DES MOULINS DE-COTÉ
Les roues de-côté, contre lesquelles l’eau est lancéè tangentiellement , sont mues à la fois par l’action delà percussion et par célle de la gravité de ce liquide ; toute la portion de la chute au-dessus du point d’impulsion , appelée colonne d’écoulement, agit par percussion, et toute la portion restante audessous de ce point, nommée en particulier chute , agit par l’action de la gravité.
Nous sommes obligés , dans la construction des mAtlins decôté , d’employer une plus grande colonne d’écoulement qu’il n’est nécessaire pour agir avec avantage , parce que nous ne pouvons pas lancer l’eau coiftre la roue dans une direction véritablement tangente, plus haut qu’au point d'imgulsion J, fig. 38. Cette figure représente une roue de-côté, établie sur une chute verticale de 12 feet , dont 6,5 feet sont ménagés audessus du point/, pour la colonne d’écoulement, et- 5,5 feet au-dessous de ce point comme chute.
(i) On commet une erreur capitale , et qui e6t cependant très-commune, lorsqu'on construit un moulin à cuvette dans une localité sujette à manquer d'eau pendant la sécheresse ; ces moulins ne conviennent qu'aux endroits où l’eau coule abondamment pendant toute t’annéc. Il y a des centaines de ces moulins aux'Etats-Unis, qui sont inutiles aux époques jù on en a le plus besoin, tandis que des roues cn-dcssus, de-côté , ou par-derrière, bien construites, pourraient tourner sans interruption.
(a) Si le traducteur n’avait pas trouvé cette dénomination usitée, il eut appelé autrement les Rrcasl-mills.
MOULINS DE-COTÉ. 1ÿ1
La partie inférieure de, la buse ou guide qiii amène l’eau sur la r Ane, doit saillir de quelques pouces en avant du pied de la vanne, quand celle-ci est ouverte, sans cela, l’eau serait lancée vers l’.axe de la roue , cette buse ou guide ne doit pas trop s’élever dans la retenue , parce que l’eau ne pourrait pas y arriver assez vite si son niveau venait à baisser. Le fond de la retenue est un peu plus bas que l’entrée supérieure du guide , afin que les pierres et le gravier s’y déposent et ne passent pas par l’ouverture de la vamie.
Nous pourrions livrer l’eau plus haut sur la roue , en faisant approcher contre cette roue la tète du vannage , et en employant une vanne à coulisse dans le fond, comme le montrent les lignes ponctuées ; mais cela n’est pas admis dans la pratique. Voyez, dans la 5e partie, la méthode d ’EllicoU.
Ityais si l’eau, dans la retenue, est à peu près à la hauteur de la roue , elle peut être portée par-dessus ; et lancée en arrière sur cette roue, comme le démontrent les lignes pointiljées supérieures. Il faudra tenir alors très-mince la partie du guide située près de la roue, et donner peu de hauteur à la vanne, afin que l’eau puisse couler par-dessus, quand on l’ouvrira. Par cette méthode, on obtiendra une roue à augets par-derrière ; la colonne d’écoulement pourra être réduite à la même grandeur que celle d’une roue en-dessus; la vitesse de la circonférence de la voue sera égale à celle de la circonférence d’une roue en-dessus, dont le diamètre égalerait la chute au-dessous du point d’impression, et les puissances de ces roues seront égales entre elles.
La construction de la roue , représentée par la/Sg; 38, doit être regardée comme bonne , par les raisons suivantes :
iu Les aubes ou augets reçoivent la percussion de- l'eau à angles droits , ce qui’est la meilleure direction possible U° Elle empêche l’eau de se projeter vers l’axe de la roue sans qu’il y ait de réaction contre le fond des augets, et y retient ce liquide , afin qu’il agisse , par sa gravité , en descendant après le choc.
3" Elle admet l’air et rejette l’eau facilement sans en relever par le bas , ce qui est un avantage important ; en effet si les augcts étaient bien clos , et si la roue plongeait un peu dans l’eau, ils entraîneraient ce liquide à une distance considérable avant de se vider ; parce que la pression de ^atmosphère empêcherait l’eau de quitter facilement les aubes , et il faudrait une grande force pour les sortir hors de l’eau avec la vitesse de la roue.
Cet effet peut être rendu sensible , en plongeant dans l’eau un seau ordinaire et le retirant vivement par le fond ; on entraîne ainsi non-seulement l’eau qui est dans le seau, mais encore celle qu’il paraît attirer après lui; ce qui est dû à la pression de l’atmosphère ; voyez § 56. Cela démontre la nécessité des ventouses, pour admettre l’air dans les aubes, afin que l’eau puisse en sortir librement.
Les inconvénièns de cette construction sont les suivans :
i° On perd beaucoup d'eau , si la roue ne joint pas bien contre le tablier ;
2° Elle exige qu’une trop grande partie de la chute entière soit réservée pour activer l’écoulement de l’eau, ce qui occasionne un perte de puissance, parce qu’une chute de i fool est égale en puissance à une colonne d’écoulement de 2 feel. V oyez § 8.
La figuré 3g montre pour toutes les chutes verticales comprises entre 6 et i5 feel, la positibn qu’il faut donner aux guides pour lancer l’eau tangentiellemenl contre une roue. Aux divers points d’impulsion sont inscrites, dans l’intérieur de la figure , les valeurs des chutes correspondantes , mesurées en jeet. Afin d’obtenir le point d’impulsion aussi haut que possible, l’entrée des guides n’est supposée qu’à la distance de i5 inc/ies de la roue, et à 3 feel au-dessous de la surface de l’eau dans la retenue , ce qui est assez , quand le niveau doit souvent descendre d’une quantité considérable; mais quand le niveau de l’eau se maintiendra presque toujours à la même hauteur dans la retenue , 2 feel suffiront, surtout pour les grandes chutes. Lorsque la