‹ Guide du visiteur au Musée du CaireChapitre 65 sur 141 · SALON MÉRIDIONAL · texte numérisé non relu

SALON MÉRIDIONAL

Le salon méridional n'est pour le moment qu'une sorte de dépôt, où sont entassés sans ordre un certain nombre d'objets dacquisition ancieinie ou récente qui n'auraient pu être rangés dans leurs séries. Ils seront remis à leur place naturelle sitôt que nous aurons le temps de remanier le Musée : en attendant, je me bornerai à indiquer brièvement les principaux monuments qu'on y rencontre actuellement.

ITRINE A.

La première vitrine qu'on y aperroit au centre, en y accédant de la galerie d'honneur, contient quelques-uns des objets trouvés auprès des prêtres d'Amon. On y remarquera un bel éventail en feuille de palmier (n° 1 1 3 1 ) , des mitaines en toile (n" 1182) dont on ne connaît aucun autre exemple jusqu'à présent ; des chaussures en cuir de différentes couleurs et des sandales en jonc tressé ; une canne en bois d'ébène avec le bout et le pommeau en ivoire (n° 1 1 33) , du genre de celles qu'on fabrique à Siout encore aujourd'hui; un fouet composé d'un manche de bois et d'une lanière en cuir blanc (n° 1 134) : enfin des scarabées du cœur, des génies funéraires en cire, des fleurs recueillies dans les cercueils, et d'autres pièces de l'appareil funéraire commun à toutes les momies. Ces olijels ne représentent pas, loin de là, tout ce qui était contenu de ce genre dans la cachette découverte par M. Grébant. Nous avons encore en magasin un certain nombi-e de momies non développées qui nous rendront de quoi enrichir considérablement cette série.

Armoires B-E.

Les quatre armoires d'angle qui ont été disposées en croix derrière la vitrine A contiennent un choix de statuettes de l'empire memphite, du genre de celles qu'on a vues au rez-de-chaussée dans les salles A-F. Elles sont en général de travail mauvais, et isolées n'inspireraient qu'un intérêt médiocre : réunies de la sorte, elles permettent au visiteur de se faire une idée de ce qu'était la sculpture funéraire à cette époque la plus brillante de l'art égyptien. Elle était aussi banale et aussi dépourvue d'individualité que la nôtre, et les marbriers qui tiennent boutique aux

eiivii'ons de nos cimetières nous en montrent tout autant : c'était de l'art à bas prix pour les jjaiticuliers de fortune moyenne et de goût aisément satisfait. Outre l'intérêt historique elles présentent une valeur ethnographique qui n'est pas à dédaigner. Les gens c|u elles nous montrent appartenaient aux classes les plus diverses de la société égyptienne, et ils nous font connaître les types fort variés qu'on y rencontrait. Ils se ]-etrouvent tous dans la population contemporaine, nous prouvant qu'elle descend bien en ligne directe des vieux Egyptiens. On y reconnaît le personnage mince, élancé, alerte, aux traits fins et bien découpés : le demi-bourgeois trapu et lourd : le fellah épais et disgracieux, à la face camuse et ronde. Les femmes surtout ont un air fort contemporain et quiconcpie fréquente les campagnes en rencontre nécessairement parmi les fellahines cpii vont puiser l'eau au ^il. Les visiteiu*s qui ont déjà fait le voyage de la Haute-P]gypte ne pourront manquer de se rappeler devant elles quelques figures aperçues au cours de leurs excursions.

Les vitrines rangées le long du balcon nord contiennent une partie de notre collection de fieurs . de feuillages et de plantes antiques : le reste est exposé sm' le balcon oriental du premier étage (voirp, /ioo-4oi). La moitié des graines qu'elle contient remonte à l'empù'e memphite et fut recueillie par Mariette dans les tombeaux de la I\ ^ de la Y*" et de la VP dynasties : le blé et l'orge s'y rencontrent parfois en quantités considérables. Je dois ajouter pour les personnes que la question du hlé de momie intéresserait que. si le blé acheté par les touristes aux marchands danti- (juités germe paifois et produit des épis . le blé que nous avons recueilli nous-mêmes dans les hypogées n"a jamai;-: germé.

La partie orientale du g^rand salon méridional , celle qu précède la chambre A . est occupée, partie par un ensemble (Tobjets divers provenant des foudles récentes et encore mal classés, parlie par certaines catégories d'objets civils.

Armoire A.

Bâton de connnandement muni d"un crochet; canne avec inscription au nom de Sannotmou. de la XX*^ dynastie . dont le tombeau fut découvert à Thèbes, en février 1886: outils et fragments (Voutils en cuivre et en bronze, haches, ciseaux, couperets. Iranchets. rasoirs, aiguilles, poinçons, pointes de lames et de flèches, etc.

Armoire B.

Arcs (n"' 820 et 8-2 5 bis); flèches (n" 89. G et 82 G bis), lenninées tantôt par une poinle aiguë , tantôt par une petite pointe tranchante; très beau carquois en cuir (n" 8-27); |)ointes de flèches en bronze ou en cuivre, montrant les diverses formes en usage dans TKgypte pharaonique, plates , avec ou sans nervures . triangulaires . à ailettes . en feuille de saule, etc.

Armoire G.

Elle contient des outils et des armes de bronze : une herminette provenant dWbydos (n" 828): un Iranchei de cordonnier ( n° 829): des rasoirs (n" 83o); une belle hache qui semble porter encore des traces de dorure in" 83 1); des pierres à aiguiser (n" 802); des ciseaux el des pinces (n" 833). dont plusieurs ont pu servir d'instrmnents de chirurgie.

Cadres D-E.

Ils renferment chacun un linceul en gros treillis, provenant de la momie d'un des personnag-es de la famille des grands-prélres d'Amon. Une grande figure d'Osiris-momie est d'ordinaii-e dessinée à Tencre noire sur ces toiles. Celle du cadre D, appartenait au Pc)-e dirin d'Amon, Pelajiionou: dans le cadre E, la chanteuse d'Amon et de Thot. Bakitnikhonsou. fait offrande à Osiris.

Armoire D.

On y voit la suite des armes, des masses, des sabres de bois, des boume'rangs, et la poignée en bois au moyen de laquelle les soldats égyptiens manœuvraient leur bouclier.

Armoire E.

On a exposé dans cette armoire K des hampes en bois et des pointes de lance en cuivre et en l)ronze. quelques haches, un fragment d'arc, enfui, ce qui est plus précieux, des débris d'armes et d'instruments en fer fortement ox\ dé.

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