INE
Palettes en bois ou en ivoire (n"' bç)o, 096 et 697 ), avec godets pour contenir la couleur ou l'encre, et entailles, où l'on insérait les calâmes ou roseaux employés pour l'écriture ; palettes votives en albâtre (n° 598), que le défunt devait tenir en récitant une prière à Thot, dieu de l'écriture (ch. XCIV du Litre des Morts): pains de couleur pour préparer l'encre (n"' 699, 600. Goi, 6o2etOo3); petits mortiers avec des pilons pour broyer les pains de couleur (n"' 60 II et 6o5); tablettes à six godets contenant encore les couleurs préparées ( n" 6 0 6 ) ; couleurs broyées ( n" 6 o 7 ) . Enfin, les n°' 608, 609 et 610 , sont des papyrus roulés et dans l'état où on les retrouve aujourd'hui; il faut, pour les déployer, une attention minutieuse et des soins spéciaux.
Vitrine B.
Ostraca liiéraliques et tablettes de scribes ou d'écoliers , portant pour la plupart des spécimens de l'écriture du deuxième empire thébain. Le n" 082, qui porte des notes de comptabilité , est de la XII'' dynastie.
Vitrine G.
Creux en calcaire et en lerre cuite, qui servaient à fabriquer en grandes quantités des statuettes funéraires (n" 076), des offrandes votives et des amulettes. Dans beaucoup de cas , nous avons fait tirer un exemplaire de chacun de ces creux, et nous l'avons exposé à côté de l'original.
Les creux en terre cuite ne paraissent ])as avoir été préparés à l'ébauchoir et au poinçon; un objet fabriqué à
la main, servant de modèle, a ètë enfonce dans la terre molle, et l'image ainsi obtenue a été cuite au foui*.
Les objets représentés sont des plus variés : colliers, dieux grotesques, Horus sur les crocodiles, égides, scarabées, veux, chats, dieux Bisou, Isis, même des statuettes funéraires avec leur inscription comj)lèle. Tous ces moules sont simples; les j)ièces qu'on y jetait navaient qu'une face en relief, le dos était égalisé d'un coup de radoir et ne recevait aucune empreinte. Je ne suis pas bien certain, du reste, que ces moules aient eu un usage industriel: j'en ai trouvé quelques-uns dans les tombeaux, ce qui semblerait leur assurer une valeur votive. Peut-être, en mettant les moules près de la momie, pensail-on procurera celle-ci 1** moyen de se fabi'iquer à elle-même des amulettes, quand ceux qu'on lui avait prodigués avaient été ou volés ou usés. Cela expliquerait le genre des ligures et la simplicitédu procédé; le mort, n'étant pas d'ordinaire un polici-, aurait été assez embarrassé de manier les moules compliqu('s dont on faisait usage dans l'industrie.
L'autre série comprend des moules en calcaire ou en albâtre. Le type est celui de l'oiseau Bonou . sorle d»' demoiselle de .Numidie consacrée à Osiris. et qui suggéra plus tard aux Grecs la légende du Phénix égyptien: l'un d'eux a encore les deux pièces dont la réunion servait à fabriquer l'oiseau complet (n" 58 1). Je ne pense pas que ce iiit toujours de la terre qu'on coulait dans les creux de cette série. Certains indices me porteraient à penser que c'étaient plutôt des moules à pâtisserie. Le choix du lîonou connue forme de certains gâteaux d'olTrande se rattachei-ait alors aux idées de renaissance qu'exprimait cet oiseau.
Les ostraca sont exposés dans les vitrines et armoires D-H . rangées le long des murs est et ouest de la salle. Comme le papyrus était fort coûteux, on employait souAent.
pour écrire des brouillons, des noies rapides, de courts inventaires, et parfois même des textes importants, soit des planchettes de bois, blanchies ou non (n" 582 et 583), soit des tessons de poterie , notamment les n"' 584 et 585, dans la vilrine 1 , soit ces lames et ces blocs de calcaire, auxquels on applique impro])rement le nom (ïosfvaca. Les textes exj)osés dans les cinq vitrines D-H de la salle H sont généralement en écriture cursive hie'ratique: le plus remarquable ( vitrine E , n" 586 ) , provient du tondjeau de Sannotmou. C'est une ])ièce de calcaire brisée en deux morceaux, longue on toutd unmètre, haute de vingt centimètres en moyenne, couverte d'assez gros caractères hiératiques ponctués à l'encre rouge. La cassure n'est pas récente; le calcaire avait <'té brisé au moment de la mise au tombeau, comme beaucoup des objets de pai'ure ou de ménage qu'on déposait près de la momie. L'Égyptien s'attendait à jouir dans l'autre monde des mêmes distractions qu'il s'était procurées ici-bas. Ici. c'est un roman qu'on lui avait donné: en brisant la pieire sur laquelle ce roman était transcrit, on la tuait, et on renvoyait ainsi dans Vautre monde, où le double du mort s'en délectait quand il était en humeur de lire. Il y trouvait le commencement des aventures de Sinouhît, dont on n'a connu longtenqjs que le milieu et la fin sur un papyrus de Berlin en partie détruit. C'est l'histoire d'un Égyptien de la XI P dynastie, mis par hasard en possession d'un secret d'État quil n'aurait pas du connaître. 11 craint que le roi ne le fasse périr pour être assiu-é de son silence , et il s'enfuit en Syrie. Egaré dans le désert, mourant de soif, il est recueilli par une tribu de Bédouins, qui l'adopte. Il vit parmi eux pendant des années et devient un de leurs chefs: enfin le roi lui envoie sa grâce, et l'invite à rentrer à la cour d'Egypte, où il conqjose un récit curieux de ses aventures et des mœurs des Bédouins.
Les papyrus sont répartis eu quatre groupes le long des murs. Le plus important est celui qu on voit sur le mur est au-dessus de la vitrine E :
590. — Haut. 0 m. 28 cent., long, k m. 89 cent. — Déir-el-Médmeh.
Ce papyrus a été' déchiré en plusieurs morceaux au moment de la trouvaille. La page du début, donnée par L. \ assalli bey, conservateur du Musée , a été volée en 1877. La partie du milieu, achetée par Mariette, est exposée sous le n" 090. La fin. acquise par un touriste inconnu, est aujourd'hui cachée dans un château d'Angleterre. C'est un traité de géographie, mais d'une géographie un peu myihicpie. Il traitait du Fayoum et des localités voisines. Au début, on voit deux figures du dieu Sovkou. naviguant chacun(^ en sa barque et recevant les prières de deux femmes coiiîees <le plantes lluviatiles; c'est le dieu Sovkou du midi qui entre dans le lac Mœris et le dieu Sovkou du nord qui en sort pour tomber dans le ÏNil. Derrière, et à mi-jambe. Rà s'avance, tandis que quatre divinités, deux à tète de grenouille, deux à t<He de ser})ent . sont rangées deux à deux sur les rives. Les légendes indiquent que nous sommes au débouché du lac; les dieux qui président à la scène sont les Khmounou , les huit dieux créateurs du monde.
Une l'emme de forte taille . étendue le long du papyrus , est la déesse-vache Mihilouérit. qui passait pour èire le fondement du bassin qui se trouve dans la terre de Tashe, en d'autres termes , du lac Mœris qui est au Fayoum. De sa tète semble parlir une sorte de canal, qui aboutit bientôt à la représentation très conventionnelle du lac et des campagnes environnantes, un rectangle oblong, divisé en liuit compartiments longitudinaux. Les quatre compartiments du milieu représentent le lac lui-même; ils devaient
(Hir> remplis, les deux compartiments internes de poissons, les deux externes de canards et d'oies. Sur chaque rive , un compartiment semé de ligui-es d'arbres simulait le terrain [)lanté ([ui bordait le lac. Un dernier compartiment, occupé pai' une inscription liiérog-lyphique, servait de cadre an (abieau. Mais le scribe avant, par erreur, laissé en blanc l'un des compartiments du milieu, toute l'économie de la composition s'est trouvée dérangée. Les poissons ont envahi le compartiment des oiseaux d'eau; ceux-ci sont descendus dans le domaine des arbres, et les arbres, à leur tour, se sont rejetés sur la place réservée à l'inscription hiérogiyphi- (fue qui courait sur la rive méridionale. Des deux côtés du bassin et du canal, sont rangées les localités importantes |»our l'histoire de la guerre que les dieux Horus et Set se sont livrée dans le Fayoum, Hàouar, Parohes,Pakhnoumou , etc. Les légendes nous i-évèlent l'idée qui a présidé à la rédaction de cet ouvrage. Les dieux égyptiens avaient l'habitude de se rendre visite dans leurs temples , et ces visites étaient , chaque année, l'occasion de fêtes splendides. Notre ])apyrus est l'itinéraire f{ue suivait le dieu Sovkou, le dieu Crocodile, roi du Mœris. quand il rendait visite à l'une des divinités voisines. — Epoque ptolémaïque.
SALLE L
La salle I contient, avec la fin de nos papyj-:is, la plus grande partie des documents relatifs aux arts du dessin, surtout des esquisses tracées sur pieire aux encres rouge et noire, ainsi que des modèles de scul])tuj'e.
i". - — Pnpijrus.
Les ])apyrus sont rangés dans le haut des parois nord et sud, et nollrent que des exemplaires plus ou moins com-
|)lels suit du Livre aes Morts , soit du Livie de VHades. I.c 11" 599., exposé sur la paroi méridionale, provient de Sakkarali et n a point le nom de son propriétaire. On préparait , (Mi elFet. les exemplaires du Livre des Morts à l'avance, laissant en blanc les endroits où le texte exigeait le nom du mort : lorsqu'on vendait le j)apyrus, on intercalait le nom du personnage à qui on le destinait, mais il arrivait parfois. — et c'est le cas ici, — que le scribe oul)liàt ou négligeai de faire Tinsertion. ^ — Le n'yoS, qui s'étale un peu plus loin sur la même paroi, a été trouvé avec la momie du j'oi-prètre Pinotmou 1'" de la XXP dynastie : le texte en esl (m biérogK plies linéaires assez médiocres, mais les vignettes sont d'un beau style, celle surtout ({ui montre le roi deljout . en adoration devant Osiris-momie, assis sous son dais dons la salle des deux vérités.
De lous les papyrus qui ornent la paroi septenlrionnlc un seul mérite d'être cilé :
682. — Papyrus de la dame Isimkhabiou. 11 est oi'ué de Aignettes jetées à grands traits par une main exercée, el il oll're un excellent modèle de l'habileté et de la hardiesse des dessinateurs égyptiens.
')" — (Jstraca.
Les esquisses sont pour la plupart tracées sur des éclair ou des lames de caleaii"e de dimensions variables, qu'on appelle par abus des osîraca. Elles sont exposées dans el sur les longues vitrines qui sont appliquées le long des parois nord et sud. Elles proviennent pour la plupart des londjes l'ovales du Bab-el-Molouk à Thèbes . et elles y ont été recueillies par M. Daressy. au moment oii il les déblaya à fond pour en faciliter l'accès au public.
Paroi méridionale.
Au-dessus de la vitrine A-B :
548. — Trait rouge. — Jolie figure de Pharaon presoii- 1,-nit l'offrande.
Dans la vitrine C :
543. — Trait rouge. — Jolie figure de Pharaon , adiossant sa prière à un dieu non ligure.
Au-dessus de la vitrine E :
544. — Prèlre en prière, avec une longue inscription .*»ravée devant lui.
Dans la vitrine K :
533. — Trait noii-. — Princesse égyptienne, en longue ri»l)e ti'ansparente.
Au-dessus de la vitrine F :
549. — Trait noir. — Uanisesnakhilou. premier prophète d"Anion-Râ , roi des dieux. 11 est chaussé de sandales il j)ointe recourhée.
Dans la vitrine F :
530. — Trait noir. — Le dieu Phlah, revèlu dun<' cuirasse d'écaillés comme un poisson.
Au-dessus de la vitrine F :
525. — Trait noir. — Prèlre agenouillé , coiffé d'un masque de chacal et tenant un vase. Légende : Anubis, qui est a l'ensevelissement, chef de la demeure divine : dieu beau, seigneur de la nécropole.
Dans la vitrine H :
552. — Trait noir. — Deux personnag'es, coiffes dp plantes aquatiques, ie Nil de la droite et le Nil de la gauche, lient au signe samou f , les plantes symboliques du midi et du nord.
Dans la vitrine I :
540. — Trait noir. — Figure agenouillée , sans doute un ex-voto consacré à un défunt par ses fils Hori et Pariousokhir. — Collection des prêtres d'Amon (?).
Au-dessus de la vitrine J :
528. — Sanguine. — Lion et griffon (?), ou animal fantastique.