CIP. H H OSE. — .MARCHE, DURÉE, TERMINAISON
d’une complication, soit parce qu'il a été provoqué par les purgatifs. Sauf ces cas, on peut dire que la constipation est un phénomène constant: et si, chez un sujet i Becquerel a constaté que les selles sont restées naturelles dans tout le cours de là maladie, on doit regarder ce fait comme exceptionnel. A une époque très-rapprochée de la terminaison fatale, les selles deviennent involontaires dans un assez bon nombre de cas.
[L’urine devient plus rare; sa couleur, rouge ou brune, n’est pâle que par exception; souvent on constate l’existence de sédiments rouges ou d’un rouge bleuâtre. Dans les cas où l’ictère accompagne la cirrhose, l’urine est plus ou moins colorée par du pigment biliaire. Assez fréquemment, 18 fois sur 36 cas, d’après Frerichs, l’urine renferme de l’albumine, dont la présence s’explique par la lésion i des reins qui complique l’affection du foie. ]
La respiration n’est pas gênée dans les cas où l’ascite n’est pas considérable et ' oû il n’existe pas de complication. Le pouls varie de 60 à 100 pulsations, et n’ac- - quiert ce dernier degré de fréquence qu’à une époque voisine de l’agonie; il peut alors devenir irrégulier et inégal.
La chaleur de la peau reste normale dans le plus grand nombre des cas. Quelquefois on a noté un refroidissement , mais ce n’est que dans les derniers temps de la maladie. Un phénomène plus remarquable, c’est la sécheresse de la peau. Dans : un cas recueilli par Cossyil n’y avait pas la moindre trace de sueur, même sous les ' aisselles- 0,1 administra des sudorifiques, et l’on tripla les couvertures du malade ; sans P°uvoir Produire Ia moindre moiteur. C’est là évidemment un symptôme important. La peau est en même temps rugueuse et a l’aspect terreux, au moins < dans un bon nombre de cas.
Lorsque l’affection touche à sa fin, on note chez beaucoup de malades un anéani tassement complet des forces, avec trouble des fonctions intellectuelles, et l’agonie i dure ordinairement plusieurs heures.
§ IV. — Marche, durée, terminaison de la maladie.
La marche de la maladie est continue, et il est extrêmement rare de rencontrer ‘ ' GS, rémiss,ons- Une l’ascite produite, on observe une augmentation constante ' de tous les symptômes, et si l’on pratique la paracentèse, l’hydropisie ne tarde i Pas a se îeproduirc aussi abondante, qu 'auparavant.
La duree de la maladie est, dans presque tous les cas, considérable; cependant ion voit quelquefois les symptômes marcher rapidement, même alors que les lésions ,u „» ca.-actorc de chronicité non douter. C'est ainsi qu'un sujeJ observé par Cossj , a ] hôpital Beaujon, a succombé doua mois après l'époque à laquelle il faiemontei les premiers symptômes. En pareil cas, le premier phénomène appa-
ü'! ,,S le“T; Ct’, Sa"S aUCU" <l,IU,e’ la *■*>“ «ta *>« « beaucoup plus ancienne. 10 apres les observations que nous possédons, la durée est de cinq ou six mois à
."I' “|,luS- i;"ïa,,t J^cquercl, il existe une cirrhose aiguë dont les périodes .sont beaucoup plus courtes; mais il est bien rare qu'on cet état la maladie occasionne par elle-, nome la mort, et, le plus souvent, cette cirrhose aiguë n'est que le i premier degré de la maladie. ° 1 '
Dans tous les cas bien connus, la terminaison a été fatale.
MALADIES DES ANNEXES DES VOIES DIGESTIVES
Dans les altérations anatomiques, le point essentiel est le développement des granulations.
Ces granulations, d’après Amiral, sont formées par l’hypertrophie de la substance blanche du foie, en même temps que la substance rouge est atrophiée.
A. Becquerel a adopté celte opinion ; mais, d’après Cruveilhier, ce ne serait pas toute la substance blanche ou jaune du foie qui serait hypertrophiée, et il n’y aurait que quelques granulations qui prendraient un volume considérable, tandis que d’autres s’atrophieraient.
Dans le premier degré delà cirrhose, le foie acquiert un volume plus grand qu’à l’état normal (Becquerel). A cette époque aussi l’organe est congestionné. Dans les observations que nous avons sous les yeux, jamais cet état ne s’est présenté. Plus tard le foie est, au contraire, diminué de volume (1), il a une couleur jaune foncé, cuir débotté; à sa surface externe, on voit, au-dessous du péritoine, des granulations volumineuses formant comme des élevures hémisphériques juxtaposées, et dont le diamètre peut s’élever à A, 5 ou b millimètres (fig. 12). Lorsque leur volume est aussi considérable, ces espèces de mamelons sont comme entassés. On en trouve un bon nombre qui sont déformés par suite de la pression qu’ils ont exercée les uns
sur les autres; mais on n’en trouve pas de très-petits à côté d’autres volumineux, comme cela devait être d’après J. Cruveilhier. Cependant on a cité des cas où le foie était notablement déformé, et présentait à l’extérieur de larges saillies séparées par des intersections plus ou moins profondes; peut-être cet état est-il dû à cette atrophie partielle dont parle l’auteur que nous venons de citer (lig. 12). On prendra garde aussi de confondre avec la cirrhose une simple atrophie du foie, comme cela a été fait quelquefois. Une déformation semblable peut se montrer dans l'atrophie, et l’état seul des granulations volumineuses dans la cirrhose, très-petites clans l’atrophie, peut éclairer l’observ ateur dans quelques cas rares. Enfin , comme on en trouve un exemple dans un des cas rapportés par Amiral, on rencontre une
véritable destruction d’un certain nombre (le granulations qui semblent avoir été ■ nudéées, et qui laissent dos vacuoles disséminées dans le fo.e .and, s qu auxeny üs te granulations sont entassées dans un espace trop pet,, pour les contern '. [En ou. re” il peut arriver que, par suite d'une inflammation cbro.nque du pén tonus
, , , Ain\ i« ns exceptionnels observés par Requin. Voyez surtout le-
f m6m0ir‘ * S°PP'-V
(Bulletin de l’Académie de médecine , 1 ans, 185J, t. , 1
j,-1G 12. — Cirrhose ,!tt foie. — Atrophie du lobe gaucho.
CIRRHOSE. — LÉSIONS ANATOMIQUES.
«qui est venue compliquer la cirrhose, le foie diminué de volume, étranglé par des brides ligamenteuses et par des adhérences, prenne une forme irrégulièrement lobée, dont les figures 13 et \U, extraites de Frerichs, nous fournissent un sin-
: g u lier exemple. ]
l'IG. 13. — Foie cirrhose et divisé en lobules, dans un cas de péritonite chronique ffaco supérieure).
(Frerichs, fig. 61.)
'Les divers états que nous venons de l'admis par les auteurs.
Fig. 14. — Le même foie (face inférieure).
(Frerichs, fig. 62.)
décrire correspondent aux trois degrés
Le tissu qui environne les granulations, c’est-à-dire la substance rouge, la partie rrrnineimnent vasculaire du foie, s’atrophie au contraire, d’une manière évidente, de telle sorte qu’entre les granules elle n’a plus que l’épaisseur d’une mince pelli- : ule. On peut s’en convaincre facilement en énucléant les granulations, ce qui est oujours facile lorsqu’elles ont atteint un volume considérable. Il reste alors une avité arrondie dont les parois lisses sont si minces et si transparentes, qu’elles laissent apercevoir les granulations voisines. C’est avec une peine extrême qu’on tarvient à y découvrir quelques vaisseaux rares et de la plus grande ténuité.
La vésicule et les conduits biliaires ne présentent rien de particulier à noter.
I )ans les cas où le foie a subi une déformation considérable, il n’est pas rare de 1 °ir’ asa surface, des brides qui l’unissent à la paroi abdominale et au diaphragme; .'est dans les intersections que ces brides viennent s’insérer. Enfin, on trouve dans l e cœur, les poumons, etc. , les traces des diverses maladies complicantes mentionnées plus haut.
[Gubler (1), se rattachant aux opinions d’A.ndral et Boulland, fait jouer un rôle tunpoi tant au développement d un tissu ccllulo-fibreux de nouvelle formation et à ia rétraction de ce tissu.
Le travail morbide d où résulte la cirrhose peut être divisé en trois périodes:
i° Au début, congestion hypérémique active; infiltration plastique de la sub- : Lance vasculeuse rouge ; le foie augmente de volume.
2 Dans un second degré, la lymphe plastique, déposée dans les interstices de la
(I) Gubler, Théorie la plus rationnelle de la cirrhose , thèse de concours pour l'agrégation, ans, 1853. ° °
MALADIES DES ANNEXES DES VOIES DIGESTIVES
substance rouge, s’organise en tissu cellulo-fibreux, d’où l'hypertrophie de la charpente fibreuse de la glande. En môme temps le tissu nouveau se condense, et, par suite de son resserrement, apporte un obstacle marqué à la circulation du sang et à la progression de la bile. Il en résulte une distension mécanique, et même une augmentation hypertrophique du volume de la substance sécrétante, d’où for mation des granulations, etc.
3° Enfin, dans une dernière période, le tissu fibreux de nouvelle formation, continuant à se rétracter, étouffe le réseau capillaire sanguin, comprime plus efficacement qu’il ne le faisait les vaisseaux sanguins du excréteurs situés à la base des grappes de lobules, et détermine à la longue la diminution du volume total de l’organe et diverses altérations de forme. (Gubler.)
En outre, Gubler a fait connaître, par des observations de Fauvel et Lediberder, une dilatation variqueuse des veines œsophagiennes, destinées à suppléer la circulation en retour de la veine porte dans la veine cave supérieure. Ces varices sont souvent causes d’hémorrhagie. ]
§ VI. — Diagnostic, pronostic.
Diagnostic. — On distingue la cirrhose de V hyclropisie enkystée des ovaires , aux signes suivants : Cette dernière maladie, ayant son siège dans les ovaires, ne se développe que chez les femmes; la tuméfaction du ventre est plus lente, et les parois de cette cavité présentent une forme différente de celle qui est propre a l’ascite ; à l’aide de la percussion on limite le kyste, et l’on s’assure qu’il n’existe pas un épanchement dans le péritoine lui-même. On ne trouve ni la coloration particulière de la peau indiquée plus haut, ni la couleur jaune orangé, ni le dépôt briquet é des urines.
La péritonite chronique se distingue par les douleurs abdominales spontanées ou à la pression; par l’absence de la coloration; par la fièvre hectique et par les signes de tubercules pulmonaires; car la péritonite chronique est généralement due h la présence des granulations tuberculeuses dans la membrane péritonéale.
Cependant la péritonite peut exister à un degré très-marqué, les granulations tuberculeuses n’étant pas assez abondantes dans le poumon pour donner lieu a des symptômes appréciables. La fluctuation abdominale n’est pas, en pareil cas, aussi caractérisée que lorsqu’il existe une ascite dépendant de la cirrhose. On voit survenir, dans la péritonite chronique, un retrait plus ou moins rapide ou lent do l’épanchement, à la suite duquel le ventre, légèrement et universellement météorisé, laisse apercevoir les circonvolutions de l’intestin, distendues par suite de la difficulté avec laquelle les matières qu’il contient en parcourent les sinuosités. Rien de semblable ne s’observe dans la cirrhose, où au contraire 1 ascite fait des progrès continuels.
L 'hépatite chronique a pour caractères un développement notable du ioieet unedouleur beaucoup plus constante et plus marquée que celle de la cirrhose. Eu même temps on observe un certain mouvement fébrile, et enfin 1 ascite manque.
Nous donnerons le diagnostic de la cirrhose et du cancer du foie, art. Vil, 6° Cancer du foie.
Ascite due à l’oblitération des grosses veines. — Dans la cirrhose comme dans l’ascite, on trouve assez souvent des veines dilatées rainpant dans la paroi abdominale, ce qui rend alors le diagnostic plus difficile. (Voy. Ascite.)
CIRIUIOSE. — DIAGNOSTIC.