‹ Guide du patron de l'industrie laitière dans Québec [microforme]Chapitre 1 sur 2 · GUIDE · texte numérisé non relu

GUIDE

L'ln dustrie Laitière

SOMMAIRE, — Culture et rotation. — Exposé de j'assolement de cinq ans. — Exposé de l’assolement de treis ans. — Notes sur ces assolements, — Le fumier, sa valeur, sa tion, sa conservation, son emploi. — La loi de la restitution. — Choix du bétail de la ferme et son élevage. — Soin et alimentation du bétail à lait. — Aménagement des étables, — I tance de la production du lait pendant toute l’année, — Règles sur l’hy concernant l’industrie laitière, — Soin de la vache et du lait avant, pendant et après la traite. — Le mauvais lait se classe en trois catégories. — Conseils ec ncer nant les cultivateurs producteurs de lait. — Les microbes nuisibles au lait. Négligences à éviter quant aux vases qui servent à la traite des vaches — Soins de propreté à prendre par la personne qui trait les vaches.—Transport du lait à la fabrique. — Avantages qu'il y a à donner du sel aux vaches. — Contrôle des vaches laitières.

De toutes les industries agricoles pratiquées par les cultivateurs de la province de Québec, il est entendu par tous les économistes qui s'occupent des questions agricoles que, chez-nous, l’industrie laitière, depuis la fin 19ème siècle, est la plus importante et la plus profitable. Ceci est devenu un axiôme admis sans -onteste et dont il est, conséquemment, inutile de faire la preuve. Seulement pour qu'elle occupe dans notre agriculture, le rang qui lui appartient, il faut qu'elle soit pratiquée d’après les règles la concernant, posées par une association qui a contribué de toute façon par un travail opiniâtre et effie - auquel elle s'est dévouée depuis trente-cinq ans, à la placer sur une base ex donne la priorité sur toutes les autres industries de la ferme; nous voulo: F de la Société d'industrie laitière de la province de Québec, fondée

Le cultivateur qui veut exploiter son domaine à l'unique point de vue de l'industrie laitière doit adopter un plan dont tous les points convergent vers la production et l’utilisation du lait. Conséquemment, il doit, en premier lien, établir sur sa terre une rotation dont la fin est de produire des récoltes devant être toutes consommées sur la ferme par le troupeau laitier et les autres animaux qui sont nécessaires à l'exploitation, en exceptant les produits nécessaires à l'alimentation du personnel de la ferme. Il doit ensuite : hoisir la race de bétail la plus convenable pour la production du lait et adopter le meilleur système d'élevage et d'alimentation de cette race. En troisième lieu, il lui faut adopter le meilleur plan d'habitation et d dépendances accessoires pour le logement de ce bétail. Enfin, il doit rechercher et adopter le meilleur système de conservation et d’utilisation du lait de son troupeau.

Done, 1. C' ure et rotation sur la ferme; 2. Choix des animaux de la ferme et leur élevage ; 3. Aménagement des étables et autres bâtiments de la ferme; 4. Utilisation 1 lait;

— les quatre divisions du présent mémoire sur l’industrie laitière dans Qué-

tu * Quiture.etrotstion

Sur le domaine cultivé en vue de la production sur tout autre domaine en culture, Ia premiè” S rotation est :..4

des récoltes ramenant, tour-à-tour, celles qui

et des engrais chimiques, d'éviter l'épuisement du sol. 4. culture des plantes racines, le parfait ame t du tion par l'introduction, dans l'assolement, des l. atmosphérique.

trois ans, comme suit :

Exposé de l’assolement de cinq ans, &ole. de neuf srponte Sole de neuf orpents

1916 Culture fumée et sarclée 12916 Foin, surtout de mil 1917 Grain avec graines fourragères, 1917 Pâturage trèfle, mil, 1918 Culture fumée et sarclée 1918 Foin, surtout de trèfle 1919 Grain avec graines fourragères 1919 Foin, surtout de mil 1920 Foin, surtout de trèfle 1920 Pâturage Sole de neuf a te

1916 Grain avec graines fourragères 1917 Foin, surtout de trèfle

1918 Foin, surtout de mil 1918 Grain avec graines fourragères 1919 Pâturage 1919 Foin, surtout de trèfle

1920 Culture fumée et sarclée 1920 Foin, surtout de mil

Sole de neuf arpents 1916 Foin, surtout de trèfle 1917 Foin, surtout de mil 1918 Pâturage 1919 Culture fumée et sarclée 1920 Grain avec graines fourragères

Exposé de l’assolement de trois ans.

Sole de cinq arpents Sole de cinq arpents

1916 Culture fumée et sarciér 1916 Trèfles mêlés. 1917 Grain, pois et avoir: a,. ,.ai- 1917 Culture fumée et sarclée

nes fourragères 1918 Grain, pois et avoine avec grai- 1918 Trèfles mêlés nes fourragères

Sole de cinq arpents

1978 Grain, pois et avoine avec graines fourragères

1917 Trèfles mêlés

1918 Culture fumée et sarclée

des mauv rbes, par le

— même les fourrages verts qu par ait qu'on les fauhe avant leur

maturité, empêchent les mauvaises herbes qui pourraient les accompagner d-

mûrir leurs graines.

fourrarè LIN

ourragères com Ê a

de 1 1b de trèfle blanc et de 10 be de mil. 5 ‘roisième an 4 de l'assolement de 5 ans.—Foin compose en grande partie

T de trèfle devant t fauché en pleine floraison. an:.ée de l'assolement de devant être fauché en Cinquième année

5 ans.—Foin composé surtout de mil

—— — fourrage vert pour suppléer aux pâturages vieillis ou

eetue t — 1 — de l'assolement de 3 ans.—Céréales avec semis de graines

fourragères tel que mentionné plus haut.

= — née de —— de 8 ans.—Foin ou pâturage, suivant le

La partie de la ferme ainsi soumise à l’assolement de trois ans fournit les fourrages pom l’été et l'automne e? u pâturage por t Des expériences se poursuivent qui, avant longtemps, n..: permettror dire si la luzerne, lé- #umineuse fourragère d'une grande valeur, peut tr :itivée d’une manière profitable dans notre province, et dans quelles localit le pourra l'être.

Le fu : sa valeur: sa ration: .1 conservation: son emploi.

Dans cette rotation, le fu: °: et, comme complément, les engrais chimiques, jouent un rôle des plus vortants. Il ost donc intéressant de faire pes remaraues à leur sujei avant de pas-er à la question du bétail à lait.

ne bonne fumure ne peut être donnée qu’au moyen de toutes les matières de rebut et des déjections animales ramassées sur la ferme et bien pripes et bien conservées. Elle comporte aussi un —— — de matières ertilisantes étrangères qui remplacent la partie des récoltes que les animaux ont gardée pour se nourrir et produire leur rendement en lait. En effet, il ne faut pas oublier que le bétail, en consommant les fourrages et ler grains, s’en assimile la substance dans la proportion d'en viron 15 pcar 100 et rend presque tout le reste, c’est-à-dire 85 — 100 à la terre sous forme de fumier.

Pour bien préparer et bien conserver les fumiers, il y a des précautions à prendre. La partie liquide du fumier, l’urine, est très riche, mais est malheureusement pres rs perdue chez la plu rt de nos cultivateurs. Pour la retenir, il faut la faire absorber par une litière; ainsi le fumier est enrichi d'autant. Pour litière, il faut employer la paille le moins possible, car celle-ci, bien préparée, peut former une bonne de la nourriture du il. Mais,

NE

la sciure de bois et la terre noire séchée font de bonnes litières Le fumier contient de l’azote, substance qui se perd facilement par l’évaporation et la fermentation. Un bon moyen de le fixer dans le fumier consiste à semer, à l'endroit où tombent les déjections, du plâtre ou du superphosphate. Il faut conserver le fumier dans un endroit dont le fond soit étanche, afin d'empêcher l’urine de s’infiltrer dans la terre ou de s’écouler à la surface. Un bon abri à fumier peu coûteux et que nous recommandons consiste en une construction en planches brutes communes, attenante à l’étable, dont le toit est étanche et dont le fond est le sol creusé en forme de bassin et garni de trois pouces d'épaisseur de terre glaise, bien battue. Il faut se garder de charroyer le fumier sur la terre en petits tas, l’automne ou l'hiver, et de l'y laisser ainsi expe à être recouvert par deux ou trois pieds de neige en hiver. En mettant e fumier à l’abri et en ne l’épandant sur la terre qu'au moment de l’enfouir, on le soustrait à l’action de la pluie, du soleil, de la neige, et on lui conserve toute sa valeur. Si l’on a besoin, pour diverses raisons, de se débarrasser du fumier pendant l'hiver, il faut alors le charroyer dans le champ sur lequel on se propose de l’étendre au printemps et d'en former de gros tas d' environ une trentaine de charges, montés carrés et aplatis sur le dessus afin qu'il n'y ait pas de lavage par les pluies.

La loi de la restitution.

Le fumier ainsi conservé permet d'obtenir d'excellentes récoltes de la terre sans l’épuiser, pourvu qu'on y ajoute assez d'engrais supplémentaires pour compenser cette partie des substances fertilisantes de la terre que les animaux se sont assimilés en consommant la récolte. Il ne faut jamais oublier que cette restitution à la terre des substances que les animaux se sont assimilés est de rigueur dans tout bon système de culture.

On conseille pour cela l’usage de certains engrais chimiques surtout pour activer la première croissance de certaines récoltes. Le sulfate d'ammoniaque et le nitrate de soude favorisent une prompte croissance de certaines plantes racines, de quelques céréales et de beaucoup de plantes potagères. Le superphosphate est l’ami des crucifères, choux, navets, navette. Les engrais potassiques sunt de précieux adjuvants des pommes de terre, des betteraves et des plantes de prairies Les scories de déphosphoration aident merveilleusement, appliquées l’automne, aux prairies et aux pâturages. D'une manière générale, ceux qui adjoignent aux fumures ordinaires faites avec l’engrais de ferme, des engrais chimiques, soit pour les plantes racines, soit pour les céréales, soit pour les plantes fourragères, sont certains d'augmenter leurs chances de succès d’une manière remarquable et fort rémunératrice.

Choix du bétail de la ferme et son élevage.

Voici comment une de nos meilleures autorités en agriculture, M. J. H. Grisdale, directeur des fermes expérimentales du gouvernement fédéral, désigne les cinq meilleures races de vaches laitières que nous avons dans la province de Québec.

“La Canadienne est rustique, bonne laitière et hivernée à peu de frais. L'Ayrshire est un peu plus grosse que la Canadienne; est aussi rustique; donne un peu plus de lait d’une qualité inférieure (légèrement) à celui de la Canadienne. La Holstein, plus grosse que l’Ayrshire, donne plus de lait d’une qualité inférieure à celui de cette dernière. La Jersey petite, pas tout à fait assez rustique, donne une quantité ordinaire de lait contenant une très bonne proportion de gras. Les mêmes qualités propres à cette dernière race peuvent D à la Guernesey qui produit un lait d'une couleur jaune très pronon-

Chacun sait que ce que l’on appelle la vache csnadienne c'est la vache française importée par Champlain et ses successeurs dans la Nouvelle France, Son histoire n’est pas à faire. Depuis longtemps l’on n’a plus à exalter ses mérites. Sobre, rustique, frugale, endurante, elle a mérité qu’on dise d'elle au concours des différentes races laitières, à l'Exposition Pan’ Américaine de Buffalo, qu’elle est la vache la plus économique à garder. Quent à l’Ayrshire, le fait qu'elle est originaire de l’Ecosse, où elle a à supporter les rigueurs de

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