‹ Guide du planteur d'EucalyptusChapitre 3 sur 42 · à demander à r Australie · texte numérisé non relu

à demander à r Australie

J'ai dit que les botanistes comptaient environ 1 5o espèces, MM. Mueller et Bentham en ont décrit à peu-près 140 et M. Cordier en possède 120 dans sa collection expérimentale d'El-Alia ; mais le nombre réel est encore trèsaléatoire et ne pourra être fixé que lorsque le nom scientifique aura pu être rendu à chaque espèce ; car une grande confusion règne encore dans les noms indigènes et il en est qui paraissent se rapporter à la même nature d'arbre. Déjà, M. Cordier, de concert avec son frère le savant naturaliste, a pu définir un certain nombre d'espèces, ainsi qu'on le verra au cours de la 2 rae partie de cet ouvrage — Premier Essai de Catalogue des Eucalyptus, appliqué à l'Algérie. — Mais il reste encore beaucoup à faire; aussi, engageonsnous toutes les personnes versées en botanique, à observer les arbres qui seront à leur portée et qui auront fructifié, afin de les classer scientifiquement dans leurs divisions respectives. On arriverait alors à pouvoir posséder dans quelque temps, quelques années au plus, un traité complet et définitif du genre Eucalypte.

Pour donner une idée de cette confusion des espèces qui règne encore, je reproduis ce que M. Cordier expliquait, il y a deux ans, à la Société d'agriculture, (Bulletin, n°5c), p. 1 56- 157):

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« Ayant reçu tes graines des différentes espèces d'Eucalyptus que nous cultivons, les unes sous des noms vulgaires, c'est-à-dire ceux dont se servent les colons de l'Australie pour les désigner, d'autres sous des noms scientifiques, et il en est de ces dernières qui, sous le même nom, mais de diverses provenances, nous ont donné des arbres dont les caractères différent essentiellement et sont évidemment des espèces distinctes, nous avons cherché à les débrouiller dans les descriptions que donnent MM. Mueller et Bentham des 140 espèces décrites par eux. Malheureusement, nous n'y sommes parvenu que pour quelques-unes; du reste, il parait qu'il existe, jusqu'à présent, une grande confusion dans la détermination des espèces, ce qui rend cette tâche assez difficile, car voici ce que dit M. Bentham au sujet des Eucalyptus :

« A l'exception de deux espèces, qui viennent aussi à Ti- » more, de deux ou trois, peut-être une seule espèce, en- » core est-elle douteuse, qui viendrait dans l'Archipel in- » dien, tes Eucalyptus sont tous Australiens, où ils cons- » tituent une grande partie des forêts ; leurs dimensions, » leur abondance, aussi bien que la valeur des bois et au- » très produits, qu'ils donnent, font qu'ils sont bien » connus des colons qui, selon les localités, leur donnent » les noms de Gum, Mahogamy, Bhyxtree, String-Bark, » Drombark, etc. En général, les Eucalyptus sont des ar- » brisseaux ou des arbres qui atteignent une dimension » gigantesque et qui sécrètent, plus ou moins, une matière » résino-gommeuse, d'où leur est venu le nom vulgaire de » Gum-tree. Les' différences extraordinaires dans le feuil- » lage de maintes espèces, à dés périodes différentes de •» leur végétation, ajoutent beaucoup aux difficultés ordi- » naires qui s'élèvent de la transition graduelle des varié- » tés, races ou espèces, les unes dans les autres; la vieille » division, fondée par les feuilles opposées ou alternes,

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» est maintenant considérée comme fallacieuse, plusieurs » espèces ayant des feuilles opposées dans le jeune âge et » alternes plus tard : le second caractère dont on fait usage » dans les livres, la longueur comparative de l'opercule » et du calice-tube, est trop indéfini pour être d'un usage » pratique ; Mueller a proposé des sections fondées sur » la nature de l'écorce. » (Benth. Flora AustraliensisJ — Nous conserverons donc à chaque espèce dont nous n'avons pu nous assurer du nom scientifique, celui sous lequel nous avons reçu les graines ; et, comme mon frère, le docteur Cordier, veut bien nous en faire la description botanique à mesure que nos jeunes- arbres fleurissent et fructifient, nous donnerons cette description en la faisant précéder de quelques indications puisées à diverses sources se rapportant à l'arbre dans son pays d'origine. »

On retrouvera au cours de notre catalogue (2 ,ne partie), ces descriptions botaniques.

Le classement des espèces, les plus connues jusqu'à présent par leurs propriétés particulières, constitue, avec des données générales sur l'Eucalyptus, la première partie du présent travail ; la 2 me partie est entièrement consacrée au catalogue raisonné dont il est parlé plus haut et, enfin, la 3 me partie traite de la culture, du boisement, des avantages qu'offre l'Eucalyptus et des produits divers qu'on peut en retirer. Voici la nomenclature des principaux sujets traités dans cette dernière partie :

Culture des Eucalyptus. — Semis et plantations. — Semis : Méthode indiquée par M. Ramel ; méthode employée et conseillée par M. Cordier ; méthode indiquée par M. Trottier. — Plantations : moyens employés et conseillés par MM. Cordier, Trottier, Ramel et Arlès-Dufour.

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Croissance des Eucalyptus en Algérie, id. en Australie.

Coût des plantations et leur rapport. — Exemple des plantations de MM. Trottier, Arlès-Dufour et Cordier.

Ecimage. — Elagage. — Eclaircies. — Coupe.

Massifs et rideaux brise- vents.

Avantages des plantations d'Eucalyptus au bord des routes, en vue de la diminution de dépense d'entretien. (Note de M. Dubois, Ingénieur des Ponts-et-Chaussées, à Bône).

Boisement. — De la nécessité pour les colons de planter des arbres et particulièrement V Eucalyptus.

Industrie et commerce : -r- Des résultats déjà obtenus en Algérie par remploi du bois d'Eucalyptus. — Des résultats divers à obtenir de V Eucalyptus : — Assainissement. — Bois divers. . — Chauffage. — Toitures. — Essence. — Parfumerie. — Pâte à papier. — Cigares et cigarettes. — Vente des feuilles à la pharmacie. — Apiculture, etc. etc.

Hygiène. — Résultats hygiéniques obtenus en Algérie.

Thérapeutique. — Résultats obtenus en médecine par Temploi des feuilles d'Eucalyptus.

Conclusion.

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i- PARTIE

L'EUCALYPTUS

Historique de sa découverte et de soo introduction en France et en Algérie

L'Eucalyptus appartient à la famille des Myrtes, et c'est à M. Labillardiére, officier de la marine française et naturaliste distingué, que revient l'honneur de sa découverte. Parti en 1791, avec l'expédition des navires la Recherche et /' Espérance, envoyés, sous le commandement du chevalier d'Entrecasteaux, pour retrouver les traces du célèbre et infortuné Lapeyrouse, M. Labillardiére remarqua, en arrivant sur la côte australienne, l'aspect étrange des forêts ; il se fit débarquer, et le spectacle qui s'offrit à ses yeux était bien fait pour émerveiller un botaniste : des Eucalyptus — tel lut établi le nom scientifique de ces arbres — se montraient dans toute la splendeur d'une végétation séculaire.

C'est le 12 mai 1792 que le savant naturaliste observa VEucalyptus globulus, un des plus hauts arbres du genre Eucalypte : la flotille venait de prendre son mouillage au fond de la baie des Tempêtes, dans un port auquel on donnait le nom du chef de l'expédition. En prenant pied sur la terre de Van-Diemen, M. Labillardiére se trouva au milieu d'arbres énormes, dont les premières branches apparaissaient à soixante mètres au-dessus du sol. Au moyen d'une lunette d'approche, il vit que ces arbres étaient en fleur ; on

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essaya de détacher quelques branches à coups de carabine, mais il fallut abattre un de ces arbres (1) pour en avoir les fleurs, et notre botaniste les nomma Eucalyptus globulus, à cause du chaton ou bouton auquel sont attachées les fleurs et qui ressemblait assez au* boutons d'habit de l'époque.

M. Labillardière comprit de suite le parti qu'on pourrait tirer de ce géant du monde végétal; mais l'Eucalytus n'en demeura pas moins, pendant de longues années, un arbre de serre ou de collection. « Il a fallu, pour lui ouvrir la voie, dit M. Leingre, tout un concours de circonstances : la fondation de la colonie de Victoria, dans l'Austalie méridionale, l'impro\isation de la ville de Melbourne, et, par suite, la création de son magnifique jardin colonial. Il a fallu, surtout, les efforts réunis de deux hommes, MM. Muellçr et Ramel, dont les noms resteront inséparablement attachés à l'histoire de cet arbre.

» M. le baron de Mueller, savant naturaliste, d'origine danoise et directeur du Jardin botanique de Melbourne, après avoir étudié YEucalyptus globulus (2) en homme de science, en a prophétisé avec assurance l'avenir glorieux.

» M. Rainel, notre compatriote, a partagé la foi de son ami. Comme lui, il a cru à ^Eucalyptus, et, entraîné par une nature ardente et généreuse, il a entrevu, comme conséquence de la propagation de cette essence précieuse, non-seulement un horizon magnifique, mais encore toute une question humanitaire. Il s'est donc fait l'apôtre de l' Eucalyptus et il a consacré, depuis vingt ans (aujourd'hui trente ans), le meilleur de sa vie. — Ajoutons que, dès 1861, M. Ramel annonçait, dans la Revue maritime et coloniale, tout ce qu'on était en droit d'attendre de la culture intelligente de ce végétal. Depuis cette époque les faits sont venus donner entièrement raison à son pronostic. »

C'est vers 1854 que les premières graines, ayant donné un résultat utile, ont été semées en France, et c'est seulement de "l'année 1862 que datent les premières plantations faites en Algérie. « L'honneur de cette introduction dans notre colonie, écrivait M. Trottier en 1868, appartient à

(1) Extrait du Voyage de « la Recherche. »

(2) Fragmenta phyt. Austral, xxn, p. 68 et suiv.

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Phonorable M. Ramel et le pays, un jour ou Pautre, devra lui en témoigner sa reconnaissance. » D'autre part il est dit dans la note de M. Leingre : « De ces faits, résulte nettement qu'à M. Ramel revient non-seulement l'honneur d'avoir introduit et ardemment propagé l'eucalyptus globulus en Europe, où il en envoya les premières graines dès 1856, mais encore celui d'avoir annoncé, pour ainsi dire d'inspiration, ses remarquables vertus hygiéniques et médicinales.»

Enfin, dans la Revue horticole, de février 1863, M. André s'exprime ainsi : « Pour nous, l'Eucalyptus globulus, c'est « M. Ramel. M. Ramel ne l'a pas découvert, pas nommé, ni » môme introduit : il a fait mieax que tout cela, il a su le » faire adopter de tout le monde en Fran.ce et surtout à Pa- » ris. »

En réalité, M. Ramel n'a pas non plus introduit l'Eucalyptus en Algérie, car il en existait quelques spécimens dans le jardin d'acclimatation du Hamma, mais, de même qu'en France et aussi en Europe, il a su le faire adopter. Il a rendu par là un immense service à notre pays d'adoption, en ce sens que cet arbre merveilleux et à feuilles persistantes, possède les remarquables propriétés : de croître avec une rapidité prodigieuse, d'assainir et d'offrir, dès les premières années, des ressources en bois de construction et de chauffage pouvant être utilisés, sur place, pour les besoins de la ferme, ou dans la localité ; de produire, au bout de 8 à 10 ans, des arbres dont on peut tirer, en même temps, un poteau télégraphique et une traverse de chemin de fer. C'est bien, je pense, ainsi que j'ai cru pouvoir l'appeler ;

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