‹ Guide du visiteur. Histoire archéologique et descriptive des églises de Paris ... Notre DameChapitre 13 sur 38 · CLOTURE BU CHŒUR · texte numérisé non relu

CLOTURE BU CHŒUR

La clôture du chœur est comme autrefois chargée sur ses deux faces de sculptures remarquables par leur naïveté, mais dont les couleurs demandent à être cependant ravivées. Celles de l'intérieur représentent l'histoire de la Genèse; elles ont été exécutées, en 4 303, aux frais de Pierre de Fayel, chanoine de Paris. Celles de l'extérieur, dont une partie a échap|>é aux actes d'un vandalisme impitoyable, offrent dans une multitude de scènes variées, toute l'histoire du Nouveau Testament. Ces figures, exécutées en plein relief, sont l'ouvrage de Jehan Ravy et de Jehan Bouteillier, son neveu, tous deux maiires maçons et imagiers de Notre-Dame en 1331. Voici les sujets qui se remarquent encore : à gauche, du côté de la Porte-Houge, la Visitation de la Vierge ; —la Vocation des bergers à la crèche;— la Naissance du Sauveur; — l'Adoration des mages ; — Hérode et le massacre des Innocents ; — la Fuite en Egypte; — la Présentation de Jésus-Christ au temple ; — Jésus-Christ au milieu des docteurs; — le Baptême du Christ ; — les Noces de Cana ; — l'Entrée triomphante de Jésus-Christ dans Jérusalem ; — la Cène et le lavement des pieds : Jésus-Christ au jardin des Olives. A droite du chœur, du côté des sacristies, on voit : Jésus-Christ et la Madeleine ; — les saintes Femmes; — l'Apparition de Jésus aux apôtres ; — lesDisciples sur le chemin d'Emmaiis; — Jésus-Christ à table avec les disciples d'Emmaiis ; — l'Apparition de Jésus-Christ à ses disciples; — l'Incrédulité et la conversion de saint Thomas; — la Pèche miraculeuse; la Mission des apôtres; — Jésus-Christ à table donnant sa bénédiction aux apôtres.

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Au-dessus de ces statuettes, dont le dessin n'est pas sans doute irréprochable partout, mais qui n'en sont pas moins fort intéressantes au point de vue de l'art et de la science, étaient placés, de chaque côté, quatre grands tableaux de maîtres distingués, parmi lesquels on remarquait, vis-à-vis de la sacristie, le Martyre de saint Etienne, peint en 1651, par Charles'le Brun.

Les chapelles latérales étaient autrefois au nombre de quarante-cinq ; mais il n'en reste plus aujourd'hui que vingt-cinq, depuis que plusieurs ont été réunies en une seule et que d'autres ont été supprimées pour l'embellissement de la métropole. La plupart d'entre elles sont livrées pour longtemps encore aux architectes et aux maçons, car beaucoup de travaux, relativement secondaires, mais indispensables, paraissent devoir réclamer la présence des ouvriers sur les chantiers jusqu'à la fin de 1865. Ces travaux consistent en aménagements intérieurs, grilles, confessionnaux, tambours d'entrée, chaire, banc-d'œuvre, barrières, clôtures extérieures, égouts, logement d'un gardien, carrelage intérieur, vitraux, autels et quantité d'accessoires nécessaires au service du culte et aux grandes solennités. Parmi les travaux dont on s'occupe en ce moment (juillet 1863), nous devons mentionner la construction de trois calorifères, le premier sous le transept, le deuxième à l'entrée du portail et le troisième derrière le chœur. En fouillant pour leur établissement, on a découvert dans les fondations plusieurs cercueils en plomb : notamment celui de Louis- Antoine de Noailles, qui futarchevèque de Paris en 161)3 et cardinal en 1700, et avait demandé dans ses dernières volontés d'être enterré en face de l'autel de la Vierge. Le calorifère passant juste à cet endroit, on a creusé pour mettre le cercueil plus bas, toujours dans le môme alignement. Au milieu du transept, en face du chœur, on a découvert aussi le cercueil en plomb de Bochard de Champigny, inhumé en 1 632, ainsi que beaucoup d'ossements et plusieurs cercueils sans inscriptions. Il ne nous est donc pas possible de donner une description détaillée des chapelles, et nous nous contenterons de signaler les principales à l'attention des visiteurs. Dans toutes, les murailles seront peintes à fresque et leurs peintures représen-

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leront quelques-uns dos principaux traits de la vie des saints sous l'invocation desquels elles sont dédiées.

Dans la nef. — Chapelle Saint- Etienne , auparavant Saint - Marcel.— Placée à l'angle de la croisée septentrionale de l'église, elle fut élevée aux frais du cardinal de Talleyrand Périgord, archevêque de Paris, et consacrée le 3 novembre 18i5, par Mgr de Quélen, successeur de ce prélat. Devant l'autel étaient dé|K>sées les entrailles de l'illustre cardinal. La statue de saint Marcel était placée dans une niche gothique. Deux plaques en marbre étaient encastrées aux deux côtés de l'autel. Celle à droite |>ortait pour inscription : Hoc novum altare sub invocation* sancti Marcelli Parisiorum episcopi, impensis et munificenliâ Eiri et Bev in Christo patris Alexandri Angelici Presbyteri S. B. E. Cardinale de Talleyrand Perigord , archiepiscopi Parisiensis , Paris Franciœ ac Eleemosynarii Majoris , olim Archiepiscopi ducis Remetisis, ereclum et ornatum Il h" ac /tel—' in Christo paler Hyacinthus Ludoricus de Quelen coadjutor olim, nunc Archiepiscopus Parisiensis , dicavit ac consecravil III novemhris MDCCCXXV. Et plus bas : A. L. Lusson, architecte. On lisait sur la plaque de gauche : Hoc ante altare recondita sunt prœcordia Em 1 et Hev 1 in Christo patris Alexandri Angelici S. R. E. Presbyteri Cardinalis de Talleyrand Perigord, Parisiensis Archiepiscopi, Franciœ Paris ac Eleemosynarii Majoris, olim Archiepiscopi ducis Bemensis, eu jus corpus in choro hujus basHicœ melropolitanœ Parisiensis quiescit, cujus cor Bemiyiana tenet ecclesia t cujus memoria in oui ni ore quasi met indulcabitur ; obiit XX octobris MDCCCXXI. Aujourd'hui, cette chapelle a changé de patron, et la plaque qui constatait le dépôt des entrailles de Mgr de Périgord devant cet autel a été placée dans la chapelle des Irsins au-dessous du marbre tumulaire érigé à la mémoire de Mgr Garibaldi.

Chapelle du Pénitencier. — Autrefois sous l'invocation de saint Julien le Pauvre et de sainte Marie l'Égyptienne ; elle fut décorée aux frais de l'abbé François Girard, nommé curé de Saint-Landry, en 1781, mort chanoine de Notre-Dame, le 7 novembre 1811. Cet ecclésiastique fit dans cette chapelle une fondation de 600 francs pour y célébrer tous les jours une messe à perpétuité. Pour cette chapelle, on a dérogé à la règle qui n'admet que la pierre nue dans les édifices de l'époque de Notre-Dame de Paris, et l'on a replacé le long des murailles d'anciennes boiseries sculptées dont l'admirable travail a motivé cette exception.

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Chapelle de Sainte-Geneviève. — Cette chapelle était placée autrefois sous le vocable de Saint-Antoine et de Saint-Michel.

Chapelle de la Vierge. — Adossée à l'angle de la croisée méridionale de l'église et symétrique à celle de Saint-Etienne, elle offre une statue de la Mère du Christ, œuvre d'Antoine Vassé qui l'exécuta en marbre en 1722. Cette chapelle est toujours élégamment ornée.

A utour du chœur. — Chapelle de Saint- Eustache ou de Guébriant. — La deuxième chapelle à gauche, auprès de la Porte-Rouge renfermait avant la Révolution le tombeau en marbre noir de Jean-Baptiste de Budes, comte de Guébriant, maréchal de France, mort le 24 novembre 1643, d'une blessure reçue au siège de Rolhweil. Auprès de lui reposait sa femme, Renée du Bec Crespin, morte au mois de septembre 1659, qui avait été revêtue du titre d'ambassadrice extraordinaire en Pologne.

Cliapelle de Beaumont. — C'était autrefois la chapelle deSaint- Jean-Bapliste et de la Madelaine. Jacques Charton, chanoine et pénitencier de l'Église de Paris, mort le 31 décembre 1684, Jean- Bernard Oursel, également chanoine et pénitencier, mort le 10 janvier 1730; Louis Jodebert, vicaire général de Paris, mort le 13 juillet 1609, avaient été inhumés dans cette chapelle où l'on voyait leur épitaphe avant la Révolution. Elle fut décorée aux frais de M. de la Myre-Mory, chanoine de Paris, mort évcque du Mans, le 8 septembre 1829. Dans le lambris en face de l'autel, est encastrée une grande table de marbre blanc sur laquelle est gravée Tépitaphe de Christophe de Beaumont, archevêque de Paris, mort le 12 décembre 1781 , dont les armoiries sont l>einles sur verre dans le couronnement du vitrage de la chapelle. L'épilaphe de ce digne prélat est ainsi conçue:

Deo immortali sacrum. Hic jacet Christophorus de Beaumont, Archiepiscopus Parisiensis, Dux sancti Clodoaldi, Par Franciœ, regii Sancti Spirilûs ordinis Commendator, Sorbonœ provisor, animi forlitudine, sanctitate morum, religionis constata, in pauperes et egenos quosque liberalitate, virlutum splendore supra laudem et admirationem eveclus, ecclesiœ Lugdunensis primùm canonicus, deinde episcopus Lapurdensis, moxque Archiepiscopus Viennetisis translatus est jussu ter ileralo Ludovici XV, régis christianissimi ad Parisiensem ecclesiam, anno MDCCXLVI. Vir honoribus quos suscepit magnus, quos recusatit maximus. In Petrocorum avito Castro de la Boque natus anno MDCCIII, obdormivit in Domino, anno MDCCLXXXI, die XII mensis decembris,

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hoc in sacello, quod in suum suorumque tumulum ex décréta capituli apparari curaverat, patnio optimo monumentum posuére mcerentes fratris filii; Ludovicns cornes, Christophorus marckio, Francise us, vice-cornes de ileaumont. Qui promis est ad misericordiam, benedicetur. Proverb. XXII, o.

Chapelle de Saint- Fenéol et Saint-Ferrutien ou de Juiyné — Fondée en i :<âo par Hugues de Besançon, chantre et chanoine de cette Kiflise, celte chapelle renfermait autrefois les tombeaux de Pierre Lescot, abbé de Cluny, le célèbre architecte du Louvre, mort le 4 ri septembre 1578 ; du chanoine Louis Lescot,son neveu, mort le 10 novembre 101 i ; de Michel Lernàle, chanoine, secrétaire des commandements du cardinal de Richelieu, mort le 25 février IGÔ*, et du chanoine Jean de Montipny, mort le 3 oclobre 1471. On y remarque un monument de style ogival flamboyant, élevé à la mémoire de monseigneur Anloine-liléonor-Léon Leclerc de Juiyné, d'abord évèque de Chàlons-sur-Marne, ensuite archevêque de Paris, mort le 11) mars 181 i, inhumé au cimetière de Vau^irard et transité à Notre-Dame, le mardi 7 mars 1815. «x» prélat est représenté à genoux sur un prie-dieu orné de ses armes. Deux tables de marbre surmontées comme lui des armoiries de la maison de Juiyné encadrent le monument. Celle de droite porte l'inscription suivante : A la mémoire de Jacques G. L. Leclerc, marquis de Juiyné, lieutenant général des armées du Roi, ministre plénipotentiaire prés l'impératrice Catherine il, député de la noblesse aux états- généraux, né à Paris le 14 mai 1727, décédé à Paris le 14 aoiîf 1807. Le fatal hiver de 1781) arait épuisé les ressources de i archevêque de Paris; le marquis de Juigné mie 500,000 livres à la disposition de son frère pour venir au secours des pauvres de Paris. L'autre table contient : Ad memoriam iilustrissimi ac reverendissimi D. i). Antonii Eleonoris Leonis Leclerc de Juiyné, episcopi olim Catalaunensis, dein Parisiensis archiepiscopi, Ducis sancti Clodoaldi, Paris Franche. Studio pacis reliyionisque in Galliis restiluendœ sede cessit, dispersit, dédit pauperibus, in mansuetudine opéra sua perficiens , et super hominum yloriam dileclus, obiit Parisiis, XIX martii, anno MDCCCXI œtatis vero suœ LXXXili, piis curis Capituli sede vacante, in choro ecclesiœ metropolitanœ quondam suœ quiescit. — Ce monument, dù au ciseau de Cartel lier, nous a paru de fort bon goût et mérite assurément d'attirer l'attention.

Chapelle de Noailles, — Cette chapelle fut concédée par décision du chapitre, le 12 novembre 1708, à l'illustre cardinal de

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Noailles pour servir de sépulture aux membres de sa famille. Elle fut alors magnifiquement ornée, l'or et le marbre furent prodigués pour l'embellir. Là, dans une urne de porphyre, avait été déposé le cœur du cardinal dont la dépouille mortelle se trouvait renfermée dans un caveau pratiqué sous le pavé de la croisée de l'église, devant la chapelle de la Vierge. Les personnes de cette famille qui y furent ensevelies sont : Anne-Jules, duc de Noailles, pair et maréchal de France, mort à Versailles, le 12 octobre 1708, et huit de ses enfants, madame de Rousselet, marquise de Château-Renauld, née Marie-Emilie de Noailles, morte à 33 ans, le 7 mai 1723; Jacques de Noailles, lieutenant général des galères de France, etc., mort le 22 avril 1712; Jean- Emmanuel, marquis de Noailles, brigadier des armées du roi, décédé le 16 décembre 1723; et Marie-Françoise de lîournonville, veuve du maréchal de Noailles, morte le 16 juillet 1748. Sur un sarcophage en marbre gris et noir est placée la statue du cardinal, par M. Geotïroi. Le prélat est représenté à genoux sur un prie-dieu.

Chapelle de Belloy. — Elle a été formée des chapelles de Saint- Eutrope et de Sainte-Foy on de Vintimille, et de celle de la Décollation de saint Jean-Baptiste. Les deux premières avaient été concédées par le chapitre à Charles-Gaspard-Guillaume de Vintimille, archevêque de Paris, pour servir de sépulture à son illustre famille. Sur un panneau de marbre blanc placé à côté de l'autel, se lisait autrefois l'épitaphe de ce prélat, mort le 13 mars 17 46, celle de son frère Charles-François de Vintimille, mort le 11) juillet 1740, et de Jean-Baptiste-Hubert-Félix de Vintimille, lieutenant général, mort le 10 septembre 1770. Réunies aujourd'hui à la chapelle de la Décollation de saint Jean-Baptiste, elles renferment le mausolée érigé en 1818, par suite d'un décret impérial, à la mémoire de Jean-Baptiste de Belloy, évêque de Glandève, puis de Marseille, enfin archevêque de Paris et cardinal du titre de Saint-Jean devant la porte Latine, mort le 10 juin 1808, presque centenaire. Ce monument se compose de quatre figures dont trois ont 2- 45 de hauteur. Le prélat assis dans un fauteuil placé sur son sarcophage, est représenté offrant le secours de la charité à une famille indigente. La femme qui reçoit le don a la main droite appuyée sur l'épaule d'une jeune fille. Saint Denys, l* r évêque de Paris, placé sur une petite masse de nuages, et tenant à la main un rouleau sur lequel on lit les noms de Bel* lefonds, de Beaumont, de Juigné et de Belloy, ses successeurs,

XXXVIII ÉGLISE MÉTROPOLITAINE

montre aux fidèles le vénérable cardinal et semble le proposer comme modèle de vertu. M. de Hclloy tient un livre ouvert sur lequel on lit ces paroles du Psalmistc : Reatus qui intelligit super egenum et pauperem. Le sarcophage porte l'inscription suivante : P. 0. M. îlluslri&simus, reverendissimus, eminent issimus Joannes Baptiêta de BELLOY, S. R. K. Cardinalis presbyte r tituli sancti Johannis ante porlam latinam, (ilandatensis primitm episcopits, lùm MIassiliensis, postrem) in sede parisiensi post itlustrissimum ac reverendissimum Antonium Uclerc de Juigné archiejmeopus, sorti tus atiimam bonam, forma egregius et anhno, fratrum amator civitatisque, et paupenm ab omnibus pro affectu pater meritô appelions, MU Xjunii MDCCCVIII, annos natus penè novem super nonajinta, hoc in reraci marmore redivivus quod œre publico construrtum fuit anno Du mi ni MDCCCXVIIl, felicissimè regnantis Ludm ici XVIII y anno XXIV.

En faisant les Touilles pour l'érection de ce monument, on découvrit le 30 mai 1818 les cercueils de Joachim Dreux, chanoine et sous-chantre de Notre-Dame, mort le 1G décembre 1716, et de Jacques Desmarets, évèque de liiez, ensuite archevêque d'Auch, mort le 27 novembre 17i3. Ils furent replacés dans une fosse creusée à la base du monument du cardinal de Bcllov.

Chapelle de la Vierge. — Les deu\ chapelles de Saint -Louis et de Sa int-Hi gobert, dite des Gondi, et celle de Saint-Nicaise, ont été réunies en 1807, |>our former celle de la Vierge située au rond -point de l'église et corresi>ondant a Taxe de l'édifice.

Un lutrin en bois placé dans cette chapelle est remarquable par l'élégance de sa construction et la l>onne exécution de son travail. Il est placé sur un piédestal triangulaire dont les trois faces un peu concaves sont ornées des bas-reliefs des apôtres saint Pierre, saint Paul et saint Jean t'Kvangéliste : sur le piédestal sont représentées les vertus théologales, la Foi, l'Espérance et la Charité ; elles sont d'une exécution irréprochable. Le corps du pupitre est décoré de petits ornements en mosaïque très-délicats; il en est de même des consoles et des arabesques qui rappellent les productions de Jean Goujon, de Jean Cousin et autres célèbres artistes du x\T siècle.

Une très-belle fresque a été découverte sur les murailles de cette chapelle, pendant les réparations diverses qu'elle a subies. Cette fresque, dont un artiste habile a entrepris la restauration, est de la (In du xiv« siècle, et dans le genre de Giotto. Elle re-

DE NOTRE-DAME DE PARIS

présente la Vierge et l'Enfant Jésus, au milieu de deux évêques, dont l'un est saint Denys, de Paris.

Les personnages principaux qui eurent leur sépulcre dans celte chapelle sont : Albert de Gondi, duc de Retz, pair et maréchal de France, mort Je 21 avril 1602; Pierre de Gondi, cardinal, évêque de Paris, son frère, mort le 27 février 1616; Henri de Gondi, cardinal de Retz, dernier évêque de Paris, mort à Béziers le 22 août 1622; Jean-François de Gondi, premier archevêque de Paris, mort le 21 mars 1654; Paule-Françoise-Marguerite de Gondi de Retz, veuve de François-Emmanuel de Bonne de Créqui, duc de Lesdi filières, pair de France, gouverneur du Dauphiné, morte le 22 janvier 1716. Dans le même caveau avaient été déposées les entrailles de François de Harlay-Chanvallon, archevêque de Paris, duc et pair de France, mort le 9 août 1695.

Dans la chapelle Saint-Nicaise avaient été inhumés Simon de Matifas de Bucy, évêque de Paris, fondateur de cette chapelle et de celle des Gondi, mort le 23 mai 1394; Jean-Baptiste de Bongueret le Blanc, doyen et chanoine de l'Église de Paris, mort le 8 décembre 1702, et Girard de Gollodun, autre chanoine, mort le 24 mars 1319.

Chapelles de Saint- Jacques, de Saint-Crépin, de Saint-Crépi ni en, et de Saint- Etienne, — Ces chapelles n'en forment aujourd'hui qu'une seule destinée aux catéchismes faits aux enfants de la paroisse. C'était là que les cordonniers de Paris avaient érigé leur confrérie. En 1758, on creusa dans ces chapelles trois caveaux destinés à la sépulture des chanoines de l'Église métropolitaine. Urbain Robinet est le premier qui y fut inhumé Je 1 er octobre 1758. Eu exécutant ces travaux, on avait le 14 août précédent mis à découvert plusieurs tombes; nous citerons celles de Pierre Prarrière, chancelier et chanoine, mort le 3 janvier 1350; Etienne de Montdidier, chanoine et conseiller au parlement, mort le lundi 16 mai 1468; Martial Gallichier, chanoine de Paris et de Meaux, archidiacre de Provins, mort Je 2 septembre 1530; Louis Dubellay, chanoine, archiprêtre et curé de Saint- Severin, inhumé le 5 janvier 1541 ; Nicolas Prévôt, chanoine, conseiller du roi, mort le 21 octobre 1569; Pierre Dreux, chanoine et grand archidiacre, mort le 17 novembre 1583, et Antoine de Saveuse, chanoine de Paris, prieur de Montdidier, mort le 13 avril

Chapelle d'Hareourt, ou de Saint-Pierre et de Saint-Etienne. — Une délibération capitulaire du 9 mars 1646 concéda cette cha-

XL ÉGLISE MKTROPOLITAISE

|H*lleà Louis-Abraham d'Harcourt, chanoine et ancien doyen, commandeur du Raint-Esprit, mort le 28 septembre 1730. En vertu de cette concession, et outre le chanoine dont nous venons de parler, les personnes de cette famille qui y furent inhumées sont : le 16 mars 1748, François, marquis d'Harcourt, mestre de camp; le 12 juillet 17.*>0, François, duc d'Harcourt, pair et maréchal «le France: le H\ décembre suivant, Marie-Anne-Hrulard de Cenlis, veuve de Henri, duc d'Harcourt ; le 20 du même mois, Claude-Louise d'Harcourt, veuvede Cabriel-Hcné, sire de Maillot; Jîuillaume Charles, marquis d'Harcourt, mestre de camp du régiment du commissaire général cavalerie, mort le 24 juin 1764 ; Henri Claude, comte d'Harcourt, lieutenant général, mort le *» décembre 1769; enfin, Anne Pierre, duc d'Harcourt, pair et maréchal de France, mort le 28 décembre 1783. Marie-Magdeleine-Thibert Desmartrais, veuve du comte Henri Claude, morte le 2 mai 1780, et inhumée auprès de son é|>oux, lui fit élever par l'halle le magnifique monument qu'on remarque dans cette cha-' pelle, et qui fut exécuté avec beaucoup de soin en 1770. Du fond d'un grand sarcophage qu'un squelette ouvre, on voit la statue du comte d'Harcourt, qui se lève en se débarrassant de son linceul et tend des bras allai blis vers son épouse représentée à genoux au bas du tombeau. Son expression est celle de la douleur la plus profonde. L'Hymen del>out, placé derrière elle, est représenté en pleurs, éteignant le flambeau de la vie. Sur l'estrade par laquelle on arrive au mausolée, est placé un trophée d'armes auprès duquel se trouve un bouclier portant cette légende : Gesta ver bis prœvenient. Pendant les orages de la Révolution, ce mausolée avait été transféré au Musée des monuments français; en 1820, il fut rétabli à Notre-Dame.

En face de ce monument funèbre, Ton a plac • la belle statue en marbre, dite la Vierge des Carmes, de 2 ra :*S de hauteur, sculptée à Home par Antoine Haggi, dit le Lombard, d'après le modèle du cavalier Uernin et aux frais du cardinal Antoine Harberin. La Vierge est assise et tient l'enfant Jésus sur ses genoux; rien n'est plus gracieux que son attitude. La tète en est parfaitement belle et se fait admirer par la vérité de son expression et par la correction du dessin.

Chapelle de Saint- Hemi , dite des l r rsim. — Dans cette chapelle, qui servait autrefois de sépulture à la célèbre famille de ce nom, on trouvait deux statues à genoux en pierre de liais, posées sur une tombe de pareille nature, élevée de terre de 0 m 65,

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représentant Tune Jean Jnvénal des Uisins, baron de Traisnel, mort à Poitiers le 1 er avril 1431 , et l'antre, Michelle de Vitry, sa femme, morte le 30 janvier 4457, ions deux vêtus selon les modes de ce temps. Ces statues sont actuellement au musée de Versailles. Un tableau fort estimé, appendu dans cette chapelle, montrait ces deux personnages avec onze de leurs enfants, parmi lesquels étaient Jean Juvénal des Ursins, évêque et comte de Beauvais en 4432, historien du roi Charles VI, et Jacques Juvénal des Ursins, archevêque et duc de Reims de 1449 à 1473. Là avait été déposé, le 28 novembre 1720, le cœur de Esprit Juvénal d'Harville des Ursins, marquis de Traisnel, seigneur de Doue, lieutenant général des armées du roi, mort le 9 de ce même mois à son château de Doué, diocèse de Meaux. Le 12 juillet 172G, on y inhuma également le corps de Esprit Juvénal des Ursins, marquis de Traisnel, colonel du régiment de dragons a Orléans, mort la veille rue de Cléry; puis le 19 mai 1728, Claude Le Blanc, conseiller du roi, secrétaire d'État au département de la guerre, inhumé auprès de Madeleine Petit de Passy, son épouse, morte le 13 avril 1727 à Versailles.

Une table de marbre appliquée sur les murailles de cette chapelle, en face de l'autel, est destinée à rappeler le souvenir de Mgr Pierre -Antoine Garibaldi, archevêque de Myre, nonce apostolique à Paris où il est mort. Elle porte pour inscription :

Heic inpace dep. quiescit, Petrus Antonius Garibaldi, domo Genuày vir ingenio morum, integritate, prudentià, sacri civilisque juris scient iâ pra'cipuus, quem Aloysii Lambruschini v. c. apud refjem Gaïdar. Apocrisiarii, adjulorem, mox aposlol. sedis negotiorum cura vicaria potestate prœclare funclum in colleg. Urbis curatorum adleclum Gregorius XVI A. A. A. F. F. prœfecil, canonicum Valic. dixil, ac deindè archiep. Myren. adregem Neapol. legavit, denique Pins IX P. M. in hospitio Caietano rerum publicarum prudenlissimum coram expertus. rursùs in Gallias biennio jam anle designalum , ab omnibus expelilum apocrisiarium misit, dec.XVI Kal. Julii exitu subito anno M. D. C. C. C. L. III., œt. suœ LVI, m. IIL d. XXIX exlremam usque ad horam de Eccl. opl. meritus huic funere publico elato, locus Hem sepult. nullo exemplo publ. decr. est archiep. Paris, multique episcopi ex univ. Gatliis cum clero et populo frequenlissimo œlernam à Deo quietem precali sunt agnali adjutores et amici tit. cum lacr. pos.

Cette épitaphe est surmontée des armoiries du prélat.

BGLIM MÉTROPOLITAINE

Au-dessous de celte table de marbre a été posée la tablette qui était dans la chapelle Saint-Marcel.

Chapelle A/fre. — L'assemblée nationale constituante rendit, le 17 juillet 1848, un décret ainsi conçu : « Un monument sera élevé au nom et aux frais de la Hé publique, sous les voûtes de l'église métro|K)litaine de Notre-Dame-de-Paris, à la mémoire de l'archevêque de Paris. Sur le socle du monument seront inscrites ces paroles : « Le bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis» et les paroles du prélat : « Puisse mon sang être le dernier versé! » Ce monument se composera d'une statue de l'illustre victime de nos discordes politiques, sur un piédestal décoré de basreliefs, et la statue sera dans les proportions de 2 M 20 au moins. » Du au ciseau de M. Debay, ce mausolée est d'une touebante simplicité. L'illustre archevêque est là, mourant sur la barricade, (pion entrevoit à peine derrière les plis de son manteau ; l'expression de son regard est celle de la souffrance tempérée par la résignation. D'une main défaillante, il tient encore le crucifix, tandis que de l'autre, par un suprême effort, il montre à la multitude égarée qui l'entoure, le rameau d'olivier, ce symbole de la réconciliation et de la paix qu'il est venu lui apporter. C'est bien là le regard et l'attitude de celui qui meurt pour sauver des frères; à la douce placidité de son front, l'on voit que des visions célestes adoucissent les pénibles étreintes de ses dernières souffrances, on croit entendre sortir de ses lèvres ces sublimes paroles : « Que mon sang soit le dernier versé!... »

La chapelle Affre est située entre les deux sacristies.

Au milieu du chœur, est un vaste caveau réservé à la sépulture des archevêques de Paris et de quelques autres personnages distingués. Avant la Révolution, on y avait déposé : 1° les entrailles des rois Louis XIII et Louis XIV; 2° les entrailles de M. le cardinal de Noailles; 3° Charles-Gaspard-Guillaume de Vintimille; 4° Jacques-Bonne Gigault de Bellefonds, tous trois archevêques de Paris; 5° Jean-Cyprien de Saint-Exupéri, chanoine et doyen de Paris, mort le l* r février 1758. La Révolution n'épargna aucun de ces cercueils en plomb, ils furent tous impitoyablement fondus.

Depuis, on a déposé dans ce caveau: 1° S. E. Mgr le cardinal

DE ISOTRE-DAME DE PARIS. XLIII

de Belloy; 2° Mgr de Juigné; 3° S. E. M. le cardinal de Talleyrand-Périgord ; 4° Mgr de Quélcn ; 5° Mgr Affre, tous archevêques de Paris; 6° Mgr Antoine Garibaldi, archevêque de Myrc, nonce apostolique en France, mort à Paris le 10 juin 1853; 7° Mgr Sibour; 8° S. E. Mgr le cardinal Morlot, aussi archevêques de Paris.

Lors de la construction du nouveau chœur, en avril et mai 1 699, on découvrit les tombeaux de : 1° Louise de Savoie, mère de François P r , morte le 22 septembre 1331 ; 2° Philippe, fils du roi Louis le Gros, chanoine et archidiacre de Paris, élu en M 59 à l'épiscopat qu'il céda à son précepteur Pierre Lombard et mort le 16 octobre 1161; 3° Pierre d'Orgemont, évêque de Paris; 4° Louis de France, duc de Guienne, dauphin de Viennois, ûls de Charles VI et d'Isabeau de Bavière, mort à 19 ans le mercredi 18 décembre 1415, et inhumé le lundi 23; 5° Etienne Tempier, évêque de Paris; 6° Denys Dumoulin, patriarche d'Antioche, archevêque de Toulouse, évêque de Paris; 7° Aymeric de Magnac, cardinalévêque de Paris; 8° Geoffroi, duc de Bretagne, comte de Richemont, troisième fils d'Henri, roi d'Angleterre, inhumé le 20 août 118G; 9° Isabelle de Hainault, première femme du roi Philippe- Auguste, inhumée le 22 mai 1190; 10° Eudes de Sully; 11° Etienne de Paris; 12° Jacques du Châtellier; 13° Guillaume Chartier; 14° Louis de Beaumont; i 5° Jean-Simon de Champigny ; 16° Guillaume de Viole, tous évêques de Paris, 17* Jean-Baptiste Caste', nonce du pape, mort en 1583; 18° Renaud de Beaune, évêque de Mende, archevêque de Bourges, puis de Sens, mort le 27 septembre 1606 ; 19° Pierre de Marca; 20° Hardouin de Péréfixe de Beaumont; 21° François de Harlay-Chan vallon, archevêques de Paris.

Parmi les autres tombes qu'on remarquait encore à Notre- Dame, nous citerons celles de : 1° Antoine de la Porte, chanoine jubilé de cette Église, qu'il avait comblée de bienfaits, mort le 24 décembre 1710; 2° Nicolas Petitpied, sous-chantre et chanoine mort le 9 juillet 1705, l'un et l'autre inhumés dans la ntf, audevant du chœur; 3° Paul-Emile de Vérone, chanoine et célèbre historien, mort le 5 mai 1529 et inhumé dans la nef, vis à- vis de la chapelle de Saint-Denys; 4° Joachim du Bellay poëte, surnommé l'Ovide français, chanoine et archidiacre de Paris, désigné archevêque de Bordeaux, mort le 1 er janvier 1560 ; 5° Simon de Pierrevive, chanoine et archidiacre de Brie, mort le 3 décembre 1568 ; 6° Sylvius de Pierrevive, chanoine, chancelier de i'Univer-

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sité de Taris, abbé de Noirmoutier, mort le 19 mars 1627, ces deux derniers inhumés vis-à-vis de la chapelle de Saint-Crépin ; 7* Jean de Bragelongnc, mort le 29 août 1083 ; 8« Louis de Bragelongne, son frère, mort le 15 décembre 1682, l'un et l'autre chanoines et inhumés devant la chapelle des Condi ; 9» Claude Joly. chanoine, mort le 1» janvier 1700, inhumé dans la nef à côte de son oncle Cuy Loisel, magistrat érudit, mort le 20 décembre 1031 ; 10° Claude Châtelain, chanoine honoraire, hagiographe estimé, mort le 20 mars 1712 et inhumé dans la nef auprès de la Porte-Bouge ; H 9 Pierre de Châteaupers, chanoine, moitié 13 février I.*i0i; 12" Pierre Olivier, chevecier, mort le 20 décembre 1759, inhumés tous deux dans un caveau au milieu de la nef; 13° Antoine de Verthamon, chanoine, archidiacre de Josaj, morl le 30 septembre 1003, et dont la tombe se trouvait au milieu de la chapelle de Saint-Barthélémy et de Saint-Vincent; 14° Charles de la Crangc-Trianon, chanoine jubilé de Notre- Dame, l'un des principaux bienfaiteurs de cette Église, abbé de Saint-Sevcr en (iascogne, conseiller au parlement, né à Paris, mort le 10 juillet 1733 et inhumé dans la chapelle de Sainte- Catherine, (pie le chapitre lui avait concédée; 15° Jean-Baptiste Sarazin, né à Autun, prêtre, docteur en théologie de Paris, professeur royal en langue hébraïque, chanoine honoraire de Paris, mort àgéde 80 ans, le 10 août 1719 et inhumé sous un des basculés du chœur, entre les cha|>clles de Saint-Jean-Baptiste et de Saint - Ferréol ; 10° Antoine Dorsanne, prêtre du diocèse de Bourges, docteur de Sorbonnc, chantre et chanoine de l'Église de Paris, officiai et vicaire général du cardinal de Noailles, mort âgé d'environ 63 ans, le 13 novembre 1728, inhumé à côté du chœur près de la chapelle de Saint-Eutrope; 17° Louis Legendre, né dans le diocèse de Rouen, chanoine et sous-chantre de l'Église de Paris, abbé cominendataire de Claire-Fontaine, diocèse de Chartres, mort le 1 r février 1734, inhumé vis-à-vis de la grande grille du chœur, attenant la chapelle de Saint-Denis; 18° Louis Seguier, né à Paris, le 11 janvier 1551, doyen de cette Église le 15 juin 1575, nommé à l'évèehéde Laon, mort le 9 septembre 1010 et inhumé à l'entrée du chœur, auprès de Kudes de Sully, évoque de Paris.

DE NOTRE-DAME DE PARIS

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