‹ Guide du meunier et du constructeur de moulinsChapitre 78 sur 166 · MOULINS · texte numérisé non relu

MOULINS

ï,à meilleure manière que je connaisse , pour établir celte espèce d’ouvrage , est démontrée dans la fig.. g6. Construisez, pour cela un nombresuffisant de cadres très-solides composés chacun d’une semelle , de deux montanset d’un chapeau ; placez-les en travers , comme il est indiqué dans la figure , et à om,762 ou o“,9i4 ( 2.5 a 3 ft. ) de distance l’un de l’autre. C’estcontre ces cadres que les palplanches doivent être clouées, line faut pas que les semelles soient placée# en longueur, car alors l’eau serait sujette à fuir.

Le cadre CC contre lequel s’exerce la pression de l'eau , et autre CC, situé à im,829 ou 2n‘,438 (6 ou 8 ft.) en aval, diyis le massif de la digue , doivent s’étendre de inl,2ig ou i"',524 ( 4 ou 5 ft.) de chaque côté. Les prolongemens du plancher doivent être garnis de palplanches sur le devant , pour empêcher que l’eau et la vermine ne dégradent l’ouvrage. Les semelles de ces longs cadres doivent être bien consolidées à l’aide de madriers cloués le long du côté supérieur , depuis une extrémité jusqu’à l’autre.

Les semelles étant posées sur de bonnes fondations, la terre et le gravier doivent être bien battus de toutes parts, jusqu’à Heur de leur face supérieure. Disposez alors par-dessus un plancher de bonnes palplanches jointives chevillées avec elles. Etablissez le glacis , dont vous prolongerez l’extrémité supérieure un peu en amont de la vanne , afin que quand celle-ci est entièrement levée, il puisse bien diriger l’eau sur la roue. Garnissez de planches les parois de l’avant-bec, et de la coursière , jusqu’à la hauteur convenable. Ménagez le pertuis pour

530 GUIDE DU CONSTRUCTEUR DE MOULINS, l’écoulement de l’eau; disposez-en la vanne verticalement ; mettez la roue en place , et donnez la dernière main à tout, afin qu’on puisse faire agir l’eau.

On doit placer en amont, un rateau ou grillage pour retenir les ordures flottant sur l’eau, lesquelles pourraient casser en pas* sant, les palettes et les aubes des roues en-dessous, de-côté et àaugets par-derrière, ou endommager les vannes. Ce grillage se construit en plaçant un cadre g, g, à om,gi4 (3 //.), enamontde l’avant-bec, et dont le chapeau reçoit le haut des barreaux. Les pieds de ceux-ci' posent sur un patin pp , placé à on,,6i (a fl.) plus loin ; de sorte que les barreaux , faits avec des lattes , et présentant au courant d’eau leur plus petite dimension , sont posés en contre-pente, à la distance de om,o5i (2 in.) l’un de l’autre. Le fond de la prise d’eau, sous le grillage , doit être plancheié, pour empêcher que l’eau ne le creuse en passant par dessous ce grillage quand il est engorgé ; les côtés doivent être aussi garnis de planches fixées en dehors des montans , pour retenir le massif de la digue. Le grillage doit s’étendre sur une largeur double de celle de l’avant-bec , sans cela l’eau n’arriverait pas assez vite pour y maintenir son niveau , véritable ressort du mouvement d’un moulin en-dessous.

Art. 3. — Du principe des moulins en-dessous.

Ces moulins diffèrent de tous les autres par leur principe , en ce que l’eau perd toute sa force par son premier choc contre lesaubesde la roue; et le temps durantlequel cette force se consomme, est en proportion avec la différence des vitesses de cette roue et de l’eau, et avec l’écartement des palettes. D’autres moulins sont mus par le poids de l’eau , après que la force due à l’écoulement de ce liquide est dépensée ; mais un moulin en-dessous s’arrêterait aussitôt que la colonne d’eau motrice serait dépensée , parce que le poids de cette colonne ne le solliciterait point après le choc.

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On doit combiner les engrenages «le manière que , lorsque la meule tourne d’un mouvement convenable, la rouehydrauliquc n’aille pas trop vite relativement à l'eau motrice, ce «jui l’empêcherait d’en recevoir toute la puissance possible ; il ne faut pas non plus que cette roue tourne trop doucement , car la puissance de l’eau se perdrait par les rejaillissemens et par son passage au-dessus des aubes. Cet objet demande une attention particulière, et h embarrassé nos mécaniciens théoriciens, lorsqu’ils ont voulu l’examiner par le raisonnement. Ils nous «tonnent pour règle qu’une roue en-dessous doit se mouvoir exactement avec le tiers de la vitesse de l’eau motrice. Peut- «être cela convient-il lorsque la colonne d’écoulement n’a pas beaucoup plus de hauteur que les palettes; mais je suis entièrement convaincu que cette règle pc peut être appliquée aux roues en-dessous mues par des colonnes d’écoulement d’une grande hauteur.

Expérience pour déterminer le mouvement qui convient aux roues hydrauliques en-dessous.

Ayant ouvert entièrement la vanne d'une roue hydraulique en-dessous , pour faire agir contre scs palettes l’eau s’écoulant sous une colonne de ce liquide, ayant (i5 fl. ) de hau-

teur , je comptai le nombre de révolutions que la roue sans charge opérait par minute; je mis ensuite cette roue en communication avec la meule du moulin; je comptai encore lenombre de révolutions par minute, que la roue effectuait pendant le moulage, et la différence de ce nombre avec le premier ne fut pas plus d’un quart en moins. Je crois que , si j’avais retardé le mouvement de la roue jusqu’à le rendre égal au tiers de celui de l’eau, ce liquide aurait rejailli jusqu’à, l'arbre. De là je conclus que le mouvement de l’eau ne doit pas être diminué de plus d’un tiers ni de moins d’un quart , autrement ce liquide perdrait de sa puissance ; car , quoique la roue éprouve un plus grand effort, par un mouvement lent que par un mouve-

ment rapide , cependant elle ne produit pas un aussi grand effet quand le mouvement en est trop ralenti. De même si le mouvement de la roue est trop rapide , elle opposera moins de résistance à l’action de l’eau , et son effet sera moindre en proportion. «

Je conclus de tout cela que les deux tiers de la vitesse de l’eau motrice sont la valeur de la vitesse qui convient à une roue hydraulique en-dessous ; l’eau dépensera a'iors sa force en parcourant l’intervalle de deux palettes.

On voit par ce qui précède que, je diffère beaucoup de l’opi^ nion des savans auteurs qui ont avancé que la vitesse des points de la circonférence d’une roue en-dessous ne devrait égaler que le tiers de celle de l’eau. Pour réfuter leur règle , supposons que les palettes ont on,,3o5 (12 in.) de hauteur, et que Ja lame d’eau qui les frappe a on,,2o3 (8 in.) d’épaisseur, il est clair que, si le mouvement de l’eau est diminué des deux tiers , la lame de ce liquide en deviendra trois fois aussi épaisse que d’abord , et s’élèvera à la hauteur de om,6io ( 24 in. ). Cela étant , on voit que l’eau montera par-dessus les palettes , et la roue tournera dans cette eau sans force ; si au contraire on ne diminue que d’un tiers le mouvement de l’eau motrice, la lame n’atteindra qu’une épaisseur de o"',3o5 (12 in.) , et quittera la roue tranquillement.

Instructions sur la manière il' était tir les engrenages doubles pour une roue en-dessous de 5"', 486 ( 18 ft. ) de diamètre, i/uand la hauteur de la colonne d’écoulement est de om,gi4 (3 ft.) à 2m,438 (8 //. ) au-dessus du point, où f eau frappe les palettes ik la roue.

in Pour une colonne d’écoulement de on,,9i4 ( 3 ft. ) et une roue de 5ra,4s'6 ( 18 ft.), voyez les engrenages qui conviennent à la roue de ce diamètre, dans la table des moulins en-dessus ;

a6 Pour une colonne d’écoulement de i'",iiy (3 ft. 8 in.),

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et la même roue voyez les engrenages qui conviennent à la roue de 5"',i8i ( 17^. ) dans la même table ;

.3° Pour une colonne d’écoulement de.^"',3ai ( 4 ft- 4 w. ), voyxz la roue de 4ra>877 ( iG/i. ) dans la mêhic table;

4° Pour une colonne d’écoulement de i,",524 ( 5 ft. ), vovez la roue de ( 1 5/?: ) , idem.

5° Pour une colonne d’écoulement de (5/if. 8/n.),

voyez la roue de 4"', 267 ( i{ft. ) , idem.

6° Pour une colonne d’écoulement de im,93o (6 fi. 4/n.), voyez la roue de 3'",q62 ( i3 ft- ) , idem. •

7° Pour une colonne d’écoulement de 2”,t34 ( *] ft •), voyez la roue de 3m,658 ( 12 fl.) , idem.

Ces roues exécutant par minute le même nombre de révolutions à peu près; que la roue cn^essous de 5m,486 (18 fl.) de diamètre , dont on veut déterminer les engrenages, ceux-ci doivent être évidemment les mêmes. *

La table suivante est calculée pour des meules de toutes dimensions , depuis in,,2ig (4 f.) jusqu’à in',82g ( G fl. ) de diàmetre; pour des^oues hydrauliques de différentes grandeurs, depuis 3™, 658 (12 ft. ) jusqu’à 5m,486 ( t8 ft. ) de diamètre ; et enfin pour des colonnes d’écoulement variant, depuis 2ni, 438 (8 ft.) jusqu’à 6“', 096 (20 fl.) de hauteur, au-dessus du point où les palettes sont frappées par l’eau. Les engrenages sont proportionnés de manière à faire effectuer respectivement par minute, 88, 97 et 106 révolutions, à des meules de i"',524 ( 5//.) , i'",372 (4 fl. 6 in. ), et tm,2ig (4 ft) de diamètre; quand la roue hydraulique tourne avec les deux tiers de U vitesse de l'eau motrice.

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