LES CLARTÉS DE LA FOI
Par une de ces antithèses dont Dieu seul a la puissance, cette même foi qui semble nous charger de ténèbres, en réalité nous rend étincelants de clarté: « Nox illuminatio. »
La Foi s'illumine elle-même. — Admirons les deux œuvres successives de Dieu.
1^ Cequ'a fait Dieu tout d'abord. — Ce n'est pas furtivement, d'un coup, sans préambule, que Dieu nous saisit et nous courbe devant d'insondables mystères: Mystères de prédestination et d'avenir, mystère de l'au delà, mystères d'un Fils de Dieu devenu le frère de l'homme, mystère d'une Croix sanglante, mystère d'une Messe et du frêle nuage Eucharis-
tunc cum orbem terrarum faceres, et sciebat quid esset placituin oculis tuis, et quid directum in prseceptis tuis.
Mitte illam de cselis sanctis tuis, et a sede magnitudinis tuae, ut mecam sit et mecum laboret, ut sciam quid acceptum sit apud te ;
Scit enim illa omnia, et intelligit, et deducet me in opeiibus meis sobrie, et custodiet me in sua potentia.
Et erunt accepta opéra mea; et disponam populum tuum juste, et ero dignus sedium patris mei.
Quis enim hominum poterit scire consilium Dei? aut quis poterit cogitare quid velit Deus?
Gogitationes enim mortalium timidse, et incertse providentise nostrse;
Corpus enim quod corrumpitur aggravât animam, et terrena inhabitatio deprimit sensum multa cogitantem.
Et difficile sestimamus quse in terra sunt, et quae in prospectu sunt invenimus cum labore. Quae autem in cselis sunt quis investigabit?
Sensum autem tuum quis sciet, nisi tu dederis sapientiam, et miseris spiritum sanctum tuum de altissimis.
Et sic correctse sint semitse eorum qui sunt in terris, et quae tibi placent didicerint homines?
Nam per sapientiam sanati sunt quicumque placuerunt tibi, Domine, a principio. (Sap. IX.)
tique Dieu ne nous a demandé racquiescement de notre
foi qu'après que Lui-même, par des preuves sans nombre, sous le feu d'éclatatits prodiges, sous la lumière d'œuvres manifestement divines, nous eût prouvé que Lui et Lui seul pariait, révélait, exigeait l'hommage de notre raison (1). « Je ne croirai pas, nous dit énergiquement le docteur Angélique, si je ne voyais pas qu'il faut croire. » Je ne croirais pas si Dieu ne m'avait préalablement prouvé qu'il est « l'Auteur et le Consommateur de ma foi. »
2° Puis qu'exige Dieu? — Tout s'enchaîne, tout est d'une invincible logique. Après que Dieu, par d'innombrables preuves, a illuminé pour moi sa présence; après qu'il m'a démontré que mon symbole est de Lui: je le récite avec une sécurité absolue. Désormais tout y est pour moi vérité divine, absolue, inviolable.
La Foi illumine tout au dehors d'elle. — Non seulement ma foi est lumineuse en elle-même, mais, par un second bienfait, elle éclaire toute chose autour de moi.
1° Elle illumine l'ensemble des vérités naturelles, — A Dieu ne plaise que, dans le domaine des vérités naturelles, je nie le rôle et la puissance de la raison! — Mais, en même temps que cette raison a des essors sublimes, et que, conquérante heureuse autant que hardie, elle recule sans cesse les frontières du savoir, quelle chutes misérables, quelles indécisions douloureuses, quels égarements monstrueux, où je l'ai vue s'engager !.... Mais que vienne à elle sa sœur divine, son ange gardien, la foi, et la raison humaine affermira magnifiquement son empire dans l'ordre de la nature. — Ses trou-
(i) Novissime recumbentibus illis undecim apparuit; et exprobravit incredulitatem eorum et duritiam cordis; quia iis qui viderant eum resurrexisse, non crediderunt.
Et dixit eis : Euntes in mundum universum, praedicate Evangelium omni creaturae.
Qui crediderit, et baptizatus fuerit, salvus erit; qui vero non crediderit, condemnabitur.
Signa autem eos qui crediderint, hsec sequentur : In nomine meo daernonia ejicient : linguis loquentur novis;
Serpentes tollent; et si mortiferum quid biberint, non eis nocebit; super aegros manus imponent, et bene habebunt.
Et Dominus quidem Jésus, postquam locutus est eis, assumptus est in cœlum, et sedet a dextris Dei.
llli aiitem profecti prsedicaverunt ubique, Domino coopérante, et sermonem confirmante, sequentibus signis.
vailles seront plus fermes, moins sujettes au mélange d'erreur. Soutenue par la foi, dirigée par elle, par elle préservée de toute chute, la raison ira plus loin, étendra davantage ses conquêtes sur le sol de la vérité.
2*^ Elle seule nous peut découvrir les vérités surtiaturelles. — Tout à riieure la foi était l'auxiliaire de la raison: ici elle est sa seule conductrice possible. C'est de l'ordre des vérités surnaturelles que Saint Paul a dit: « Quod oculus non vidit, nec auris audivit, nec in cor hominis ascendit, quae praeparavit Deus iis qui diligunt illum, nobis autem revelavit Deus per Spiritum suum. Spiritus enim omnia scrutatur, ctiam profunda Dei. » — Or, remarquons-le, ces vérités surnaturelles que la foi seule nous illumine ne nous sont pas des vérités spéculatives et oiseuses, ce sont les immenses et formidables problèmes, auxquels est attachée notre destinée tout entière; si bien que l'incroyant est du même coup l'homme douloureusement ténébreux.