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IL FAUT SE SOUVENIR DE SES PÉCHÉS

Ce souvenir nous est nécessaire à cause de Dieu: il nous est nécessaire à cause de nous-mêmes.

Souvenir nécessaire à cause de Dieu. — Nous avons péché, mais nous nous sommes repentis, nous avons demandé grâce, nous avons expié dans les miséricordieuses rigueurs de la confession. Tout est fait, tout est terminé; le Prodigue est dans les bras de son père, aussi aimé, aussi glorifié qu'aux jours de son innocence.

Du péché ainsi effacé une seule chose nous devra rester: le salutaire et fécond souvenir. Car dans ce souvenir nous ferons éclater la glorification du Dieu qui nous a si amoureusement pardonnes.

1^ Glorification de la Bonté divine. — Plus je me souviens de mes fautes passées, plus je réveille en moi la mémoire de rinfinie miséricorde qui m'est venue prendre jusque dans Tabîme où je me perdais. David et avec lui tous les Saints font éclater, insatiable et vibrante, la louange du Dieu de la miséricorde et du pardon.

2° Glorification de la Justice divine. — Plus je me reg'arde comme pécheur, plus brille, par effet de contraste, cette Justice, qui ne m'a pardonné que grâce à une divine expiation. Plus je me souviens de mon péché, plus Paspect de mon Crucifix se fait saisissant; plus je suis coupable, plus je proclame Celui qui est toute justice.

3° Glorification de la Sainteté divine. — Voici ce que du haut de la croix l'Homme-Dieu faisait entendre en notre nom et comment il proclamait. Lui la Victime du péché, la sainteté infinie du Très-Haut. « Tu autem in sancto habitas, Laus Is-

rael ! Ego autem sum vermis et non homo, opprobrium hominuin et abjectio plebis. »

Souvenir nécessaire à cause de nous-mêmes. — Si par le souvenir de nos péchés pardonnes nous glorifions Dieu : par le souvenir de nos péchés commis nous ravivons les trois germes les plus féconds de la vie chrétienne.

i^ Nous 7' avivons la crainte salutaire. — Si nous parcourons la divine Ecriture : à chacune de ses pages nous apparaît, dans sa nécessité et ses fruits, la crainte de Dieu. Elle est (( le commencement de la sagesse, » la sauvegarde du chrétien, le bonheur de la vie, la mère et la conseillère des vertus. — Or qui nous maintiendra plus efficacement dans la crainte que le souvenir de nos péchés?

2^ Nous ravivons Vamour. — Voyez aux pieds de Jésus, baignée de larmes, oppressée d'amour, Marie Madeleine. N'est-elle pas la pécheresse? Oui, la pécheresse à laquelle il a été dit: « Qu'elle a beaucoup aimé parce que beaucoup lui a été pardonné.

3° Nous ravivons la vigilance. — Si je repasse le long du précipice où je me suis brisé dans une douloureuse chute, c'est pour me rendre compte de mon imprudence ancienne et des précautions que j'ai résolu de prendre à l'avenir (1).

(1) Gumque audissem verba hujuscemodi, sedi, et flevi, et luxi diebus multis; jejunabam, et orabam ante faciem Dei cœli ;

Et dixi : Quaeso, Domine, Deus cseli, fortis, magne atque terribilis, qui custodis pactum et misericordiam cum his qui te diligunt, et custodiunt mandata tua.

Fiant aures tuse auscultantes, et oculi tui aperti, ut audias orationem servi tui, quam ego oro coram te hodie, nocte et die, pro filiis Israël, servis tuis : et confiteor pro peccatis liliorum Israël, quibus peccaverunt tibi; ego et domus patris mei peccavimus;

Vanitate seducti sumus, et non custodivimus mandatum tuum, et ceremonias, et judicia quse prsecepisti Moysi, famulo tuo.

Mémento verbi quod mandasti Moysi, servo tuo, dicens : Cum transgressi fueritis, ego dispergam vos in populos;

Et si revertamini ad me, et custodiatis prœcepta mea, et faciatis ea, etiamsi abducti fueritis ad extrema cseli, inde congregabo vos, et reducam in locum quem elegi, ut hibitaret nomen meura ibi.

Et ipsi servi tui, et populus tuus, quos redemisti in fortitudine tua magna, et in manu tua valida.

Obsecro, Domine, sit auris tua attendens ad orationem servi tui, et ad orationem servorum tuorum qui volunttimere nomen tuum. Et dirige servum tuum hodie, et da ei misericordiam ante virum hune. Ego enim eram pincerna régis. (II Esdras. I.)

Une remarque est à faire à qui expose la doctrine du péché véniel; une différence essentielle est à noter. — Voici une âmeque la fragilité entraîne en quelque faute; mais cette faute, l'âme s'en inquiète et la pleure, et aussi souvent qu'elle y retombe, aussi souvent elle a la ferme volonté de l'éviter. A cette âme, qui trouve dans ses fautes même le réveil de sa piété et l'excitation de sa vertu, nous serions tentés de dire cette parole que chante l'EgHse: « Félix culpa. »

Mais il est une autre âme, pour laquelle le péché, parce qu'elle le juge seulement véniel, est quantité déplorablement négligeable. Cette âme ne s'en repent guère; jamais elle ne conçoit aucune ferme résolution de l'éviter; bientôt elle y vit tranquille et s'y habitue, sans plus aucun remords.

C'est de cette dernière âme qu'il nous faut nous occuper, pour lui révéler, en même temps que la gravité du péché véniel, le remède et l'antidote qu'il y faut opposer.

QUEL MAL EST LE PECHE VElNIEL

Assurément la vérité théologique est à sauvegarder avant tout. Le péché véniel ne tue pas l'âme, ne la sépare pas de Dieu, ne lui mérite pas l'enfer, ne la force pas môme, pour parler rigoureusement, à le soumettre aux clefs de l'église.

Cette réserve faite, reste à nous bien convaincre de la gravité de cette sorte de péché.

Il désorganise notre vie spirituelle. — Quand le péché véniel s'accumule en nous, sans plus obtenir de nous ni attention ni repentir, nos rapports avec Dieu reçoivent une désastreuse atteinte.

1° Ce que fions devenons pour Dieu. — Nous perdons aux yeux de Dieu la triple raison de l'amour privilégié qu'il nous réservait: fidélité, beauté, assiduité. — Le péché mortel est la trahison complète et absolue de Dieu. Par lui nous passons à l'ennemi; nous nous donnons au démon, que nous prenons comme maître et dont nous acceptons l'aifreux patrimoine de malédiction et de haine. Que sera le péché véniel? Une connivence déloyale, un rapprochement insultant, un pas dangereux fait vers l'ennemi de Dieu. Nous prétendons, sans rompre avec Jésus-Christ, entretenir avec le démon quelques liaisons secrètes. Or Jésus-Christ nous le déclare: « Qui non est pro me contra me est; » et Saint Paul: « Quœ conventio Ghristi ad Belial? aut quae pars fideli cum infideli ? qui autem consensus templo Dei cum idolis? »

Nous perdons le second attrait qui nous attire le regard et le cœur de Dieu : la beauté. Beauté merveilleuse, charme ineffable, qui revêt l'âme fervente, qui la pare des splendeurs que donne la divine ressemblance. — Si le péché mortel fait de notre âme un cadavre, le péché véniel la déforme, l'enlaidit, lui donne je ne sais quel aspect repoussant (1).

Enfin le péché véniel arrête le cours de nos bienheureuses assiduités. Un malaise de conscience, l'amour de ce monde, les sollicitudes terrestres, les défauts, nous empêchent de mériter, de désirer, de tenter l'accueil de Dieu: « Quis ascendet in montem Domini? Innocens manibus et mundo corde. »

2° Ce que Dieu nous devient à nous-mêmes. — Si par l'habitude du péché véniel nous déplaisons à Dieu, on peut dire que de son côté Dieu nous déplaît. — Nous ne goûtons plus Dieu, selon que nous y invite le psalmiste : « Gustate quoniam suavis est Dominus. » Mais, pour goûter cette chose si délicate, si exquise, si céleste qui est la suavité de Dieu, il faut un palais que les aliments grossiers n'aient pas rendu insensible.

(1) Egressus est a filiaSionomnis décor ejus. Quomodo obscuratum est aurum? mutatus est color optimus? filii Sion inclyti et amicti auro primo, quomodo reputati sunt in vasa testea, opus manus figuli?... Deni^rata est super carbones faciès eorum.

(Tren. I.)

— Nous ne voyons plus Dieu, Si le péché mortel nous aveugle, le péché véniel rend faible et incertain le regard de l'âme. Voici, d'après Dieu lui-même, quelles sont les âmes dont le cœur et les yeux aperçoivent toujours et en tout la Divinité. « Beati mundo corde quoniam Deum videbunt... » Voulons-nous raisonner? Si Dieu est Sainteté, Justice, Bonté: comment le péché véniel, qui est impureté, injustice, inclémence, pourrait-il s'y élever? — Nous perdons tout élan du cœur vers Dieu, Parlant du péché et de la nécessité de le rejeter pour courir à Dieu, Saint Paul s'exprime ainsi: « Déponentes omne pondus et circumstans nos peccatum, per patientiam curramus. » L'aigle dont l'aile est brisée vit encore, mais se traîne misérablement.

Il débilite et exténue notre âme. — On a très justement comparé l'habitude du péché véniel à ces lentes et tristes maladies qui mènent sourdement leurs victimes au tombeau, sans les frapper d'aucun coup foudroyant, mais en les exténuant peu à peu. Il est aussi une phtisie des âmes; il est aussi une consomption lente et graduée de la vertu. Voyez ce malade que mine une lente consomption. Il tient sa place dans la famille et dans le monde; il est des réunions, il participe aux fêtes, il esquisse un sourire; la parole lui est laissée, toutes les fonctions vitales s'accomplissent; il a, selon le mot de l'Ecriture, le nom de vivant: « Nomen habes quod vivas. » En réalité tout est en lui marqué du sceau de la mort ; tout est languissant, impuissant, caduc; il chancelle quand il marche; ses forces le trahissent quand il veut agir (1).

Telle est, trait pour trait, limage de rame dans l'état chronique du péché véniel. Elle accomplit tous les actes de la vie

(i) Itaque quicumque manducaverit panem hune, vel biberit calicem Domini indigne, reus erit corporis et sanguinis Domini.

Probet autem ; et sic de pane illo edat, et de calice bibat.

Qui enim manducat et bibit indigne, judicium sibi manducat et bibit: non dijudicans corpus Domini.

Ideo inter vos multi infirmi et imbecilles, et dormiunt multi.

Qaod si nosmet ipsos dijudicaremus, non utique judicarernur.

Dum judicamur autem, a Domino corripimur, ut non cum hoc mundo damnemur.

Itaque, fratres mei, quum convenitis ad manducandum, invicem expectate.

Si quis esurit, domi manducet, ut non in judicium conveniatis. Caetera autem, quum venero, disponam. (I Cor. XL)

chrétienne, mais en tous s'aperçoit le malaise, l'impuissance, la caducité. Elle prie, elle communie, elle fait des actes ehrétiens, mais tout cela est marqué visiblement d'un sceau de mort.

Il nous voue aux rigueurs de la Justice divine. — Un moyen plus énergique et plus court de comprendre la gravité du péché véniel serait d'aller directement à Dieu et de surprendre son jugement et sa sentence. Or cette sentence est rigoureuse. Ce jugement de Dieu sur le péché véniel nous apparaît terrifiant. — Avec quelle sévérité Dieu l'a puni! pour une faute de murmure, Marie sœur de Marie est hideusement défigurée par la lèpre et chassée sans pitié du camp (1).

(1) Locutaque est Maria et Aaron contra Moysen, propter uxorem ejus iElhiopissam.

Et dixerunt : Num per solum Moysen locutus est Dominus ? nonne et nobis similiter est locutus? Quod cum audisset Dominus.

(Erat enim Moyses vir mitissimus super omnes homines qui morabanturin terra).

Statim locutus est ad eum, et ad Aaron et Mariam: Egredimini vostantum tresadtabernaculumfœderis. Gumque fuissent egressi,

Descendit Dominus incolumna nubis, et stetit inintroitu tabernaculi, vocans Aaron et Mariam. Qui cum issent,

Dixit ad eos : Audite sermones meos: Si quis fuerit inter vos propheta Domini, in visione apparebo ei, velper somnium loquar ad illum.

At non talis servus meus Moyses, qui in omni domo mea fidelissimus est;

Ore enim ad os loquorei, et palam, et non per aenigmata et figuras Dominum videt. Quare ergo non timuistis detrahere servo meo Moysi ?

Iratusque contra eos, abiit;

Nubes quoque recessit, quse erat super tabernaculum; et ecce Maria apparuit candens lepra quasi nix. Gumque respexisset eam Aaron, et vidisset perfusam lepra.

Ait ad Moysen : Obsecro, domine mi, ne imponas nobis hoc peccatum, quod stulte commisimus.

Ne fiât haec quasi mjrtua, et ut abortivum quod projicitur de vulva matris suœ; ecce jam médium carnis ejus devoratum est a lepra.

Clamavîtque Moyses ad Dominum, dicens : Deus, obsecro, sana eam.

Gui respondit Dominus: Si pater ejus spuisset in faciem illius, nonne debuerat saltem septem diebus rubore suffundi? Separetur septem diebus extra castra, et poslea revocabitur.

Exclusa est itaque Maria extra castra septem diebus; et populus non est motus de loco illo, donec revocata est Maria.

(Num. XII.)

Pour une faute de vaine gloire, David subit les ravages d'une peste meurtrière (1). Au Cantique des cantiques, quand la Bien-aimée s'est laissée gagner par un sommeil de tiédeur et qu'elle est devenue sourde aux appels de la sainteté, l'Epoux la délaisse, la jette dans les tortures du remords, l'expose aux coups et aux blessures des gardes qui veillent sur la cité. C'est à un évêque que Jésus-Christ, dans l'Apocalypse tient ce terrifiant langage : « Quia tepidus es et nec frigidus nec calidus, incipiam te evomere ex ore meo. Quia dicis quod dives sum et locupletatus et nuUius egeo, et nescis quia tu es miser et miserabilis et pauper et cyecus et nudus. »

Contemplant cette rigoureuse justice qui s'abat dès ce monde sur le péché véniel, nous sommes loin d'apercevoir les dernières rigueurs de Dieu. Il nous faudrait pénétrer dans la cité des larmes, dans l'Eglise du Purgatoire, plongée tout entière dans la douleur de l'expiation. Là une multitude d'âmes se dépouillent, comme un or impur, dans les ardeurs du feu, des souillures que leurs péchés ont laissées en elles. Ohl qu'elles sont alors éclairées sur la gravité de ces fautes qu'elles nommaient légères et dont elles ne prirent aucun soin (2) !

(1) Dixitque rex ad Joab, principem exercitus sui : Perambula omnes tribus Israël a Dan usqueBersabee, et numérale populum ut sciam numerum ejus.

Dixitque Joab régi: Adaugeat Dominus Deus tuus ad populum tuum quantus nunc est, iterumque centuplicet in conspectu domini mei régis ! sed quid sibi dominus meus rex vult in re hujuscemodi?

Obtinuit autem sermo régis verba Joab et principum exercitus; egressusque est Joab et principes militum a facie régis ut numerarent populum Israël.

Percussit autem cor David eum, postquam numeratus est populus; et dixit David ad Dominum: Peccavi valde in hoc facto; sed precor, Domine, ut transferas iniquitatem servi tui, quia stulte egi nimis.

Surrexit itaque David mane, et sermo Domini factus est ad Gad, prophetam et videntem David, dicens:

Vade, etloquere ad David : Hsecdicit Dominus: Trium tibidatur optio, elige unum quod volueris ex his ut faciamtibi.

Gumque venisset Gad ad David, nuntiavit ei dicens : Aut septem annis veniet tibi famés in terra tua, aut tribus mensibus fugies adversariostuos et illi te persequentur, aut certe tribus diebus erit pestilentia in terra tua. Nunc ergo délibéra, et vide quem respondeam ei qui me misit sermonem. (II Reg. XXIV.)

(2) Fundamentum enim aliud nemo potest ponere, prseter id quod positum est, quod est Ghristus Jésus.

Il nous achemine vers le péché grave. — Voici peut-être le côté le plus sérieux qui nous reste à examiner. L'âme ne s'obstine dans le péché véniel que parce qu'elle s'obstine à croire à une trompeuse sécurité. Quand elle affirme que les péchés véniels ne damnent pas, elle affirme une incontestable vérité; mais que sa vue est courte, que son expérience est en défaut, si elle ne voit pas comment l'habitude du péché véniel est un acheminement vers le mortel !

1° // nous est facile de nous en convaincre 'par le raisonnement. — Tout d'abord, laissant à nos passions l'aliment du péché véniel, nous les fortifions, nous les rendons peu à peu indomptables; bientôt leur faim délirante réclamera de plus complètes satiétés (1). — De plus l'habitude nous aura bientôt si bien famiharisés avec le péché que la limite qui sépare la faute vénielle de la faute mortelle nous sera devenue imperceptible. — Comptons encore sur la déperdition graduelle de nos forces. L'imprudent voyageur qui se joue des obstacles, côtoie les précipices, prétend se retenir toujours sur la pente des abîmes, finira par y rouler et y périr. — Puis ignoronsnous que c'est la grâce divine toute seule qui nous maintient dans la vertu? Où cette grâce s'amoindrit, la force chrétienne s'altère. Quand Dieu a cessé de nous soutenir, nous abandonnant à notre faiblesse native, nous tombons (2). De là cet

Si quis autera supersedificat super fundamentum hoc, aurum, argentum, lapides pretiosos, ligna, fenum, stipulam.

Uniuscujusque opus manifestum erit; dies enim Domini declarabit, quia in igné revelabitur, et uniuscujusque opus quale sit, ignis probabit.

Si cujus opus manserit quod supersedificavit, mercedem accipiet.

Si cujus opus arserit, detrimentum patietur; ipse autem salvus erit, sic taiinen quasi per ignem. (I Cor. III.)

(4) Generatio quse pro dentibus gladios habet, et commandit moîaribus suis ut comedat inopes déterra, et pauperes ex hominibus.

Sanguisugœ duse sunt filise dicentes : Alïer, affer.

Sunt insaturabilia. (Prov. XXX.)

(2) Nisi Dominus aedificaverit domum, in vanum laboraverunt qui œdificant eam.

Nisi Dominus custodierit civitatem, frustra vigilat qui custodit eam. (Psal. GXXVI.)

Torrentem pertransivit anima nostra : forsitan pertransisset anima nostra aquam intolerabilem.

Benedictus Dominus, qui non dédit nos in captionem dentibus eorum.

Anima nostra sicut passer. (Psal. GXXIII.)

oracle de TEsprit-Saint: a Qui spernit modica paulatim decidet. »

2° D^ illustres exemples nous en convainquent plus puissamment encore. — Pensait il rouler dans l'abîme de l'adultère et de l'adultère dans un lâche homicide, ce malheureux David qui jetait sur un objet dangereux un imprudent regard? L'étincelle négligée alluma l'incendie et l'incendie à son tour dévora une angélique vertu (1). — Songeait-il qu'une heure fatale arriverait où il renierait son Maître avec imprécations et blasphèmes, cet Apôtre Pierre qui nourrissait en lui le défaut, léger d'abord, de la présomption (2)? — Et Judas, l'abominable Judas, commença-t-il autrement que par des cupidités inconscientes et de légers larcins (3)?

(1) Accidit ut surgeret David de strato suo post meridiem et deambularet in solario domus regise : viditque mulierem se lavantem

Misit ergo Rex et requisivit quse esset mulier Missis itaque

David nunciis, tulit eam. (II Reg. XI.)

(2) Tune dixit illis Jésus : Omnes vos scandalum patiemini in me, in ista nocte; scriptum est enim: Percutiani pastorem, et dispergentur oves gregis.

Postquam autem resarrexero, prsecedam vos in Galilseam.

Respondens autem Petrus, ait illi : Etsi omnes scandaliaati fuerint in te, ego numquam scandalizabor.

Ait illi Jésus: Amen dico tibi, quia in hac nocte antequam gallus cantet, ter me ne^^abis.

Ait illi Petrus: Etiamsi oportuerit me mori tecum, non te negabo. Similiter et omnes discipuli dixerunt.

(Matth. XXVI.)

(3) Maria ergo accepit lihram unguenti nardi pistici, pretiosi, et unxit pedes Jesu et extersit pedes ejus capillis suis; et domus impleta est ex odore unguenti.

Dixit ergo unus ex discipulis ejus. Judas Iscariotes, qui erat eum traditurus:

Quare hocunguentum non veniit trecentis denariis, et datum est egenis?

Dixit autem hoc, non quia de egenis pertinebat ad eum, sedquia fur erat et loculos habens, ea quse mittebantur portabat.

(Joan. XII.)

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