CHRÉTIENNE
Si nos feniiiies clirélieunes, dignes de la mission que Dieu leur confie veulent devenir le salut de notre Société en détresse, qu'elles se forment sur le modèle de la E'emme par excellence, de la Femme « pleine de grâce, » Marie, Mère de Dieu. De Marie elles apprendront les vertus du foyer domestique. — De Marie elles apprendront les vertus à pratiquer au dehors.
Marie, modèle de la femme chrétienne dans sa vie au dedans. — Ce que fut Marie dans sa yie d'intérieur, la femme chrétienne le doit être au milieu des siens.
1^ Ce que fut Marie. — Ce qu'elle fut à Nazareth, dans ce modeste et tranquille intérieur. Voyez la divine Vierge.^
partageant son temps entre le travail et la prière Pleia^v
pour un mari vénéré, pour le plus adoré des Fils, d'une tendre, d'une constante sollicitude. — Que lui importe le monde et ses tumultes, et ses hruits, et ses fêtes, et ses conversations éternelles, et ses absorbantes curiosités? Tout entière aux siens, Marie n'est jamais au dehors.
Ce qu'elle fut durant la. carrière apostolique de Jésus-GhrisL Elle a suivi son Fils; elle partage ses courses fatigantes, elle essuie les opprobres dont on le couvre; elle subvient aux détresses de son dénuement; elle le suivra jusjue dans les héroïsmes de sa mort. Toujours modeste, toujours recueilli^:, toujours généreuse, toujours éloignée de l'ostentation et du bruit. Les rares fois où l'Evangile nous la montre, elle n'apparaît que pour le service des âmes otle bien du prochain.
Ce qu'elle fut après V Ascension. Nous la voyons au Cénacle. Nous la trouvons devenue le guide, la providetiee, l'ardente bienfaitrice de l'Eglise naissante, toujours fidèlement renfermée dans les devoirs et la vie du dedans.
2° Ce que doit être la femme chrétienne. — Laissons là ces femmes malheureuses, ces épouses, ces mères indignes de leur grave mission: celles-là, nous les trouvons dissipées et curieuses, hors du foyer domestique, avides de mondanité, prenant en dégoût leur intérieur et les devoirs qui les y réclament, laissant dans un désastreux abandon ce foyer do mestique dont elles devraient être la providence et la vie, et dont elles sont la désolation et la ruine.
La vraie femme chrétienne c'est la « femme forte, » dont Salomon a décrit toute la carrière et dont Marie nous a donné l'ineffable modèle. La femme forte a conquis par ses vertus, sa sollicitude, sa sagesse, sa vigueur, son patient courage, une large part d'influence et d'autorité: « Operata est concilio manuum suarum. " — La femme forte n'est jamais, pour un époux et des enfants, une cause de tristesse, une source de ruine; tout au contraire elle en est le charme, la richesse et le soutien: « Reddet bonum et non malum. » — La femme forte n'est ni avare, ni sans conscience, ni sans bonté ; elle traite avec une scrupuleuse justice les serviteurs, les ouvriers, tous ceux dont elle a réclamé les services: « Dedit praedam cibaria ancillis. » — La femme forte est
pour tous les siens vigilante pourvoyeuse, et jamais les besoins de sa maison ne la prennent au dépourvu: « Bona ne-
gotiatio non extinguetur lucerna. » — La femme forte
garde toujours du superflu pour les pauvres : « Manum aperuit inopi. » — Ainsi la femme chrétienne devient-elle la gloire, la joie, la force de sa maison (1).
(1) Mulierem fortem quis inveniet? procul et de ultimis finibus pretium ejus. Gonfidit in ea cor viri sui, et spoliis non indigebit. Reddet ei bonum, et non malum, omnibus diebus vitae suae. Quaesivit lanam et linum, et operata est consilio manuum suarum. Facta est quasi navis institoris, de longe portans panem suum. Et de nocte surrexit, deditque praedam domesticis suis, et cibaria ancillis suis. Gonsideravit agrum, et emiteum : de fructu manuum suarum plantavit vineam. Accinxit fortitudine lumbos suos, et roboravit brachium suum.
Gustavit, et vidit quia bona est negotiatio ejus : non extinguetur in nocte lucerna ejus. Manum suam misit ad fortia, et digiti ejus apprehenderunt fusum. Manum suam aperuit inopi, et palmas suas extendit ad pauperem. Non timebit domui suae a frigoribus nivis : omnes enim domestici ejus vestiti sunt duplicibus. Stragulatam vestem fecit sibi : byssus et purpura indumentum ejus. Nobilis in portis vir ejus, quando sederit cum senatoribus
Marie, modèle de la femme chrétienne dans ses œuvres du dehors. — ioAudehors, dans le monde, au ciel, sur la terro,
magnifique épanouissement des grâces divines par Marie
Marie défense et protection universelle.
2** A son exemple la femme chrétienne étendra au dehors, par des moyens et sous des formes multiples, de puissantes influences. — Dans les réunions, dans les cercles d'amis, au sein de la cité, dans le domaine même de l'ordre social et de la politique, nos femmes chrétiennes sauront maintenir les droits de Dieu.
terrae. Sindonem fecit, et vendidit, et cingulum tradidit GhananîBO. (Prov. XXXI.)