archives générales de médecine, 1850, 4° série, t. XXIII).
(5) Deslandes, hôte sur 1 emploi de l extrait de l’écorce de grenadier contre le ténia (Bulletin général de thérapeutique, 1833, t. IV, p. 5). v
TÉNIA. — TRAITEMENT
Formule de Fouquier.
2 l Étain granulé et porphyrisé. 30 gram. I Extrait d’armoise 4 gram.
Jalap en poudre 4 gram. [ Sirop de chicorée q. s.
Faites un électuaire, à prendre en douze ou quinze fois, de demi-heure en demi-heure.
Voici la formule la plus simple :
'2£ Étain pulvérisé Igr,25 | Miel despumé q. s.
Failes un électuaire, à prendre en une fois le matin. On peut doubler et même tripler la dose chez les adultes robustes.
Ether sulfurique. — La méthode de Bourdier consiste à associer l’éther à la r acine de fougère mâle que l’on fait prendre le matin à jeun :
Éther sulfurique ’ 4 gram.
Forte décoction de racine de fougère mâle 1 verre.
Une heure après administrez :
2 Huile de ricin 60 gram. | Sirop de gomme.. 40 gram.
Mêlez.
En général, il faut répéter la dose le lendemain, et quelquefois le troisième jour. Lorsque le ver est senti dans le canal intestinal, on doit ajouter aux remèdes précédents le lavement suivant :
?f Éther sulfurique 8 gram. | Décoction de racine de fougère mâle. q. s.
L’éther sulfurique, préconisé également par Alibcrt (1), fait partie de plusieurs tut res méthodes.
Huile empyreumatique de Chabert. (Voy. p. 131). — On se contente généralement de prescrire cette huile à la dose d’wneou deux cuillerées à café par jour lans une demi-cuillerée à bouche de sirop de fleur d’oranger. Bremser l’associe i son électuaire vermifuge et à son purgatif ; mais ces moyens ne diffèrent pas tssez de ceux qu’il emploie contre les ascarides, pour qu’il soit utile de les exposer.
Cousso. — Recommandé par St. Martin (2), Aubert, Roche (3) et Méral, le cousso (fleurs du Brayera anthelmwthica) est admis aujourd’hui comme le téniaidc le plus puissant {h).
Cousso 15 gram. | Eau bouillante 250 à 300 gram.
Faites infuser pendant dix minutes. A prendre en une fois sans passer l’infusion, mais en aisant avaler la substance elle-même.
On réussit même très-bien en donnant le cousso seulement délayé dans une •ulfisante quantité d’eau.
(1) Alibert, Nouveaux éléments de thérapeutique, t. I.
(-) st- Martin, Sur les fleurs de lewoso et ses propriétés téni furies (Bulletin qénéral de thérapeutique, 1840, t. XVIII, p. 315).
(3) Aubert Roche, Mémoires de l’Académie de médecine , t. IX p 689 Bulletin de
’ Académie de médecine, t. VI, p. 492, t. XII, p. 690.
(4) Reveil, Formulaire des médic. nouveaux, p. 270.
\hh
Fruncr-Bey (1) a fait connaître un nouveau spécifique qui, comme le cousso, croît en Abyssinie : c’est Y écorce de V arbre Musenna, que l’on donne en bols h la dose de 60 grammes, mêlée à de la viande hachée et légèrement cuite. Dès la veille au soir, le malade doit s’abstenir de toute nourriture, excepté d’un peu de riz; le lendemain, le ténia est rendu sans diarrhée.
[Citons encore le kamala, substance résineuse produite par les capsules du fruit du Rottlera tinctoria , arbre qui croît dans l’Inde, la Chine, etc. ; la scintonine ; le saoria , fruit mûr et desséché du Mœsapicta ; le tatzé, fruit du Myrsinaaf ricana. On trouvera dans le Traité des entozoaires de Davaine toutes les indications utiles sur ces médicaments.
[Les semences de citrouille ont été avantageusement employées à Mexico par Jourdanet. On débute par un ou deux jours de diète: la veille on purge avec h 0 grammes d’huile de ricin. On prépare ainsi la médecine téniafuge : on monde et l’on pile 50 à 60 grammes de graines fraîches de citrouille, on les réduit avec du sucre en une pâte que l’on délaye dans un verre d’eau ; à prendre le matin à jeun. Après cette pâte, on boit un verre de lait, et deux heures après, on prend U0 grammes d’huile de ricin (2).]
Brunet (3 ) a obtenu l’expulsion de deux ténias complets par l’usage de la pâte de graine de courge ainsi préparée :
Semence de courge pilée ... 45 gram. | Sucre 45 gram.
Pilez. A prendre en une dose le matin.
Il faut répéter cette dose pendant plusieurs jours.
Depuis, ce même médecin (U) a obtenu trois cas de guérison au moyen de ce traitement aussi inoffensif que peu dispendieux. Il l’a vu réussir dans des cas où l’écorce de racine de grenadier avait échoué ; mais il a eu aussi quelques cas d’insuccès à enregistrer.
Sarraméa (5) a cité deux guérisons par le même moyen.
Nous pourrions citer Yopium (6), les ferrugineux (7), Yasa fœtida (8), Yacide carbonique , les amandes cim'eres (9), Y électricité (10), et même la solution arsenicale de Foioler (1 1), la noix vomique ( 1 2) , et Yacide prussique (13) ; l’expérience n’a pas suffisamment parlé en faveur de ces moyens, dont quelques-uns sont trèsdangereux.
Mathieu, pharmacien de Berlin, traitait le ver solitaire ainsi qu’il suit :
(1) Pruner-Bey, Écorce de l’arbre Mucenna employée contre le ténia {N eue medicinische chir. Zcitung. et Gazette médicale de Paris, décembre 1851, p. 822).
(2) Debout, De la valeur de la pâle des semences de citrouille contre le ténia. ( Bulletin thérapeutique, 1852, p. 282, mars 1863).— Tieveil, ouvr. cité, p. 276.
(3) Brunet, Journal de médecine de Bordeaux, janvier 1846.
(4) Brunet, ibid., février 1852.
(5) Sarraméa, ibicl. •
(6) Brefeld, in Hufeland’s Journal, 1805.
(7) Bremser, Traité clés vers intestinaux. Paris, 1837, p. 455.
(8) Mellin Schwartz, ibid., t. XII.
(9) Hufeland.
(10) Fricke, in Med. chirurgische Zeitung, 1795.
(11) Fischer, Med. papers comm. to the Massach. mecl. Soc. Boston, 1806.
(12) Brefeld, in Hufeland’s Journal, 1805.
(13) Cagnola, in Annal, unie, dimedicina, Milano , 1820.
TÉNIA. — TRAITEMENT
Quelques jours avant l’emploi des électuaires qui vont être indiqués, .on recomi mande un réç/ime composé de bouillon maigre, de potages légers, de légumes, de > substances salées.
On administre, toutes les deux heures et pendant deux ou trois jours, une cuillerée à café de l’électuaire suivant :
% Limaille d’étain 30 gram.
Racine de fougère mâle récente 25 gram.
Semen-eontra 15 gram.
Jalap 1 ,
Sulfate de potasse J aa 4 ^ram*
Miel a. s.
Au bout de ce temps, on passe à l’administration d’un second électuaire, qu’on prescrit de la même manière, et qui est ainsi composé :
if Jalap I aa ,:>sr 50 Gomme-Sutle 50 centigram.
Sulfate de potasse \ ‘ " ’ Miel q. s.
Scammonde igr,25
Au moment de l’expulsion on donne quelques cuillerées d’huile de ricin pour la f faciliter.
Dupuis, de Mayence (1), a préconisé la préparation suivante :
Le malade prend, dès six heures du matin (sans qu’il soit besoin de régime ni de diète préservalive), la moitié de la poudre qui suit, enveloppée dans un pain à chanter :
'if Limaille d'étain anglais lgr,25 Gomme-gutte 50 centigram.
Tannin pur 0gr,50 Oléo-saccharum de cajeput. 25 centigram.
Mêlez. Faites une poudre, et divisez en deux paquets égaux.
Un demi-heure après avoir pris le premier, le malade prend le second. Si le \ volume de la poudre paraissait trop considérable, on pourrait, sans inconvénient, 'supprimer l’oiéo-saccharum.
Le malade prend, après chaque poudre, deux tasses de café très-fort sans sucre. 'S’il survient des nausées, on lui donne quelques gouttes d’éther acétique.
Au bout de deux heures arrivent des tranchées pendant lesquelles le ver est •expulsé, ordinairement sans être divisé en plusieurs parties. Le malade doit prendre de nouveau du café noir très-fort aussitôt qu’il ressent les tranchées.
A la suite de l’expulsion du ver, que l’auteur a ainsi provoquée dans dix cas, il a employé un traitement tonique. Il faisait prendre dans ce but, avec du vin, une certaine composition dans laquelle entrent de la teinture de fer et de la teinture de iquinquina.
Nous retrouvons dans cette méthode le semen-contra , plus particulièrement dirigé contre les ascarides.
La méthode de Schmidt, achetée, comme la précédente, par le gouvernement •mission, et que Casper a rendue publique, mérite une mention, parce qu’elle contient quelques substances particulières, et entre autres l’osa fœtida et la digil ‘aie.
(1) Dupuis, Formule contre le ténia ( Dictrich’s neuemed. Zeitung , 1845, et Journal des 'onnaissances médico-chirurgicales, août 1845, p. 76.
Valleix, 5e édit.
On donne* le matin, deux cuillerées du mélange suivant :
Racine de valériane officinale I Feuilles de séné 8 gram.
pulvérisée 2f>r,/i0 |
Faites une infusion de 180 grammes, et ajoutez :
Sulfate de soude 12 grain. I Oléo-saccharum de tanaisie 8 gram.
Sirop de manne 60 gram. |
Mêlez.
On continuera l’administration de deux cuillerées de ce mélange, de deux en deux heures, jusqu’à sept heures du soir. Dans les intervalles, beaucoup de café à l’eau fortement édulcoré, une légère soupe et un peu de hareng salé. Le reste du régime est composé d’aliments excitants et de beaucoup de sucre.
Le jour suivant, à dater de six heures du matin, à des intervalles d’une ou deux heures, et jusqu’à l’expulsion du ver, les pilules suivantes :
’Jf Asa fœtida i
Extrait de chiendent. .
aa 12 gram.
Ipôcacuanha en poudre .... J
Soufre doré d’antimoine pul- > aa 60 centigr.
Gomme-gutte
vérisé )
Rhubarbe
aa 8 gram.
Calomel 50 centigr.
Racincdejalapen pond.
Huile éthéréede tanaisie.. . ) aa 15 ttes.
Feuilles de digitale pour-
— dams )
prée
60 centigr.
Faites des pilules de 30 centigram.A prendre au nombre de six chaque fois dans une cuille-
rée à café de sirop.
Une demi-heure après la première dose, on fait prendre une cuillerée à soupe d’huile de ricin, et dans le cours de la journée une grande quantité de café bien sucré. Continuer à prendre une ou c’ eux pilules les jours suivants.
Toutes ces méthodes sont trop compliquées.
La méthode de Wurtemberg a pour substances actives la racine de fougère mâle , le calomel et quelques purgatif,-. Celle de Siemerling (1), qui contient un grand nombre de détails, a également pour principal médicament la fougère mâle , à laquelle on joint Y huile de ricin et Y huile de térébenthine.
Manlucci (2) a obtenu l’expulsion du ténia en administrant à un enfant de cinq ans 15 centigrammes de ciguë pulvérisée. Ce médicament peut causer des accidents.
La potion Darbon, qui est un remède secret et se prend à la dose de 2à0 à 300 grammes, a réussi entre les mains de Louis.
On ne peut s’empêcher, après cela, de faire des vœux pour que l’usage de cette j
potion devienne licite.
11 peut arriver qu’une portion du ténia seulement sorte par l’anus, le reste du ver étant encore contenu dans l’intestin, les auteurs sont unanimes poui îecommander de ne pas exercer sur lui, dans le but de favoriser cette expulsion j incomplète , la traction même la plus légère, mais bien de rester sur le bassin et de j faire des efforts de défécation. Suivant Brera, la traction sur le ver a des inconvénients plus graves encore: il a vu, dit-il, en pareil cas, le malade, apiès u\oii
siemerling, Hufeland’s Journal der practischen Heilkunde. Berlin, t. LXX1.
(2) Manlucci, Ténia expulsé par l’usage de la ciguë (Il filiatre Sebezio, extrait dans
Gazette médicale de Paris , 18é5, p. 605).
TÉNIA. — TRAITEMENT
éprouvé un tiraillement dans l’abdomen, tomber en convulsions. Lier plutôt la , portion sortie avec un fil de soie, faire prendre au malade une potion laxative, et le faire rester sur la chaise percée jusqu’à entière expulsion du ver.
Au moment de l’expulsion, une lipothymie précédée d’anxiété précordiale se i termine souvent par le vomissement. Cet accident ne doit pas inspirer de craintes, i il se dissipe rapidement ; faites respirer au malade Y acide acétique. Cet accident i ne s’observe guère avec le cousso.
Résumé. — [Les moyens les plus avantageusement employés sont le cousso,. I l’écorce de racine de grenadier, administrée selon la méthode de Mérat, les semences de citrouille. Ces deux derniers médicaments sont d’un usage sûr et peu coûteux. ]
Vomitifs, purgatifs; préparations mercurielles; méthode de Bock; racine de l fougère; méthode de Nouffer, méthode de Peschier; racine de grenadier; méthode ule Mérat ; cousso, écorce de l’arbre Musenua, étain, éther sulfurique ; méthode (de Bourdier; huile empyreumatique de Chabert; moyens divers; méthode de Mathieu, méthode de Schmidt; remède Darbon.