‹ Guide du prêtre dans ses prédications choix et développements des sujetsChapitre 109 sur 138 · DOMESTIQUE · texte numérisé non relu

DOMESTIQUE

La lecture du mauvais livre projette sur la vie domestique les plus désastreuses induences.

Le mauvais livre la ravage dans ce qu'elle doit avoir de pieux. — Non seulement une mère et une épouse doit être pieuse pour elle-même et pour son propre compte puisque, tille de Dieu et aimée de Dieu, elle doit s'unir à Dieu par les liens étroits et doux do l'amour, mais elle a reçu au sein du foyer domestique une essentielle mission. « Vir infidelis sanctificatur per mulierem tidelem. » C'est de la piété d'une mère que la jeune âme des enfants recevra les influences bénies de sa première piété. C'est des lèvres d'une mère pieuse que l'enfant connaîtra les devoirs et les charmes de la vie chrétienne.

Or que sera, par rapport à cette vitale mission, la lectrice de mauvais livres? Telle que nous l'avons dépeinte plus haut, avec sa foi chancelante, son cœur atrophié, sa pensée toujours rêveuse, ses vues chrétiennes si profondément altérées, comment enseignerait-elle le chemin d'une piété dont ellemême a perdu toute trace?

Tenez pour certain que le foyer domestique où vous verrez en permanence le mauvais livre est un seuil fermé à toute véritable vie chrétienne. Ce premier ravage en appelle d'autres.

Il la ravage dans ce qu'elle doit avoir de chrétien. — La famille sous l'influence du mauvais livre est fatalement devenue mondaine dans l'acception la plus défavorable du mot. Il est un monde qu'a maudit l'Homme-Dieu; un monde qui s'est fait l'adversaire éhonté des pensées, des volontés, des maximes du christianisme; un monde qui, à chaque af-

firmation de Dieu, oppose une négation et une contradiction

insolente

Ouvrez le roman; parcourez le mauvais livre; là règne en docteur et en maître ce monde tel que Dieu l'a rejeté et maudit.

Il la ravage dans ce qu'elle doit avoir de sérieux. — Sans même aller aussi loin sur la route de ces dévastations et de ces ruines, affirmons un dernier effet du roman lu passionnément, du théâtre fréquenté avec une assiduité dangereuse. Le sérieux delà vie ordinaire est mortellement atteint. Rien n'est moins romanesque que ce que nous nommons cette vie ordinaire, emplie de devoirs positifs, de dévouements précis, de lourdes charges; rien autant que cette vie n'exige de nous des forces vives, un courage et une énergie à toute épreuve. Que notre nature devienne légère, nos pensées superficielles, notre conduite sans suite et sans sérieux: c'en est fait de la prospérité et du lustre du foyer domestique.

Jamais, avec une lectrice assidue de romans, jamais avec une âme et un cœur saturés de mauvaises lectures, on ne fera une épouse et une mère sérieuse et une maîtresse de maison appliquée (1).

(1) Omnem masculura excipiet mulier; et est filia melior ûlia.

Species mulieris exhilarat faciem viri sui, et super omnem coneupiscentiam hominis superducit desiderium.

Si estlingua curationis, est et mitigationis et misericordiae, non est vir illius secundiim filios hominum.

Qui possidet mulierem bonaminchoat possessionem; adjutorium secundum illum est, et columna ut requies.

Ubi non est sepes, diripietur possessio; et ubi non est mulier, ingemiscit egens. (Eccli. XXXVI.)

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