‹ Guide du visiteur. Histoire archéologique et descriptive des églises de Paris ... Notre DameChapitre 8 sur 38 · TOURS ET CLOCHES · texte numérisé non relu

TOURS ET CLOCHES

Le frontispice de Notre-Dame est accompagné de deux tours carrées qui s'élèvent sur chacun des portails latéraux. Elles s'élèvent à une hauteur 'de «6 ro 27 au-dessus du niveau de la place du Parvis; mais il n'est pas prouvé que ces deux tours si imposantes dussent se terminer, comme elles le sont aujourd'hui, par une plate -forme. Quelques antiquaires sont disposés à penser qu'elles devaient être surmontées de flèches colossales dans le genre de celles de Chartres : c'est une question qui n'est pas décidée. Ces couronnements pyramidaux semblent manquer en effet, et tout porte à croire que leur construction devait entrer dans le plan de l'architecte : la simple observation justifie d'ailleurs suffisamment cette opinion.

ÉGLISE MÉTROPOLITAINE

Il faut monter 381) marches |>our arriver sur les plates -formes, et l'on va de l'une à l'autre tour par deux galeries hors d'œuvre que soutiennent des colonnes gothiques d'une délicatesse surprenante. Du sommet des tours, la vue cmhrasse un des plus merveilleux panoramas.

La charpente des voûtes, appelée la forêt à cause de la quantité de hois dont elle est composée, soutient toute la couverture de plomb de cette église. Elle n'est |>osée que sur les quatre gros murs, ainsi que celle du petit clocher qui s'élève au milieu de la croisée, bâti sur un énorme tronc de l>ois, soutenu par quatre poutres qui posent sur les quatre principaux piliers de cette croisée. On a dit et répété bien souvent que les charpentes des cathédrales étaient faites en bois de châtaignier ou de marronnier, et que c'est à la qualité de ce bois qu'est due l'absence des araignées et des mouches. Les châtaigneraies n'auraient jamais pu suffire à une pareille consommation. D'ailleurs, lorsque le châtaignier et le marronnier ont acquis le développement nécessaire pour servir à la charpente, ils se creusent et ne peuvent plus être employés, loutes les charpentes des cathédrales, aussi bien que celle de Notre-Dame, qui est d'une exécution parfaite, sont en chêne, de cette variété, rare aujourd'hui, le chêne blanc (quereus alba). de Linnée, qui ne vient bien que dans les localités tourbeuses et marécageuses. Telle est l'opinion exprimée par M. le vicomte Héritai t de Thury, corroborée par l'examen d'échantillons de poutres et de solives livrés à l'expertise des charpentiers et des menuisiers.

A partir de la terrasse des réservoirs, la forêt a 1 IS" 54 de long sur 12 m 02 de large ; la longueur de la croisée est de 19 w 70, et sa largeur de 12* 02. Du dessous de la voûte au sommet du faîtage, on compte î)" 74 sur G m 45.

C'est dans la tour méridionale que se trouve le bourdon, la plus grosse cloche de France, dont la voix puissante domine tous les bruits de la ville et se répand en sons majestueux dans les campagnes environnantes. Cette énorme cloche qu'on appelle Emmanuel, pèse 18,000 kilogrammes, et son diamètre est de 2 n ' G2. Elle fut donnée en 1400 par Jean de Montai gu, frère de Gérard de Montaigu, quatre-vingt quinzième évèque de Paris, lequel la nomma Jacqueline, du nom de sa femme, Jacqueline de la Grange Son poids primitif était de 7,300 kilogrammes, mais comme elle se trouvait en dissonance avec les autres cloches, le chapitre la fit refondre et lui donna un poids double. En 1081, Louis XIV el

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la reine Marie- Thérèse d'Autriche, la nommèrent Emmanuel; mais cinq ans après, elle fut de nouveau fondue et son poids fut élevé à 18,000 kilogrammes. Pour conserver la mémoire de ses illustres parrains, on ne changea que le millésime à l'inscription qu'elle portait, hien que la reine fût morte en 1683. Voici l'inscription qu'on y lit :

Quœ prius Jacquelina Johannis Comiiis de Monte acuto donum ponderis XV. M. nunc duplo aucta, Emmanuel Ludovica Theresia vocor a Ludovico Magno et Maria Theresiâ Âuslriacâ ejw conjuge nominata, et à Francisco Harlœo primo ex Ârchiepiscopis Paristensibus Duce ac Pari Franciœ benedicta, die 29 aprilis 168G. Et au bas: Florentin le Guay, natif et maître fondeur de Paris, m'a fait. N. Chapelle. J. Gillot. C. Moreau m'ont faicten 1683.— « Je m'appelais autrefois Jacqueline et j'avais été donnée à ceUc église par Jean, comte de Montaigu, mon poids était de 45 milliers: ayant été augmentée du double, je m'appelle Emmanuel-Louis- Thérèse, et j'ai été nommée ainsi par Louis XIV et Marie-Thérèse d'Autriche, son épouse, et bénite par François de Harlay, le premier des archevêques de Paris qui ait été décoré du titre de duc et pair de France, le 29 avril 1086. »

Le battant qui, mis en mouvement, frappe les bords intérieurs de cette cloche et fait retentir des sons graves et lugubres, pèse 488 kilogrammes. Il a été refait à neuf en 1804.

Dans la tour septentrionale existaient autrefois huit cloches fort harmonieuses qui pour la plupart portaient les noms de leur donateur, ou de ceux qui en avaient été les parrains; elles ont été converties en 4 792 en monnaie de billon. Cette tour renferme aujourd'hui troiscloches qui vont été posées au mois de novembre 4 812, et présentent le double avantage d'annoncer les heures et l'office divin. Elles ont été fondues en 4766 et pèsent, la première 4,994 kilogrammes, la deuxième, 579 kilogrammes, et la troisième 421 kilogrammes.

Sur la voûte au-dessus du beffroi des cloches, on a placé en 4 812 et 4813 le mécanisme de l'horloge qui était précédemment dans l'angle de la croisée septentrionale. Un cadran a été fixé avantageusement dans l'intérieur de l'église au-dessus du positif de l'orgue.

KCUSE MÉTROPOLITAINE

A l'extérieur de ce vaste édifice, se trouvent «8 grands arcsboutants qui, prenant naissance sur l'extrémité des contre-forts de l'église, vont se terminer au-dessous de la balustrade du grand comble ; 32 autres petits se perdent au-dessous de la seconde balustrade. Leur 'effet est assez pittoresque; cependant quelques artistes ont considéré ces arcs-boutants comme une malencontreuse invention, disant qu'ils donnent à tout le monument l'aspect d'une construction é lavée de toutes parts.

Trois galeries régnent autour de l'église: la première est audessus des clia|>elles, la seconde au-dessus des galeries de la nef et du chœur; et la troisième située au-dessous du grand comble permet de circuler extérieurement autour de l'édifice. Des gargouilles nombreuses et admirablement travaillées en forme d'animaux fantastiques s'échappent de tous les cotés de l'église. Beaucoup d'entre elles ont été artistement réparées dans ces derniers temps. Au-dessous du grand comble et aux quatre angles de la croisée, sont quatre petites tourelles en pierre, terminées en forme d'obélisque.

A l'extrémité de l'église et au-dessus du chœur, s'élevait une grande croix en fer, haute de 9" 10. Les fleurs de lis qui en terminaient le croisillon causèrent sa destruction en 1793, et comme ce qui restait de la flèche menaçait ruine, on la démolit complètement en 1808. Vers le commencement de 1858, on commença la rééditication d'une nouvelle flèche en charpente recouverte de plomb, et qui a i 5" de hauteur depuis le faitage du comble jusqu'à la croix qui la surmonte. Enrichie de crochets, de chapiteaux, de gargouilles et de frises, cette flèche ajoute à Notre-Dame un élément de grandeur et de beauté qui frappe vivement les yeux. Elle est étayée dans les noues du comble par quatre grandes contre-fiches décorées d'arcatures rampantes, des sta tues des douze apôtres et des quatre symboles des évangélistes. Lesstatues des apôtres en cuivre repoussé sorties des ateliers de MM. Durand, Monduit et Béchet, ont été fabriquées sur des modèles de M. Geoffroy-Dechaume.

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