‹ Guide du visiteur. Histoire archéologique et descriptive des églises de Paris ... Notre DameChapitre 27 sur 38 · PIERRE I LOMBARD · texte numérisé non relu

PIERRE I LOMBARD

Après la mort de Thiébaud , le chapitre élut d'une voix unanime pour lui succéder le prince Philippe de France, fils de Louis le Gros et d'Alix de Savoie, frère du roi Louis le Jeune. Engagé d'abord dans les liens du mariage, il était devenu veuf et avait pris les ordres pour succéder comme archidiacre de Paris à son frère Henri, successivement moine de Clairvaux, évêque de Beauvais et archevêque de Reims. Philippe qui n'avait pas jugé audessous de lui les fonctions d'archidiacre de Notre-Dame, trouva celles de premier pasteur de cette Église au-dessus de ses forces et refusa la mitre épiscopale. Sur ses avis et à sa propre demande, •m lui substitua Pierre Lombard, son ancien maître, dont la vertu, les talents et les services lui avaient paru plus assortis à cette dignité. Philippe de France mourut le 4 septembre 1161, et fut inhumé derrière le grand autel de Notre-Dame, sous la châsse de saint Marcel.

Pierre Lombard doit son surnom à la Lombardieoù il naquit, dans le territoire de Novarre, au village de Lumello, entre Valence et Vigevano. Sa famille était pauvre et obscure, mais il eut le bonheur de trouver un protecteur qui lui fit commencer ses premières études à Bologne. De là, il se rendit en France pour les perfectionner, apportant avec lui des lettres de recommandation de l'évêque de Lucques à saint Bernard. L'ahbé de Clairvaux l'envoya dans l'école de Reims où, selon toutes les probabilités, enseignait alors Lotulfe, qui, étant Novarrais lui-même, dut prendre un soin tout particulier de son compatriote. La renommée des professeurs de Paris l'attira depuis en cette ville. Son dessein n'était pas d'y faire une longue résidence, c'est du moins ce qu'on peut conclure d'une lettre que saint Bernard adressa à Gilduin, abbé de Saint-Victor, par laquelle il le priait de pourvoir à son entretien pendant quelques mois, jusqu'à la fête de la Nativité de la Vierge. Mais les charmes d'un séjour dès lors si agréable et si avantageux pour les gens de lettres le captivèrent bientôt et ne lui permirent plus d'en sortir. Ardent au travail, l'élève voulut devenir maître, et ses progrès conformes à ses efforts lui méritèrent une chaire de théologie qu'il remplit durant plusieurs années avec la plus grande réputation. On prétend bien que pendant le cours de ses leçons, Pierre fut pourvu d'un canonicat dans l'Église de Chartres, mais ce bénéfice, ainsi que l'a prouvé du Cange (Glossahum

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