ORGUE
L'orgue est placé dans la nef, au-dessus de la grande porte et en face du chœur. Le buffet a environ 14 m 50 de hauteur sur H» 70 de largeur, y compris les ornements, et soutient 57 tuyaux appelés montre ou façade. Cette montre est distribuée par cinq tourelles et quatre faces; les deux plus gros tuyaux qui forment les deux grosses tourelles ont 7 m 80 de hauteur sur environ 0- 30 de diamètre chacun, et ces deux tourelles sont chacune composées de 9 tuyaux. Les autres tuyaux sont d'un plus petit diamètre. Les deux moyennes tourelles portent environ 5" 85 de hauteur et la petite tourelle n'a guère que 3 m 89 d'élévation. Les deux grandes plates-faces composées de 9 tuyaux chacune, sont hautes de 5 m 85 et les deux petites qui n'ont chacune que 6 tuyaux sont élevées de 3" 89 environ.
Cet orgue dont les tuyaux sontau nombre de 3-484, a été rétabli, augmenté considérablement en 1734, en 1783, 1812 et 1813, et est en ce moment confié à l'habile facteur qui a rendu les orgues de
ÉGLISE MÉTROPOLITAINE
Saint-Sulpicc 1rs plus Mies de France.Nous avons nommé M. CavailhéColl. Echappé à l'orage révolutionnaire, l'orgue de Notre- Dame est estimé l'un des plus parfaits qui existent en France. On y monte par l'escalier qui conduit aux tours, et le lieu de son emplacement est sans contredit le plus convenable pour embrasser d'un seul coup d'œil la vaste nef de la métropole.
Dans l'origine, toutes les fenêtres de l'église étaient en verres coloriés, et les amis de l'art ebrétien ne sauraient regretter trop vivement la perte de la plupart de ces magnifiques vitraux à travers lesquels descendait une lumière mystérieuse si favorable au recueillement et à la prière. Depuis, des réparations ayant été faites en verres ordinaires, il en est résulté de singulières bigarrures. Cent treize vitraux éclairent l'église sans y comprendre trois grandes roses dont une au-dessus de l'orgue et les deux autres au-dessus des deux portes collatérales. Deux autres vitraux occupent la totalité de la croisée de la nef au-dessous des deux roses. Ces vitraux, tant ceux de la nef que du chœur, avaient été remisa neuf en partie en 1752 et 1753 par Pierre Lcviel et par Jean Leviel son frère, l'un et l'autre fort habiles dans l'ait de la peinture sur verre.
Les trois roses de la cathédrale de Paris sont trois chefs-d'œuvre qui peuvent rivaliser avec les plus admirables compositions du même genre. Elle s'ouvrent, elles s'é|>anouissent, elles étalent leurs riches compartiments ciselés comme de gracieux pétales. Celle qui orne le |>ortail méridional fut reconstruite à neuf en 1720 tant pour la pierre que pour la vitrerie, aux frais du cardinal de Noailles, archevêque de Paris, dont on voit les armes au centre de la rose. Pilles furent peintes par Benoît Michu. La dépense s'éleva à près de 80,000 livres; et ce fut un appareilleur nommé Claude Pinetqui exécuta ce magnifique ouvrage, sous les ordres de Boflïand, architecte du roi. Dans ces derniers temps, la rose du transept méridional a été entièrement remise à neuf. L'on a fait subir la même opération à la rose du transept septentrional. La rose au-dessus de l'orgue fut aussi réparée en 1831 et a également subi depuis quelques restaurations.
Les nouveaux vitraux du haut chœur sont l'œuvre de M. Maréchal, de Metz ; ceux des chapelles du chœur ont été exécutés
DE NOTRE-DAME DE PARIS. XXVII
par MM. Slcinhcil, Gérente, Cotîetier, Didron, Oudinot, Lusson et Baptiste. Les grisailles sont des mêmes artistes. La rose méridionale a été restaurée dans les ateliers de M. Gérente, la rose occidentale Ta été sur les cartons de M. Steinheildans les ateliers de M. Coffetier.
Au-dessus de la nef régnent des galeries larges de 5" 33 espacées par cent huit colonnes chacune d'un seul morceau et bordées sur le devant d'une balustrade en fer. Ces galeries sont fort commodes pour voir les grandes cérémonies qui ont lieu dans les fêles extraordinaires. On avait autrefois l'habitude d'y suspendre les drapeaux et étendards pris sur les ennemis de la France, et c'est à cette coutume (pic faisait allusion le prince de Conti quand, après les victoires de Fleurus, de Steinkerke, de Nerwinde et de la Marsaille, tenant par la main le maréchal de Luxem- Ixnirg, il dit à la foule qui embarrassait la porte de l'église : « Place, place, Messieurs, au tapissier de Notre-Dame. »
Entre deux piliers, vers le milieu de la nef, et protégée par une grille en fer à hauteur d'appui, est placée la chaire. Elle n'offre rien de remarquable, et l'on ne saurait rien citer du peu de sculptures dont elle est ornée. Quelque modeste que soit cette chaire pour la métropole de l'Empire français, il est difficile cependant de la regarder sans émotion. C'est du haut de cette tribune que MM. deQuéîen, Affre, Lacordaire, Ravignan ont répandu sur la foule qui l'entourait, les flots puissants de leur plus mâle éloquence, c'est là qu'ils ont attendri plus d'un cœur en expliquant la morale sublime de l'Homme-Dieu.
9AJTÈ DE L'ÉGLISE.
Le pavé de la nef et des bas-côtés est composé de grands carreaux en marbre de Bourbonnais de 21 décimètres carrés, gris et blanc. Celui des bas-côtés du chœur est en pierre de liais et en marbre noir. Celui du chœur est incrusté de grands compartiments en marbre de diverses couleurs.
Dû à la munificence du roi Louis XV, après une visite faite à
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Notre-Dame le 7 juillet 1769 par llertin, ministre et secrétaire d'Etat, ce navale fut exécuté parle sieur Corbel, marbrier, et coûta la somme de $00,77.*» livres sans y comprendre celui des bas-cotés du chœur qui ne fut achevé qu'en 1775.