GRANDE GALERIE D'HONNEUR
Bras ouest.
Le bras ouest de la galerie d'honneur contient entre ses colonnes les spécimens les plus beaux que nous possédions des sarcophages en pierre de l'empire memphite et du premier empire thébain. Derrière la plupart des sarcophages on a adossé à la muraille de grandes stèles de l'époque memphite.
Ces stèles étaient à rorigine les portes qui meDaient à la chambre funéraire, portes toujours ferme'es puisque la communication directe est impossible entre le monde des vivants et celui des morts : la baie en élait donc barricadée par une pierre, et la porte n'était en réalité qu'une fausse porte. L'aspect en était celui des portes de maisons ordinaires, mais modifié pom* le nouvel usage auquel on les réservait. La baie s'en alla rétrécissant de plus en plus , les reliefs s'affaiblirent, et le tout finit par n'être qu'une surface à peu près plane , sm^ laquelle des rainures et des méplats très légers rappelèrent seuls les parties de la porte antique : plus tard même, ces dernières traces delà Ibrme originale seffacèrent, et la stèle devint une simple pierre carrée ou cintrée au sommet, sur laquelle on grava une inscription. On verra ce dernier type à la centaine en visitant les salles de l'empire thébain et des époques suivantes : les stèles de Tempii'e memphite affectent toutes la forme de porte, mais en s'écartant ou en se rapprochant plus ou moins du type original. Le décor en est toujours le même. Sur le linteau arrondi ou plat , le nom et les litres ; au-dessous la baie est vide le plus souvent, mais on y voit quelquefois la figure en pied du mort. Au-dessus du linteau, un tableau montre le mort assis devant le guéridon et les offrandes entassées ou énumérées devant lui. Sur les montants , 1 unage en pied du mort avec ses titres et parfois un proscynème. Le proscynème est gravé tout au haut de la stèle , sur le bandeau horizontal qui ferme le cadre : il s'adi'esse au dieu grand, c'est-à-dire à Osii'is, puis à Anubis, et il les prie de transmettre au mort les provisions que les vivants lui envoient par l'intermédiaire du roi. Une table d'offrandes était placée au pied de la stèle , souvent engagée entre les montants et faisant corps avec elle , plus souvent isolée. Le jour des funérailles et les jours de fêtes, la famille
apportait les provisions réglementaires , et les consacrant Tnne après Tantre avec les cérémonies voulues , elle les posait sur la table devant la porte, puis elle se retirait : le mort sortait alors de son tombeau afm de les prendre , ou , lorsqu'il lui déplaisait se déranger, elles lui arrivaient dans sa chambre ou dans quelque endroit qu'il fût par la toute puissance des formules. L'inscription gravée sur la stèle confirmait la vertu des rites, et au besoin elle suppléait à leur inexécution : il suffisait qu'un passant la lût, en répétant le nom du mort, pour que celui-ci reçût aussitôt les objets dont il avait besoin, et, à défaut d'un étranger, le mort lui-même obtenait le même résultat en se la récitant , telle qu'il la voyait inscrite sur sa stèle.
Colonnade sud.
1344. — Albâtre. — Longueur i m. 80 cent. — Dahchour.
L n des deux sai'cophages découverts à Dalichour en 1 895 par M. de Morgan. Il ne porte aucune inscription, mais il est remarquable par la ])eauté de la matière et parla perfection du travail. — XIP dynastie.
72. — Calcaire. — Haut. 3 m. 17 cent., larg. 2 in. i/i cent. — Sakharah.
Stèle du médecin principal de linfirmerie l'oyale Sakhimkhitouniànkhou , contemporain du roi Sahourî. Il raconte dans l'inscription comme quoi le Pharaon, pour le récompenser de ses longs sei'vices. fit venir des carrières de Tourah. le beau calcaire blanc nécessaire à la décollation de son tombeau et le lui donna. — V' dynastie.
1500. — Gramt rose. — Long. -2 ni. -îo cent. — Gizéh.
Sarcopliage rapporté en 1 902 . Le côté droit , qui avait été brisé dans l'antiquité, puis restauré, a été réparé avec les fragments originaux par M. Bai-santi. Jl appartenait à un fils de roi du nom de Khàfminou . peut-être un des lils de KhépliiTU. H est décoré de rainures prismatiques, comme les maisons de l'époque memphite. et celte disptssilion du décor trouve sa raison d'élre dans l'idée que les Egyptiens se faisaient de sa destination. Le sarcophage, le cojf're de vie , ainsi qu'on l'appelait , était la maison où le mort vivait son exisleuce d'outre-tombe, et l'un de ses noms, qn'il partageait avec le tombeau entier, était la maison éternelle '-^ '^. D'ordinaire cette dénomination n'influait en rien sur le décor : quelquefois , comme c'est le cas ici et pour plusieurs autres de nos monuments (v. p. 9, n° 7/1, et n" 96). on poussait l'idée jusqu'au bout et on j^rétait au sarcophage de granit ou de bois l'aspect d'une maison terrestre.
70. — Calcafrk. — Haut. -^ m. 'ic) cent., larg. 1 m. 8/1 cent. — Snkkarah.
Stèle du magistrat comte Phtahholpuu. cpii vivait sous la \' dvnastie. C'est peut-être à lui qu'on doit attribuer la rédaction des préceptes de morale et de conduite que nous a conservés le papyrus Prisse, le plus ancien livre du monde. — Y* dynastie.
Le quatrième sarcophage ne porte aucun nom : il représente les quatre faces d'une maison décorée de panneaux et de rainures comme le sarcophage n" i5oo. Il est de la IV' dynastie, et il a été rapporté de Gizèh en 1 902.
140. — Calcaire blanc. — Haut, i m. i5 cent., long. '2 ni. 35 cent., iarg. i mètre. — Cheikh Abdel-Gournah.
Sarcopliage de Dagi. Ce sarcophage, oublié depuis Lepsins, qui le copia il y a soixante ans, fut retrouvé en 1889, et transporté au Musée au mois d'avril i883. 11 ne présente à l'extérieur d'autre décoration qu'une ligne d'hiéroglyphes non coloriés où l'on lit le nom du mort, et du côté droit vers l'extrémité, les deux yeux ^^^ qui forment un taldeau de bon augure à l'entrée fictive de la maison éternelle. L'intérieur est richement décoré et nous montre cette maison aménagée pour son maître. A gauche, et correspondant aux deux yeiLx de l'extérieur, est une porte par laquelle le double peut entrer et sortù* à volonté. Sur les parois sont rangés les provisions, les armes, les objets de toilelte et d'offrandes, les vases à parfums, qu'on déposait dans la tombe. Au-dessous, des prières tracées à l'encre noire, analogues aux prières qu'on trouve dans les pyramides de Sakkarah. assurent au maître la libre jouissance et la per])étuité de ce trésor. — Xll' dynastie.
65. — - Calcairi:. — - Haut. 3 m. o^^ cent., larg. 2 mètres. — Sakkarah.
Stèle du tombeau Aukhafitka, prêtre des rois Sahourî et Ousirkaf. Son tombeau a fourni au Musée de beaux bas-reliefs qu'on verra exposés dans la salle B. — V* dynastie.
L'énorme sarcophage en bois qui occupe le dernier rang de ce côté a été découvert en 1901, à Berchéh, par Ahmed bey Kamal: il appartient à un prince dHermopolis, du nom d'Amenemhaît . qui vivait sous la Xli' dynastie, il est
eu bois de cyprès ou de cèdre, apporté |)robablemeut de la côte syrieuue : les ais dout il est ibrmé ont été uuis pai' des chevilles du même bois et serrés aux angles par des rubans de cuivre. A Tintérieur, un cercueil anthropoïde, également en bois, contenait la momie. La décoration est analogue à celle du sarcophage de Dagi(v.p. 7, n° i4o), mais fenduit sur lesquelles les inscriptions étaient tracées est tombé par plaques. — XIP dynastie.
73. — Calcaire. — Haut. -2 m. 57 cent., larg. 9 m. 89 cent. — Sakkarah.
Stèle d'Ahinas, surnommé Papi-ânkhou. 11 était administrateur de Tourah, ce qui était une Ibnction importante, à cause des carrières d'oii Ton extrayait le beau calcah'e blanc employé dans les constructions royales. — W dynastie.
99. — Calcaire. — Haut. 9 m. 07 cent., larg. 2 m. 1 5 cent. — Sakkarah.
Grande stèle de Sabou, directeur principal de tons les travaux d'art exécutés poiu' le roi : les cartouches du Pharaon Téti nous fournissent la date de cette pièce. On trouvera plus loin (voir p. 11 ), sous les n°' 29 et 3o, d'autres monuments de ce persomiage. — VP dynastie.
Colonnade nord.
1344 bis. — Albâtre. — Long. 1 m. 80 cent. — Dahchour.
Le second des deux sarcophages en albâtre de la XIP dynastie découverts à Dahchour par M. de Morgan (\o\r n° i3/i/i, p. 5).
66. — Calcaire. — Haut. 3 m. 70 cent., largeur 9 m. 2 5 cent. — SaMarah.
Stèle du magistrat Aiikluiiàka, prêtre des Pharaons Sahourî et Ousirkaf. — V' dynastie.
74. — Beau gramt rose. — Long. 2 m. 3o cent., larg. 1 m. 19 cent., haut. 1 m. 65 cent. — Gizéh.
Sarcophage rectangulaire à couvercle arrondi en voûte, avec des oreillettes carrées . aux cpiatre angles. Sur le sommet du couvercle, prière à Anuhis en faveur du défunt, le prince Hii-baiouf. L'extérieur seul est décoré de rainures prismatiques rappelant la façade des édifices du temps ( v. p. 6, n" 1 5 00 ). Par la place que le puits occupe dans la nécropole , il n est pas douteux que Hirbaiouf fut un descendant de Khéops. — IV" dynastie.
28. — Calcaire. — Haut. 9 m. 88 cent., larg. 1 m. 9 9 cent. — Sakkamh.
L'une des deux stèles gravées au nom de Ranikaou. Celle-ci est gravée en relief: on verra l'autre dans la salle B, p. 2 4, n" 23.
96. — Gramt rose. — Haut. 1 m. 33 cent., long. 9 m. 9 0 cent. — Gizéh.
Sarcophage en forme de maison de Khoufouànkliou, qui était attaché aux cultes d'Isis, du Taureau blanc, du bœuf Apis. — IV' dynastie.
98 — Calcaire. — Haut. 9 m. 65 cent., largeur 1 m. 59 cent. — Sakkarah.
Stèle de Tapoumânkhou . prêtre attaché aux trois gi\^ndes
pyramides de Kliéops, de Kliéplu'én et de Mycérinus (IV" dynastie), prêtre de Saiiofroui (IIP dynastie), de Sahouri et dOusirkaf (A* dynastie). Sou fils aîné Honminou, de qui nous avons deux monuments ( n' a 6, 97 j , est représenté devant lui. sur le côté droit de la stèle. — A" dynastie.
97. — Granit rosk. — Haut. 1 m. i(j cent., long. 2 m. 2 9 cent., larg. 1 mètre. — Gizch.
Sarcophage du prince royal Kamàsakhim. Les angles sont arrondis comme au sarcophage de Khéops, encore en place dans la grande pyramide. — i^ " dynastie.
10. — Calcaire. — Haut. 9 m. 5i cent., largeur 1 m. 07 cent. — Sakkarah.
Stèle en forme de farade de maison . au centre de laquelle ime fausse porte est simulée, lue ligne dhiéroglyphes, aujoui'dhui très endommagés . couronnait la slèle : la partie cfui contenait le nom du personnage est détruite entièrement, mais deux petits panneaux d'inscriptions, rabattus aux deux extrémités, nous ont conservé le nom de Irois de ses femmes. — lA ' dynastie.
1501. — Calcaire. — Haut. 1 m. -^ocent.. long. 9 ni. 10 cent. — Gizr/i.
SaiTophage d'un certain Zadouiti, qui était prêtre de la pyramide du roi Mycérinus. — T\ " dynastie.
55. — Gramt noir. — Haut. 9 m. 6^ cent., larg. 1 m. o5 cent. — El-Khkâm.
Grande stèle au nom du prince Ousorirou. trouvée par M. Maspero à el-KIiizàm. au nord de Karnak. On remarque
sur la fausse porte (v. p. A), le double verrou égyptien et les deux veux, symboles du midi et du nord. C'est avec celte stèle que furent découverts ces premiei's vases en terre , mi-partie rouges et noirs (v. p. 178-179), où l'on a cru ({uelque temps reconnaître Tœuvre des premières dynasties et de rage préhistorique exclusivement.
Contre les deux piliers qui ferment la large baie par laquelle on passe de la galerie d'honneur au vestibule de l'escalier ouest, sont adossés :
29 et 30. — Calcaire. — Haut. 2 m. (3o cent, et '2 m. 4i cent., larg. 1 m. 08 cent, et 1 m. o3 cent. — Sahhnrah.
Bas-reliefs qui couvraient le côté gauche et le côté droit de la niche au fond de laquelle se trouvait la stèle ou fausse porte du tombeau de Sabou ( v. n" 99, p. 8) dit Abibi, à Sakkarah. Le défunt reçoit les revenus de ses propi'iétés, son mobilier funéraire, les mets offerts par sa famille et les statues faites à son image qui doivent fictivement manger et bou-e à sa santé les offrandes sculptées sur les murs. — VP dynastie.
VESTIBULE DE L ESCALIER SLiDOLEST.
Centre de la pièce.
1278. — Gramt rose. — Long. 9 m. 68 cent., haut. 1 m. 60 cent. — DeIr-el-Médinéli.
Ce monument, qu'on a placé ici hors série, faute de place convenable dans le bras est de la Galerie , est le sar-
cophage de la reine Nitocris, fille de Psammétiqiie 1'' et princesse de Thèbes ])ar adoption. H liit rapporté de Tlièbes en 1886, par M. Masj)ero. La reine y est repre'sente'e couchée sur le couvercle de granit. — XX\ P dynastie.
Pa)oi sud.
82. — Calcaire. — Haut. 1 m. 19 cent., long. 5 m. 16 cent. — - Sakkarah.
Bas-relief découvert en i883. A gauche, le gouverneur Apoui est assis entre sa iemme Son bit et sa fille Papiànkhounas. Au centre. Apoui, porté en palanquin, visite ses moissons et ses ti'oupeaux. Des barques naviguent à la voile ou à la perche. C'est tout ce qui subsistait d'un mastaba de la VP dynastie, qui avait été établi sur les arrasements d'un mastaba beaucoup plus grand de la IV": il ne restait plus de celui-ci que le l)as des scènes du registre le plus rapproché du sol et quelques hiéroglyphes de beau style.
Paroi sud-ouest.
68. — Calcaire. — Haut. 2 ni. 89 cent., larg. 2 m. '4 fi cent. — Sakkarah.
Stèle du chef, magistrat, comte Safkhouitâbouinoiirsamou. Elle est encadrée entre deux panneaux, qui portent la liste des offrandes à présenter au défunt; celui-ci est assis devant une table et reçoit les cadeaux de ses serviteurs. L'ensemble est couronné de la lourde corniche formée du tore et de la gorge égyptienne, et donne une idée de l'agencement de la niche funéraire qu'on trouve dans certains mastabas de la V' et de la VP dvnasties.
Paroi nord-ouest.
71 — Calcaire. — Haut. 3 m. i6 cent., larg. 2 111. 09 cent. — Sakharah.
La stèle avait été faite ainsi que le tombeau pour un personnage appelé Ti: une femme, dont le nom semble se lire Honi, usurpa le tombeau et fit graver son nom dans rintérieur de la fausse porte. Les deux parois latérales portent une preuve curieuse de la façon dont l'usiu-pation s'est produite. Le sculpteur a retaillé les tignres qui les couvraient et changé le portrait de riiomme Ti en celui de la dame Honi; le profil de la figure masculine est visible sous la retouche qui lui a donné le galbe et les contours féminins. — VP dvnastie.
(SALLES A-F