‹ Guide du visiteur au Musée du CaireChapitre 5 sur 141 · DE L'A>CIEN EMPIRE MEMPHITE · texte numérisé non relu

DE L'A>CIEN EMPIRE MEMPHITE

Les six premières salles A-F contiennent , avec quelques monuments de la HP dynastie, la masse des monuments des IV", V'^ et VP dynasties , découverts dans les cimetières des grandes cités de LÉgypte , à Gizèh et à Sakkarah , puis à Abvdos. C'est pour la sculpture la plus belle époque de Part égyptien , et les statues aussi bien que les bas-reliefs y présentent une liberté d'allures quon ne retrouve plus aux époques postérieures. Elles sont toutes des portraits du personnage quelles représentent, portraits plus ou moins réussis selon Phabileté de Partiste, mais auquel il s'efforçait

de donner toujours les traits exacts de son modèle. Elles ne sont pas en effet . comme nos statues . de simples œuATes dart, mais elles avaient une signification religieuse qui primait tout. Selon la croyance de l'Egyptien, l'homme se composait de deux pai-ties . un corps et un double , tous les deux également p::3'rissables, si l'on ne prenait soin de les conserver par des moyens arliiiciels : la destinée du double était liée intimement à celle du corps , et lorsque , la mort étant survenue, le corps se décomposait, le double se décomposait avec lui. La dessication des cadavres, puis la momification, qui en assuraient la durée pour une période de lenq)s indéfinie, prolongeaient la durée du double d'autant de siècles qu'elles prolongeaient celle du corps : mais la momie elle-même pouvait être détruite facilement ou se décomposer par la suite des âges , et , de plus , elle demeurait enfei niée dans une chambre inaccessible aux mortels , où, passé le jour de l'enterrement, on ne célébj-ait plus sm* elle les rites indispensables au culte des ancêtres. On imagina donc de lui aiti'ibuer. comme auxdiaireetau besohi comme l'emplacant, une figure du mort représenté tel qu'il était du tenq)s qu'il séjournait sur terre , figure en bois ou en pierre, dont la dureté était capable de braver les siècles; puis, comme une seule figure était sujette à la destruction violente, on s'avisa de multiplier le nombre de ces figures, de manière à accroître les chances de survie du double par autant de fois qu'il aurait de statues, outre le corps, pour lui servir d'appui. Ces statues, une fois consacrées par les prières de rensevelissement, devenaient capables de ser^'ir au double pour tous les usages auxquels le corps lui avait servi sur terre. On leur ouvrait la bouche , les yeux , les na?'ines, les oreilles, c'est-à-dire qu'on faisait semblant de dégager sur elles tous ces organes qui avaient été fermés sur le cadavre par les manipulations des embaumeurs, et

désormais ie double employait ses images à manger, à boire , à entendre, à sentir, à parler pour lui. Elles étaient donc moins limage du mort que le mort lui-même, rétabli en sa forme pleine, consolidé, projeté aussi loin dans le temps qu'elles-mêmes duraient. Aussi fallait-il, lorsqu'on les taillait, leur rendre l'allure et la forme même de 1" individu à qui elles étaient destinées, avec cette réserve toutefois que la ressemblance exacte pouvait s'arrêter aux traits du visage : quel profit le double aurait-il tiré de sa perpétuité, s'il avait du traîner avec lui à jamais un corps décrépit par Tage ou affaibli par les infirmités? On lui restituait donc le corps qu'il avait eu pendant sa jeunesse ou son âge mûr, et, par suite, toutes les statues supports de doubles donnaient à leurs doubles la forme qu'il lui était utile d'avoii*, plus que celle qu'il avait réellement au temps de sa mort.

SALLE A

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