‹ Guide du prêtre dans ses prédications choix et développements des sujetsChapitre 135 sur 138 · PARABOLE UE L*ENFANT PRODIGUE · texte numérisé non relu

PARABOLE UE L*ENFANT PRODIGUE

2^ Le prodigue réfléchit sur ses biens d'autrefois. — Autrefois, quand il liabitait la maison paternelle, l'abondance s'offrait à lui de toutes parts. Plaise à Dieu qu'il eût même, maintenant, ce dont les serviteurs jouissent auprès de son père! — L'âme, un instant égarée, se replie avec un inexprimable charme vers les jours bienheureux où la foi l'illuminait, où la grâce l'inondait tout entière, où les joies de la conscience, le repos du cœur, les trésors d'une immortelle espérance, formaient son patrimoine mille fois béni...

3° Le prodigue s'enflamme à la pensée du bonheur à reconquérir. — Il a commencé par l'amer retour sur ses douleurs présentes. Le souvenir des biens perdus a achevé de l'émouvoir. Maintenant une sublime espérance le remue jusqu'au fond de son être, brise les dernières résistances de sa nature, en finit avec ses dernières hésitations. La conversion est proche, ou plutôt elle est faite, elle s'exhale dans ce cri : « Ibo ad patrem » (1) I

La conversion elle-même. — Nous disons que la conversion est tout entière dans ce simple mot du Prodigue: « surgam et ibo ad Patrem. »

1° Qu'est-ce en effet qu'une conversion. — C'est le retour à Dieu d'une âme qui l'avait méconnu et délaissé. C'est le retour à la prière, c'est le retour aux pratiques religieuses, c'est le retour à la source divine des Sacrements. — Qu'estce encore qu'une conversion? C'est l'abandon énergique et généreux du mal, du péché, de la région de l'exil, et le retour à la patrie, à la vertu, à l'obéissance aux lois divines, à la pratique fidèle de ce que prescrit la religion.

2^ Et quelle est la facilité d'une conversion? — Oh! facilité

Non confundantur super me qui quaerunt te, Deus Israël.

Quoniam propter te sustinui opprobrium : operuit confusio faciem meam.

Extraneus factus sum fratribus meis, et peregrinus filiis matris mese. (Psal. LXVIII )

(\) Quoniam fortitudo mea, et refugium meum es tu: et propter nomen tuum deduces me, et enutries me.

Educes me de laqueo hoc quem absconderunt mihi : quoniam tu es protector meus.

In manua tuas commendo spiritum meum : redemisti me, Domine, Deus veritatis.

Odisti observantes vanitates supervacue.

Ego autem in Domino speravi: exultabo, et Isetabor in misericordia tua. (Psal. XXX.)

542 PARABOLE DE l'ENFANT PRODIGUE

merveilleuse. — Ailleurs, que d'efforts, que de peines, que de coûteuses démarches, pour reconstituer une fortune, refaire un honneur, rétablir une santé perdue ! — Ici, un mot, un cri du cœur, un acte de la volonté, une résolution généreuse : « Surgam et ibo ad Patrem. » — Puis, un mot encore, un aveu murmuré dans le secret: « Peccavi. »

Les fruits de la conversion. — A la facilité d'une conversion joignons ses délices.

1° La conversion nous fait retrouver Dieu. — Dieu qui nous accueille avec d'inexprimables témoignages d'amour. Dieu qui conçoit de notre retour une indicible joie.

2° La conversion nous fait retrouver tous nos biens. — Notre place dans la maison paternelle. — L'anneau de l'alliance, l'assurance de nos biens éternels. — La robe, c'est-àdire l'innocence, la purification de Tâme. — Le banquet, c'est-à-dire l'admission à la nourriture céleste, aux faveurs incomparables de la Table sainte.

Page 1