‹ Guide du visiteur au Musée du CaireChapitre 58 sur 141 · Porphyre rouge. — Haut. tôt. o m. 60 cent · texte numérisé non relu

Porphyre rouge. — Haut. tôt. o m. 60 cent

— Benha-el-Assal.

Ce jjuste massif et lourd représente un empereur romain, probablement Maximien- Hercule (3o/i-3io après J.-C). 11 offre tous les caractères de la mauvaise sculpture de l'époque et il ne se recommande que par la matière et par la ])arfaite conservation.

Vient ensuite un groupe formé d'un socle de statue élevé à fempereur Hadiùen pour avoir tracé la Via Hadriana Nova, entre Bérénice, sur la Mer Rouge, et la ville

neuve d'Anlinoé. à travers des régions dilliciles. et l'avoir jalonnée d'aiguades, de stations et de postes militaires; puis d'nne statue d'adolescent j'omain de style médiocre, trouvée récenmient dans la Basse-Egypte. La suite des morceaux comprend de même trois pièces en marbre hlanc, un buste d'homme de l'époque romaine . dont la physionomie rappelle celle du Pison que Galba associa à son principal éphémère : une léte de jeune homme malheureusement mutilée, et une tête de prisonnier Galate (n" 291. marbre blanc, haut, o m. 3i cent.), qui se rattache pour le faire à l'école de Pergame et (fui paraît avoir été importée de Carie ou d'un autre point de î' Asie-Mineure.

Au milieu de cet ensendjle purement occidental , deux œuvres forment un contraste parfait par le sentiment et par l'exécution , les deux statues en granit noir, placées en face l'une de l'auti'e , à droite et à gauche de la dame romaine. Celle de droite représente un homme de petite taille , serré dans les replis du manteau macédonien : c'est un égyptien aux traits souriants et un peu gros, mais très animés. Celle de gauche (haut, o m. 80 cent,) a été découverte à Alexandrie en 1881, au pied du Kom-el-Damas. La tête, maigre, est un beau morceau, d'un travail un peu sec: le corps est assez gauchement taillé et hors de ])roportions avec la tête, les pieds manquent. Une longue inscription hiéroglyphique, gravée dans le dos, nous force à reconnaître que ce personnage d'apparence exoticjue est un scribe )iommé Horus. Ces deux statues sont l'œuvre de sculpteurs égyptiens qui auraient subi très fortement l'influence grec- ({ue; il y avait à Alexandrie une école indigène, qui représente comme une dernière floraison de l'art ])harapnique avant la décadence et la mort sans renaissance. — Epoque gréco-romaine.

C'est à une école analogue, mais inem|)liile, que se rattache la statue située sur le palier sud . un peu eu arrière de la dame romaine. Elle est eu calcaire assez grossier et elle nous fait connaître un personnage vêtu àTégyptienne. debout , marchant . et qui porte à deux mains devant lui un naos d'Horus. Les yeux sont incrustés . les sourcils relevés de noi]'. la factiu-e molle et gauche : c'est somme toute une œuvre des plus médiocres mais intéj'essante néanmoins pour rhistoire de la sculpture égyptienne. L'école gTécomemphite. s'il faut la juger par ce monument, avait moins <le relief et d'originalité que l'école aiexandro-égyplienne : cela se comprend du reste si l'on songe au j)etit nombre de belles œuvres grecques <|ue Mempliis. demeurée foncièrement égyptienne, devait lui offrir comme modèles en comparaison d'Alexandrie devenue foncièrement grecque.

CAjté nord de In Salir.

On ) j'encontre d'abord . contre le piliei' qui borde la porte est. une curieuse statue de granit gris, représentant «m prêtre du dieu Sovkou. Il tient dans la main gauche et appuyé sur l'avant-bras un petit crocodile . emblème de son dieu. Le nez est écrasé, les yeux cpii étaient incrustés ont disparu, l'ensemble est rude et un peu barbare, mais d'un style large et franc qui ne manque pas de mérite : c'est un assez bon morceau d'art provincial du temps des Antonins ou des Sévères.

Le grand bas-relief qui suit nous montre remj)ereur Domitien en adoration devant les dieux Mînou. Osiris, Horus. acconqjagnés d'Isis et d'une Hathor : les hiéroglyphes sont peu lisibles, et le tout donne l'idée du degré de gaucherie auquel l'art égyptien était tombé vers la tin du i" siècle après notre ère.

290. — Calcmrk p.lanc. — Haiil. 2 ui. '^5 cent., larg. 0 ni. 78 cent., épaisseur o m. /lo cent. — Tmiis.

Stèle brisée par le niiiieii. On \ lit un décret rendu dans la ville de Canope en l'honneur de Ptolémée Evergète 1" par les prêtres rassemblés dans cette ville, pour célébrer l'annivei'saire de la naissance du roi et de son couronnement. Ce culte du roi et de la reine Bérénice est consacré par des fêtes annuelles et par des fondations pieuses, afin de perpétuer à jamais le souvenii' de leurs bienfaits ; le concile décide que des copies du décret seront déposées dans tous les temples importants de TEg-ypte, en hiéroglvphes , en démotique et en grec. Les ruines nous ont rendu jusqu'à présent trois exemplaii'es de ce décret. Le plus anciennement connu provient du Caii^e, où il servait de seuil à la mosquée de Témir Kour; il avait été trans])orlé. soit de Memphis, soit d'Héliopolis et se trouve aujourd'hui au Musée du Louvre (cfr. n" i9q). Le second, découvert àTanis en 186G, fut signalé par M. (lambard au D' Lepsius. puis à MM. Reinisch et Rœssler, qui en publièrent aussitôt la partie hiéroglyphique et grecque: le texte démolicfue, gravé sur la tranche de gauche, ne devint visible qu'au moment où le monument fut transporté à Boulaq. Le troisième exemplaire a été découvert à kom-el- Hisun, à l'occident du Delta, en 1881, et se trouve un peu plus loin dans la salle, sous le n" 290 bis (voir p. 190). — Epoque ptolémaïque.

z4près un beau décret sur marbre rendu sous Ptolémée IV par la communauté des Iduméens de la police de Memphis en l'honneur d'un certain Dorion , on voit , en avant du j)ilier central :

295. — Marbre blanc. — Haut, i ni. 60 cent, environ. — Sak-karah.

C'est une sii-ène jouant de la lyre, qui fut découverte au Sérapëum par Mariette au temps de ses premières fouilles. Les pattes d'oiseau ont ëte' refaites en partie, d'après les sirènes en stuc du cercueil de même époque que nous possédons (voirn" 3^5. p. 980) — Epoque ptolémaïque.

290 bis. — Calcaire compact. — Haut, â m. o3 c, iarg. 1 m. 90 cent. — ■ Kom-el-Hisn.

C'est le second exemplaiiT du décret de Canope, dont nous avons parlé sous le u° 290 (voir p. 1 1 9). Il est dune exécution plus soignée que Texenqilaire de Tanis, et il porte de plus un tableau où la famille royale est en adoration devant les dieux d'Egypte. Le texte démotique est inséré à sa place entre le texte hiéroglypliique et la version grecque. — Epoque ptolémaïque.

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