‹ Guide du visiteur musée de BoulaqChapitre 30 sur 78 · Basalte gris. — H. 2"* 33; larg · texte numérisé non relu

Basalte gris. — H. 2"* 33; larg

o"^ 30. — (Mariette, AbydoSy t. I, pi. 2 ; t. III,

p. 84—85, nO 523.)

Montant de porte, utilisé dans la construction de la margelle d'un puits, au village arabe d'Harabat el Madfounah. Il donne le nom et les titres de Zaou, frère de la reine Mirirî > Onkhnas , femme du roi Pepi 1er et mère des rois Sokaremsaf 1er et Pepi II. — Vr dyn. Abydos,

98. — Granit rose. — H. i">8o; long, i"^ 84; ép. 0"> 43. — (Mariette, Mon, Div.j pi. I — 6.)

Salle historique de Touest. 57

Les descendants des rois-prêtres d*Amfnon-Rà, exilés en Nubie par les Pharaons de la XXII" dynastie , y avaient fondé, avec les provinces conquises vingt siècles plus tôt par les rois de la XII* dynastie, un royaume indépendant dont la capitale était Napata (Gebel-Barkal). Bâtie au pied d'une colline, à laquelle la piété des habitants avait donné le nom de Montagne Sainte, et longtemps considérée comme un des chefs-lieux de la province égyptienne d'Ethiopie, Napata, aux mains de ses nouveaux maîtres, devint une sorte de Thèbes éthiopienne, modelée autant que possible à l'image de Thèbes d'Egypte. Ammon-Rà, roi des dieux, y trônait en souverain avec Moût et Khons ; le temple était construit à l'imitation du sanctuaire de Karnak. C'est dans ses ruines qu'un officier égyptien de passage découvrit par hasard en 18Ô2 cinq stèles dont il remit des estampages et des dessins à M. Mariette. L'année d'après, le gouverneur de la province expédia les cinq monuments au Musée de Boulaq, sur l'ordre du vice-roi.

Notre stèle no 98 est de beaucoup la plus ancienne. Elle nous reporte vers l'an 740 avant notre ère, et nous fait connaître l'état de misère et de division où était l'Egypte. Le Sud et Thèbes appartenaient déjà aux Ethiopiens : au delà, le pays était réparti entre vingt princes, dont quatre au moins s'attribuaient le cartouche et les insignes de la royauté. Au milieu de ces roitelets turbulents et pillards, parut un chef militaire d'origine obscure, Tafnekht, seigneur de Noutir près Canope. Il s'empara successivement de tous les nomes situés à l'Occident de la branche principale du fleuve, le Saite, l'Athri-

58 Salle historique de Touest.

bîte, le Libyque, le Memphite. Respectant les régions situées à TOrient du Delta, où la XXIII* dynastie tanite continuait à régner, il remonta le cours du Nil : Méîdoum, le Fayoum, Hnès et son roi Pefâabasti, Khmoun et son roi Osorkon, le reconnurent pour maître. Il poursuivait le cours de ses succès et venait de mettre à contribution le nome d^Ouab, quand les chefs encore indépendants du Delta et de la Haute Egypte s*adressèrent au seul prince qui fut capable de lui tenir tête, à Piônkhi Miamoun, roi d'Ethiopie. Piônkhi donna aux troupes qu'il avait en Thébaïde Tordre de se porter en avant sans retard, tandis que lui-même rassemblait à Napata le gros de ses forces et se préparait à entrer en campagne. La flotte éthiopienne rencontra, au Nord d'Abydos, la flotte de Tafnekht qui cinglait vers Thèbes, en détruisit une partie et força l'autre à la retraite. Une seconde flotte, montée par les contingents de trois rois et de tous les vassaux de Tafnekht, fut batme, après un combat de trois jours, et les Ethiopiens vinrent aborder au nome d'Oun. La lenteur de leurs mouvements permit au roi Nimrod de se jeter dans Khmoun et de la mettre en état : une partie des troupes d'invasion demeura en observation devant la place, tandis que le reste continuait de marcher vers le Nord. Nimrod, cerné de tous côtés, ne pouvait plus espérer le secours de ses alliés ou de son suzerain : il n'en continua pas moins la résistance et tint les envahisseurs en échec. Il fallut, pour le réduire, l'arrivée de Piônkhi lui-même, avec de nombreux renforts. Piônkhi changea l'attaque de Khmoun en siège régulier : il ûi élever des chemins d'assaut contre la muraille et

Salle historique de Touest. 59

dresser des tours chargées d'archers et de frondeurs. En trois jours, la place battue de tous les côtés ne fut plus tenable et son commandant fit demander grftce par sa femme, la reine Nsitentnsi, et par les dames du harem. Piônkhi le reçut à merci, entra dans la ville au bruit des acclamations, alla prier au temple de Thot et prit solennellement possession du butin au nom d'Ammon Thèbain. La chute de Khmoun entraîna la soumission de toute la moyenne Egypte : Piônkhi parvint aux portes de Memphis presque sans coup férir.

A peine arrivé, il envoya sommer la ville. «Ne » fermez point vos portes ; ne combattez point contre »la Haute-Egypte. Shou, le dieu de la création, où » j'entre, il entre, d'où je sors, il sort, aussi ne peut- »on résister à mes attaques. Je ne veux qu'ofïrîr » des offrandes à Phtah et aux dieux du nome Mem- »phite; je veux honorer Sokari dans sa chapelle, voir »le dieu Phtah, et puis je retournerai en paix. Si » vous me livrez Memphis, elle sera épargnée, et on » n'y fera pas même un petit enfant pleurer. Voyez » les nomes du Midi , on n'y a massacré personne, » excepté les impies qui blasphémaient Dieu ; ces ob- >8tinés là, on les a exécutés.» Piônkhi avait fait appuyer ses paroles d'un détachement d'archers, de matelots et de soldats du génie, qui devaient s'emparer du port de la ville. La garnison était sur ses gardes : elle repoussa ces troupes et leur infligea des pertes sérieuses. Bientôt après, Tafnekht profita d'une nuit obscure pour se jeter dans la place, avec un grand convoi d'armes et un corps de huit mille hommes, fortifia les points faibles de l'enceinte et partît

6o Salle historique de Toucst.

vers le Nord^ afin de rassembler une nouvelle armée. Il comptait sur une longue résistance, mais la flotte éthiopienne, trompant la vigilance des assiégés, pénétra par surprise dans le port et y captura tous les navires qu'elle trouva, tandis qu*une partie de Tarmée se glissait le long de la rivière et s'introduisait dans la ville par les quais. Après deux jours de bataille dans les rues, la garnison mit bas les armes et Piônkhi put reprendre sa marche en avant. Il s*empara des forteresses avoisinantes et ne s'arrêta qu'un instant à Héliopolis, pour y célébrer le sacrifice royal. « Il monta l'escalier qui conduit au grand » sanctuaire pour y voir le dieu d'Héliopolis, lui, lui- » même. Tout seul, il tira le verrou, ouvrit les bat- »tants, contempla son père Râ, mit en ordre ses »deux barques sacrées; puis il ferma les battants, » plaça la terre sigillaire et y imprima le sceau royal.» C'était en quelque sorte prendre possession du pouvoir suprême. Osorkon de Bubaste reconnut le nouveau Pharaon; un mouvement des Ethiopiens décida les autres princes du Delta à suivre son exemple. Tafnekht, abandonné de ses vassaux, demanda la paix, et Piônkhi la lui accorda sans conditions. Après avoir reçu, non loin d'Athribis, au cœur même de la Basse Egypte, l'hommage de ses sujets, il reprit le chemin de son royaume, et rentra dans Napata, chargé de gloire et de butin, « d'or, d'argent, de bronze et d'é- » toffes précieuses, de tous les bons produits des pays »du Nord, de toutes les denrées de la Syrie et de » l'Arabie.» Pour la première fois, depuis deux cents ans, le royaume des Pharaons était reconstitué des sources du Nil bleu aux bouches du fleuve, mais

Salie historique de Touest. 6i

non plus au profit de l'Egypte. L'Ethiopie, si longtemps vassale, devenait maîtresse à son tour; Napata régnait à la place de Thèbes et de Memphis. — XXin*" dyn. Gebel-Barkal

gg. — Granit gris. — H. 2"^ 15; larg.

O"™ 70; ép. o^ 34. — (Mariette, Mon. Dw.y

pi. II — 13.)

C'est la plus moderne des cinq stèles du Gebel- Barkal; on ne saurait la placer plus haut que la fin de l'époque persane ou le commencement de l'époque grecque. Le royaume de Napata avait rompu toutes relations avec l'Egypte. Les contrées de la Nubie inférieure, entre la première et la seconde cataracte, étaient devenues presque désertes : les villes fondées par les princes de la XVIIP et de la XIX* dynastie étaient en ruines, et leurs temples commençaient à disparaître sous les sables. Le royaume de Napata avait sa frontière aux environs de la seconde cataracte. Il était divisé en deux régions, comme l'Egypte : dans le To-Qonous se trouvaient, en remontant le fleuve, Pnoubs, Dongoul (Dongolah), Napata, Âstamouras, au confiuent du Nil et de l'Astamouras (Astaboras), Béroua enfin, la Méroé des géographes Alexandrins; au-delà de Béroua, on entrait dans le pays d'Alo, qui s'étendait le long du Nil blanc et du Nil bleu, jusque dans la grande plaine de Sennaar. Sur la frontière méridionale du pays d'Alo, résidaient lesAsmakh, descendants des soldats égyptiens, émigrés en Ethiopie au temps de Psamitik 1er. A l'Est, au Sud et à l'Ouest, entre le Darfour, le massif d'A-

63 Salle historique de l'ouest.

byssinie et ia Mer Rouge, vivaient une foule de tribus à moitié sauvages, les unes noires, les autres blanches de race africaine, d'autres de race sémitique, les Rehrehsa {Rhausi, Rhapsii), au sud de Béroua, entre le Nil bleu et le Tacazzé, les Madi ou Maditi (Mataîa, Matitae) entre le Tacazzé et la chaîne de montagnes qui bordent la Mer Rouge. C*est parmi ces pleuplades que le roi Horsiatef de notre stèle no 99 trouva matière à victoires faciles. Neuf campagnes, dirigées contre elles en Tan II, III, V, VI, XI, XVI, XVIII, XXIII et XXXIV de son règne, sont racontées successivement sans grands détails. « L*an VI, » le 4 du mois de Shomou, moi, le fils du soleil, Hor- » siatef, vivant à jamais, je fis convoquer une multi- »tude de soldats contre les Madidi. Je les frappai » dans leurs villes, et je fis un grand carnage parmi »eux dans Labi, je pris leurs bœufs, leurs vaches, » leurs ânes, leurs moutons, leurs chèvres, leurs servi- » teurs, leurs servantes, et c'est ta crainte excellente, ô » Ammon, qui obligea le prince des Madidi à m*en- » voyer dire : Tu es mon Dieu, et je suis ton esclave, » je ne suis qu'une femme. Puis, venant vers moi, il » me fit apporter la rançon par les mains d'un homme. » Je revins, j'allai pour honorer Âmmon de Napata, mon » excellent père, et je lui donnai nombre de bœufs.» Le butin passait presque entier aux prêtres. Sans parler des dons qu'il leur fit à son avènement, il restaura et enrichit les temples des villes principales de son royaume, à Napata, a Béroua, à Galal, à Sahrosa, à Sakalga, k Karti (Korté), à Mahat, à Artinaï, à Nahana, à Pkimaton, à Pnoubs.

Gebel'Barkal.

Salle historique de l'ouest. 63

loi. — Granit noir. — H. o™ 3 1.

Tête mutilée du conquérant éthiopien Taharqou, le Tahrakah de TEcriture — XXV dyn.

Acheté à Louxor.

Page 1