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CONGESTION SANGUINE DU FOIE

i minent des accidents qu’il importe de prendre en considération, et d’ailleurs elles ivéclament souvent un traitement particulier, même dans le cas où elles sont symptomatiques.

Nous emprunterons au livre de Frerichs, professeur a l’Université de Berlin (1), l' es détails qui vont suivre, en simplifiant cependant un peu sa classification.

Hyperémie iicpïitMjiic. — fauses. — Le foie doit a sa position et a sa stiuc— .ure d’être exposé peut-être plus qu’aucun autre organe à des troubles de la circulation. Tout obstacle mis à la progression du sang à travers le cœur ou les poumons, toute augmentation de l’afflux sanguin dans le système de la veine porte, devient, pour le foie, une occasion de congestions plus ou moins permanentes.

Nous trouverons donc en première ligne, comme causes, les affections du cœur ■bt celles des organes respiratoires. La respiration, en effet, par l’influence qu’elle exerce sur la circulation en général, et par l’impulsion que les mouvements du ildiaphragme communiquent au cours du sang dans le foie, joue un rôle considérable dans l’iustoire des hypérémies hépatiques. En second lieu, nous pourrons placer toute cause qui, à l’exemple du travail digestif , tendra à augmenter l’afflux sanguin vers le foie.

Dans l’organe lui-même, ou dans certaines de ces modifications , nous trouverons encore des causes capables de provoquer la stase sanguine. C’est ainsi qu’agiront les lésions des parois de la veine porte, des artères et veines hépatiques, et aussi certaines perturbations nerveuses modifiant la contractilité de ces vaisseaux. 'D’après les expériences de Claude Bernard, la piqûre de certains points delà moelle allongée, l 'excitation électrique du bout central du nerf vague réséqué, ■les contusions de la tête , Y empoisonnement par le curare, entraînent la tuméfaction hypérémique du foie. Étudions les principales espèces d’hypérémies nées sous ces influences diverses.

stase hypérémique. — Causes. — Les maladies du cœur, surtout celles qui entraînent l’accumulation du sang dans la veine cave, les affections pulmonaires, comme l'emphysème, l’induration ou la flétrissure du poumon, le rétrécissement de la cage thoracique, un épanchement considérable dans la plèvre, sont presque toujours accompagnées d’hypérémie du foie. En effet, dans ces circonstances, l’aspiration est incomplète, le sang s’accumule dans les veines cave et hépatiques, il «s’échappe difficilement des capillaires de la veine porte. Alors les rameaux provenant des veines hépatiques, incessamment gorgés, se dilatent peu à peu et s’hyperrtrophient. De là, la stase se propage dans l’appareil de la veine porte, et, par suite, •Ida ns les organes d’où émane ce vaisseau; il en résulte une série de troubles dans ' leur nutrition et leurs fonctions.

Symptômes. — Un des premiers symptômes est une sensation de pesanteur et de compression dans l’hypochondre droit ; en même temps apparaît un catarrhe -gastrique plus ou moins intense qui, assez souvent, s’accompagne d’un léger ictère.

! La percussion et la palpation font facilement reconnaître que la glande a augmenté de volume. Cette hypertrophie s’accroît ou diminue, suivant que le trouble circu-

(1) Frerichs, Traité pratique des maladies du foie et des voies biliaires, traduit de l’allemand par Duménil et J. Pellagot, 2e édition, revue et corrigée avec des additions nouvelles Me l’auteur. Paris, 1866,

MALADIES DES ANNEXES DES VOTES DIGESTIVES

latoire devient plus ou moins considérable; pendant un accès de dyspnée porté jusqu’à la cyanose, la matité augmente en peu de temps de plusieurs centimètres. La surface de l’organe semble d’abord lisse et rénitente; plus tard, elle devient granuleuse et inégale. Au bout d’un certain temps, le volume du foie diminue, et cette diminution est d’autant plus rapide que la stase est plus intense et l’anémie plus prompte à se développer.

Les fonctions digestives subissent bientôt l’influence des troubles survenus dans la circulation de la veine porte. On constate de la douleur et de la tension dans la région épigastrique, de l’inappétence, du dégoût, etc. ; parfois aussi lej> veines hémorrhoïdales sont tuméfiées. D’habitude les malades sont constipés, rarement il y a de la diarrhée (h fois sur 20). L’urine, peu abondante et épaisse, contient presque toujours de petites quantités d’albumine , et quelquefois du pigment biliaire.

Ces accidents sonl accompagnés et dominés du reste par ceux appartenant à la maladie principale, qu’elle ait pour siège le cœur ou le poumon.

Traitement. — La stase hypérémique dans le foie n’étant que la conséquence d’une affection antérieure, qui la tient sous sa dépendance, c’est, l’espèce de cette dernière qui décidera si le but à atteindre est définitif, ou seulement provisoire. Ordinairement la cure n’est que palliative, et son but est de diminuer autant que possible la trop grande plénitude de la veine porte.

Les moyens les plus propres à obvier à une tuméfaction considérable du foie, avec douleur dans l’hypochondre droit, sont les purgatifs salins, doux, dont on entretient l’action par l’usage continu de l’infusion de rhubarbe. Les eaux alcalines ont aussi une action bienfaisante, quand les troubles circulatoires ne sont pas trop prononcés, sinon elles ne peuvent être supportées. Il faut aussi en éviter l’usage lorsque commence l’hydropisie ; on recourra alors aux infusions amères, comme la rhubarbe, l’aloès, auxquelles on joindra de petites doses d’éther ou de quelque médicament aromatique, dans le cas où il y aurait de la tympanite.

On doit prendre bien garde de porter un dommage sérieux aux fonctions digestives par un usage trop prolongé de la digitale.

llypérémi»; congestive dépendant de l’état des organes digestifs. —

Causes. — A l’état normal et dans les conditions de la santé la plus parfaite, la quantité de sang contenue dans le foie augmente ou diminue suivant les diverses périodes par lesquelles passe le travail digestif. Quand ce travail commence, le sang afflue vers la glande hépatique, mais cette hypérémie normale ne tarde pas à devenir pathologique, quand aux aliments sont ajoutés, trop souvent ou en quantité excessive, des agents excitants, tels que l’alcool, le poivre, la moutarde, le café trèsfort, etc. , etc. L’action des alcooliques est, sous ce rapport, des plus notoires.

Aux boissons et condiments excitants viennent s’ajouter comme causes, une vie sédentaire jointe à un régime trop copieux, et aussi l’influence prédisposantequ’exerce une saison très-chaude.

Symptômes et marche. — Les causes n’agissant guère d’une manière continue, le malade 11e ressent d’abord qu’un sentiment de pesanteur, de plénitude, qui va parfois jusqu’à une douleur assez vive dans l’hypochondre droit. Eu même temps le plessimètre accuse une augmentation de volume du foie. La cause cessant, l’effet disparaît; mais la répétition des mêmes erreurs de régime ramène les mêmes

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