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FAÏENCES DE DAMAS ET DE RHODES

faïences de damas (SYRIE), ASIE MINEURE ET RHODES

Syrie. — Le centre de l'industrie céramique en Syrie paraît avoir été à Damas au xv* siècle. Les plats de Damas que l'on appelait jadis plats persans semblent être les premiers à décor floral polychrome faits dans l'Orient musulman, et ce sont certainement les plus beaux. La Syrie a produit également des plaques de revêtement en très grand nombre avec le décor floral, mais la caractéristique de ces fabriques a toujours été l'absence de rouge dans la décoration.

Asie Mineure et Rhodes. — La plupart des plats d'Orient étaient considérés anciennement, comme venant tous de Rhodes, il semble, du reste, qu'une production importante a dû exister dans cette île, mais il paraît certain aussi, que la fabrication de ces plats et des carreaux de revêtement à décor floral, s'est étendue à toute l'Asie Mineure, à Constantinople même, sans qu'il soit d'ailleurs possible de déterminer exactement les fabriques. On y employait des émaux de toutes couleurs y compris le rouge sous émail. Cette fabrication semble avoir duré du xyi*" au xviii^ siècle.

Kutahia. — La seule fabrique de l'Asie Mineure que l'on détermine aisément, est celle de Kutahia. Au xyi*" siècle, elle a produit des faïences bleues à inscriptions et à décors de

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rinceaux ; au xviii% des faïences polychromes avec des décorations de figurés, rinceaux, etc.

Asie Centrale. — M. Hugues Kra£Ft a rapporté pour le Musée, d'un voyage à Samarkande, de nombreux fragments de céramique qui peuvent s'échelonner du xiv® au xviii® siècle et qui sont d'influence persane. Bas de la vitrine n* 27,

Indes. — Les carreaux jaunes du xix"" siècle que le musée possède, sont faits en imitation des revêtements d'Ispahan des ivir et xviii*. Vitrine n° 28, n** 8223*.

Haroc. — Un don de M. le comte de Pimodan nous permet de montrer quelques échantillons des poteries du Maroc, mais on n'a aucun renseignement sur la fabrication céramique de ce pays. Bas de la vitrine, n® 29.

FAÏENCES HISPANO-mORESQUES

Espagne, xiv*" au xvii® siècle

Les faïences hispano-moresques par leurs brillants reflets métalliques méritent certainement d'être classées parmi les plus remarquables spécimens de la céramique. Celte fabrication a été apportée en Espagne par les Mores, et s'est continuée après l'expulsion des Arabes de ce pays.

XIV® siècle. — Malaga, près de Grenade, paraît avoir été le

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berceau de ces faïences connues alors sous le nom de «Porcelaine dorée». On attribue aux fabriques de ce pays le merveilleux vase de FAlhambra de Grenade, dont la bauteur €st de i^'jSe. La fabrication a dû se continuer jusqu'au commencement du xvi* siècle.

XV* siècle. — Après Malaga, il faut citer Valence et surtout Manisès située près de cette dernière ville, comme ayant été le centre le plus important de toute la fabrication des faïences à reflets métalliques.

A partir du xvii* siècle, la décadence commence avec les reflets de cuivre rouge, et la production va toujours en décroissant.

On a fabriqué également des faïences à reflets dans d'autres villes de l'Espagne, telles que Barcelone, Murcie, > Tolède, etc., mais ces fabriques, sans importance n'ont duré que peu de temps.

VITRINES No» 32, 33, 34, 35, 36, 37, 38.

FArENCES ITALIENNES

XV®, XVI®, XVII% ET XVIII® SIÈCLES

Nous avons réuni dans sept vitrines n°* 32 à 38, toutes les faïences italiennes du xv*" au xviii^ siècle, mais les fabriques ayant été très nombreuses, nous n'avons pu en classer les produits exactement par vitrine, comme nous l'aurions désiré. Aussi pour en faciliter l'étude, avons-nous rangé toutes les notices sur les usines de l'Italie par ordre alphabétique, sans nous préoccuper des dates de fabrication

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Bassano (i54o-i753). — En i54o, une fabrique de faïences dont pn ne connaît pas les produits, fut fondée par Simone Mariijoni.

Au XVII® «iècle, un autre atelier était en activité, avec plusieurs membres de la famille Terchi, comme décorateurs.

Cflffagiolo, Toscane (i490-i55o). — Cosmede Médicis, ayant fait construire un château dans ce pays, y fit venir des artistes 4e Faenza pour fabriquer des majoliques. On a longtemps contesté l'existence de cet atelier, pour en attribuer les produite à Faenza, mais des pièces, marquées en toutes lettres « cïIAfaggiolo » ne permettent pas d'en douter.

Candiwa, près Padoue (i633). — On ne connaît l'existence 4© cette fabrique, que par le plateau rond exposé, qui porte la marque : Chandiana, i633. Vitrine n° 35, n** 4617.

Castel Durante, duché d'URBiNo (1361-1757). — Dès l'année ï36i, on trouve les traces d'un potier du nom de Giovanni dei Bistuggi, mais on ne connaît pas les produits de sa fabrication. Ce n'est qu'à partir de i5o8 que l'on commence à trouver des pièces marquées et datées. On y a fait beaucoup de vases de pharmacie, décorés de grotesques, de trophées, etc., sur fond de couleur.

Castelli, Abruzzes (xvm® siècle). — Au xviii'' siècle, les fabriques étaient très nombreuses à Castelli, mais on n'en connaît pas très bien les débuts. La famille Grue semble avoir fourni les principaux décorateurs de ces usines. On y faisait des décorations de paysages, de chasses et de scènes avec de nombreux personnages, d'une belle exécution et souvent même rehaussées d'or.

5o FAÏENCES ITALIENNES

Déruta, près de Pérouse (1461-1771). — On fait remonter à i46i, mais sans aucune certitude, la fondation de la fabrique de Deruta par un nommé Antonio di Duccio. Il faut attendre i525, pour trouver une pièce marquée : faite à Deruta. On y a employé pour décorer les pièces à reflets mordorés le jaune chamois, ce qui les a fait confondre longtemps avec les produits de Pesaro.

Faenza, Romagnes (1482-1639). — La fabrique de Faenza passe pour être une des plus anciennes et des plus renommées de l'Italie. Un décor bien spécial à ce pays consiste en feuilles d'acanthe, rinceaux, masques, etc., en camaïeu bleu pâle sur fond bleu foncé, et souvent avec un buste comme motif central. Ce décor est appelé Berettino.

Ferrare (i 495- 1559). — On trouve les traces d'une faïencerie, fondée dans ce pays par Fra Melchior de Faenza, mais on n'en connaît pas les produits qui doivent être confondus avec ceux d'autres fabriques.

Gênes. — La décoration usitée à Gênes est tellement identique à celle de Savone, qu'on pourrait réunir sous un même titre Gênes-Savone ; ces deux pays sont, du reste, peu éloignés l'un de l'autre.

Gubbio, duché d'URBiNO (i48o-i553). — Fabrique fondée par Maestro Giorgio Andreoli avec ses deux frères Salimbene et Giovanni, originaires de Pavie. On connaît peu les produits du début de cette fabrication ; ils doivent être confondus avec d'autres. Mais en i5i9, on commence a trouver les premières pièces marquées M° G°, initiales du

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maître. La composition et l'exécution de tous ses produits sont des plus remarquables et dénotent une grande habileté. C'est à M° Giorgio qu'on doit ces faïences si éclatantes à reflets métalliques rouge rubis, dont il possédait seul le secret qui lui YOiait d^Espi|p(ia. Vitrine n** 32, n** 2470*.

Lodi, LoMBARDiE (1764). — Une |Hèoe exposée et mar- <juée « Lodi^^ démontre l'existence d'une fabrique dans ce pays, mais on n'en connaît pas autre chose. Vitrine n** 36, n** 10006.

Hilan (1747). — On attribue à Felice Clerici la fondation de la première fabrique de faïences à Milan, mais d'autres furent établies ensuite par Pasquale Rubati, Negrini, Galetti, Giovanola, etc. Cette fabrication était très soignée et a imité supérieurement les décors des porcelaines chinoises.

Montelupo, près Florence (i663). — Cette usine, qui avait fabriqué au xvi® siècle des terres vernissées, a fait aussi au xvii® siècle des faïences, dont quelques-unes exposées portent la marque Montelupo. Vitrine n** 35, n° 4906.

Naples (1681). — On n'a pas de renseignements sur l'histoire de cette fabrication que l'on ne connaît que par une pièce marquée : Brandi pinxit Napoli, 1681.

Pesaro, duché d'URBiNo (1396-1825). — La date de X396 paraît marquer le début de cette fabrication, dont les clécorations à reflets métalliques avec des jaunes mordorés étaient du plus brillant effet. C'est à Pesaro que l'on doit les pièces ornées de portraits et de devises.

A partir de i538, sous la direction d'un potier nommé

Giromino, apparaissent les compositions avec nombreux personnages.

En i55o, un sieur Bal thasar fonde une autre fabrique.

En 1567, Jacomo Laufranco, artiste émérite, trouve le moyen d'employer l'or (Jans la décoration.

En 1767, d'autres fabriques étaient en pleine activité, mais ne produisaient plus que des faïences courantes ; Gallegari et Casali dirigeaient la plus importante.

Ravenne. — L'attribution d'une fabrique de faïences à ce pays, nous est donnée par la marque Bavena, qui se trouve sur une coupe exposée, mais on ne connaît rien de plus. Vitrine n« 34, n*» 8896.

Robbia (Della), xv« siècle. — Le premier de cette famille, Luca di Simone di Marco Della Robbia était né à Florence vers i4oo. D'abord sculpteur, il imagina pour donner plus de résistance à ses terres cuites, de les recouvrir d'un émait de couleur. Son premier ouvrage fait dans ce genre, c'est-àdire avec des figures en relief se détachant en blanc sur un fond bleu clair, daterait de i443.

A sa mort en 1^82, son neveu Andréa reprit ce genre de fabrication, et le développa très rapidement. Il installa un autre atelier plus grand, d'où sortirent de nombreux objets destinés à la décoration des églises, des tableaux, des tabernacles, des bas-reliefs, etc., encadrés de guirlandes de fruits et de feuillages.

Andréa mourut en i525, mais il laissa trois fils, Giovanni, Luca, Girolamo, qui continuèrent la fabrication. C'est à ce dernier que l'on doit la décoration du château de Madrid, au bois de Boulogne.

Savone et Albissola, Ligurie (du xv* aii xix' siècle). — Les fabriques de Savone et d'Albissola acquirent au xvii* siècle, une importance très considérable, grâce au caractère -commercial de leurs produits très variés, dont le décor était surtout en camaïeu bleu. Les principaux faïenciers furent G. Salomoni et G. -A. Guidoboni ; à la fin du xviii* siècle Jacques Borelly imita le décor de Marseille. Les Conrade qui s'établirent à Nevers étaient originaires d'Albissola.

Sienne, Toscane(i5io-i736). — Une fabrique sur laquelle on n'a pas de renseignements, existait au xvi® siècle dans ce pays, ainsi que le prouvent des carreaux marqués Sienne.

Mais au xvin®, on trouve des pièces marquées dont lès décorateurs auraient été Gampani, Terenzio, etc.

Trévise, Vénétie. — Une manufacture existait au xv* siècle, mais on ne connaît rien sur son genre de fabrication. . Il en •est de même pour un autre atelier qui était en activité, vers le milieu du xvm® siècle.

Turin (1577). — Un plat daté 1677 et marqué « fatto m Torina » est exposé au Musée, il prouve l'existence d'une fabrique sur laquelle on manque de renseignements. Vitrine n° 37, n°8537.

Au xviii' siècle, existait une manufacture, d'où est sorti le plat en camaïeu bleu, représentant Moïse sauvé des eaux. Il est signé G. G. Rossetti.

Urbino (1459-1773). — La fabrique d'Urbino, placée -sous la protection du duc Urbin, qui résidait lui-même dans cette ville, avait une très grande importance et ses produits

qui étaient considérés comme les plus beaux de la fabrication italienne de cette époque, étaient très souvent ofiFerts ei> présents aux souverains.

Trois décorateurs, dont on trouve les signatures, ont surtout contribué au succès de cette fabrique. D'abord, Guido Durantino et Francesco Xanto, Avelli da Rovigo, qui copiaient des peintures et des gravures de l'école italienne^ puis ensuite Orazio Fontana, à qui l'on est redevable du décor à grotesques. A la fin du xvi®, apparaissent les Panatazzi qui furent également des artistes de talent.

Venise (1510-1765). — On ne connaît pas exactement les débuts de la fabrication à Venise; à partir de i54o on trouve des spécimens datés et marqués de noms de décorateurs, mais on manque de documents précis. Du xvii® au xvin® on y a fait beaucoup de pièces ayant une forme bombée, rappelant les cuivres repoussés, puis des décors de paysages représentant des ruines, ainsi que des fonds bleus semblables à ceux de Ne vers.

Entre les vitrines n**^ 33 et 34 c'est-à-dire à l'entrée de la galerie se trouve exposé un groupe très remarquable n** 7 160^ représentant la Vierge et l'enfant Jésus, de l'école des Délia Robbia (xv® siècle).

faïences françaises

SAINT -PORGH AIRE CDeux-Sèvres).

XVI° SIÈCLE

1525. — Ces faïences si curieuses par leurs formes élégantes^ et si étranges par le procédé inusité de leur fabrication, qui se faisait par incrustation, ont de tout temps intrigué les archéologues, qui réussirent à les faire changer trois fois de nom :

Faïences de Henri IL — Ce premier nom leur a été donné, en raison du chiffre de Henri II et de Diane de Poitiers qui se trouve sur plusieurs spécimens.

Faiences d*Oiron (Deux-Sèvres). — En i864, M. Benjamin Fillon crut pouvoir les désigner sous ce nom, en s*appuyant sur différents documents, qu'il serait trop long d'énumérer ici.

Faïences de Saint-Porchaire (Deux-Sèvres). — En i{ M. Edmond Bonnaffé après de nouvelles et fructueuses recherches, et après avoir réfuté tous les documents sur lesquels s'appuyait M. Benjamin Fillon, put attribuer d'une façon à peu près certaine, l'origine de ces faïences à Saint- Porchaire, et voici sur quoi cette nouvelle dénomination est basée:

56 «àlmCBS FRAIfÇAISfiS

Plusieurs pièces sont marquées aux armes des Montmorency Laval, seigneurs de Saint-Porchaire. Quant au chiffre de Henri II qui accompagne souvent ces armes, il ne s'explique que par l'habitude qu'avaient les courtisans à cette époque, de répéter partout où ils le pouvaient le chiffre du Roi, autant pour le flatter que pour montrer leur degré d'intimité avec lui.

La fabrication de Saint-Porchaire semble n'avoir duré que très peu de temps (i525-i565), et on ne connaît absolument rien sur le nom du créateur de ce genre.

Le Musée possède deux spécimens de cette fabrication : une coupe et un couvercle portant le n*^ 2 44? ''*, qui sont de la plus grande rareté.

VITRINES No» 39, 40, 41, 42.

faïences françaises

NEVER8 (NièYre).

XVI^, XVII®, XVIII* SIECLES

Louis de Gonzague, fils du duc de Mantoue, devint duc de Nevers en i565, par suite de son mariage avec Henriette de Glèves, héritière du duché. Il fit alors venir des artistes italiens, qui se chargèrent d'introduire dans le pays, l'art de la céramique déjà si florissant en Italie.

1590. — D^^sçjrès les registres des paroisses, on trouve qa'i oe£te époque, un nommé Scipion Gambin, originaire de Faènza en Italie, possédait à Nevers une fabrique de faïences, et comme on ne trouve aucune trace de manufacture antérieure à la sienne, c'est donc à lui qu'il faut attribuer la première faïencerie établie dans cette ville. Il y a tout lieu de croire que c'est de sa fabrique, que sont sorties les pièces à décors imités d'Urbino.

— Au commencement du xvii® siècle, une autre fanlille italienne, les « de Conrade » originaires d'Albissola, arrivent à Nevers et pendant trois générations y fabriquent des faïences, dont les décors en camaïeu bleu rappellent ceux de Savone.

1608. — Dominique de Conrade fonde une faïencerie.

1634. — Son fils Antoine de Conrade lui succède et meurt en i648.

1648. — Un autre Dominique de Conrade, fils d'Antoine, reprend l'usine.

1652. — Dès 1 63 2, on trouve parmi les potiers de Nevers, le nom d'un autre italien nommé Pierre Custode, mais ce n'est qu'en i652 qu'on le trouve réellement comme chef de manufacture. Cette famille des Custode a fabriqué de la faïence à Nevers pendant sept générations. On attribue à leur atelier, qui portait l'enseigne « à l'autruche » , mais sans aucune certitude, les belles faïences à fond bleu, dit décor Persan et celles très rares à fond jaune.

1658. — Une autre fabrique à l'enseigne de « l'Ecce Homo » existait à cette époque et appartenait à Nicolas Estienne.

D'après M, du Broc de Ségange, on peut classer les différentes productions de Nevers de la façon suivante :

!'*<' Époque, l5tM)-1660.

I** Les sujets polychromes de slyle italien, représentant des enfants, des cygnes et des dauphins dans les flots, oa des scènes de la mythologie avec paysages muritimes (Scipioa Gambin?) (Vitrine n° 89, n*** io447, ^^67, 4oa6'),

2° Les sujets mythologiques en camaïeu bleu, dont les contours sont dessinés par un trait en manganèse (de Gottrade) (Vitrine n" 4i, n° 12 58o).

2^ Époque, 168Ô-1700.

I® Les faïences à fond gros bleu, avec décors de fleurs et quelquefois de personnages chinois ou persans, en blanc fixe ou en blanc et jaune (Vitrine n° 4o, n*** 1 876, io448).

2° Les faïences très rares à fond jaune, avec décors de fleurs en blanc et bleu (Vitrine n° 4o, n® 3129).

3** Les pièces à fond blanc et décors polychromes, à bandes jaunes chargées d'arabesques noires (Vitrine n° 4o, n**377o*-

4° Les décors chinois et japonais (Vitrine n® 4o, n® 6 994)-

5° Le décor appelé franco-nivernais, où les sujets religieux

remplacent les compositions mythologiques et où l'on a

reproduit des chasses d'après Tempesta (Vitrine n** 4o,

3e Époque, 1700-1789.

Pendant cette période, on a surtout imité les décorations de Moustiers et celles de Rouen, mais «n substituant toujours le jaune au rouge que Nevers n'a jamais cbnnu (Vitrine n® 42, n*»«7i33, i258i).

4« Époque, 1789.

A partir de la Révolution on ne fabrique plus que des faïences communes, décorées d'emblèmes patriotiques, c'est de cette époque que date la décadence finale de cette fabrication nivernaise, dont la prospérité avait duré deux siècles (Vitrine n° 42, n*** 9988,9097, 5oi6).

VITRINE No 43.

faïences françaises

LYON (Rhône).

XVI® SIÈCLE

Un nommé Sébastien Griffo, originaire de Gênes, vint fonder à Lyon en i555 une fabrique de faïences ; mais d'autres Italiens ne tardèrent pas à venir en faire autant ; ce sont Francesco de Pesaro, Gambin, etc. On leur attribue dés pièces dans le genre d'Urbino, mais en réalité on n'a aucun renseignement précis sur leurs genres de fabrication.

Un plat en faïence de Lyon, n° 6029, représentant la Reine de Saba rendant visite à Salomon, est exposé dans le bas de cette vitrine, il porte au revers l'inscription :

La. rayne. de Sabat. qui vient à Sallomon au 3 liure Des Roys. Chapitre x.

VITRINES Noa 43, 44, 45, 46.

faïences françaises

ROUEN (Seine-Inférieure).

XVI®, XVII®, XVIIl' SIÈCLES

1542. — L'origine de la fabrication de la faïence à Rouen remonte au xvi' siècle. Un atelier était alors dirigé par un potier nommé Masséot Abaquesne, mais on ne connaît que très peu de ses produits : les carreaux de dallage du château d'Ecouen, dont l'un est marqué « A Rouen, 15U2 » et quelques vases rappelant les formes et les décorations italiennes. N*^ 8292 et ii83.

1644. — Pendant un siècle on ne trouve plus aucune trace de faïencerie à Rouen, ce n'est qu'en i644 que Nicolas Poirel obtint le droit de faire de la faïence. On connaît un plat portant l'inscription « Faict à Rouen, 16^7 » qui pourrait bien être de lui.

La décoration était alors en camaïeu bleu et rappelait le genre Savone apporté par de Conrade à Nevers, et c'est ce qui porte à croire que les faïences de Rouen de cette époque, «ont encore mal connues, et que probablement on les confond avec celles de Nevers.

1687. — Nicolas Poirel cède son privilège à Edme Poterat et à la mort de ce dernier en 1687, son fils Louis Poterat lui succède et obtient à nouveau le droit de faire de li faïence et de la porcelaine pendant trente ans.

On ne connaît aucune marque ayant rapport à §a fabri cation, mais on lui attribue le décor à lambrequins, qui marque l'apogée de la décoration rouennaise.

FAÏENCES FRANÇAISES 6l

Vers la fin du xvii* et surtout le commencement du xvrae, les décors camaïeu bleu à lambrequins et de style rayonnant, sont souvent rehaussés de rouge ou de jaune. Ex. : Vitrine n° 43, n° 8o55. De cette époque, datent aussi les pièces très rares à fond jaune d'ocre niellé de noir : vitrine n** 44, n*"* io449) 5533, 9*673. Puis apparaît le décor chinois et ensuite les décors rocaille, à la corne et au carquois.

Les faïences de Rouen ont été toujours cuites sur cru, cependant à la fin du xviii* siècle, un faïencier nommé Vavasseur ou Levavasseur fabriqua dans cette ville des faïences à rimitation de celles de Marseille et faites de la même façon ^ c'est-à-dire décorées sur émail cuit.

Une assiette exposée, n® 8o83, est marquée « Vavasseur à Rouan »,

A part cela, Rouen n'a pas de marque de fabrication.

On peut adopter, d'après A. Potier, la classification suivante pour les différentes décorations exécutées à Rouen :

XVI* siècle. — Masséot Abaquesne, décor de style italien {Bas de la vitrine n* 43).

1647-1710. — Décor nivernais en camaïeu bleu (Vitrine n® 43).

1710-1760. — Décor à lambrequins et rayonnant en bleu et bleu et rouge (Vitrine n** 44).

1725-1740. — Décor chinois polychrome et pièces exceptionnelles (Vitrines n»* 44-45).

1750-1770. — Décors rocaille, à la corne, au carquois, etc., polychromes (Vitrines n°* 45, 46).

1770-1775. — Décor imitant celui de Marseille, par Levavasseur (Vitrine n^ 46).

VITRINE No 47.

faïences françaises

SINGENT (Aisne).

XVllI* SIECLE

1733. — La fabrique de Sinceny fut fondée en 1733 par Jean-Baptiste de Fayard, gouverneur de Ghauny et seigneur de Sinceny, qui avait obtenu du roi le droit d'établir une fabrique de faïences dans son château.

1734. — De cette date jusqu'à 1776, première période de la fabrication, il confia la direction de son usine à un Rouennais, Pierre Peïlevé, qui amena avec lui des ouvriers et des décorateurs de Rouen. C'est, ce qui ".explique que les faïences de Sinceny furent pendant très longtemps similaires à celles de Rouen, comme fabrication et comme décoration, à tel point qu'on les confond souvent. Malériat, qui succéda à Peïlevé comme directeur, continua le même décor.

1775-1795. — Dans cette seconde période, Chamboa prit d'abord la direction et ensuite Fouquet. Le décor change un peu et représente des sujets chinois, en y ajoutant des personnages en bateau, ce que Rouen n'avait pas encore fait Puis sous ces directeurs, la fabrication se transforme complètement et l'on fait de la cuisson au feu de mouflle, au lieu du grand feu qui seul avait été employé jusqu'alors. Des décorateurs venus des faïenceries de l'Est imitent le genre de Strasbourg, n°^ 10297, 63o8, 8338. Ce fut la décadence de cette belle fabrication qui, pendant longtemps, avait pu rivaliser avec celle de Rouen.

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PARIS (Saint-Gloud).

XVII® ET XVIll" SIÈCLES

Paris, Seine (xvui' siècle). — Les fabriques de faïences ont été certainement très nombreuses à Paris et malgré cela on ne connaît pas encore leur histoire.

1664. — On trouve qu'un nommé Claude Révérend obtint de Louis XIV, le droit de faire de la faïence à Paris, mais ses produits sont inconnus.

1750. — Une autre fabrique existait rue de la Roquette et un faïencier, nommé Digne, en avait la direction. Les vases de la pharmacie de l'abbaye de Chelles qui paraissent en sortir, sont d'un décor de style rouennais, n° 1661.

Saint-Cloud, Seine-et-Oise (ivii**). — En 1690, une faïencerie était en activité avec un nommé Chicoineau comme directeur, mais on n'en connaît pas le fondateur.

1706. — Chicoineau étant mort, sa veuve se remarie avec Trou, qui reprend l'usine.

VITRINES N»» 48 bis, 48 ter.

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