CONGESTION SANGUINE DU FOIE
i troubles qui finissent par devenir permanents. On observe alois un calai 1 lie gas- 1 tro-intestinal qui tend à devenir chronique, tandis que les selles deviennent incgu I Hères. La digestion se fait mal, les veines hémorrhoïdales sont gonflées, le ventre t est ballonné, l’hypocliondre droit douloureux.
Cet état peut persister pendant longtemps sans entraîner d’autre conséquence 1 lâcheuse (pie l’infiltration graisseuse des cellules hépatiques et le catarrhe des voies 1 biliaires. On peut même arriver par un traitement approprié à modérer ou même j à faire disparaître l’hypérémie ; cependant, quand elle est invétérée, le résultat i obtenu n’est que passager.
Traitement. — On doit instituer un régime convenable, qui consiste à éviter tout aliment gras, excitant, trop nourrissant et difficile à digérer. Le malade doit, i en outre, mener une existence plus active, marcher, monter à cheval, etc., etc. À ( ces moyens hygiéniques, on adjoindra l’usage des médicaments amers et apéiitifs, i tels que rhubarbe, aloès et autres, les eaux de V /dry, Kissingen, Hombourg. On I pourra de temps eu temps faire appliquer quelques sangsues a l’anus.
II> pértVniic trntiisiatifjiic. — A la suite de contusions de la légion hépatique, i on observe souvent un état hvpérémique du foie accompagné d une tuméfaction notable. Piorry a décrit un cas de cette espèce. La cause était une contusion produite par la balle morte d’un pistolet. L’hypertrophie très-marquée de la glande, la , dyspnée et la fièvre disparurent au bout d’un jour sous l’influence de la saignée. Frerichs a pu observer des désordres semblables chez un ouvrier dont le côté droit i du thorax avait été contus par un wagon. Le malade resta ictérique pendant trois semaines; alors seulement il sortit guéri. Souvent l’effet de la contusion reste local, et il en résulte facilement de l’inflammation et un abcès. Dans nos climats, la plupart des abcès du foie n’ont pas d’autre origine.
Hypérémies développée» sous 1 influence d’une température élevée et d*cffl uves miasmatiques. — (.ClllïCS. — Ull cliniBt très-choud Ct les IïliâSïïïGS
délétères qu’exhalent les terrains marécageux sont les deux causes principales de cette sorte d’hypérémie si fréquente dans les pays tropicaux. Laquelle de ces deux influences est la plus active ? Tout porte à croire que c’est celle du miasme. Ilaspel rapporte qu’en 18ù6 la chaleur fut excessive à Orati, les marais furent desséchés, et, par suite, les causes de maladies disparurent. Malgré cette élévation extraordinaire de la température, on put ^constater que les cas des maladies du foie diminuèrent de fréquence, plutôt qu’ils n’augmentèrent. D’un autre côté, Pringle a observé sous le ciel nébuleux et froid de la Hollande des altérations du foie tout à fait identiques avec celles qui se produisent sous les tropiques. Il est probable que l’action des effluves marécageux est encore plus active que celle de la chaleur : la cause morbifique aura néanmoins son maximum d’intensité là où ces deux conditions, chaleur et miasmes, se trouvent réunies.
Marche. — L’hypérémie des pays chauds, désignée aussi par Dutroulau (1) sous le nom de point de côté hépatique, est fréquemment compliquée de dysenterie et de fièvres intermittentes à types variés. Elle existe toutefois souvent à l’état simple, et sa marche peut alors être aiguë ou chronique. Dans le premier cas, les accidents ont un aspect plus franc et plus décidé que dans le second, où souvent les
(1) Dutroulau, Traité des maladies des Européens dans les pays chauds. Paris, 1861.
MALADIES DES ANNEXES DES VOIES DIGESTIVES
symptômes initiaux passent inaperçus et ne sc révèlent qu’au moment où il existe déjà des désordres graves dans la structure du l'oie.
Symptômes. — L hypérémie aiguë sc caractérise par un gonflement plus ou moins prononcé et douloureux de l’hypochondrc droit ; à ce gonflement se joint la gene de la respiration, souvent aussi un sentiment de tension dans la région splénique, et des douleurs lancinantes dans l’épaule droite et la région lombaire. En outre, la langue est parfois recouverte d’un enduit vert, la tète est douloureuse; il y a du dégoût, des vomissements de matières muqueuses ou bilieuses verdâtres; les garderobes sont irrégulières; dans quelques cas, la constipation existe; plus souvent une diarrhée bilieuse, parfois même sanguinolente. L’abattement est considérable, et les forces diminuent rapidement sans que la fréquence du pouls ou la température du corps soient notablement augmentées.
Au bout de plusieurs jours ou bien de quelques semaines, les accidents disparaissent entièrement, ou bien il ne subsiste plus que quelques troubles en apparence insignifiants. Il est rare, néanmoins, que sous l’empire des causes qui les ont déterminés, les mêmes phénomènes morbides ne reparaissent pas à des intervalles variables. Dutroulau (1) a vu des Européens, qui, pendant un séjour de plusieurs années aux Antilles, ont éprouvé de fréquentes congestions du foie, sans que cela dégénérât en inflammation véritable. Il est vrai que, d’après le même auteur, ces individus, s’ils ne quittent pas les lieux où ils ont contracté leur maladie, sont plus tard voués, presque fatalement, à l’hépatite aiguë et aux abcès du foie.
Dans un certain nombre de cas il arrive que l 'hypérémie, soit d’emblée, soit à la suite de récidives, devient permanente et tourne à la chronicité. Le foie reste hypertrophié, l’appétit n’est revenu qu’en partie; certains mets, principalement la chair des animaux, excitent la répugnance; la disposition à la diarrhée subsiste. De temps en temps sc produisent des exacerbations : la tuméfaction du foie augmente, les troubles des fonctions gastriques et intestinales s’exagèrent. Au milieu de ces rémissions et de ces exacerbations successives, les malades s’affaiblissent de plus en plus, ils deviennent tristes et découragés; leur peau prend une teinte cachectique, blafarde, quelquefois aussi jaune; il se forme des épanchements hydropiques dans la cavité abdominale et dans le tissu cellulaire sous-cutané, etc., etc. Souvent, à la dernière période, on voit se développer soit un catarrhe de l’intestin, soit un état dysentérique qui épuise le malade, et auquel se joignent des accès de fièvre intermittente à type variable, la suppuration des parotides, etc. , etc.
Dans les climats tempérés, l’affection prend une allure moins rapide, les accidents sont moins prononcés et le mode de terminaison n’est plus le même. Dans ce cas, l’hypérémie peut subsister longtemps avant qu’il résulte de graves désordres de la nutrition, rarement il se forme des abcès. Ce qu’on observe le plus souvent c’est une hypertrophie du foie dépendant d’une accumulation de matière adipeuse, ou bien de l’infiltration du parenchyme par des albuminates, qui peu à peu subissent la métamorphose colloïde. Rarement l’hypérémie a pour conséquence la dégénérescence cirrhotiquc.
Traitement. — On recommandera un régime doux, composé d’aliments végétaux acides ou mucilagincux, et l’on proscrira les matières animales, la graisse, les
(1) Dutroulau, Traité des maladies des Européens dans 'les pays chauds.