HÉPATITE CHRONIQUE
Foie déborde notablement les côtes.
Douleur ou gêne plus constante et plus marqué.
Mouvement fébrile plus constant et plus marqué.
Pas d’ascite.
Pronostic. — La terminaison de la maladie a été fatale dans les cas bien déterminés. La gravité des complications et la rapidité avec laquelle se reproduit l’ascite après la ponction sont des signes pronostiques dont il faut tenir compte.
§ VII. — Traitement.
Aucun des moyens employés n’a réussi à arrêter la marche de la maladie. Les principaux symptômes n’ont subi aucun amendement sous rinlluence des médications mises en usage. Nous mentionnerons les remèdes prescrits pour remplir les indications que chacun a cru trouver dans les phénomènes morbides.
On a appliqué des sangsues à l’anus et sur la région du foie ; on a couvert cette partie de vésicatoires, on y a placé des cautères. Les diurétiques, tels que le sirop de pointes d'asperges, la digitale, le nitrate dépotasse, etc., ont été prescrits sans diminuer en rien l’hydropisie. 11 en a été de même des purgatifs répétés, qui ont l’inconvénient d'affaiblir le malade. On a rarement donné les divers médica-
maladies des annexes des voies digestives.
nients désignés sous les noms de désobstruants et de fondants; cependant c’est à eux que le praticien devra principalement recourir ; mais nous ne croyons pas de- \oir les indiquer, parce qu’on les trouvera à l’article Hépatite chronioue (yov. p. 169 et suiv.).
Monneret(l) dit avoir employé avec quelque avantage les pilules bleues , à doses petites et altérantes (5 à 10 centigrammes), une 5 cinq par jour. Elles sont formées de conserve de roses dans laquelle on éteint complètement le mercure métallique. Il lcui associe les eaux alcalines de 1 ’ichy, l 'eau de soude, et à l’extérieur les bains alcalins ou sulfureux.
Lorsque la tuméfaction du ventre est considérable et que la respiration est gênée, on pratique la paracentèse, sur laquelle nous insisterons dans l’article Ascite ; mais l’épanchement péritonéal ne tarde pas à reparaître, et l’on est obligé de recourir plusieurs fois a celte opération, sans autre profit qu’un soulagement passager, (liiez un sujet observé par Cossy, une hernie inguinale était chassée invinciblement au dehors dès que le péritoine s’emplissait. Dans les cas de ce genre, on doit pratiquer la ponction plus tôt que dans les autres, pour prévenir l’engouement intestinal.
h° HÉPATITE syphilitique, syphilis du foie.
[Nous avons déjà consacré un court chapitre à ces altérations spéciales du foie en décrivant la syphilis. La part prise par le foie à l’infection syphilitique était, sinon connue, du moins soupçonnée par les anciens. Sous l’influence des théories galéniques, on avait même attribué à cette glande un rôle fort exagéré, car c’était en elle que I on plaçait l’origine de la dépravation des humeurs, dont la syphilis est la manifestation. dette opinion de l’affection primitive du foie, acceptée dans le principe par Brassavole, par Antonius Gallus et par Fallope, était encore soutenue dans le courant du XVIIe siècle par Keil, Jonston et Ronchin (de Montpellier). Il est vrai que, contestée dès son origine, elle n’avait jamais entièrement prévalu; Cutanéus, Rotai et Paracelse l’avaient énergiquement combattue, en affirmant que l’affection du foie était secondaire et consécutive à la corruption des humeurs par le virus syphilitique; cependant la question restait indécise, ne pouvant guère être résolue qu’à l’aide d’une série d’observations anatomiques recueillies avec soin. C’est en suivant cette voie et en se basant sur tous les faits d’anatomie pathologique observés jusqu’à lui, que Th. Bonet reconnut que l’altération du foie est loin de coïncider toujours avec la syphilis, et prouva clairement l’erreur de ceux qui attribuaient cette diathèse à l’action de la glande hépatique. Dès lors l’importance du foie, par rapport à la syphilis, ne fit plus que décroître, surtout après que Morgagni eut affirmé que jamais il n’avait trouvé le foie malade chez les syphilitiques dont il avait fait l’autopsie. Aussi, quoique Astruc, Van Swieten et Portai aient cité quelques cas où le foie présentait des lésions d’origine syphilitique, l’attention cessa de se porter sur ce genre d’altérations jusqu’en ces derniers temps, où Ricord décrivit dans les poumons, le cœur et le foie des tumeurs qu’il compara aux tumeurs gommeuses. Déjà Rayer avait observé et décrit certaines lésions du foie auxquelles il avait assigné une origine [syphilitique, et ainsi avait été donné le signal du retour à des éludes injustement négligées. A partir de cette époque, la syphilis du foie devint
(1) Mormeret, Archives générâtes de médecine, septembre 1852.