‹ Guide du visiteur. Histoire archéologique et descriptive des églises de Paris ... Notre DameChapitre 14 sur 38 · CÉNOTAPHE DÉTIENNE Y VER · texte numérisé non relu

CÉNOTAPHE DÉTIENNE Y VER

Au bas de la nef, à gauche, tout auprès de la porte qui conduit r.ux tours, on remarque depuis le 24 septembre 176K un tableau en pierre placé auparavant dans la chapelle de Saint-INicolas. 11 a environ 2 m GO de haut, sur l m 30 de large. La partie supérieure représente le Jugement dernier; Jésus-Christ environné d'anges lance de sa bouche deux glaives, l'un à droite, l'autre à gauche. Sous ses pieds est un globe, et dans sa main un livre ouvert où on lit : Miserebor cui volucro et clemens ero in quem mihi placuerit. Je prendrai pitié de qui il me plaira, et j'userai de clémence envers qui je voudrai. Au-dessus de la tète, une banderole porte ces mots : Clamabant aller ad alterum : Sanctus, Sanctus, Sanctus. Ils criaient l'un à l'autre : Saint, Saint, Saint.

La deuxième partie du tableau représente un homme qui sort nu du tombeau sur lequel on voit un cadavre rongé de vers. Cet homme a les cheveux courts et les mains jointes. On lit au-dessus de sa tète : El non inires, Domine, in judicium cum servo luo ; nain imperfeelum meum viderunt oculi fut, el in libro tuo omnes scribenlur. N'entrez pas, Seigneur, en jugement avec votre serviteur, car vos yeux ont reconnu toutes mes imperfections, et tous les hommes seront écrits sur votre livre. Cette figure d'homme suppliant est tournée de profil et placée entre saint Etienne que l'on reconnaît à sa dalmatique et aux pierres éparses sur lui et sur le livre qu'il tient, et saint Jean l'Evangéliste qui |>orte une coupe remplie de serpents. Au-dessus du cadavre que rongent les vers, on lit : Prœoccupaverunt me dotons mortis, torrenles iniquilatis coniurbaverunl me , namsumvermis et non homo, indula esi caro mea putredine et sordibus pulveris, cutis mea aruil et contracta est ; Deus, Deus meus, respice in me, et miserere met, quia libi peccavi et matuin coram le feci. Les douleurs de la mort m'ont préoccupé ; les torrents de mes iniquités m'ont saisi d'etlroi, car je suis un ver et non pas un homme, ma chair est revêtue de pourriture et des souillures de la poussière ; ma peau s'est desséchée et s'est retirée : mon Dieu, mon Dieu, regardezmoi et prenez-moi en pitié parce que j'ai péché contre vous seul et j'ai fait le mal en votre présence. Au-dessus est Pépitaphe suivante : Anlè hanc imaginent jacel Stephanus Yver, in jure cano-

ÉGLISE M ÉTROI OLI T A I N E

nico licentiatus, huju.% Parisiensis et Rothomagensis Ecclesiarum Canonicut, Archidiaconus mayni Caleli, nostri Domini Itegis in suà Parlamenti Curiâ Comiliarim, oriundus de Peronnâ Xovionwnsis dicecetis ; habeat Deus quam creavit animant ejus ; habeat nalura quod suum est ; ejrjertans resurrectionem et utriusque vilam œlernam : oportel enim corruptibile hoc induere incorruptionem, et mortale hoc induere immortalitatem, Obiit anno Domini MCCCCLXVH, mente februario, die verô xxiv ; orate pro eo. En face de ce tableau, repose Etienne Yver, licencié en droit canon, chanoine des Églises de Paris et de Rouen, archidiacre du grand Caux, conseiller du roi, notre sire, en sa cour de parlement, originaire de Péronne, au diocèse de Noyon : que son âme que Dieu a créée retourne à lui, que la nature prenne ce qui lui appartient en attendant la résurrection qui leur est promise, car il faut que ce corps corruptihle devienne incorruptible et que, comme il était mortel, il soit revêtu de l'immortalité. Il mourut l'an de N. S. J.-C. 1467, le 24 février. Priez pour lui.

Aux deux angles inférieurs de ce tableau, sont deux êcussons exactement semblables, demi-ovales et terminés en pointe avec un support de lauriers entrelacés d'une lvanderole sur laquelle on croit lire : l'àme ri Dieu. Le champ de l'écu dont les émaux ne sont point marqués, est occupé d'un chevron brisé, accompagné de trois molettes, deux et une, et sur chaque chevron est posée une coquille.

Étienne Yver, reçu chanoine de Notre-Dame en 1454, avait légué 200 écus pour fonder un anniversaire pour le repos de son âme, et le chapitre lui avait concédé une sépulture dans la chapelle de Saint-Nicolas où se trouvait ce tableau.

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