Calcaire. — Haut. (ol. o m. 70 ceiil. — Sahkarah
Joli groupe représentant Zaî et la sœur Naîa assis sur un siège commun. Ils sont tous deux vêtus à la mode de Ramsès, Zai avec la longue robe. boufTant aux manches et se terminant par devant en tablier , Naîa avec la grande chemise collante. D'e'normes perrucjues à longues tresses leur couvrent la tète. Les profils des personnages graves snr le dos du siège rappellent le type de Sëti I"; les deux statues assises ont , au contraire , tous les caractères de la physionomie douce et e'panouie , qui est le cachet de la belle tête royale que Mariette pensait être celle de Mînephtah, petit-tîls de ce même Séti I", mais qui paraît avoir été celle d'Harmhabi (voir p. 61, n" 197). — WX" dynastie.
SALLE 0
La salie Q contient une collection de statues brisées, de stèles et d'incriptions de la XÏX'' et de la XX"" dynasties , provenant })our la plupart des nécropoles d'Abydos et de Sakkarah. Le plus curieux de ces monuments est :
168. — Calcaire. — Long. 2 mètres, larg. 0 m. 96 cent. — Abijdos.
Lorscpie j'ai rapporté cette stèle d'Abydos en 1882, elle était en aussi l)on état cjue la stèle symétrique du même roi qui a été décrite dans la salle P (voir p. 88, 11° 18 4). Elle a été réduite à Tétat où on la voit par l'humidité qui prévalait dans certaines salles du Musée de Gizéh. Elle est de Ramsès I\ , et elle renferme une longue prière de
ce Phai'aon daos laquelle il se soiihaitt' îi lui-même le- 67 années de Ravises IL 11 ne régna (railleurs que quatre ans. — XX' dynastie.
SALLE R
On y voit quelques monuments, malheureusement tiès mutilés de répof[iie des Ramessides.
Coté ouest de In Salle.
On y rencontre, entre la porte de la galerie 0 et celle de la salle P :
1° Un beau bas-relief détaché par M. Pétrie d'un tombeau de Dendérah. et dont le tableau principal nous montre le scribe Siêsît purifié par un personnage à moitié détruit :
•2° Les débris d"une des claire-voies en grès qui éclairaient les salles ruinées de Médinet-Habou. Le dessin en jnontrait le prénom de Ramsès III entre deux éperviers qui étendent leur ailes et deux personnages agenouillés : il ne subsiste plus qu'une moitié à peu près de 1" ensendjle. — XX' dynastie.
Les deux tètes colossales en granit rose qui sont dressées à droite et à gauche de la porte furent détachées de statues du Pharaon Ramsès II aujourd'hui détruites : elles ont été découvertes à Mit-Raliinéh par M. de Morgan, en i8()-3. dans les ruines du temple de Phtah. Deux autres fragments de statues s'appuient à la face antérieure des deux socles et en masquent la nudité. Du côté sud , c'est un Amon en granit noii\ debout, marchant: le haut de la coiffure manque
ainsi que les pieds. Du côté nord, le scribe Aménôthès est flel)nnt : la statue était en granit noir ég-alement et d'un l)on travail de la XIX' dynastie.
Enfin , au piiastie qui sépare la salle R de la salle S , on a adossé une pièce superbe : luie tête détachée d'un colosse de Ramsès II , provenant du temple de Lonxor. Contre le socle s'appuie :
181. — Calcaire blanc. — Haut, i m. 5 2 cent., larg. o m. 55 cent. — Sakkarah.
Fragment d'un pilier tiré du tombeau de Nofirhotpou , fils de Houi, qui vivait sous la XIX* dynastie. On y voit, à la face antérieure, un daclou |, sm^monté d'un chapiteau Hathorien de bon travail : deux daclou coiffés de plumes et surmontés d'un épervier k tête humaine ornaient les deux cotés.
C()té est de la Salit'.
11 n'olTre que des monuments d'ordre secondaire, parmi lesquels on remai(piera pourtant un côté de siège et une jambe qui appartenaient à un colosse d'Osorkon II , découvert k Bubaste. C'est l'une des œuvres qui montrent le mieux que la tradition du grand art ne s'était pas perdue sous la XXIP dynastie , quoiqu'on en ait dit.
Deux sai-cophages anthropoïdes en calcaire et grès rouge de la XIX" dynastie , et les deux bras d'un colosse en granit l'ose de Ramsès II, découverts k Mit-Rahinéh en 1892, s" espacent sur le palier de la salle.
SALLE S
On y voit les derniers moniuneiits de l'époque Ramesside mais brises et presque sans valeur artistique : c'est toujours la même profusion de stèles et de statues banales de style comme de sujet. Une pièce pourtant manifeste cpielcjne originalité , le groupe fort endommagé qui est placé dans l'embrasure de la fenêtre : il nous montre, exprimés en un groupe de statues et d'emblèmes , les éléments qui forment le cartouche de Ramsès II. Les deux couvercles de sarcophages en granit rose qui le flanquent à droite et à gauche . sont d'une rudesse de travail qui nous engagerait à le ramener à une époque plus barbai^e. si les noms ne trahissaient làge Ramesside.
Un autre groupe de gi'anit rose , adossé au pilastre est qui sépare la salle S de la salle R , reproduit en grandeur héroïque une scène figurée souvent sur les temples de la seconde époque thél)aine , le Pharaon qui sacrifie au dieu Amon les chefs barbares liés et agenouillés devant lui. Ici le Pharaon est Minephlali. à côté de qui Ton aperçoit son lils Séli, le même qui fut roi plus tard sous le nom de Séti II : c'est probablement un souvenu' de la grande victoù^e de l'an V sur les Libyens. — XIX* dynastie.
Sur le palier de la salle s'allonge un beau linteau de porte en granit rose, recueilli à Belianéh en 1881 avec les deux montants qui garnissent la porte est de la salle P. Il porte le nom de Séti 1". et il provient comme eux de l'un des tenqjles d'Abydos. — XIX' dynastie.
SALLE T
La salle T mériterait d'('tre appelée la Salle des Xaos pour le nomJjre des monuments de ce genre qui y sont
réunis. De tout temps, le naos, cette sorte de tabernacle dans lequel on logeait Temblème vivant ou inanimé du dieu , avait fait partie intégrante du mobilier des temples ; mais . sous les dynasties thébaines , il était de préférence en bois, ou, sil était en pierre, il n'avait que des dimensions restreintes. Sous la dynastie saïte, il fut le ])lus souvent en pierre dure, granit, basalte, schiste, calcaire, et de proportions considérables. De plus . on le coumt de sculptures représentant les formes du dieu local ainsi que de ses dieiLx pai'èdres et des génies attachés à sa personne : il devint comme un résumé du temple dans lequel il se trouvait, de manière à pouvoir remplacer ce temple si celui-ci venait à disparaître. J'ajouterai que d'ordinaire on se figm-e l'art saïte comme grêle et mièvre par rapport à l'art des âges antérieurs. Un coup d'œil jeté sur ces naos montrera qu'il ne craignait pas plus les masses que ses prédécesseurs : seulement , au lieu de répandre sur elles des bas-reliefs largement espacés, il les hal)illait d'un décor serré de petits tableaux encombrés de figures et d'inscriptions taillées dans la pierre avec une patience et un art admirables.
Centre de la Salle.
252. — Granit GRIS —Haut, i m. 85 cent., long. 2 m. 10 cent., larg. i m. 86 cent. — Saft-el-Hennéh.
Restes d'une chapelle monolithe au nom du roi Nectanébo II. Cet admirable monument, qui était complet il y a vingt-cinq ans , a été brisé par le propriétaue dun domaine voisin vers 1877, et une partie des débris utilisés à la construction d'une pile de pont. Les plus gros des fragments subsistants furent apportés au Musée en 1 88 1 - 1 88 2 ; le reste est arrivé successivement, après les fouilles de
Navilie en 188 3, puis par les soins des agents du Service. Nous ne désespérons pas de retrouver un jour la plupart des morceaux qui niancpient. Ce monument était dédié aux dieux du nome Arabique et il est précieux pour la quantité de renseignements mythologiques qu'il fom^nit. — XXX* dynastie.
Derrière ce naos . et tournés vers l'ouest, nous avons placé les restes d'un fort beau groupe . semblable pour la pose et pour l'intention au groupe de Psammétique et de la vache Hathor qu'on rencontrera au premiei- étage dans le salon septentrional (cfr. p. 382 . n° ioqo).
. 268. — Schiste. — Haut, o m. 98 cent., long. 1 m. 3o cent. — - Sakkarah.
Un bœuf Apis, debout, marchant, allongeait sa tête aujourd'hui détruite, au-dessus de limage, également détruite, d'un certain Pétésamtoui qu'il plaçait ainsi sous sa protection. Le modelé du corps est excellent et le mouvement de l'animal rendu avec beaucouji de ])on]ieur. — Epoque persane.
265. — Grès. — Haut. 1 m. 35 cent., larg. o m. 62 cent., prof, o m. S6 cent. — Baqliéh.
Naos portant les cartouches du roi Apriès. Le dieu Tliot. qui était le patron de la localité d'où il provient . y est représenté sous toutes ses formes ainsi que ses pai^èdres du cycle osirien : le sistre d'Hathor. qui est dressé au fond de la niche, nous apprend quelle était la déesse associée à Thot dans cet endroit. — XXA P dvuaslie.
Le long du mur est ou a exposé, avec les restes du tombeau de Hori, un linteau de porte cpii pre'sente un certain intérêt historique :
258. — Grès. — Haut, o ra. 5o cent., lon^j. 1 m. 6o cent. — Karnah.
Il provient d'une des nombreuses chapelles élevées dans la ville de Karnak, du vui^ au vi" siècle avant J.-C, par les pallacides d'Amon qui régnaient héréditairement sur Thèbes. sous la suzeraineté des Pharaons Ethiopiens et Saïtes. Lorsque l'ofTice de grand-prétre avait été aboli , elles avaient succédé à la lignée mâle dans le gouvernement de la principauté thébaine . mais leur pouvoir n'était que nominal: elles avaient à côté d'elles un haut personnage qui exerçait l'autorité pour elles, et peut-être tenait-il le rôle de mari que les ministres exerçaient à Madagascar auprès de la reine . avant la conquête française. Ici trois d'entre elles. Amenertas et Sliapenouapît II à gauche, Nitocris et probablement Shajîenonapît à droite, cette dernière suivie du régent Pétéharrisni , sont en adoration devant Amon et Maout à gauche , devant Amon et Khonsou à di'oite , Nitocris est une fille de Psammétique I" dont il est question dans la stèle découverte par M. Legrain à Karnak ; elle fut adoptée ])ar Shapenouapit 11 et elle entra de la sorte dans la famille thébaine. — XX\ P dynastie.
Les autres fragments retrouvés de ce naos sont exposés dans la salle U, p. io6.
283. — Gramt xgir. — Haut, i m. ST) cent., larg. 1 m. i6 cent. — Caire.
Stèle découverte en 1870 dans les fondations d'une petite chambre de la mosquée Ghéikhouu, au Caii'e, par
Mohammed effeiidi Kom-cbid , alors surveillant en cliel* du Musée. Elle date de Tan XII d'Alexandre [I , fds d" Alexandre le Grand, et a été dédiée par Ptolémée, lils de Lagos. qui ne prend encore que le litre de satrape dEgypte. Ptolémée était déjà fort puissant. Il avait fait sa résidence de la forteresse du roi Alexandre P'. sur les bords de la Mer Ionienne, c'est-à-dire d'Alexandrie dont le nom primitif était Rakôti, et où il avait établi beaucoup de Grecs avec leurs chevaux et de galères avec leurs soldats. S' étant rendu au pavs des Syriens, pendant qu'ils lui livraient bataille, il se jeta au milieu d'eux d'un cœur hardi, comme un vautour au milieu de moineaux : il les [)i'it en une senle fois et il amena en Egypte leurs chefs, leurs chevaux, leurs vaisseaux, toutes les richesses. — Au retour d'une campagne heureuse en Marmarique , comme il fêtait sa victoire et cherchait ce qui pouvait être agréable aux dieux d'Egyj)te. un de ses conseillers lui suggéra de confirmer au temjile de Bouto la donation que le roi Khabbisha avait faite aux theux de cette ville, des biens qui leur avaient été enlevés jadis par Xerxès P', roi de Perse. Ptolémée y consentit : la stèle se termine par des imprécations contre quiconque essaiera de renouveler la spoliation. — Époque ptoîémaïque.
246, — Granit rose. — Haut, o m. /lo cent., larg. 1 mètre. — Bubaste.
Fragment de beau bas-relief on l'on voit le Phai'aon Nectanébo I" agenoudlé en adoration devant ses propres cartouches. Il est accompagné de son double, qui est représenté , selon un mode peu usité , par une figure d'honnne coiffée de l'épervier d'Horus et posée entre les deux bras d'un signe U , lecpiel est à son tour supporté par le signe de la bataille X^. Il est rare que la nature spéciale
du double soit indiquée de façon aussi complète. — XXX'" dynastie.
245. — Gramt noir. — Haiil. i m. ^.j cent., larg. 1 111. 10 cent. — Esnéh.
Naos qui garde au fronton la bannière du roi éthiopien Sabacon: les cartouches sont martelés. Il provient d'un temple d'Esnéh, antérieur au temple actuel. — XXA" dynastie.
La statue accroupie devant le piédestal de ce naos représente un prince, Ouahbrî, qui a érigé également la statue placée devant le naos n" 269 (voir p. 100).
Le naos qui s'adosse au piJier central a été découvert à Tounah, la Tanis supérieure des géographes gréco-romains. 11 a été consacré par le Pharaon Apriès en Thonneur du dieu Thot d'Hermopolis. C'est un bloc admirable de granit rose, taillé avec un soin et poli avec une perfection remar- (piables. Il est d'autant plus intéressant pour nous que toute la région où il a été découvert est jusquà présent très pauvre en monuments de l'âge saïte ; il nous prouve (pie les grandes cités de cette paiiie de l'Egypte moyenne possédaient encore à cette époque des tailleurs de pierre et des sculpteurs experts. — XXVP dynastie.
249. — Granit noir. — Haut, o m. 90 cent., larg. o m. 64 cent.
Ce petit naos porte le nom de Nectanébo II, et il si^mble provenir de Sais , s'il faut en juger la dédicace à la déesse Néit qu'il porte sur les deux montants. — XXX* dynastie.
La slaUie de granit noir qui est accroupie en avant de la base de ce naos, dans une posture j^ fréquente vers Te'poqiie saïte. vient de Sais même et apjjartienl à un prince de Saïs, Ouahbri, fils de Pefaanîét, dont nous avons rencontré une statue devant la base du naos n° -iho (v. p. 99).
1405. — Gramt rosp:. — Haut. 2 m. 65 cent., larg. 1 m. 20 cent. — karnnk.
Stèle relrouve'e par M. Legrain dans le dallage de la grande cour, devant le temple de Séti IL Au sommet, un grand-pretre d'Amon. nommé Aouarati, est en adoration devant les principales divinités de Thèbes. Ln décret d'Amon remplit toute la partie inférieure de la stèle. Aouarati , alors qu'il était adolescent . en l'an X de son père Osorkon II , avait acquis dans le district de Siout tout un domaine rural comprenant des terrains de culture, des plantations d'arbres , des esclaves , etc. L'inventaire de ces l)iens est dressé avec la valeuj" de chaque lot acheté à des personnes différentes: toutes les formalités requises d'enregistrement ont été remplies, tant pour les terres qui appai'tenaient au Pharaon que pour celles qui dépendaient du temple d'Amon. Après avoir établi ainsi ses titres de ])ropriétés. Aouarati déclare donner ce domaine à son beaufrère Je prophète d'Amon et gouverneur de district , Khànouisît. et à ses héritiers. Les sept dernières lignes sont remplies par des imprécations d'Amon contre quiconque oserait créer des ditlîcultés au nouveau propriétaire à propos de ces terrains.