‹ Guide du meunier et du constructeur de moulinsChapitre 154 sur 166 · SURFACES RAMPANTES. S6S · texte numérisé non relu

SURFACES RAMPANTES. S6S

Le calcul de C et c étant fait , on en vérifiera l’exactitude par la formule C — c — l, qui devra être satisfaite.

177. Ces diverses formules se prêtent parfaitement au calcul logarithmique, et peuvent servira résoudre les problèmes inverses de celui que je viens de traiter ; tel celui-ci : une lame, de tondeuse étant donnée , déterminer à quels cylindres elle peut convenir.

Pour résoudre ce problème , il faut se donner soit le pas que l’on veut faire parcourir à la lame , soit le rayon du cylindre sur lequel la lame doit ramper; de sorte que le problème est susceptible d’une infinité de solutions.

178. Elles servent aussi à résoudre cet autre problème : déterminer le cintre des lames qui , sur un cylindre donné, opèrent le tondage sous un angle voulu.

179. Ce dernier énoncé, approprié au conducteur de grain , serait déterminer le cintre de la bande de tâle qui doit former la surface rampante d’un conducteur de grain , de telle sorte que ce grain soit poussé sous une inclinaison donnée. Et l’on conçoit que , parmi toutes les inclinaisons que l’on peut donner à la surface rampante , il en est nécessairement une que la pratique démontre être la plus avantageuse, et qu’il faut ainsi préférer.

En supposant que l’on veuille construire un conducteur de grain , dont l’hélice ait 3 inches de large et 2 1 inches de pas , sur l’arbre cylindrique de 9 inches de diamètre , il faut poser P=ai; ar=get/=3; et en opérant le calcul des formules proposées, on trouve, à l’aide des logarithmes , C— g, 4544 et c= 6, 4543. Ainsi le diamètre du cercle intérieur de la zone de tôle développée sur un plan, ou ac, est de 12 , 91 inches. Oliver Evans dit , § 98 , que , ce diamètre étant de 1 2 inches , on obtient une surface rampante de 21 inches de pas ; il est probable que ses mesures, pour cet objet, ne sont qu’approximatives.

Du reste , en effectuant les calculs , on trouve

ü = 26, 6881 9 grades et w •= 4°i66go 3 grades ,

et enfin H — 5i , 5gi3 incties, et h = 35, aigg inches.

Des valeurs de n et ot , il résulte que le blé est poussé par une surface rampante dont le bord extérieur fait avec l’axe du conducteur un angle de 26 grades a/3 environ , angle qui augmente progressivement pour les hélices imaginées de plus en plus près du noyau de ce conducteur; de telle sorte que l’hélice qui y forme le pied de la surface rampante fait avec l’axe un angle de 4<> grades 2/3 à peu près.

La valeur trouvée pour H indique que , pour construire chaque longueur de conducteur égale à 21 inches , il faut une longueur de zone dont le bord extérieur ait 5i., 5g inches de développement.

Description des Moulins de St-Denis, appartenant a M. Benoist.

180. Il existe à St-Denis, près Paris, plusieurs étahlissemens de meunerie, parmi lesquels celui de M. Benoist tient le premier rang et offre cela de particulier que la mouture française dite économique y étant combinée avec la mouture à la grosse faite avec de petites meules eldite pour cela américaine, et à tort anglaise , cette réunion de moyens de travail donne à M. Benoist la facilité d’obtenir tous les produits que recherche le commerce de la capitale; Cet industriel éclairé a bien voulu laisser prendre àM.jLeblanc toutes les mesures nécessaires pour dresser les planches indispensables à la clarté du texte, et m’a permis de recueillir tous les documensdont je pouvaisavoir besoin pour décrire tant le mécanisme de ses moulins ctccluidesmachinesdontilssontmunis, que pour faire connaître la manière dont le travail y est opéré.

Ace sujet, je dois des remercîmens particuliers à M. Paradis, à qui la direction générale des divers travaux de rétablissement est confiée, pour l’empressement avec lequel il a eu la bonté de me communiquer divers renseignemens sans lesquels j’aurais eu beaucoup de peine à rédiger cette description d’une manière utile. M. Paradis ayant toujours dirigé, depuis 1816, de grands étahlissemens de meunerie , a acquis dans son art une grande

habileté, et c’est sur une longue expérience que sont basées les opinions particulières qu’il s’est formées relativement au rhabillage et à l’emploi des meules dont je parlerai plus bas.

181. Le bâtiment particulier des moulins a environ 33 mètres de longueur sur 12 mètres de large , et quatre étages au-dessusdu rez-de-chaussée. Dix pairesde meules formant trois systèmes ou moulins différens y opèrent le moulage du blé. Les deux moulins situés à gauche ont chacun pour moteur une roue hydraulique renfermée dans le bâtiment, et se composent chacun de deux pairesde meules de x rn, 787 de diamètre, moulant le grain suivant la méthode française ou économique. Le troisième système ou moulin, situé à droite en entrant, est mû par une machine vapeur à expansion à trois cylindres' conjugués, de la force deaochevaux, et placée dans sa maison particulière, derrière le bâtiment : ce moulin est composéde six paires de meules dont le diamètre est moyennement de im,2g9, et qui opèrent à la mouture la grosse dite américaine.

Les divers mécanismes de ces trois moulins, ainsi que les roues-hydrauliques et la machine à vapeur qui les mettent en mouvement, ont été construits par M. Aitkins et l’infortuné Steel; tout y marche avec accord et c’est une chose vraiment satisfaisante de voir le concours régulier de tant d’agens, pour la fabrication de produits alimentaires si utiles à l’existcnceule l’homme.

Moulins français ou économiques.

182. La roue hydraulique qui fait mouvoir le moulin , situé à l’extrcmité gauche du bâtiment , est établie sur un des bras- de la petite rivière qui baigne St-Denis et y sert tant d’industries diverses. Cette roue a 3m,5i8 de diamètre extérieur , et im,2gg de largeur; elle est garnie de 3o aubes planes, dirigées vers l’axe de la roue et occupant une zone de ora,325 d’épaisseur ; de sorte que le diamètre extérieur du tambour en planches, sur lequel les aubes aboutissent à 2n,,870 de diamètre. La chute totale a i"l,58g de hauteur, et l’épaisseur moyenne

de la lame d’eau, qui varie très-sensiblement avec les saisons , est de om,225, sur la vanne mobile en déversoir qui prend le cintre de la roue et forme le haut du coursier circulaire dans lequel celte roue tourne sur son axe horizontal situé à ira,g49 audessus du niveau de l’eau d’avaV; la vitesse due à la seule épaisseur de la lame d’eau motrice est ainsi de 2,l,,ioi. En aval de l’aplomb de l’axe de la roue , le coursier est racheté par un petit glacis de im, 029 de longueur, terminé par un ressaut; le rachat du coursier cylindrique est ainsi situé à om,i8g au-dessus du niveau des eaux inférieures. La roue effectue enfin de 4 à 5 tours par minute , et est comme on voit, de l’espèce que l’.on nomme roues de côté surbaissées.

En supposant à la roue la vitesse de rotation moyenne de 4,5 tours par minute, comme les meules font moyennement 69 révolutions dans le même temps , on voit que le rapport des vitesses de rotation de la meule etde la roue est (ig divisé par 4,5, ou i5,3. ün voit de même que la vitesse des points situés à la circonférence de la roue est de om,835 ; ainsi celte vitesse paraît être à celle des filets inférieurs de l’eau motrice affluente comme 1 est à 2,5a.

i83. Si l’on applique la formule donnée n° 102 au calcul de la dépense du cours d’eau , on trouve qu’il ne doit fournir que 233,343 litres ou kilogrammes d’eau par seconde, lesquels étant multipliés par la hauteur im,589 de la chute donnent 370,782 métrolitres pour la valeur de la quantité d’action mécanique dépensée par seconde. En divisant cette quantité d’action par 80, 09 obtiendrait 4,635 , nombre qui semble signifier que telle est en chevaux de vapeur la force du cours d’eau considéré.

Les meules de ce moulin ont ini,787 de diamètre. Si leur poids était réglé conformément A la formule du n° 5o , la quantité d’action mécanique épuisée par la seule meule que le cours d’eau est capable de faire mouvoir serait de 388 métrolitres par seconde, ou , ce qui est la même chose , il faudrait 4,85 chevaux de vapeur pour la maintenir en activité de travail.

En comparant ce nombre avec le précédent, on voit qu’il est un peu plus grand , ce qui paraît faire trouver en défaut la formule du n° 102 ; mais il r.e faut pas oublier ici que cette formule n’est applicable qu’aux déversoirs pratiqués dans les parois de réservoirs dontl'eau est supposée sans vitesse initiale; tandis que le cours d’eau utilisé à St-Denis coule sur la vanne avec une vitesse acquise qui augmente d’autant la vitesse d’écoulement; de plus on a mesuré la lame d’eau à son passage sur la vanne en déversoir , et il est évident que l’eau ayant déjà commencé à chuter, son épaisseur y est moindre que la hauteur dé son niveau d’amont sur celte vanne. Une autre cause d’augmentation de cette dépense tient enfin à ce que la largeur du cours d’eau est la même que celle de la vanne, ce qui d’après les expériences de üuduat (1) annule les effets de la contraction latérale. La formule du n° 102 n’est donc pas celle qui convient au calcul de la force du cours d’eau dont je m’occupe ; pour en estimer la valeur il faudrait partir d’autres données que je n’ai pu recueillir.

184. Le moulin situé au milieu du bâtiment est mû par une roue de côté, non à aubes comme la précédente, mais à augets , car le second bras de rivière qui la met en mouvement est moins fort que celui dont il vient d’être question. La roue a 4”\i86 de diamètre , et est embrassée par un coursier cylindrique en bois, à vanne en déversoir; sa largeur est de iro,48g; elle porte 48 augets qui ont o"1, 176 d’entrée, om,237 de profondeur, et om,g75 au fond; elle est montée sur un arbre en fonte à six pans, au moyen de six rais en bois de oln,333 de large sur om,o83 d’épaisseur, assemblés chacun par quatre boulons dans un nœud ou moyeu à nervures en fer coulé, fixé sur l’arbre avec des clavettes.

Les joues de celte roue ont o‘>‘,45 de largeur vers l’axe, et débordent ainsi en dedans la zone occupée par les augets;

(t) Voyei le n" y i;J de «CS Principes <T hydrodynamique .

la chute est de 2m, i52; le niveau de la surface de l’eau d'amont passe ainsi à ora,o4i au-dessus de l’axe de la roue. La lame d’eau motrice, coulant sur une vanne en déversoir, y a moyennement om,i28 d’épaisseur; d’où il semble résulter que la quantité d’action mécanique dépensée par le courant est de 246,81 métrolitres par seconde , force totale qui ne représente que celle de 3,o85 chevaux de vapeur; mais ici se reproduisent des observations semblables à celles qui terminent le n° i83.

La roue effectue de 4 à 5 révolutions par minute , de sorte que la vitesse, à la circonférence, est de om,875 à i^ogS par seconde ; la vitesse due à la seule épaisseur de la lame d’eau motrice est rra,585,et est ainsi, avec les précédentes , dans le rapport de i,8r et de i,445 est à 1.

i85. Le chanteau du grand rouet, ou roue d’engrenage d’angle menante en fer coulé , est formé de quatre parties réunies entre elles et avec le croisillon des 8 rais coulé à part, à l’aide de boulons. Ce grand rouet de 2m,5o de diamètre extérieur , garni de io4 dents de bois et monté sur l’arbre de la roue hydraulique, commande un pignon d’angle en fer coulé à dents de ce métal , au nombre de 25 , situé au bas d’un arbre vertical ; le diamètre extérieur du bout le plus saillant de la tête des dents est de om,675. Le même arbre vertical porte au-dessus de ce pignon une roue cylindrique à 6 rais, coulée d’une seule pièce et garnie de 96 dents de bois. Cette roue, de im,go de diamètre mène enfin les pignons cylindriques en fer coulé de ora,575, fixés sur les gros fers des deux meules courantes, et dont les dents aussi de fer coulé sont au nombre de 26.

II résultedes nombres de dents des engrenages du mécanisme de ce moulin , semblable à celui du précédent, que l’arbre vertical fait 4,16 tours pour i de la roue hydraulique, et que les fers des meules en effectuent 3,68 pour 1 dudit arbre vertical; ainsi ces meules font de 61, 4 à 76,8 révolutions par minute.

Pour opérer la mouture française bu économique, les meules doivent être peu rapprochées l’une de l’autre , et les surfaces moulantes doivent être rhabillées d’une manière uni-

forme , sans sillons. La farine entière se rend au sortir des meules dans un bluteau suivi d’un dodinage, destinés à séparer la farine de blé et les gruaux mous , et mus comme à l’ordinaire par un babillard.

Moulin à vapeur pour la mouture à la grosse dite américaine.

186. La machine à vapeur qui met en mouvement les six paires de meules du moulin situé dans le côté de droite du bâtiment est installée dans sa maison particulière adossée par derrière à ce dernier. Cette machine à expansion , travaillant sous la pression de 3,5 atmosphères, est donnée pour avoir la force de ao chevaux , et a , comme je l’ai dit, 3 cylindres , savoir : deux de om,2gy de diamètre intérieur , recevant alternativement la vapeur arrivant des chaudières, pour la livrer au gros cylindre de om,5o de diamètre, l’un toujours par le haut de ce cylindre , et l’autre toujours par le bas. Les deux petits cylindres sont placés tout contre le gros et dans la même chemise; et le plan vertical passant par leurs deux axes est perpendiculaire à la longueur du bâtiment principal, et au plan vertical déterminé par le balancier , que supportent sur leur entablement deux belles colonnes en fer coulé. De cette mapière , la course des pistons des petits cylindres diffère peu de celle du grand piston , qui est de im,4t7 , et ils donnent tous le même nombre de coups par minute, savoir : de 23 à a4-, c’est-à-dire autant de descentes et autant de montées.

La machine est alimentée de vapeur par deux chaudières en fer coulé en deux parties, et garnies chacune de deux bouilleurs en tôle. Elle consomme , par jour de 24 heures de travail , une voie et demie de houille du poids moyen de 1100 kilogr. , ce qui revient ainsi à 3, 437 kilog. par heure et par cheval.

L’axe de la manivelle de la bielle est distant de om,7o4 de celui de l’arbre du volant sur lequel elle est montée.

Lespistons sont métalliques: ils sont formés pardessegmens circulaires que des ressorts à boudin intérieurs poussent vers le

dehors , et dont les joints se recouvrent. Dans le principe, ces segmens étaient faits en cuivre ; mais M. Benoist a trouvé convenable de les faire remplacer par d’autres en acier , qui ont été forgés et ajustés par un serrurier de St-Denis : les segmens des petits cylindres ont été trempés, mais point ceux du gros cylindre, dans lequel a lieu l’expansion de la vapeur.

L’eau de la rivière, donnant beaucoup de dépôt dans les chaudières, et ayant dans l’été une température trop élevée pour servir efficacement à la condensation de la vapeur , M. Benoist a fait établir un puits artésien en dehors de la maison de la machine. L’eau , au sortir du tube évasé qui le couronne, se déverse dans un bassin sous la forme d’une belle clocbe cristalline de l’aspect le plus agréable; et soumis à l’influence du battement affaibli des moulins, et du bruit sourd et cadcnsé de la condensation , on ne peut se défendre d’une délicieuse rêverie , que fait naître la douceur du murmure de cette eau vive dont le génie de l’homme est allé briser la captivité jusque dans les entrailles de la terre.

187. Je vais passermaintenant à la description dusystèmedes G paires de meules que la machine à vapeur met en mouvement. La coupe générale de ce moulin est exprimée par la fig. 144. ; la fis. i45 montre la moitié du plan général des transmissions de mouvement et du beffroi , du côté du moteur; la fig. 14G représente enfin le plancher des meules, où celles-ci sont vues dans divers états. Dans ces figures les mêmes lettres indiquent soit Jes mêmes objets , soit les objets semblables qui se répètent pour chaque paire de meules.

Le mouvement arrive par l’arbre moteur A , portant le volant de la machine à vapeur, et qui effectue de 2 4 à 2 5 révolutions par minute. Cet arbre est garni d’une roue cylindrique C, de 5q dents de fer coulé comme elle, et qui engrène avec la roue cylindrique <7, aussi en fonte, mais garnie de 76 dents de bois, laquelle est fixée sur un arbre de couche D en fer coulé , à 6 pans, tournant dans les coussinets de cuivre des deux pa-

MOULINS DE SAINT-DENIS, liers en fer coulé B', B", semblables au palier B qui soutient le bout de l’arbre moteur? Cet arbre de communication D , qui fait de 17,1 à 18,6 révolutions par minute, est garni d’une roue d’engrenage d’angle £en fer coulé, mais à dents de bois, au nombre de 96. Cette roue d’angle engrène avec le pignon E\ tout en fer coulé, armé de 64 dents, et lié invariablement avec la grande roue cylindrique en fer coulé F, portant i36 dents ou alluchonsde bois dur, et arrêtée sur l’arbre vertical G en fer coulé, à six pans, qui s’élève au milieu du beffroi.

Le beffroi est formé par 6 colonnes creuses , de fer coulé s’élevantsur une armature de ce métal, posée sur un soubassement .S'en pierre, très-solide, et couronnées par un entablement JV, aussi de fer coulé. La colonne voisine du moteur, plus courte que les autres, pose seule sur un patin de mémemétal percé d’une ouverture pour laisser passer l’arbre de communication D. Ces colonnes, qui occupent les sommets d’un hexagone régulier, à l’axe duquel correspond l’arbre vertical G , sont coulées avec des oreilles , pour recevoir , à une hauteur convenable, les paliers P, P, P, qui de cette manière s’étendent horizontalement d’une colonne à l’autre, en dessinant les côtés de l’hexagone , et sur le milieu desquels reposent les pivots des gros fers 1,1, des meules, dans des crapaudines que l’on peut faire mouvoir dans tous les sens, à l’aide de vis de pression.

D’après ce qui précède , l’arbre G qui pivote dans la crapaudinc //et qui est retenu par un collier ou palier renversé H' lié au haut du beffroi , fait donc de 25,6 à 27,9 révolutions par minute ; et comme la roue ou hérisson F commande les pignons en fer coulé F', F, de 34 dents , fixés sur les gros fers 1,1)1, des meules courantes, renfermées dans leurs archures K, K, K, il en résulte que ces meules effectuent, par minute, de 102 à 112 révolutions.

189. Ces meules n’ont que 1 ,299 de diamètre , en supposant leur mouvement de rotation moyen de 107 tours à la minute, la vitesse de leur circonférence serait de 7m,a 77 par seconde.

vitesse qui, étant ramenée aux deux tiers du rayon, deviendrait 4m,85i seulement Chaque meule, forméede plusieurs blocs de pierre de choix, lies avec du plâtre et garantis contre l’effet de la force centrifuge par dé bons cercles en fer forgé qui les entourent , épuiserait ainsi plus de 327 métrolitres par seconde, ce qui revient , pour les six, à la force de plus de 17 chevaux.

Pour sceller dès morceaux de pierre meulière dans les cavités ou trous qui peuvent exister dans les meules, M. Paradis se sert d’un mastic composé de 80 parties d'alun , 80 parties de pierre meulière, 1 partie de colle de Flandre, et quantité suffisante d’eau. La colle est dissoute à chaud dans l’eau, et sa dissolution sert à gâcher l’alun et la pierre meulière , que l’on a préalablement réduits en poudre.

Les meules gisantes m\m', sont contenues et assujetties avec des vis de pression dans des espèces de cuvettes c,c, en fer coulé, fig. 147 * *53 et i54, évidées, placées elles-mêmes sur des châssis ou enchevêtrures triangulaires e,e,e, garnis de trois vis verticales v,v,v, pour disposer bien de niveau la surface de ces meules, et de trois oreilles ayantchacune une vis horizontale h servant à centrer parfaitement les meules , à l’aplomb de la crapaudinc du pivot du gros 1er I.

Des mécanismes particuliers , dont on voit une partie en V , V , servent à écarter ou à rapprocher plus ou moins les meules courantes des meules gisantes, suivant que cela peut être utile à la bonté du moulage.

18g. Les surfaces desmeules sontgénéralementdivisées en onze comparlimens, rayonnés de quatre sillons chaque. Les sillons principaux ontom,o54d’excentricité, et s’arrêtent à oni,i22 du centre. Le bord antérieur des sillons est formé par un plan perpendiculaire à la surface des meules , et le fond du sillon par un plan incliné venant sortir à l’arrière-bord. Les sillons ont on,,027 de largeur et om, 0027 de profondeur, et sont séparés par des intervalles plans de om,o54 , sur lesquels on pratique des tailles très- fines et régulières , parallèles aux sillons , et à la distance de 1 millimètre environ l’une de l’autre.

L’œillard de la meule gisante est hexagonal et reçoit le boitard en fer coulé, de même forme à l’extérieur, et dans lequel la fusce cylindrique du fer tourne.

Le blé , déposé dans une trémie supérieure , se rend dans les tremies L des meules , en descendant par de longs boyaux en toile, d’où il coule par suite du trémoussement que le frayon, dont on voit le bout en fait éprouver par ses chocs réitérés à l’auget a. L’alimentation est réglée à l’aide d’une petite corde qui supporte le devant de l’auget , et passant sur le rouleau r placé sur les trémions t,t, de la trémie L : ce rouleau est entouré de plusieurs gorges qui , en recevant la petite corde ou baille-ble , donnent le moyen de varier encore , au besoin, l'écart que le frayon fait éprouver à l’augct.

La farine entière tombe dans des huches qui ne sont pas exprimées dans les figures, et d’où on la retire pour la laisser rafraîchir pendant 10 ou 12 jours, avant de la faire passer dans un bluttoir à brosses , tel que celui représenté par les figures 210 à 318, formé d’un cylindre en toile métallique, de plusieurs grosseurs différentes, muni de brosses intérieures, dont le mouvement rapide de rotation chasse la farine de blé et les gruaux à travers les toiles, et par le pied duquel tombe le son gras.

Machines accessoires.

190. Les machines employées dans l’établissement deM.Zfenoist, pour achever la fabrication des farines provenant tant de la mouture française ou économique , que de la mouture à la grosse dite américaine , sont :

r° Six tarares , formant deux systèmes, dontl’un pour nétoyer les blés de Crépy destinés à la moulure française pour belle farine de gruau , et l’autre néloyant les blés fl u pays pour moudre à l’américaine. Les premiers blés doivent être trèspropres; aussi s’en nétoie-t-il une bien moins grande quantité dans un temps donné que des derniers. Les tarares de chaque système sont situés les uns au-dessous des autres, dans les i‘r,

ire ADDITIONS,

ac et 3e étages du moulin. Les tarares supérieurs n’ont qu’un frappeur, le frappeur supérieur est remplacé par un crible à secousses ou émoteux; les tarares moyens et ceux du bas sont munis de deux frappeurs, et sont décrits dans les figures 202 à 209;

20 Quatre bluteaux et dodinages , placés dans quatre coffres, dontun pour chaque paire de meuleséconomiqucs; ces machines sont semblables à celles de tous les moulins de ce genre, et opèrent les mômes séparations de parties de la faripe entière;

3° Deux blutoirs à brosses , pareils à celui représenté par les figures 2 10 à 218, destinés à faire le départ de la farine entière américaine en farine de blé , gruaux, et son gras ;

4° Un blutoir ù brosses et à cylindre mobiles , dans lequel on passe la son gras de la moulure économique pour en séparer une espèce de farine avant de le livrer au divise- son.

5° Un bluteau lâche , destiné àextraire des gruaux provenant de la moulure américaine , une espèce de farine adhérente ;

6" Un dioisc-gruaux divisant les gruaux de la mouture économique en dix espèces; différentes , et donnant du son pour issues.

70 Un blutoir de soie, dans lequel on passe les gruaux de la mouture économique, pour en séparer mie espèce de farine adhérente ;

8° Une bluterie de soie dans laquelle passent les gruaux de la mouture américaine, pour être divisés en deux qualités.

90 Un dmse-sons , qui fait le départ des sons fournis par les deux espèces de mouture ; les recoupeltes mêlées de gruau bis passent à la tôle du cylindre et les divers sons passent ensuite ver^a queue.

io° Un sas mécanique servant à extraire les gruaux bis mêlés encore aux recoupeltes sortant du divise-sons.

. „ MOULINS UE SAINTîDENIS. 577

Distribution générale de V établissement.

igi. Voici la manière dont ces machines, ei en général toutes lesjpartics de l’établissement de M. Benoist , sont distribuées, à partir de l’étage supérieur jusqu’au rez-de-chaussée.

Quatrième étage. Dans cet étage , situé sous le comble, sont placés : - . •

Un tire-sac mu par la machine à vapeur. ’

Les deux trémies des tarares. .

La trémie du divise- gruaux, où l’on verse les gruaux et sons gras de la mouture économique.

La trémie du sas mécanique , dans laquelle on verse les recoupettes et autres résidus provenant de la mouture américaine. . • ' ' •

. La trémie de la chambre à farjne ou boulange.

ifyi. Troisième étage. Cet étage renferme.

Deux tarares à émoteux et à un seul frappeur , mis en mouvement par la machine à vapeur. Les ventilateurs de ces machines font de i65 à « 90 révolutions par minute , et les frappeurs , de 370 à 3io Jours dans le même temps.

Un tire-sac mu par la roue hydraulique à pots.

Un blutoir de soie pour séparer la farine adhérente aux gruaux de la mouture économique avant de 1 tssasser. Il est mû par la machine à vapeur, et est situé dans la chambre de sassement.

La chambre de sassement des huit espèces de gruaux provenant de la mouture économique , où des ouvriers les tirent à blanc avec des sas à la main de diverses grosseurs.

La trémie du blutau lâche , dans laquelle on verse les gruaux de la mouture américaine et la farine séparée des gruaux économiques par le blutoir de soie. . «

Les corps des trémies du divise-gruaux et du sas mécauiquc.

Magasin de blc et chambre à farine ou boulange.

ig3. Second étage. Dans cet étage sont situés :

Deux tarares a double frappeur.

jjgux blutoirs à brosses à cylindre fixe* mis en mouvement par la machine à vapeur ; ces blutoirs divisent la farine entière provenant de la moulure américaine , en farine de Lié ou boulange, en gruaux et en sons gras qui tombent à l’étage inférieur. Les cylindres de ces blutoirs ont im, 178 de long et on‘,46o de diamètre; ils sont garnis de cinq toiles métalliques dont les quatre de la tête laissent passer 64 pourcent de tarine de blé , et celle de la queue 1 1 pour cent de gruaux; dans cet ordre, les toiles à farine ont 96, io4, io4ct ni fils au centimètre, et la toile des gruaux 59. Quoiqu’il passe ainsides farines de plusieurs grosseurs, elles sont néanmoins réunies ensemble pour former la boulange ou farine avec laquelle les boulangers de la capitale font le pain de deux kilogrammes. Les brosses de ces blutoirs effectuent de a65 à 59$ révolutions par minute.

Un bluteau lâche mû par la machine à vapeur , dans lequel passent les gruaux provenantes blutoirs à brosse, pour séparer la farine qui leur est encore adhérente , et que l’on mêle avec la deuxième farine. Le bluteau lâche a i",84* de long et o">,54i de diamètre; il fait de 170 k 190 tours par minote; l’étamine dont il est formé est tissée sans couturé, on en emploie depuis le n° n jusqu’au n" 18 ; les étamines de ces deux numéros ont respectivement 49 r,lé et.8o fils au centimètre. Des n pour 100 de gruaux ohlenuspar le moyen des blutoirs à brosses, le bluteau lâche en sépare 4 pour 100 de farine de deuxième qualité; les 7 pour 100 restant vont dans une bluteriéde soie située à 1 étage infenenr.

Un blutoir a brosse à cylindre mobile. Cette machine, dont le cylindre tourne en sens contraire des brosses, est mue par la roue hydraulique à aubes de côté, cl reçoit les gruaux et sous gras de la monture économique , pour en retirer la farine adhérente que l’on mêl*c et blute avec la farine entière de la moulure américaine ; les issues tombent h l’étage inférieur.

Un sas mécanique secoué par le moyen de la roue a aubes de côté, et destiné à extraire des recoupeltes de la mouture américaine ou sons de la tête du divise-sons, un peu de

MOULINS DE SAlNT-DENIS. 579

gruau bis , qu’une seconde mouture transforme en farine de troisième et quatrième qualité et en remoulage. Ce sas éprouve 35o saccades environ par minute.

Lés toiles de laiton des divers rechanges employés sont désignées dans le Ainmerce par les numéros 45 , 4° » 3a , ?4 , ao, 18 ; et ont par conséquent 67, 59,47. 36, 3o, 27 fils environ au centimètre.

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