‹ Guide du planteur d'EucalyptusChapitre 34 sur 42 · CULTURE D'ENTRETIEN · texte numérisé non relu

CULTURE D'ENTRETIEN

2< année.! * i? b f ours S fr ' »

( 1 butage. 12 »

Total 37 fr. »

3 e année — 2 labours 25 »

Frais divers pendant cette période : élaga-

ges, étais, etc 25 »

Total des frais d'entretien jusqu'à la première coupe 162 fr. »

GoogI

Plantations de M. Cordier. — Les plantations d'El-Alia étant toutes expérimentales et ayant été faites en majenre partie dans des sols couverts de palmiers nains qui ont dû être défrichés au préalable, donnent, pour la plupart, un prix de revient assez élevé qui^varie de 600 à 1,200 francs par hectare suivant la nature des terrains où on a opéré, tandis que dans les terrains légers d'Aïn-Kalaet des Hadjadjs leur coût ne dépasse pas 500 à 600 francs l'hectare avec les soins compris dans les deux premières années. »

Nous trouvons, d'autre part, dans la notice de M. Leingre les renseignements suivants :

M. Cordier, propriétaire du domaine d'El-Alia ( Maison- Carrée), en Algérie, grand et judicieux cultivateur A'Êuealyptus, a voulu supputer ce que pourrait y produire l'exploitation forestière de cet arbre. Ses chiffres, infiniment plus modestes que ceux de plusieurs autres colons qui ont traité la même question, sont encore séduisants et semblent se rapprocher davantage de la vérité. Il a pris pour base de ses évaluations le développement moyen de l'Eucalyptus au Hamma, soit 13 centimètres de circonférence par an pour des arbres plantés en lignes, chiffre qu'il a réduit à 10 centimètres, la plantation qu'il suppose devant être en massif. M. Cordier raisonne donc ainsi :

Sur 1,000 Eucalyptus plantés en massif et couvrant la surface d'un hectare de terrain, en procédant par voie d'éclaircissements successifs, on peut abattre :

A 5 ans 500 baliveaux

. représentant

une valeur de

600 fr

Produit total des coupes 8 . 102 fr ,

Ce qui représenterait un revenu annuel de 300 francs par hectare, bien supérieur à celui de nos forêts européennes et très suffisant pour encourager largement le zèle des sylviculteurs de l'arbre australien.

Digiti

izedby GoOgk

Eciaage — Etalage — Eclaircies — Coupe

Dans son étude forestière, publiée en 1874 dans le bulletin de la Société d'Agriculture d'Alger, M. Cordier émettait l'opinion suivante au sujet de l'écimage, de 1 elagage, de l'éclaircie et de la coupe des Eucalyptus :

Éelmage

« Quoique l'expérience nous ait démontré que l'écimage des jeunes eucalyptus peut se faire sans grand inconvénient, puisque généralement leur flèche se refait si rapidement qu'il n'y parait presque plus quelques années après, nous ne partageons pas, malgrécela, l'avis des personnes qui pensent que cette opération doit se faire indistinctement sur tous ; mais nous la considérons comme utile et même indispensable en certains cas. Utile, quand le jeune plant pousse grêle et s'élève sans ou avec peu de branches latérales, un écimage de quelques pouces de la tige herbacée, provoque le développement de ces branches et en même temps des racines ; il en résulte que l'arbre est moins susceptible d'être renversé par le vent; indispensable, lorsqu'il a été déraciné ou fortement déjeté, alors on ne doit pas craindre de retrancher un et même deux mètres de tige, suivant la force du sujet, afin de pouvoir plus facilement lui faire reprendre la position verticale.

Elayage

« Quant à l'élagage du tronc, nous considérons cette pratique comme étant plutôt nuisible qu'utile à la bonne végétation de l'arbre; on doit, croyons-nous, se borner à amoindrir les branches qui tendent à prendre trop de force au détriment de la tige, et rétablir par ce moyen l'équilibre. Pour nous, les arbres s'alimentent autant dans l'atmosphère par leurs feuilles que dans la terre par leurs radicules, et des arbres à feuilles persistantes, on ne doit retrancher que les branches dépérissantes. Notre opinion est basée sur des expériences faites en France sur des pins, sapins et mélèzes ; dans des jeunes plantations de six à dix ans, des lignes furent plus ou moins élaguées ; celles qui le furent fortement ne donnèrent, dans l'année, que 20 à 30 centimètres de flèche,

Digiti

zedby GoOgk

tandis que les arbres auxquels on n'avait pas touché avaient une pousse de 50 à 80 centimètres ; quant aux arbres auxquels on n'avait retranché qu'une couronne, la différence de végétation fut peu sensible.

Éclalretes

« Dans les plantations en massifs, la croissance des eucalyptus commence à se ralentir dès la cinquième ou sixième année; leurs racines ont envahi tout le sol, et l'aliment va leur manquer ; c'est donc à partir de cette époque qu'on fera bien de faire des éclaircies, et si Ton veut ménager l'avenir, on devra opérer suivant les règles en usage pour l'exploitation et l'aménagement des forêts de haute futaie, c'est-à-dire n'abattre que les arbres défectueux ou moins bien venants, réservant toujours ceux qui végètent le mieux sans tenir compte d'un espacement régulier. Ces éclaircies devont se continuer et se faire à chaque période où l'on reconnaîtra qu'un certain nombre de jeunes arbres restent stationnaires en procédant de la même manière. Ce sont les quelques arbres de la dernière période qui donneront le vrai produit, et, en attendant, le jardinage fournira pour une exploitation agricole des bois utilisables à un grand nombre d'usages qui dispenseront d'avoir recours aux marchands de bois.

Coupe

« Il est aussi une question dont on doit tenir compte dans l'exploitation des bois, c'est l'époque opportune de la coupe. Suivant l'époque où l'on abat les arbres, surtout lorsque ces arbres ne sont pas arrivés à maturité, leur bois est plus ou moins durable ; ceux coupés en pleine sève sont particulièrement envahis par les vers qui se développent entre l'écorce et l'aubier. Il est reconnu que pour le chêne, le moment le plus favorable est celui qui précède de peu le mouvement de la sève. Quel serait donc le moment opportun pour couper les Eucalyptus ? Pour nos arbres d'Europe, le temps d'arrêt pour la végétation est bien tranché, puisque leur engourdissement dure 5 à 6 mois, à époque fixe et in • variable ; mais il n'en est pas de même des Eucalyptus.

» En étudiant nos tableaux de croissance (voir le Bulklin delà Société d'agriculture, n° 59), on peut remarquer que

Digiti

izedby GoOgk

— uo —

dans certaines années, il y a des sujets soumis à nos observations qui n'ont cessé de végéter, puisqu'ils indiquent une augmentation mensuelle dans leur accroissement. Cependant, en prenant les années les unes après les autres, et les divers arbres soumis à nos observations, on reconnaît cpie la végétation est restée stationnaire à deux époques différentes et qui sont les résultats de causes opposées : la chaleur et le froid ; par la sécheresse en août et septembre, et par l'abaissement de la température en janvier et février. Nous avons fait couper des Eucalyptus à chacune de ces époques que nous croyons être, les plus favorables, mais nous ne pouvons encore rien affirmer. Nous continuerons nos expériences, et nous engageons les personnes qui auront à couper des Eucalyptus, à faire des observations et à en faire connaître le résultat.

Massifs et Rideaux brise-vents.

Si les plantations d'arbres sont nécessaires, on peut même dire indispensables, pour l'amélioration des conditions climatériques et d'hygiène, elles ne le sont pas moins pour l'économie agricole. Il faut que les agriculteurs se pénètrent de la nécessité d'établir des massifs et des rideaux pour préserver leurs cultures, d'autant plus qu'ils augmenteront la valeur de leurs propriétés et qu'ils se procureront des ressources en bois de construction et de chauffage

Pour les rideaux, un exemple remarquable leur est offert par M. Armand Arlès-Dufour, propriétaire du riche domaine dessource<k l'Oued-el-Aleug, qui en a créé de fort bien compris. Lors de la visite, à cette magnifique propriété, par la commission de sylviculture dont.je faisais partie, — Commission nommée, à l'occasion de l'exposition agricole, par la Société d'agriculture d'Alger, qni lui a décerné une médaille d'or, — cet agronome distingué voulut bien me donner, sur ses plantations de rideaux d'eucalyptus, les renseignements suivants :

Les plantations qui ont été faites aux Sources ont pour but:

1° D'abriter les cultures contre les vents desséchants d'Ouest et de Sud-Ouest ;

2° D'assainir, tant par leur ombrage que par les phénomènes inhérents à toute culture arborescente ;

3° De fournir, dans un avenir rapproché, non seulement

Digiti

izedby GoOgk

les bois de chauffage et de construction nécessaires à l'exploitation, mais même des bois pour la vente.

Le premier résultat à atteindre étant l'abri, on a dû procéder aux plantations, en établissant des rideaux systématiquement orientés du nord au sud et de Test à l'ouest ; ces rideaux consistent en trois lignes parallèles espacées de deux à trois métrés entre-rangs et de deux à trois mètres sur rangs. Chaque année, on plante quelques lignes derrière le premier abri, en sorte que les jeunes plantations protégées contre le couchant et le midi, végètent dans de bien meilleures conditions que si elles eussent été faites en rase campagne ; les rideaux ont de 6 à quinze lignes d'arbres d'épaisseur ; l'espacement définitivement adopté en dernier lieu est de quatre mètres entre-rangs et de deux mètres cinquante sur rangs, donnant ainsi 1 ,000 arbres à l'hectare

La propriété des Sources se trouvant orientée du Nord au Sud, et ayant une largeur moyenne de 1,500 mètres sur une longueur d'environ 4,000 mètres, il a suffi d'établir deux rideaux parallèles, dans le sens de la longueur, pour les protéger contre les vents d'Ouest et du Sud-Ouest: un rideau, planté sur la limite Sud, et les plantations faites en bordure, sur trois routes parallèles se dirigeant dans la même orientation, plus une plantation en bosquet de deux hectares et coupant la propriété dans le même sens, abritant le sol contre l'action desséchante des vents du Sud et du Sud-Est.

Bien que les premières plantations' ne dépassent pas encore douze à quinze mètres de hauteur, leur action protectrice se fait déjà sentir à plus de cent mètres sous le vent; tout porte à croire que, dans dix ans, les arbres auront atteint une élévation' de vingt-cinq à trente mètres, et qu'ils protégeront alors efficacement toute la surface de la propriété ; c'est surtout au printemps, alors que la végétation a besoin de beaucoup d'humidité, que l'action tamisante des arbres se fait sentir, et c'est justement à cette époque que les grands vents de Téquinoxe viennent absorber brusquement et en quelques heures les rosées et les averses, coucher les récoltes, et briser les jeunes pampres de vignes.

Lors de l'invasion des sauterelles, M. Arles Dufour aremarqué que les vols, qui venaient tous du Sud-Ouest, étaient obligés de s'élever pour franchir les rideaux d'arbres, et que les parties qui se trouvaient immédiatement derrière les rideaux étaient moins dévorées ; les arbres, cependant, n'avaient alors que six ou sept mètres de hauteur ; lorsqu'ils eu

izedby GoOgk

Ht —

auront trente ou Quarante, peut-être auront-ils une action plus efficace sur ce terrible fléau ; en tous cas, ils serviront à appuyer les obstacles, tels que feuilles de zing ou toiles, au moyen desquels on peut combattre efficacement l'invasion des criquets.

Si l'influence de brise-vents aussi isolés que ceux qui se créent aux Suurces est déjà sensible, que sera-t-elle lorsque toute la contrée avoisinante, imitant M. H. Chuffer, aura suivi Pexemple donné par M. Arlés-Dufour ?

Nous relevons ce qui suit, dans l'enquête de la Société climatologique :

Boufarik. — « M. Gros, distillateur, a fait un usage bien entendu des Eucalyptus globulus comme brise-vents. » — Note de M. Ramel, 4&76.

Préservation des récoltes. — D'après le journal le Temps, M. Cortambert, fils, ayant planté dés Eucalyptus dans une propriété, en Provence, constata que les insectes avaient été éloignés, et, ce qui est le fait important, que les parasites qui vivaient sur les vignes, subissant l'influence du voisinage de l'Eucalyptus, avaient cessé entièrement leurs ravages. L'expérience, paraît-il, dure depuis plusieurs années, et le résultat n'a pas varié. Des propriétaires voisins ont suivi l'exemple de M. Cortambert, et le phylloxéra a immédiatement déserté leurs vignobles. — Attendons de nouvelles expériences pour prononcer sur un résultat aussi — • singulier.

Un fait, déjà bien constaté dans la colonie, c'est que les sauterelles s'attaquent peu aux Eucalyptus âgés de plus d'un an. L'observation l'a généralement prouvé en 1866 et en 4873. Même remarque a été faite au Sénégal. — (D r E.-L Bertherand).

En ce qui concerne le phylloxéra, j'ignore si l'expérience a réussi dans d'autres propriétés que celle de M. Cortambert ; !1 serait intéressant d'en tenter sur beaucoup de points dans le midi de la France par la plantation d'Eucalyptus.

Mais, comme les arbres mettent longtemps à pousser, il convient d'employer des moyens plus directs, plus prompts et plus énergiques pour débarrasser la vigne du terrible parasite. A cet égard, je suis heureux de signaler les expériences tentée» par M, le capitaine du Génie Henry, avec

Digiti

izedby GoOgk

l'essence d'Eucalyptus, expériences qui ont pleinement réussi et qu'on lira plus loin sous le titre : « Action insecticide de P essence d'Eucalyptus globulus. »

Et, en attendant qu'on possède en France assez d'Eucalyptus, l'Algérie, qui en compte déjà un million et demi, pourra fournir la précieuse essence aux viticulteurs de la métropole.

Opinion de M. Trottier sur le rôle des arbres dans la préservation des récoltes. - Voici ce que M. Trottier écrivait en 1868:

« Examinons quels résultats l'Eucalyptus apportera dans l'économie générale du pays, surtout au point de vue lies récoltes.

» Indép ndamment de leur valeur intrinsèque, les grandes plantations produiront d'autres effets : elles protégeront les cultures annuelles, directement comme grands abris, et encore par la modification qu'elles apporteront dans la manière d'être du climat.

» On sait que les contrées couvertes d'arbres sont plus humides que celles qui en sont dépourvues ; et on sait aussi qu'en Algérie la sécheresse est une grande cause de casualité pour lès récoltes.

» Les arbres, par leur ombrage, s'opposent à l'action directe du soleil sur le sol. et détruisent, en partie, le rayonnement ; l'évaporation de l'humidité du sol étant alors moins rapide, tourne au profit de leurs racines ; enfin, la partie des vapeurs qui s'élèvent dans l'atmosphère est condensée dans une certaine proportion par les feuilles, d'une température plus basse.

» Quant aux abris, des expériences, faites avec soin, établissent que c'est seulement à vingt fois l'élévation de l'obstacle qu'il rencontre, que le vent reprend sa vitesse première. Ainsi, une ligne d'arbres haute de vingt mètres, protège, de moins en moins* sans doute, jusqu'à une distance de quatre cents mètres.

» Il résulte de ces expériences, qu'un massif d'eucalyptus qui atteindra en peu d'années de 23 à 30 mètres, portera son influence aune grande distance, et, dans certains cas, protégera la ferme entière.

» En outre, le sol se desséche en raison de l'activité du vent qui lèche sa surface. Il résulte de ces faits, que le vent arrêté ou ralenti dans sa course, c'est l'humidité conservée

Digiti

izedby GoOgk

au sol, d'une manière d'autant plus complète, que l'abri produira mieux son effet ; c'est la plante elle-même trouvant une terre moins desséchée jet dont la tige sera moins fatiguée ou déchirée. »

Avantages des plantations d'Eucalyptus {1) an bord des Routes, notamment en vue de la diminution de dépense d'entretien.

Je dois à l'obligeance de M. le capitaine du Génie Henry, officier d'ordonnance de M. le Gouverneur général, communication de la note suivante.

Note eur les plantations d'Eucalyptus le Ions des routes en plaine

(Par M. Dibois, Ingénieur des Ponts-et-Chaussées, à Bône.)

« La majorité des routes en plaine, tracées en Algérie, se trouvent peu élevées au-dessus des terrains environnants, la plupart du temps on s'est contenté de creuser à droite et à gauche, des fossés de 1 ,00 de profondeur et de 1 ,00 à 2,00 de largeur.

» Les déblais provenant de ces fossés, exhaussent à peine de quelques centimètres le remblai de la route, au-dessus des terrains voisins.

» Pendant l'hiver les fossés se remplissent d'eau, qui faute d'un écoulement suffisant détrempe le sous sol de la route ainsi que les accotements. L'empierrement reposant sur un sous-sol détrempé, se sillonne de frayes et d'ornières, les cailloux s'enfoncent dans le sous-sol et les routes se trouvent coupées en peu de temps d'ornières profondes.

» Comme les plaines traversées par les routes n'ont la plupart du temps aucun écoulement, il est à peu près impossible d'assurer le dessèchement des fossés et par suite Tégouttement du sous- sol de la chaussée. Il est donc indispensable d'empêcher autant que possible les eaux de séjourner dans les fossés qui bordent la route.

(1) Voir, pour le choix, les espèces ornementales indiquées dans la l fi partie.

Digiti

zedby GoOgk

» Dans les plaines des Béai Urgine, des Merdes, des Béni Amar et d'Aïn-Khian que traverse ou que traversera la nouvelle route de La Calle, on ne dispose en outre que de matériaux de qualité médiocre, des grés souvent un peu friables s'écrasant facilement et donnant beaucoup dépoussière pendant l'été, beaucoup de boue pendant l'hiver.

» Pour remédier à ce double inconvénient nous avons proposé le système suivant. De chaque côté des fossés qui bordent la route on réservera une bande de terre de 10.00 de largeur qui sera limitée vers l'extérieur par un autre fossé ayant environ 1.00 de largeur au plafond et 4.00 de profondeur, l'espace de 10 m sera planté en Eucalyptus, disposés en quinconce,

» Les rangées d'Eucalyptus seront espacées de 2.00 dans le sens perpendiculaire à la route. Les rangées comprenant alternativement 3 à 4 individus, on aura donc, en tenant compte des deux côtés, 3,500 sujets plantés pour chaque kilomètre de route. .

» Les fossés extérieurs recueillant les eaux du dehors, les fossés qui bordent la route ne recevront' donc plus que les eaux de la chaussée et une partie des eaux provenant des bas côtés (quantité insignifiante). Les eaux d'égouttement des terrains se réuniront donc dans les fossés extérieurs et, vu l'épaisseur des bas côtés, il n'y a pas à craindre les filtrations de ces fossés dans les autres. On obtient donc l'assèchement du sous-sol de la route et, par suite, une usure moindre de la chaussée et une diminution considérable dans les dépenses d'entretien.

» La présence de ce double massif d'Eucalyptus brisera V effet du vent et la chaussée se trouvant plus abritée, il y aura une moins grande production de poussière, et, par suite, une diminution de dépense d'entretien.

» La route de Bône à La Calle, dont nous nous occupons en ce moment, traverse sur plus de 40 kilomètres des plaines basses, marécageuses, souvent inondées et presque dénuées d'habitants à cause de lenr insalubrité. Nous n'avons pas à revenir sur l'assainissement produit par des rideaux ou des massifs d'Eucalyptus qui arrêtent les émanations pestilentielles des marais : mais nous sommes convaincus que ces plantations auraient pour résultat de donner un essor considérable à la colonisation .

>> Nous avons planté au commencement de cette année environ 4 kilomètres dans ces conditions, sur la nouvelle route de Bône à la Calle, & gauche de la Bou-Hamoussa.

Digiti

zedby GoOgk

— ue

Boisement

Au commencement de son mémoire sur le boisement de PAlgérie, (1)M le D'Mueller, Directeur au Jardin botanique de Melbourne, s'exprime ainsi :

« La création de forêts dans les zones dépourvues d'arbres, est une question d'une très haute importance. Pour rendre le climat salubre, pour empêcher les températures extrêmes, pour fournir aux besoins d'une population nombreuse, il est nécessaire que l'étendue des forêts soit en.proporlion avec le sol habité.

« L'étendue proportionnelle des régions forestières doit être augmentée en raison de la sécheresse et de la chaleur de chaque pays ; et si, dans l'Europe centrale, le cinquième ou le sixième du sol doit rester en forêts, pour favoriser le maximum de population, développer sa plus grande prospérité, sa santé ainsi que sa longévité, il est évident que, dans les portions sèches des zones plus chaudes, une plus grande étendue de territoire doit être pourvue de végétation forestière. 11 faut donc considérer comme nécessaire de consacrer à la culture des forêts au moins un quart du territoire des pays chauds et arides comme l'Algérie ; et, bien que ni les exigences du moment, ni l'opportunité, ne rendent nécessaire ou possible une culture forestière aussi étendue, il n'en reste pas moins vrai, en principe, que, lorsque le nord de l'Afrique sera habité comme l'Europe centrale, un quart au moins de tout le pays devra être transformé en forêts, pour augmenter la fréquence des pluies, pour tempérer la sécheresse et la chaleur du climat, et fournir, en quantité suffisante, le bois nécessaire au chauffage et à l'industrie. Une culture forestière aussi étendue exercerait même une influence fawable sur le climat du sud de l'Europe. »

L'intérêt qui s'attache au boisement de l'Algérie a été, d'autre part/ très-heureusement résumé par ce mot, emprunté à la brochure de M le D r E.-L. Bertherand « l'Eucalyptus, au point de vue de l'hygiène, en Algérie » :

Page 1