FRANCE PONTIFICALE. — DIOCESE DE PARIS
latinit. f v° Archialet) fut donné à une autre nersonne du même nom qui exerçait les fondions de médecin auprès du roi Louis le Jeune. Une récom|>ense bien plus considérable l'attendait, malgré l'obstacle que l'obscurité de sa naissance, jointe à sa qualité d'étranger, semblait y former. C'était l'évêché de Paris, auquel il fut élu en 1158, sur le refus de Pbilippe de France. Gautier, prieur de Saint-Victor, cité par du Boulay, l'accuse bien d'être parvenu à l episcopat par des voies simoniaques, mais cet écrivain montre tant de passion contre la mémoire de ce prélat, qu'il ne mérite nullement d'être cru sur un pareil fait. Pierre ne jouit pas longtemps de sa dignité nouvelle ; toutefois en 1 159, la première année de son épiscopat, il assura aux chanoines de Saint- Victor la dime de Ris et donna aux religieuses d'Yerres, le tiers de la dîme d'Athis. Ce sont là les seuls actes que l'on connaisse de son gouvernement, attendu sa brièveté. Mais le suivant doit tenir lieu de plusieurs, et montre que la sagesse qui l'avait porté sur son siège, ne l'y avait pas abandonné. Il est tire de la chronique de Hicobald de Ferrare, écrivain du commencement du xiv # siècle. Voici comment s'exprime cet auteur :
« Pierre Lombard, dit-il, étant évèque de Paris, quelques nobles du lieu de sa naissance se rendirent en cette ville pour le saluer, amenant avec eux sa mère,' et comme elle était pauvre, ils la revêtirent d'habits, tels qu'ils crurent convenir à la condition de mère d'un illustre prélat. La bonne femme, en les laissant faire, leur dit : a Je connais mon fils , cette parure ne lui plaira point. * Etant donc arrivés à Paris, ils présentent à l'évêque sa vieille mère. Celui-ci l'ayant envisagée : « Ce n'est point là ma mère , dit-il , car je suis le fils d'une pauvre femme, » et il détourna les yeux. « Hélas, dit-elle à ceux qui raccompagnaient, je vous l'avais bien dit que je connaissais mon fils et sa façon de penser! Qu'on me rende mes habits ordinaires et il me reconnaîtra. » Ayant alors repris ses vêtements de paysanne, la bonne femme revint trouver son fils qui s'écria en la voyant: « Ah! pour le coup, voilà ma mère! voilà cette pauvre mère qui m'a enfanté, qui m'a allaité, qui m'a réchauffé, qui m'a entretenu. » Ets'étant levé de son siège, il l'embrassa tendrement et la fit asseoir auprès de lui. »
Nous n'ignorons pas que le même trait est raconté d'autres prélats, notamment de Maurice de Sully; mais il n'y a nul inconvénient qu'il ait été répété, et d'ailleurs nous le donnons pour tel que nous l'avons trouvé.
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