LA SALLE GRÉCO-ROMAINE ET LA SALLE HISTO- RIQUE DE L'EST
§ I. — Salle g^éco- romaine.
On s^étonnera peut-être de rencontrer à Boulaq fort peu de monuments d'époque grecque, romaine et byzantine. Mariette, préoccupé, et à juste titre, de rassembler les éléments d'un musée pharaonique, négligea de partie pris tout ce qui était postérieur à rinvasion d'Alexandre, et se borna à recueillir les objets des bas temps que le hasard des fouilles jetait entre ses mains. J'ai pensé qu'un musée égyptien ne serait pas complet s'il ne nous menait jusqu'au moment de la conquête musulmane, et ne nous donnait pas les moyens d'étudier l'Egypte des Grecs, des Romains et des Césars byzantins, même l'histoire du christianisme égyptien, comme l'Egypte des dynasties nationales. Trois années de recherches m'ont déjà permis de décupler le nombre des inscriptions grecques, latines, coptes, et de former la précieuse collection de terres cuites Alexandrines et d'objets en bronze que renferment nos vitrines. Les séries sont encore bien pauvres et le visiteur ne doit pas s'attendre à y rencontrer des chefs d'œuvre analogues à ceux qu'il a pu voir dans les musées de l'Europe. J'espère qu'elles se compléteront rapide-
Salle gréco-romaine. 353
ment et deviendront assez riches pour ne pas déparer le reste du Musée.
5400. — Calcaire blanc. — H. 2'" 22;
krg. o"™ 78; ép. o^ 40.
Stèle brisée par le milieu. Elle porte un décret rendu dans la ville de Canope, en Thonneur de Ptolémée Evergète I^r^ par les prêtres rassemblés dans cette ville, pour célébrer Tanniversaire de la naissance du roi et son couronnement. Le culte du roi et de la reine Bérénice est consacré par des fêtes annuelles et par des fondations pieuses, afin de perpétuer à jamais le souvenir de leurs bienfaits, et rassemblée décide que des copies du décret seront déposées dans tous les temples importants de TEgypte, en hiéroglyphes, en démotique et en grec.
Les ruines nous ont rendu jusqu'à présent trois exemplaires de ce décret. Le plus anciennement connu provient du Caire, où il servait de seuil à la mosquée de Témir Kour : il avait été transporté, soit de Memphis, soit d*Héliopolis, et se trouve, aujourd'hui au Musée du Louvre (C 122). Le second a été déterré à Tanis, en 1866, et signalé par M. Gambard au docteur Lepsius, puis à MM. Reinisch et Rôssler, qui en publièrent aussitôt la partie hiéroglyphique et grecque : le texte démotique, gravé sur la tranche de gauche, ne devint visible qu'au moment où le monument fut transporté à Boulaq. Le troisième exemplaire a été découvert à Tell-el-Hisn, à l'occident du Delta, en 1881, et porte au musée le no 5402. — Ep. ptolémaîque. Tanis,
354 ^^'^^ gréco-romaine.
540X. — Calcaire compact. — H. 2"^ 03;
larg. o™ 90.
Autre exemplaire du décret précédent, mais d'une exécution plus soignée. Il porte, de plus que l'exemplaire de Tanis, un tableau où la famille royale est représentée en adoration devant les dieux de TÉgypte. Le texte démotique est inséré à sa place entre le texte hiéroglyphique et la version grecque. — Ep. ptolémaïque. TelUel-Hisn.
Quelques-unes des personnes qui visitent le Musée désireront peut-être appliquer sur ces monuments la méthode qui a permis à ChampoUion de retrouver l'alphabet hiéroglyphique. Elles observeront d'abord que l'inscription grecque, dont la rédaction est, du témoignage même des scribes qui nous l'ont conservée, identique à celle du texte hiéroglyphique,, contient un certain nombre de noms royaux, Ptolémée, Arsinoé (L. i), Alexandre et Arsinoé (L. 2)^ Bérénice (L. 8). La version égyptienne enferme ces noms propres dans l'espèce d'enroulement qu'on appelle cartouche dDI ' il faut donc rechercher d'abord quel cartouche égyptien répond à chaque nom de roi grec. Supposons, comme semble l'indiquer bien nettement la teneur générale du protocole, que les deux premiers cartouches de la première ligne hiéroglyphique répondent au nom de Ptolemaios. Us
ont l'un et l'autre une partie commune Jp ]
1, qui, décomposée lettre à lettre, nous donnera
= P, û = r, ^ = O, J&fi. == L, /= = M,
=s AIO ou bien / tout seul, 1 = 5. Le troisième
nom grec Aîexandros renferme L et 5 comme celui de Ptolemaios. Si les valeurs fournies par le déchiffrement sont justes, la quatrième lettre du nom Ptolemaios^^^, que nous avons assimilée à L, doit occuper la seconde place dans celui d'Alexandros.
(I y^ I ^^(J^^> * cil® se trouve en effet à la
place voulue. Nous devons donc admettre que le déchiffrement du nom de Ptolémée est exact, et, appliquant la même méthode au nom d'Alexandre,
nous obtiendrons plusieurs valeurs nouvelles (1 = ^,
25 I = -Xi et, par suite, JJ = AT, puisque la finale
S de Ptolemaios nous a déjà livré le son de 1^
= Aj A^^AAA = N, < ^'"*°^ = Z), ^ — ^ = Rj
-H — = S, Poursuivant l'épreuve sur les noms d'Arsinoé et de Bérénice, nous reconnaîtrons dans le
cartouche [1 ^^. des lignes i et 4,
CT ^ M ® ^^ ^® ^* ^*^"® ^' °"^® plusieurs
lettres déjà connues, 1^ — h— ^ «m^^ ^^) ^"""^ ^
J^ la valeur nouvelle R de J^^, qui, dans les noms de Ptolémée et d'Alexandre, sert à traduire L du
Grec, et les signes -<2>* =JLÇNJj ^ = J5, \J = N.
Réunissant les données de ce premier déchiffrement, nous composerons un alphabet rudimentaire :
fflP = -1
qui nous révèle déjà les particularités principales du système graphique égyptien : 10 la faculté de supprimer les voyelles, pourvu qu^elles ne commencent pas le mot, Alexandros est écrit ALKSAANDRS, Ptolemaios, PTOLMIS, Bérénice, BRNIKA, Arsinoé, ARSINÂ; 20 remploi de plusieurs signes pour un
même son ou homophonie, (1^ ^^. pour A, aa^^aa
\l pour iV, <II>, -S:^ pour iî, I, —m — pour S;
30 la faculté de rendre plusieurs sons par un même signe ou polyphonie, .^21^ transcrit indifféremment i^ et L du Grec. Dans ce cas cependant la polyphonie n'est qu'apparente : l'égyptien antique ne distinguait pas entre les articulations L et R, et les rendait par des signes dont la prononciation devait se rapprocher très sensiblement de celle de notre R grasseyée.
Le déchiffrement a été fait pour la première fois sur la célèbre pierre de Rosette, qui, trouvée en 1799
Salle gréco-romaine. 357
par un commandant du génie français, est aujourd'hui au British Muséum. L'examen des cartouches gravés sur nos deux stèles suffit à prouver aux simples curieux jusqu'à quel point est fondée la prétention qu'ont les Égyptologues de lire couramment les textes hiéroglyphes.
Les stèles placées le long des parois, à droite et à gauche des deux copies du décret de Canope, appartiennent toutes aux dernières époques de l'antiquité égyptienne, et marquent la transition entre le paganisme qui s'en va et le christianisme qui arrive. En les examinant, on reconnaîtra aisément les progrès lents, mais certains, de la décadence dont les diverses dominations étrangères frappèrent les arts, les croyances et l'écriture de l'Egypte. Dès la XXVI® dynastie, l'introduction par Psamitik 1er des mercenaires ioniens et cariens força les sculpteurs à graver sur leurs stèles des inscriptions et des figures jusqu'alors inconnues. Le musée de Boulaq ne possède qu'un seul monument mixte de cette époque :
5426. — Calcaire. — H. o"^ 2 7 ; larg. o"^ 2 1 .
Le roi Apriès présente l'offrande à Phtahsokarosiris dans son naos. Une inscription carienne, jusqu'à présent demeurée incompréhensible, commence dans le cintre au-dessus de la tête du dieu, et se termine à droite derrière le roi (cfr. Salle du Centre, Vitrine A, no 2576, p. 182). — XX VP dyn.
Sérapéum.
La domination persane n'a de même laissé qu'un seul monument au Musée :
35^ Salle gréco-romaine.
5492. — Calcaire. — H. o™ 58 ; larg. o™ 40.
Stèl& carrée en forme de naos. Sur la frise, le disque solaire étend ses ailes : il est répété au-dessus de la porte. Dans Tintérieur du naos, sur un piédestal, est représenté, à droite, un dieu habillé à l'asiatique et coiffé de la haute mitre syrienne, mais
tenant à la main le sceptre 1 des dieux égyptiens :
il est debout sur un lion passant et reçoit Toffi-ande d'un personnage, qui, juché sur un tabouret fort haut, arrose de libations un petit autel. Sur la tête du dieu plane le disque solaire combiné avec le croissant de la lune ^ ; deux autres croissants lunaires sont dessinés à droite et à gauche, et, au - dessus, deux oreilles, emblèmes du dieu qui écoute la prière du fidèle. Aucune inscription ne nous révèle le nom de la divinité ni la date exacte du monument. — Ep. persane. Basse-Egypte.
L'époque grecque nous a donné outre les deux décrets de Canope (nos 5400, 540 1), plusieurs autres textes officiels :
5447. — Calcaire compact. — H. i"™ 20;
larg. o"^ 50.
Décret bilingue en hiéroglyphes et en grec, malheureusement illisible. — Ep. ptolémaïque.
Alexandrie.
5576. — Calcaire. — H. i ™ 2 7 ; larg. o"™ 5 1.
Décret rendu Tan XXIII de Ptolémée V, le 24 de Gorpiaeos, qui répond au 24 du quatrième mois de
Saile gréco-romaine. 359
Pîrit, par les prêtres des temples d'Egypte réunis en synode. L'ordre avait été donné de le rédiger en grec, en hiéroglyphes et en démotique, comme c'avait été le cas pour les décrets de Rosette et de Canope, mais notre stèle ne porte que la version hiéroglyphique. Peut-être, les textes grecs et démotiques étaitil transcrit chacun sur une stèle isolée; peut-être le temple où était déposé notre exemplaire se trouvait-il dans une localité où on ne trouvait pas de graveurs sachant le grec. Cette dernière hypothèse est d'autant plus vraisemblable que la stèle est laide d'aspect et de travail. — Ep. ptolémaïque.
Damanhour,
Un grand nombre de ces textes sont rédigés purement en grec et ont été consacrés par des Grecs en l'honneur de leurs dieux nationaux ou des dieux égyptiens identifiés avec leurs dieux nationaux :
5409. — Calcaire compact. — H. o^^ 25 ;
larg. o™ 28.
Plaque votive consacrée aux dieux de Samothrace par Apollonios de Théra, fils de Sosibios, chef des postes échelonnés le long de la côte égyptienne, pour avoir échappé par leur entremise aux périls d'une traversée sur la Mer Rouge. — Ep. ptolémaïque.
Qouft.
5466. — Marbre blanc. — H. o"» 65 ; larg.
om 64. — (Mariette, Mon, Div.y pi. 44.)
Reste d*une liste de citoyens de Memphis qui avaient élevé dans le temple de Phtah un monu-
360 Salle gréco-romaine.
ment en Thonneur d'un haut personnage. — Ep. pto* lémaïque. Mit-Rahinéh.
5551. — Basalte noir. — H. o^ 60.
Petite colonne brisée par le milieu dans le sens de la longueur, et qui devait se dresser à rentrée de l'un des temples de la ville grecque de Ptolémaïs^ dans la Haute-Egypte. Elle porte un tarif malheureusement mutilé; il prescrivait les purifications que devaient accomplir, avant de pouvoir entrer dans le temple, les femmes qui avaient accouché d'un enfant mâle, celles qui avaient avorté, etc. D'autres règlements conçus dans le même esprit, s'appliquaient aux hommes. — Ep. ptolémaïque. Menshiéh,
A l'époque romaine, les textes officiels bilingues et les épitaphes de style égyptien deviennent de plus en plus grossiers. Non - seulement le sculpteur sait à peine tracer les figures et les hiéroglyphes, mais les représentations de divinités perdent de plus en plus leur caractère : on dirait la caricature voulue des formes de l'époque pharaonique.
5484. — Grès. — H. o^^ 54; larg. o"^ 53.
Dans le cintre, plane le disque ailé. Au milieu du premier registre, sous le disque, Harpocrate est accroupi entre deux touffes, l'une de lotus, l'autre de papyrus, emblèmes du Midi et du Nord; à droite, Bes danse en jouant de la harpe, à gauche une grande urœus est lovée. Le second registre est occupé par un tableau assez compliqué. Au centre de la scène, Hor se tient debout coiffé du pskhent. Il est flanqué
Salle gréco-romaine. 361
à gauche de Sérapis et d'Isis, qui tiennent chacun par une main un enfant debout entre les deux; à droite de Râ et d*Anhouri, au-dessus duquel vole un épervier. Tous ces dieux lèvent la main droite, comme pour percer de la lance les animaux malfaisants, une gazelle, un lion, un serpent, un crocodile, placés sous eux au troisième registre. Pas d'inscription.
Cette stèle est évidemment une variante des stèles qui représentent Hor sur les crocodiles {Salle du centre, no 1841, p. 191 — 192). Ce qui lui donne un certain intérêt, c'est l'extraordinaire barbarie du style et Taspect des personnages. Les dieux sont représentés de face et déguisés à la romaine. Hor porte avec le pskhent une sorte d'habit de centurion romain; Sérapis a le boisseau sur la tête; Isis a la tunique alexandrine. — Ep. romaine.
5534- — Grès. -— H. o«^ 51 ; larg. o"» 35.
Au premier registre l'empereur Tibère fait l'offrande à Harpochrate et à Isis de Coptos. Au-dessous du tableau, deux lignes d'hiéroglyphes nous apprennent que l'empereur a érigé ce monument à Sib, dans le temple de Coptos ; et une inscription grecque en trois lignes raconte que la dédicace a eu lieu en l'an XVIII de l'empereur, le 1 1 d'Epiphi par les soins de Parthénios, fils de Panis. — Ep. romaine. Qouft.
5547- — Gr^s. — H. o"^ 44; larg. o»" 33.
Vers l'époque d'Hadrien, le goût du style égyptien se répandit dans tout l'empire. Le Louvre et les musées de Rome possèdent des objets de style pseudoégyptien, provenant de la ville de Tivoli; le musée
362 Salle gréco-romaine.
de Turin a la fameuse Table Isiaque. Ces monuments ont. été fabriqués en Italie : la stèle no 5547 est un spécimen, unique jusqu'à présent, d*un monument de style pseudo-égyptien fabriqué en Egypte.
Elle provient de Bubaste et faisait Tomement de quelque maison romaine. Au premier registre, quatre rois et reines sont assis deux à deux, devant une table d'ofïrandes, à droite Thoutmos III et une princesse Miamounhiqon, à gauche Séti 1er et Harmhabi : on dirait que le sculpteur a eu pour modèle une de ces stèles, où les artistes de Tépoque thébaine représentaient Amenhotpou I^i* et les princes de sa famille, recevant Thommage des domestiques de la nécropole. Au second registre, il a reproduit une scène 'fréquente dans les peintures des tombeaux : à droite, un bouquetin broute un buisson, à gauche, uti autre bouquetin court, poursuivi par un chien. Le tableau est encadré entre deux uraeus et surmonté d'une légende maladroitement gravée qui renferme un cartouche peu lisible. — Ep. romaine. Telî'Basta.
Les Romains nous ont légué peu de monuments de leur domination conçus en langue latine : la langue officielle était le grec même de leur temps. Notre musée n'a jusqu'à présent que cinq épitaphes latines :
5452. — Marbre blanc. — H. o"^ 50; larg.
Plaque carrée, brisée par le haut sur la gauche. Une femme est couchée sur un lit : c'est Aurélia Aquillia à qui ses parents ont dressé ce monument — Ep. romaine. Alexandrie.
Salle gréco-romaine. 363
5495. — Marbre grès. — H. i™ 09. —
(Mariette, Mon, Drv., pi. 55.)
Dans la partie supérieure, Aurelîus Alexander, Macédonien, c'est-à-dire Alexandrin, de naissance et porte-drapeau dans la Légion II Trajana fortis, est debout entre deux étendards. L'inscription gravée au-dessous nous apprend, outre le nom, Tàge, les titres et les services du défunt, que ce monument lui a été érigé par son affranchi et héritier Aurelius Heliodorus. — Ep. romaine. Alexandrie,
5512 et 5514. — Marbre blanc.
Le no 5512 est intact (H. om 57; larg. om 33); le no 5514 a perdu la partie supérieure (H. om 55; larg. cm 43). L'un et l'autre représentaient un* légionnaire romain, tête nue, vêtu du manteau et de la tunique serrée à la taille par une ceinture, la main gauche appuyée sur un bouclier rond, la main droite tenant les deux lances liées ensemble. Le no 5512 représente Aurelius Sabius, le no 5514 Pompeius Verinus, tous deux soldats de la Légion II Trajana fortis. — Don de l'Institut égyptien. Alexandrie,
Peu à peu cependant, le christianisme prenait le dessus. Quelques stèles, qui appartiennent probablement à l'époque où la religion nouvelle n'était pas encore arrivée à son plein développement, portent des représentations où des éléments empruntés aux deux cultes semblent se mêler. Je crois que la comparaison des trois pierres no 5428, 5429 et 5538, permettra au visiteur de constater ce fait.
5538. — Grès. — H. o"^ 35; larg. o»" 37.
Sous un naos, dont la frise est couronnée d'uraeus, un homme est à demi couché sur un lit funéraire à dossier relevé : deux éperviers, emblème d'Horus, sont perchés sur le rebord du dossier, au-dessus des pieds du personnage. Cette stèle est entièrement païenne. — Ep. romaine.
5429. — Calcaire. — H. o"^ 60 ;4arg. o™ 40.
Ici le mort est couché sur le lit, et enveloppé du drap funéraire jusqu'à mi-corps. Une femme est debout derrière le chevet et cinq personnages sont rangés dans le fond : les deux premiers, à droite, semblent s'arracher les cheveux, et les trois derniers, les mains croisées sur la poitrine, paraissent veiller le mort avec recueillement. La scène de lamentations païenne est combinée ici avec une représentation chrétienne : les trois personnages ont succédé aux dieux éperviers de la stèle précédente, et sont des anges. — Ep. romaine.
5428. — Calcaire blanc. — H. o"^ 56; larg. o"™ 39.
Le caractère chrétien prédomine complètement dans la scène qui couvre cette stèle. Les deux pleureurs ont disparu, et il ne reste plus que la femme debout au chevet du lit. Les trois personnages occupent tout le fond du tableau; ils ont des ailes déployées qui ne laissent subsister aucun doute sur leur espèce. — Ep. romaine.
On sait que le paganisme, proscrit à partir de Théodose, subsista officiellement à Philae, jusque dans les dernières années du règne de Justinien. Là,
Salle gréco-romaine. 365
sous la protection des Blemmyes, des prêtres de race mêlée, ignorant les hiéroglyphes, prolongèrent le culte d*lsis et d^Osiris. Chaque année, aux grandes fêtes, des pèlerins venus des régions voisines affluaient aux temples, et, leurs dévotions faites, laissaient derrière eux, en souvenir, le dessin de deux pieds humains et des graffiti grossiers, où ils mettaient leur nom et la date de leur passage. Plusieurs de ces ex-votos avaient été déjà expliqués par Letronne {Recueil des Inscriptions Grecques et Latines de r Egypte f t. 11, p. 198, sqq.). J*ai retrouvé, dans les ruines d^une petite chapelle chrétienne, construite avec les débris d'un temple païen, trois autres ex-votos (nos 5496, 5497, 5498), tracés par des dévots de la famille que Letronne avait fait connaître : le principal, celui de Smît Âkhatîs (no 5498), est daté de Tan 472 après notre ère. Tout misérables qu'ils sont, il faut les regarder avec un certain respect : ils marquent la fin de Tantique Egypte.
Le christianisme triomphant ne tarda pas à remplacer les scènes fiméraires qui couvraient les stèles païennes, par des représentations plus analogues aux idées qu'il se . faisait sur la vie présente et la vie future. Un porche d'église, arrondi ou surmonté d'un fronton triangulaire, se substitua au naos des divinités égyptiennes. Sous le porche, on grava soit l'image du défunt ou d'un saint, soit une croix, soit une décoration mystique, une rosace, une série d'ornements géométriques.
5438. — Calcaire. — H. o"^ 42 ; larg. o^ 28.
Sous le porche, un personnage debout, les bras
$66 Salle gréco-romaine.
levés. A droite et à gauche, un commencement d*épitaphe grecque. Le nom n'a pas été gravé. — Ep. byzantine.
5438. — Calcaire. — H. o"' 78 ; larg. o"^ 34.
Le fond du porche est occupé par une rosace.
Au-dessus, épitaphe grecque d*Apa 01 (r), fils de Justus, mort en Tan 695, au moment où TÉgypte était déjà depuis plus d'un demi-siècle entre les mains des Arabes. — Ep. musulmane. Daman hour.
La plupart du temps les stèles de ce type ne portent aucune inscription. Il est à regretter qu'on n'ait pas songé plus tôt à les recueillir : elles présentent une grande variété de détail et offriraient à un architecte un sujet d'étude. Toutes les façades d'églises byzantines qui existaient en Egypte ont été ou détruites par les Musulmans ou remaniées par les chrétiens coptes : nos stèles fourniraient des éléments précieux pour une restitution du style particulier à l'Egypte chrétienne. Peut-être même y trouverait-on quelques indications utiles pour l'histoire de l'art occidental.
5437. — Calcaire. — H. o"> 70; larg. o^ 43.
Grande croix sous un porche triangulaire. — Ep. byzantine. Taoud,
5440. — Calcaire. — H. o™ 30; larg. o"™ 25.
Sous un porche triangulaire très orné, St Geoi^ à cheval perce un animal indistinct qui paraît être le dragon. — Ep. musulmane. Louxor.
5441. — Calcaire. — H. o^ 50 ; larg. o"» 59.
Salle gréco-romaine. 367
Sous un porche en cintre surbaissé, six enroulements disposés trois par trois sur deux rangs. — Ep. musulmane. Karnak,
5442. — Calcaire. — H. o"> 38 ; larg. p"™ 35. Deux animaux debout sont affrontés sous le porche. ■— Ep. musulmane. Louxor,
5445. — Calcaire. — H. o"^ 48 ; larg. o»« 39.
Un homme paraît chasser un animal mutilé qui pourrait bien être un lion. La scène se passe sous un porche en plein cintre. — Ep. musulmane.
Karnak,
Cependant, au fur et à mesure que s'effaçaient les dernières traces du paganisme, la langue grecque qui, dans les derniers temps, avait été la langue païenne par excellence, disparaissait avec elles. Les gens des classes inférieures et moyennes ne parlaient qu'égyptien : ils s'habituèrent à rédiger leurs épitaphes en leur langue maternelle écrite avec l'alphabet copte, c'est-à-dire avec l'alphabet grec augmenté de quelques signes. J'ai réussi à rassembler une quarantaine environ de ces épitaphes et à former un commencement de musée copte épigraphique, le seul qui existe jusqu'à présent. Quelques-unes de ces épitaphes présentaient des développements littéraires dont les éléments sont empruntés aux Livres Saints : la seule de ce genre que nous possédions est malheureusement très mutilée (no 5451). D'autres consistent surtout en une liste de saints personnages sous l'invocation desquels on plaçait le défunt.
368 Salle gréco-romaine.
5468. — Calcaire. — H. o"^ 95 ; larg. o*" 40.
Epitaphe du vénérable Apa Jérémie. «O père, ô » fils, ô Saint-Esprit ! Apa Jérémie, Apa Enoch, Saint » Michel, Saint Gabriel, Sainte Marie, Ama Sibylla, » notre père Adam, notre mère Eve (Zoë), Apa Apolo, »Apa Phib, Apa Anoup, Apa Makare, Apa Paul de »Dammah, Apa Pshoïniérémias, Apa Sourous, Apa V Moïse et ses frères, vous tous ô saints, prenez en » affection l'âme d'Apa Jérémie, mort le 16 de Tobé.»
— Ep. musulmane. Abydos,
Le plus souvent ce n'est qu'une simple formule très sèche : « J. G. — Jour de commémorer le bien- » heureux X, qui s'est reposé le X du mois X, de » l'indiction X. année de l'ère de Dioclétien X.» Toutes les stèles de ce genre que nous possédons ont été publiées par M, Urbain Bouriant, conservateur adjoint du Musée {Recueil de Travaux, 1883, p. 60 — 70). Elles proviennent pour la plupart de deux cimetières de monastère, découverts en 1882 et 1883, l'un à Karnak, l'autre à Assouan. Ge dernier nous a fourni à lui seul une vingtaine d'épitaphes, dont les titres divers nous permettent de reconstituer en grande partie le personnel attaché aux monastères de l'Egypte. Les deux plus importantes sont :
5416. — Grès. — H. o"^ 49; larg. o"^ 40.
— (Bouriant, Recueil^ p. 69 — 7^0
Épiiaphe du bienheureux Pousi (noircei), évèque de Phils et premier père de ce monastère. La date manque et c'est malheureux, car elle nous aurait appris et l'époque de la fondation du monastère situé
Salle gréco-romaine. 3^9
près d'Assouan, et la place qu'occupait l'évêque inconnu Pousi dans la série des évêques de Philae. Comme la plupart des épitaphes provenant de ce monastère portent des dates des ans 724^ 726, 729, etc., de notre ère, il est probable que Pousi a dû vivre et mourir dans la première moitié du huitième siècle. — £p. musulmane. Assouan.
^^^8. — Grès. — H. o"™ 26; larg. o^ 26.
Fragment de Tépitaphe du bienheureux Abba (Jo8e)ph, évêque, probablement de Philae. D'après le style des caractères, Joseph devait vivre vers le même temps que Pousi. — Ep. musulmane.
Assouan.
Au mois de février 1883, en déblayant le tombeau où se trouvait le sarcophage de Tagi {Salle de l'Ancien Empire, p. 223, no 1053), je découvris que les chrétiens l'avaient transformé en église, vers leV* siècle de notre ère, pour le compte d'une des nombreuses laures établies sur les versants de la vallée de Déïrel-Baharî. Le couloir du fond fut bouché, le couloir d'entrée prolongé par deux murs de briques, de manière à former avec la chambre d'entrée du tombeau ancien une véritable croix grecque. On y descendait par un petit escalier de quatre marches : de chaque côté du bras d'entrée comme des bras transversaux, les murs étaient décorés de grandes stèles en terre battue, arrondies au sommet, recouvertes d'un lait de chaux, sur lesquelles des moines pieux et instruits avaient écrit à l'encre rouge des sentences des pères, St Cyrille, St Basile, des professions de foi, des sermons entiers, pour la plupart traduits du grec. J'ai
370 Salle gréco-romaine.
retrouvé les débris de trois de ces stèles avec des fragments de sermons sur la création, sur la divinité du Christ, sur la virginité de Marie, et une stèle entière que j'ai réussi à détacher de la muraille et à transporter au Musée :
5457. — Terre sèche blanchie à la chaux»
— H. i'" 30; larg. i^ 30.
Le texte est divisé en trois colonnes de largeur et de contenance inégale. Il renferme un sermon contre les hérésies, qui paraît être de St Basile, et se termine par la prière accoutumée en Thonneur de Tempereur et de sa famille. La première moitié environ était écrite sur une autre stèle, détruite aujourd'hui. Sur le cadre de la stèle, le même moine avait copié un second sermon : j'ai rétabli, à l'endroit où se voyaient les traces d'écriture, un fragment appartenant à une autre stèle, pour montrer au visiteur quelle était la disposition de l'ensemble.
— Ep. byzantine. Détr-el-Baharî.
Dans le fond de la nef, des graffiti, tracés à l'encre noire et à l'encre rouge, nous apprennent que l'église était consacrée à St Epiphane. Le grec et le copte sont les deux langues employées d'ordinaire : la laure renfermait cependant quelques moines d'origine syrienne, car j'ai relevé deux graffiti d'écriture araméenne, tracés en lignes verticales. L'un d'eux était fort mutilé; le second, détaché avec soin et conservé au Musée {Salle gréco-romaine, Cage BE, d9 5650), renferme l'Oraison Dominicale.
Les sépultures et les momies se modifient en même
Salle gréco-romaine. 371
temps que les stèles et de la même manière. Au début de Tépoque grecque, les momies sont encore préparées avec un certain soin. Sans doute, Tembaumement n^est plus aussi bien fait qu'aux époques pharaoniques : le corps était plongé dans un bain de bitume qui le pénétrait, et les bandelettes, placées avant que le tout ne fut refroidi, sont souvent carbonisées presque jusqu'à la surface. Mais Téquipement extérieur du cadavre est plus complet et plus joli peut-être qu'il n'avait jamais été. Quatre bons spécimens de momies gréco-romaines sont exposées dans les vitrines dressées contre les piliers.
La momie appartenait à une femme; toutes les pièces de son armure sont intactes et maintenues en place par des bandelettes^ Le visiteur reconnaîtra chacune des pièces qu'il a déjà vues isolées dans les autres salles : le masque dor^, aux lèvres et aux narines roses, aux yeux grand ouverts qui lui donnent un aspect mutin (cfr. Salle funéraire, Armoire AE, no 441 1), le collier ouoskh (cfr. Salle du centre. Armoire M, no 1204, p. 141— 142), les bandes placées sur les cuisses et qui contiennent une prière avec le nom du défunt (cfr. Salle du centre, Armoire M, no 1277); le cartonnage sur lequel sont peints les pieds et les sandales (cfr. Salle du centre, Armoire M, no 1246, p. 143). Toutes ces pièces sont couvertes de dessins exécutés avec le plus grand soin^ et l'ensemble a je ne sais quoi de gai et de gracieux,, qu'on n'est pas accoutumé à rencontrer sur un cadavre. — Ep. grecque. Saqqarali,
Momie de Horiris (?), née de Tershou. Elle est de même style que la précédente; mais les cartonnages sont collés au maillot, au lieu d'y être attachés par des bandelettes. — Ep. grecque.
Saqqarah.
Les cartonnages sont dorés et non peints : le nom a été laissé en blanc. Les pieds ont été dévorés par les rats qui infestaient jadis le Musée. — Ep. grecque. Saqqarah.
Le masque est revêtu d'un or si brillant que les visiteurs ont peine à le croire ancien. La momie est celle de Peteharpokhrate, fils de Psamitik : elle est enveloppée d'un cartonnage à fond rouge, sur lequel est peinte en* bleu l'imitation d'un réseau de perles, analogue à celui de la momie thébaine exposée dans la Salle du centre (n» 3967, p. 189). — Ep. grecque. Saqqarah,
Les cercueils dans lesquels ces momies étaient ^informées sont généralement en bois et d'un type assez grossier : rien n'est plus lourd, par exemple, que le sarcophage dans lequel nous avons trouvé la jolie momie thébaine de Trîpi {Salle du centrCy no 3967, p. 189). Quelques-uns d'entre eux ne sont en bois que l'imitation des belles cuves en basalte, en granit et en calcaire, dont nous avons exposé de beaux spécimens dans les deux vestibules (cfr. p. 27).
Salle gréco-romaine. 373
5611. — Bois bruni. — H. 2^,
Sarcophage de Psamitik, fils de Sitbonit. — Ep. grecque. Saqqarah,
5612, — Bois bruni. — H. 2^ 10.
Sarcophage d*Hariou, fils de la dame Tattiosiri. — Ep. grecque. Saqqarah.
5617. — Bois peint. — H. 2^ 10.
Sarcophage peint en noir : la figure en rose, avec les yeux noirs. Les légendes tracées à Tencre rouge sont illisibles. C'est un spécimen presque unique de ce qu'était le travail des fabricants de cercueils dans la Moyenne Egypte, vers la fin de l'époque grecque et le commencement de l'époque romaine. Il a été trouvé, en 1881, lors des travaux entrepris par la compagnie des eaux pour établir des réservoirs dans la montagne qui domine Siout. — Ep. gréco-romaine.
Siout.
Le style va en se déformant de jour en jour, et, vers l'époque des Antonins, on ne trouve plus guères, en fait de cercueils à type humain, que des caisses du genre de celles qui sont exposées sous les nos ^501 et 5503 (H. im 92 et im 82) et qui proviennent de Meydoum. Les caisses rectangulaires en bois, avec couvercle plat ou voûté, moins difficiles à faire, conservent plus longtemps l'apparence soignée des belles époques. Ils procèdent ordinairement des grands sarcophages en pierre de la fin de l'époque saïte (cfr. Cour, nos 6013, 6014 et 6015, p* 9— n), et représentent, comme eux, des scènes tirées du Livre de savoir ce qu*il y a dans l'enfer. Toutefois, comme
374 Salle gréco-romaine.
les cuves en bois offrent moins de surface que les cuves en granit et en basalte, l'ouvrier s'est contenté d'y reporter des extraits fort courts de ce livre, ou simplement les figures et les noms des douze heures du jour et de la nuit, à travers lesquelles passaient le défunt et la barque du soleil.
5605. — Bois. — H. o*" 43; long, i"^ 82; larg. O"» 55.
Cercueil de Sokhnhapi : couvercle plat. Sur les faces sont tracées les images des génies de l'autre monde. Le travail des hiéroglyphes et des figures est rapide, mais fort hardi d'exécution. La jolie momie qu'il renferme aujourd'hui (no 5606) à la place de la momie originale, a perdu ses pieds et n'a plus de nom (H. im 50) : les cartonnages en sont d'une fraîcheur et d'une finesse admirables. — Ep. grecque.
Saqqarah.
5607. — Bois. — H. o"™ 42; long, i"* 89; larg. G"™ 41.
Cercueil de la dame Terbasti, fille de Tattiosiri : couvercle plat. Sur les quatre faces, les douze heures •de la nuit tracées à l'encre par une main habile. On y a déposé une jolie momie d'enfant (no 5608, long, im 05) d'un type assez rare. Elle est dorée des pieds à la tête : au lieu du masque, elle avait, comme les momies de la famille de Soter au Louvre, une plaque en bois mince sur laquelle était peint à l'encaustique le portrait de l'enfant. La main gauche ramenée sur la poitrine tient une figure d'oiseau,
Salle gréco-romaine. 375
probablement un moineau familier qui avait appartenu au petit mort. — Ep. gréco-romaine.
Saqqarah et Thèbes,
5610, — Bois. — H. O^ 92; long, i"» 98; larg. o^ 50.
Les légendes sont tracées à Tencre et presque entièrement effacées : on distingue encore le nom et les images des heures du jour et de la nuit. Couvercle plat. — Ep. gréco-romaine. Saqqarah.
D!autres procèdent des sarcophages thébains carrés de répoque saïte, et présentent, comme eux, un couvercle en dos d^àne intercalé entre quatre montants droits :
5575. — Bois. — H. o»" 54; long, i"^ 351 larg. o"* 518.
Sarcophage de la dame Isioîri, allé de la dame Tamoun : les légendes sont tracées à Tencre dans une bande plate, ménagée au sommet du couvercle. — Ep. grecque. Sheîkh Abd-el-Goumah,
A côté de ces formes communes, les fouilles nous rendent de temps à autre des cercueils d'un modèle nouveau. Tel est le no
5609. — H.oï"92; long. i"™98; larg. o"^ 50.
Sur une caisse rectangulaire repose une sorte de toit pointu, servant de couvercle au cercueil. Dans Tespèce de pignon triangulaire qui se dresse aux deux bouts étaient encadrés des bas-reliefs en stuc peint, représentant des sirènes aux ailes et aux pieds d'oiseaux : l'extrémité de chacun des montants était
376 Salle gréco-romainc.
orné d^une petite tête en stuc moulé et peint. Ces pièces délicates ont été détachées et sont exposées dans la Cage BF, nos 5709, 5710, 571 1. Le cercueil n*a plus gardé de sa décoration première qu'une bande d'ornements en forme de méandre, moulés en relief, peints rouge, blanc, bleu, vert, et appliqués en frise le long des parois de la caisse rectangulaire. Beau travail grec de Tépoque ptolémaïque.
Sérapéum,
Pendant les derniers temps du paganisme, et dans le Sud de TÉgypte, on substitua aux cercueils en bois des caisses en terre cuite dont le couvercle 'garde encore la forme de momie. En creusant une tranchée, sur la petite voie ferrée qui réunit Assouan au petit village de Shellâl en face de Philae, les ouvriers découvrirent (1881) un certain nombre de ces cercueils ; les ingénieurs recueillirent les fragments de deux d'entre eux, qui sont exposés sous les nos 54^5 et 5456.
5455. — Terre cuite. -— H. o"^ 37; long.
I"™ 52; larg. o"> 47.
Le couvercle est brisé en plusieurs morceaux : la cuve intacte est trop étroite pour avoir contenu autre chose qu'un cadavre d'enfant. — Ep. byzantine.
Assouan.
5456. — Terre cuite. — H. o"» 54; long.
Partie supérieure d'un couvercle de même style. Deux petites pelotes de terre, placées gauchement
Salle gréco-romaine. 377
sur la poitrine, montrent que le cercueil appartenait à une femme. — Ep. byzantine. Assouan,
L'art de préparer les momies dura plus longtemps que celui de fabriquer les cercueils, et quelques chrétiens se firent momifier à l'exemple de leurs ancêtres, au moins pendant les premiers siècles du christianisme. Mariette ne put sauver que deux des cinq momies chrétiennes découvertes à Saqqarah :
5613. — Toile et cuir. — Long, i*" 53.
Le corps est enfermé dans une enveloppe en toile et en cuir cousu, dont les attaches sont maintenues par des sceaux encore intacts. Sur la face supérieure est peinte à la détrempe la figure de la femme ensevelie. Le costume, la chaussure, les bijoux, sont byzantins et fort analogues au costume des mosaïques de Ravenne. Sur les genoux, à la place où étaient autrefois le nom du défunt et la prière à Osiris, sont estampées des figures où Ton reconnaît un mélange d'emblèmes chrétiens et païens, Tépervier d'Horus, un taureau, des figures nimbées, etc. — Ep. byzantine. Saqqarah,
5614. — Toile et cuir. — Long. 1^ 62.
Autre momie de même style. Le corps a disparu
et il ne reste plus que la partie supérieure du linceul, encore est-elle assez détériorée. Les trois masques, placés autour de la momie, proviennent de momies païennes des derniers temps : les têtes sont couronnées de fleurs et les yeux sont bordés de noir, pour imiter l'effet de la poudre d'antimoine. — Ep. byzantine. Saqqarah,
37^ Salle gréco-romaine.
Avant de quitter ce sujet funèbre^ je dois signaler les deux coffrets en calcaire nos 5453, 5454, et le sarcophage no 5574. Les deux coffrets proviennent d'Alexandrie et appartiennent à la catégorie de ce qu'on est convenu d'appeler des ossuaires : l'un d'eux (no 5453; H. cm 32; long, cm 89; larg. cm 38) porte sur le couvercle une inscription démotique illisible, l'autre (n© 5454; H. om 37; long, om 75; larg. o^ 33) n'a pas d'inscription. Le sarcophage mérite un examen détaillé :
5574. — Basalte noir. — H. o"^ 42 ; long, l"» 58; larg. o*" 78. — (Mariette, Mon. Dm., pi. 42 et 46.)
En 1871, M. Emile Brugsch-Bey, aujourd'hui conservateur du Musée, entreprit des fouilles à Tmaïel-Amdid, sur l'emplacement de l'ancienne Mendès, et y découvrit une demi-douzaine de sarcophages en basalte, où avaient été enterrés les béliers sacrés, incarnation d'Osiris, adorés dans cette ville. Un seul, malheureusement brisé, avait des inscriptions sur le couvercle : c'est le no 5574 de notre catalogue. La décoration est analogue à celle des grands sarcophages memphites (cfir. Cour y n^s 6013, 6014, 6015, p. 9 — II). La partie intacte nous montre le ciel du Nord, la partie brisée le ciel du Sud, représentés l'un et l'autre par une déesse Nout, dont le corps forme voûte au-dessus des douze heures du jour et de la nuit. A gauche, c'est-à-dire à l'Orient, le soleil enfant naît sous la surveillance de deux figures, qui paraissent être une image du temps éternel; à droite, et à l'Occident, il se couche et meurt entre
Salle gréco-romaine. 379
les bras des deux pleureuses d'Osiris, Isis et Nephthys. La partie de Tinscription encore lisible sur le rebord extérieur nous explique fort clairement le rôle que la théologie égyptienne attribuait au bélier sacré. Il s'appelait Biônkh, rftme vivante d'Osiris, et c'est sous ce nom que le texte s'adresse à lui : «O défunt Biônkh, après avoir embrassé ta mère, »tu te couches dans son sein; né, comme le soleil, »au cours de chaque jour, tu deviens enfant dans »rhorizon du Ciel; et tu te développes en Biônkh, »tu parcours le firmament comme Oni (Râ d'Hé- » liopolis), et tes formes sont stables sur terre, comme » ton père Râ au firmament, et les hommes ne ces- » sent de te contempler. Protégé par ta mère comme » ton père Râ, elle te cache comme elle fait le dieu » Khopri (le soleil naissant), et ses deux bras s'éten- » dent sur toi, pour que les vers ne paraissent point »dans le coffre où tu es, elle exerce sur toi Tac- » tion protectrice comme elle fait sur Râ et elle ac- » corde que ta terreur pénètre dans leurs cœurs». — Ep. ptolémaïque. Tmaï el-Aindid.
Les ruines nous ont livré jusqu'à présent peu de monuments des basses époques qui aient une valeur artistique incontestable ou qui aient une importance réelle pour l'histoire de l'art. Les uns sont entièrement grecs ou romains de style; les autres portent les traces de l'influence que les œuvres grecques exercèrent sur les sculpteurs de race et de tradition égyptienne. La collection de têtes en matières diverses qui occupe une paroi de la salle provient presque tout entière d'Alexandrie. Quelques-uns de ces fragments sont d'assez bon style, ainsi, la tête
d'enfant no 5517 (Calcaire blanc, H. om 21), la tète d'adolescent no 551g (Calcaire blanc, H. om 31), la tête de prisonnier germain ou gaulois no 5523 (Marbre blanc, H. ora 34), surtout la tête romaine no 5527 (Marbre noir, H. om 31, — San), Le petit bas-relief ^^ 5530 (Calcaire, H. om 16; long, om 27) qui représente Léda et le cygne est d'un travail barbare, et ne saurait guère être antérieur au Ille ou au I V^ siècle de notre ère. Les pièces principales sont :
5515. — Porphyre. — H. o"™ 65.
Buste d'empereur, probablement Maximien Hercule, l'associé de Dioclétien et le beau-père de Constantin. L'œuvre assez barbare n'a d'autre mérite que celui de la difticulté vaincue : la pierre dans laquelle elle est taillée est une des plus dures qu'on puisse rencontrer. — Ep. romaine. Alexandrie.
5531. — Basalte noir. — H. o"™ 50.
Buste d'homme nu, tête rase : les yeux rapportés sont en pierre et en ivoire. C'est comme une parodie du style égyptien des bonnes époques. — Ep. gréco-romaine.
5532. — Granit rose. — H. 2"^ 80.
Colosse représentant un roi macédonien, peut-être Alexandre II. La pose est celle des colosses égyptiens, mais l'agencement de la coiffure et le rendu des traits du visage sont grecs. L'ensemble est mou et sans vigueur et ne supporte nullement la comparaison avec les belles œuvres des dynasties thé-
Salle gréco-romaine. 381
baines (cfr. Salle historique de l'Est, no 600, la statue de Thoutmos III). — Ep. ptolémaïque.
Karnak,
5550. — Marbre blanc. — H. o^ 88.
Buste du dieu Nil, de beau travail alexandrin. Les mèches qui ombrageaient la face ont été abattues dans l'antiquité et ont laissé comme une couronne de stigmates sur le front. — Ep. romaine.
Alexandrie.
5558. — Granit noir. — H. o^ 52.
Statuette de Tlsis Alexandrine. La déesse, debout, tient à la main droite un lotus épanoui : la robe, plissée et serrée à la taille, fait saillir la gorge. Les yeux étaient incrustés, et sont vides aujourd'hui; les pieds manquent. C'est l'œuvre d'un sculpteur égyptien qui avait subi l'influence grecque. — Ep. romaine. Alexandrie.
5563. — Grès rougeàtre. — H. i "™ 40 ; larg.
o^ 66; ép. o"ï 34. — Don de M. Sabatier,
Consul-Général de France.
Bloc provenant d'un naos, dont la frise portait les cartouches de Psamitik 1er et de Shabako, alternés (XXVIe dynastie). Il fut employé dans la construction d'un portique à quatre entrées, et porte une longue dédicace grecque au nom des empereurs Valentinien, Valens et Gratien. Elle nous donne le nom de l'architecte Flavius Cyrus, et celui du préfet d'Egypte, Aelius Palladius.
5564. — Basalte noir. -- H. o"^ 86.
382 Salle gréco-romaine.
Statue découverte en 188 1, au pied du Kom eddamas. La tête maigre est un beau morceau, d'un travail un peu sec; le corps est assez gauchement taillé et hors de proportion avec la tête; les pieds manquent. Une longue inscription hiéroglyphique, gravée dans le dos, nous force à reconnaître que ce personnage, d'apparence exotique, est un scribe égyptien nommé Hor. Comme la statuette d'Isis (no 5558), cette statue est l'œuvre d'un sculpteur égj'ptien qui a subi fortement l'influence grecque. — Ep. grécoromaine. Alexandrie.
5565. — Granit rouge. — H. 1"^ 30; larg.
o"* 9 1 ; ép. o"* 7 1 .
Base quadrangulaire, portant une dédicace à Antinous l'illustre par un gouverneur de la Thébaïde. — Ep. romaine. Sheikh-Abadèh (Antinoé),
5566. — Marbre blanc. — H. i"™ 80.
Statue de dame romaine, probablement la femme d'un haut fonctionnaire impérial. Travail soigné, mais sec et sans ampleur. — Ep. romaine.
Tell-Mokhdam,
5569. — Marbre blanc. — H. i"^ 40 environ.
Pièce unique, provenant du Sérapéum. Elle représente une sirène jouant de la lyre. Les pattes d'oiseau ont été refaites en partie. — Ep. grecque.
Sérapéum,
5570. — Calcaire blanc. — H. o»" 65 ; larg.
1"^; prof, o*" 37.
Salle gréco-romaine. 383
Provient d*un édicule situé dans les ruines de Memphis. Le bas-relief représente Vénus sur un dauphin : la barbarie extraordinaire du travail trahit la décadence complète de l'art grec. Mit-Rahineh.
Cage BE.
Au centre de la vitrine, s'élève une petite statue de travail assez fin :
5580. — Marbre blanc. — H. o"^ 60.
Une Isis debout, vêtue de la tunique longue. De la main gauche, elle relève les plis de sa robe : le bras droit, qui tenait la patère, avait été rapporté dans Tantiquité et manque. Les draperies sont lourdes et la tête n'est pas en proportion avec le reste du corps : l'ensemble ne manque pas cependant d'une certaine distinction. — Ep. ptolémaïque.
Saqqarah,
Groupés autour de i'Isis sont des vases en bronze de diverses provenances. Le large crater avec anse (no 5648, "H. cm 27; diam. cm 17), le vase à quatre pieds et à deux anses (no 5647, H. 0^1 11; diam. om 22), le seau à double anse, supporté alternative^ ment par des lions de travail assez rude et par des pieds d'animaux (no 5646, H. cm 12; diam. om 21)^ les petites casseroles à manche court (nos 5630, 5641, 5642, 5643, 5644), l'entonnoir (no 5645, H. cm 10, diam. o"™ 11), la bouteille à ventre arrondi au goulot allongé (no 5649, H. cm 21; diam. cm 15), sont des spécimens élégants et soignés de la vaisselle et de la batterie de cuisine employées, soit dans Tintérieur des maisons, soit pendant les sacrifices, par
384 Salie gréco-romaine.
les Egyptiens de Tépoque gréco-romaine. Une autre série, d'origine chrétienne, a été découverte dans les ruines de l'ancienne Crocodilopolis (Médinèt-Farès) au Fayoum. C'est une série de lampes d'église qui remonte probablement au VI* ou au VII* siècle après notre ère.
Le no 5636, est le plus complet de la série (H. oni 39)^ et donne une idée fort nette de la disposition des parties. Il se compose d'un pied en forme de candélabre, surmonté d'un petit plateau rond et aplati, d'où sort une pointe aiguë, analogue à celle qu'on voit communément dans les chandeliers des églises italiennes, et qui supportait la lampe proprement dite. Celle-ci avait la forme allongée des lampes de terre cuite; elle était ouverte à la partie supérieure et avait une poignée, mais surmontée d'une croix. Elle était munie d'une sorte de coquille en bronze, qu'on levait, pour servir de réflecteur, au moment d'allumer la mèche, et qu'on abaissait, en guise de couvercle, lorsque la lampe était éteinte. Le candélabre n^ 5634 (H. cm 335) et la lampe no 5638 *(H. cm 25 avec la coquille levée; long, cm 27), formaient un tout complet : on les a disjoints pour montrer l'agencement des deux parties. Le candélabre no 5639 (H. cm 45) avait une croix pour motif principal d'ornementation. C'est, à ma connaissance, la collection la plus complète de lampes d'église coptes qu'on ait trouvée en Egypte. Il faut y joindre la croix pectorale de style byzantin no 5656 (bronze, h. 0^ 108; larg. cm 55), trouvée en 1883, à Damanhour : elle porte au centre une figure en pied du Christ, et quatre médaillons sur les quatre bras.
Salle grdco-romaine. 385
A droite et à gauche de la statue d-Isis sont placés deux monuments de caractère bien différent :
5633. — Calcaire peint. — H. o"^ 35 ; larg.
Charmante stèle en forme de naos. Le fronton triangulaire est soutenu par deux figurines de femmes nues, coiffées à TÉgyptienne; dans le champ, un bœuf Apis devant un autel et une inscription grecque en cinq lignes, tracées rapidement à Tencre. C'est Tex-voto d'un devin qui interprétait les songes prophétiques aux dévots. — Ep. ptolémaïque.
Saqqarah.
5650. — Terre sèche crépie à la chaux.
— H. o™ 37; larg. o"i 30.
L'oraison dominicale en syriaque. Ce fragment a été détaché des murs de l'église de St Epiphane, découverte en 1883 (cfr. Salle grecque, no 5457, p. 369 ^ 370)« — Ep« byzantine. Déir-el Baharî.
Quelques lampes arrondies {nP 5618, diam. o^ 13) ou plates, à huit (no 5615, 1. cm 14; larg. om 105) et à dix trous (nos 5631, 1. cm 17; larg. cm il; no 5632, long, om 155; larg. cm 09), quelques figurines grossières en terre cuite remplissent les intervalles. Pour en finir avec la description de la Cage BE, il ne me Teste plus à citer que
5624. — Terre émaillée bleue. — H.
o"^ 21; diam. o"^ 20.
Superbe vase, dont le col et le pied sont ornés de guirlandes de fleurs d'olivier en relief. Une moitié
386 Salle gréco-romaine.
seule est de travail antique : le reste a été refait au Musée. — Ep. ptolémaïque. Saqqarah.
5625. — Bronze. — Long, o™ 1 5 ; h. o™ 1 1 .
Deux chevaux, jadis attelés à un char. Ils sont fort oxydés et les pieds manquent : le travail est assez fin et trahit la main d*un artiste expérimenté. — Ep. romaine. Alexandrie.
Ce pot et celui qui porte le no 5651, sont remplis de monnaies en bronze, agglutinées par Toxyde : les types encore reconnaissables appartiennent à Dioclétien, à Constantin et aux empereurs contemporains. C'est tout ce qui reste d*un trésor trouvé enfoui à Mit-Farîs, sous le seuil d*une maison antique. — Ep. romaine. Mit-Farts.
5629. — Terre cuite. — H. o"^ 34.
Belle amphore à deux anses, de style archaïque. Elle est décorée de dessins tracés en rouge sombre sur fond blanc : d'un côté, deux taureaux combattants, de Tautre, deux gazelles broutant à la même plante, et, au-dessous, des antilopes qui se poursuivent tout autour du vase. Le goulot est ébréché.
Les débris d*un coffret en ivoire, plaqué sur bois et décoré de dessins gravés à la pointe, viennent de Saqqarah. Les nos 5664 (H. cm 085; long, om 44) et 5665 (H. 0"! 085 ; long, cm 35) sont des fragments de la bordure qui encadrait les panneaux nos 5666 (H. cm 16 ; larg. du haut cm 35) et 5668 (H. cm 30; larg. du haut cm 35 ; larg. du bas cm 27) : le panneau carré no 5667
Salle gréco-romaine. 387
(H. om 22 ; larg. om 32) était sans doute sur la partie plate du couvercle. Les traits qui cernent les figures et ceux qui forment les ombres sont remplis d*un vernis rougefttre, dont la teinte sombre ressort sur le fond de Tivoire. Les ligures, placées sous des arceaux, représentent, autant que je puis en juger, huit des muses, chacune avec ses attributs. Le dessin est d*assez bon style et Texécution très soignée; malheureusement les plaques d*ivoires sont tordues et brisées en partie.
Cage BF.
Le no 5673 est la seule pièce de ce genre qu'on ait jusqu'à présent retrouvé en Egypte. C'est un petit réchaud rond (H. om 20; diam. cm 21) en bronze; monté sur trois griffes, et dont la muraille est formée par un grillage assez habilement ouvragé. Sur le réchaud repose une marmite, également en bronze (H. om 19; diam. cm 20), à fond rond, munie d'une anse tordue à l'imitation de la corde et qui s'attache à deux masques de femme. Deux autres masques de femme d'assez bon style sont placés sur la panse, un de chaque côté. — Ep. grecque. Zagazig,
5674, — Cuivre. — H. o"^ 15 ; diam. o»" 23.
Marmite à fond rond, sans anse ni col. Sur un des côtés est gravée au trait une triade composée de Min, Osiris et Hor enfant, tous trois debout entre une touffe de papyrus et une touffe de lotus. De l'autre côté, en pendant, la croix ansée également gravée au trait. Les figures sont de très bon style
388 Salle gréco-romaine.
ptolémaïque, et le vase est d*une conservation remarquable. — Ep. grecque. Louxor,
5676. — Bronze. — H.o°™ 18; diam.o*" 22.
Sorte de marmite du même genre que la marmite no 5646 {Cage BE, p. 383), mais plus ornée. Les pieds simulent alternativement des griffes et des lions passants. La surface de la panse est divisée en six panneaux, par autant d*arceaux appuyés sur des colonnettes minces. Chacun d*eux renferme une figure d'homme marchant, un panier sur la tête : le relief est assez haut et le travail grossier. L'anse a disparu. — Ep. grecque (?).
5678. — Bronze. — H. o^ 16.
Bouteille en bronze, dont le goulot est orné d'un rang de perles. Elle a été trouvée au mois de février 1883, en déblayant le portique d'entrée du temple de Séti I^r, dans une cachette pratiquée sous une dalle. Elle était remplie d'olives sèches. A côté, se trouvait un couteau en fer rouillé et deux ou trois morceaux de bronze oxydé. — Ep. grecque.
Abydos,
Une même tombe de Saqqarah a fourni les six petits bas-relief en os sculpté qui portent les nos 5682 à 5687. Trois d'entre eux représentent des danseuses. Sur le no 5682 (H. cm 088; larg. cm 048), c'est une matrone qui danse. Elle est vêtue du cou aux talons et lève le tambourin de la main gauche; elle a la pose et le geste des danseuses d'Herculanum conservées au Musée de Naples. Le no 5683 (H. cm 09;. larg. G™ 056) représente une jeune femme entière-
Salle gréco-romaine. 389
ment nue, qui danse avec fureur et prend des attitudes avec une guirlande qu*elle tient à deux mains : le tambourin gît à terre. Le no 5684 (H. o™ 10; larg. om 04) est brisé en deux morceaux : de la main droite, la danseuse élève le tambourin au-dessus de sa tête, de la main gauche elle retient son vêtement. Le no 5685 (H. om 088; larg. om 049) montre un esclave qui apporte un panier de fruit. — No 5686 (H. cm 04; long, cm 13) : Vénus nue est à demi couchée sur un cheval marin et prend un fruit, dans un plat que lui tend un génie marin : elle a, ou peu s*en faut, la pose de la Diane de Fontainebleau. — Le no 5687 (H. cm 13; larg. G™ 05) est un jeune homme nu qui marche à grands pas. L'ouvrier s'y est repris à deux fois avant de trouver le mouvement exact, et ne s'est pas donné la peine d'effacer la première ébauche : le jeune homme paraît avoir trois jambes.
— Ep. grecque.
5690. — Ivoire. — H, o^ 12; larg.o"^ 05.
Le dieu Pan à pieds de chèvre danse en s'accompagnant de la flûte : par terre, un panier de fruits.
— Ep. romaine. Médinét el-Fayoum.
5691. — Ivoire. — H. o"^ 16; larg. o"^ 046.
Jeune homme debout, nu : sur les épaules, un long manteau flottant. Dans la main gauche, il tient la corne d'abondance. — Ep. gréco-romaine.
Saqqarah,
5692. — Ivoire. — H.o"^ 165; larg. o"™ 052.
Trouvé en même temps que le précédent. Jeune
femme debout, vêtue de la tunique longue serrée à la taille, le sein droit nu. Elle tient la corne d'abondance à la main gauche. — Ep. gréco-romaine.
Saqqarah.
Les panneaux de bois plaqués d*ivoire, qui vont du no 5693 au no 5708, proviennent de plusieurs coffrets aujourd'hui détruits. Les uns (nos 5693 — 5698 et 5703 — 5708) sont analogues aux plaques nos 5682— 5687 : ils représentent des danseuses qui frappent du tambourin (nos 5693, 5703, 5704), des femmes nues assises dans diverses positions (nos 5695, 5696, 5697), un jeune homme nu apportant un objet aujourd'hui perdu (no 5706). Les autres (nos 5699 — 5702) sont gravés par le même procédé qui est employé sur les panneaux nos 5666, 5667, 5668 {Cage BE^p. 386 — 387), mais avec moins de finesse et de précision dans le dessin. C'est, sur le no 5701 (H. om 10; larg. cm 08), un vendangeur dansant, sur les deux autres, des oiseaux se battant et des amours chargés de gros paniers : les vernis sont rouges, noirs, verts et blancs. Nous avons essayé à plusieurs reprises de reconstituer les coffrets qu'ornaient ces fragments : nos tentatives ont toujours échoué jusqu'à présent.
Le cercueil no 5609 nous a fourni les quatre médaillons no 571 1 (Diam. cm 105), dans le creux desquels s'enlève sur fond de bois une tête de Méduse en plâtre peinte et dorée, et les deux frontons triangulaires nos 5709 (H. cm 39; larg. à la base cm 41) et 5710 (H. om 36; larg. à la base cm 41). Rien de plus riche à la fois et de plus gracieux que les ornements peints et dorés, sur lesquels se détache en relief une sirène ailée à pieds d'oiseau et jouant de la lyre. Par mal-
Salle gréco-romaine. 39 1
heur le plâtre tombe en plaques et se pulvérise lentement à la lumière : tout me porte à croire, que dans une vingtaine d'années, ce curieux spécimen de Tart grec d*Egypte sera entièrement détruit.
5713. — Bois. — H. o™ 148; larg. o^ 29.
Tandis que les écoliers égyptiens se servaient pour écrire de papyrus ou de plaquettes en bois mince stuquées, sur lesquelles ils traçaient leurs leçons au pinceau, les écoliers grecs et latins avaient à leur disposition des tablettes enduites de cire, sur lesquelles ils traçaient leurs lettres avec un stylet métallique. J^e no 5713 est une paire de tablettes, encore munie de ses attaches, et couverte d'écriture. L'écolier a transcrit, sur des lignes tracées à l'avance, d'un côté, sept vers de style homérique remplis de fautes, et ne portant qu'une seule correction à la marge du quatrième vers, de l'autre une sentence répétée quatre fois et suivie d'une date, malheureusement fort endommagée, du César Auguste sous lequel vivait l'écolier. — Ep. romaine.
La collection des lampes en terre cuite provient presque entièrement du Fayoum et de Saqqarah. Ces dernières sont de véritables lanternes munies d'un trou percé au sommet et destinées à être suspendues. L'une d'elles, la plus curieuse peut-être, (no 5753, h. cm 13; larg. om 095), représente un sphinx femellp couché sur un socle en forme de naos. Une autre {n9 5726) est un buste de déesse, dont le support se creusait pour recevoir la lampe. D'autres en plus grand nombre simulent des maisons particulières (nos 5715 — 5717) ou de petits temples
392 Salle gréco-romaine.
de style égypto-grec, à toit plat, (nos 5719 — 5722) ou à coupole arrondie, comme sont les qoubbehs de» saints musulmans (nos 5714, 5723, etc.) : une. petite lampe mobile de forme ordinaire logeait dans ce réduit. La lampe no 5725 (H. cm 10; long, om 14) en terre émaillée verte est de fabrique arabe, et a été trouvée, avec plusieurs autres, dans la pyramide de Téti à Saqqarah : c'est une de celles dont se servirent les voleurs qui dévastèrent les pyramides, vers le IX** siècle de notre ère. Les nos 5724 (Long, cm 14) et 5746 (Long, cm 21) sont les modèles d'une corne d'abondance telle qu'on la voit entre les mains des statuettes de l'Isis Alexandrine. Les figurines, rangées à côté des lampes, appartiennent à la basse-époque égyptienne et se trouvent de préférence à Saqqarah et dans le Fayoum. La face supérieure, la seule qui soit travaillée, a été fabriquée dans un moule à une seule pièce : le revers est plat ou concave. Elles représentent d'ordinaire les divinités égyptiennes traitées à la grecque. Les plus fréquentes ont la prétention d'être des Harpochrate, reconnaissables à leur tresse pendante et au doigt qu'ils s'enfoncent dans la bouche, tantôt assis sur l'uraeus d'Isis (nos 5747, 5748), sur une autruche (nos 5739, 5744), sur un âne chargé d'outrés (no 5755), tantôt debout et appuyés contre un socle (no 5750, etc.) ou tenant une amphore sous le bras (no 5738, etc.). Viennent ensuite les Isis, seules (nos 5731, 5741, etc.), ou portant l'Horus enfant à califourchon sur leur hanche, selon l'usage constant des fellahines (no 5751); quelquefois à cheval ou à baudet (no 5727, etc.). Toutes sont grossièrement barbouillées de blanc, de rouge et de noir :
Salle gréco-romaine. 393
ce sont ou bien des ex-voto funèbres qu'on déposait sur la tombe au moment de i*enterrement, ou bien des fétiches domestiques destinés à protéger la maison.
Armoire BG.
5765. — Terre cuite peinte. — H. o"™ 35.
Jeune femme debout, jouant de la guitare : les mains et Tinstrument ont été brisés et perdus. La tête porte une sorte de béret; le buste est couvert d*un manteau qui descend un peu au-dessous des seins ; le bas du corps est nui Le modèle est hardi, mais d'un réalisme assez grossier. Je suis porté à attribuer cette figure aux derniers, temps des Ptolémées. Saqqarah.
5767, — Terre cuite peinte. — H. o"^ 34.
Le dieu Bîs, de même époque et de même travail que la figure précédente. Le no 5772 a été trouvé avec le no 5767 et représente, comme lui, le dieu Bîs. ' Saqqarah.
5769. — Terre cuite. — H. o"^ 19; long, o"^ 245.
Depuis deux ans. Ton a découvert à Alexandrie, un certain nombre de tombes, dont quelques-unes, probablement contemporaines des premiers Ptolémées, renferment des irises entières de bas-reliefs en terre cuite sculptée et peinte, des figurines du genre des figurines de Tanagra et des bijoux de style égyptien ou grec. Le bas-relief no 5769 provient de cette trouvaille. Un jeune homme est assis au pied d'une
394 Salle gréco-romaine.
stèle, la tète inclinée sur la poitrine , le corps plié dans Tattitude de la méditation et de la douleur. Le travail est d'un style large et d*une exécution fort soignée. — Ep. grecque. Alexandrie.
5789. — Terre cuite. — H. o^My; long.
C^est une plaque rectangulaire, fixée jadis au mur par des clous. Mercure, reconnaissable à son caducée, à son chapeau et à ses sandales ailées, amène le bélier Phryxos à Jupiter, à Junon et à Neptune : le paon de la déesse et Taigle semblent disposés à faire un mauvais accueil à la pauvre bête. L'ensemble est d'un travail hardi et savant; le mouvement de Mercure, la pose de Jupiter et de Junon, les attitudes irritées du paon et de l'aigle sont fort bien rendues. Des traces de couleur bleue, rouge et jaune, sont encore visibles sur les draperies et sur les parties travaillées en relief : le fond avait la couleur jaunâtre de la terre. — Ep. ptolémaïque.
Alexandrie,
Les deux plaques de bronze disposées à droite et à gauche, et qui portent le n© 5777, sont les deux feuilles d'un diplôme militaire découvert à Coptos en 188 1. Les diplômes militaires étaient l'expédition d'un décret impérial rendu à Rome, et, par lequel, tous les soldats qui avaient fini leur temps sous les drapeaux c'est-à-dire avaient vingt*cinq ans au moins de service, et étaient incorporés dans les troupes placées dans une province aux ordres d'un même chef, recevaient leur congé honorable avec les privilèges y attachés, le droit de cité pour eux, s'ils ne le possé-
Salle gréco-romaine. 395
daient pas, et pour la femme qu'ils avaient au moment de la promulgation, ou pour Tétrangère qu'ils épouseraient par la suite. La copie en était faite en double, au recto et au verso de deux plaques de bronze, que Ton réunissait au moyen de rivets ou de simples attaches, et qu'on remettait à chacun des intéressés. Les deux plaques de notre diplôme ont été sciées et n'ont plus leur grandeur primitive : l'une a om 1 5 de côté, l'autre cm 11 de largeur sur oni 15 de hauteur. Il avait été délivré pendant le règne de Domitien, sous le consulat de Julianus, et nous donne rénumération des quatre (?) ailes de cavalerie et des sept cohortes d'infanterie romaine qui tenaient alors garnison en Egypte.
Autour de ces pièces capitales, sont groupés de menus objets et des statuettes en bronze de travail gréco- romain trouvés presque tous à Alexandrie : une lampe, dont le manche se termine par un masque (no 5778, H. om 085; long, o™ 14); un pied de coffret, en griffe de lion d'où sort le buste d'un sphinx femelle ailé (no 5779, H. cm 055); une tête de Silène chauve, détachée d'un anneau de porte ou d'une anse de vase (no 5780, H. om 04); un petit amour qui porte maladroitement une torche énorme (no 5781, H. cm 73); la déesse éponyme de la ville d'/ lexandrie, coiffée d'une tête d'éléphant, telle qu'on la voit sur les médailles (no 5798, H. cm 09 et no 5794, H. cm 07), une Victoire ailée qui tient une palme de la main gauche et soulevait de la main droite une couronne aujourd'hui brisée (n0 5799, H. C^ 068); un miroir grec, dont le pourtour est orné d'une bordure d'oves délicatement ciselées et dont le manche
39^ Salle gréco-romaine.
représente une fleur découpée (no 5791, H. om 21; diam. 01° 14); un Hercule debout, armé de la massue (no 5785, H. on» II). La grande statuette en terre cuite (no 5783, H. om 37) représente une Isîs vêtue de la robe longue et couronnée d*épis, qui écarte son voile à deux mains. Le scarabéoïde en quartz (no 5797, H. om 03) est de travail syrien, à Timitation du style ég}'plien, et porte, en caractères phéniciens, la légende : A Hadadé:{er; il provient de Saqqarah.
5787. — Terre émaillée. — H. o»" 103.
Petit vase richement décoré de feuillages : une bande de coureurs forme frise autour de la panse. Ornements et figures s'enlèvent en émail jaunâtre sur un fond pers. — Ep. grecque.
5808. — Terre cuite. — H. o"^ 20; larg.
Le médaillon en terre cuite découpée paraît représenter une reine de la famille des Ptolémées avec la coiffure de Junon : du moins la figure ressemblet-elle quelque peu au profil des médailles de la fameuse Bérénice. Les diverses parties étaient peintes, les chairs en rouge, le bandeau en bleu. Travail très fin et très gracieux. — Ep. ptolém. Alexandrie.
Les bronzes exposés dans ce compartiment ont surtout un intérêt archéologique. Le no 5801 (H. cm 04; larg. o^ 09) est une jambe chaussée d'un brodequin qui couvre à demi le pied. L'amour ailé qui court en tenant un objet brisé dans la main droite est d'une authenticité douteuse (n© 5803, H.
Salle gréco-romaine. 397
om 14) y cependant il ressemble assez à un autre Amour (no 5818, H. oni 12), qui provient de la collection Huber, pour qu'on puisse suspendre le jugement jusqu'à nouvel ordre. Ce dernier morceau a été maladroitement restauré : le socle, 4e tronc d'arbre et la lance sont modernes.
5800. — Terre cuite. — H. o»" 15.
Jolie statuette représentant une femme drapée : style des statuettes de Tanagra. — Ep. grecque.
Alexandrie.
5805. — Bronze. H. o"^. 07 ; long, o"^ 09.
Lampe de candélabre en forme de tête humaine.
— Ep. romaine. , Alexandrie,
5806. — Ivoire. — H. o"^ 065 ; long, o^ 09.
Plaque analogue à celles qui sont exposées dans la Gage BF (nos 5693, etc., p. 390). Un orchestre composé d'un joueur de flûte assis et de deux batteuses de tambourin, fait danser un personnage dont on ne voit plus que les pieds : le corps était sur une autre plaque qui n'a pas été retrouvée. — Ep. grecque. Saqqarah,
5807. — Terre cuite. — H. o"^ 22.
Isis debout, drapée à la grecque. — Ep. grécoromaine. Alexandrie.
5809. — Bronze. — H. o"^ 095 ; long, o"^ 1 1 .
Charmante petite lampe. Le corps en est formé d'une flamme onduleuse dont la pointe s'éfiile, se recourbe en manière d'anse et se termine par une
398 Salle gréco-romaine.
Aeur fantastique. Du calice sort à mi-corps un lion furieux, qui, la lampe allumée, paraissait se précipiter sur la flamme. — Ep. grecque.
Alexandrie,
J*ai réuni sous ce même numéro cinq cachets babyloniens trouvés près de Zagazig, au dire de TArabe qui nous les a vendus. L'un deux, en quartz laiteux, est plat et représente un prêtre debout en adoration devant Ishtar assise. Deux autres, également en quartz, montrent, le premier, un prêtre debout devant un autel, chargé, d'emblèmes divins; le second, un cavalier au galop, avec le croissant lunaire et une étoile : au-dessus, deux palmes et entre les deux un objet indistinct. Les deux derniers sont en agate rouge. L'un porte le héros Izdubar luttant contre le lion ailé ; l'autre deux lions assis en face l'un de l'autre. — Ep. persane. Zaga\ig (?)
5811. — Bronze, — H. o"* 049.
Panthère, le cou pris dans un collier de pampre : faisait partie d'un groupe aujourd'hui perdu où devait figurer Bacchus. Alexandrie.
5812. — Terre cuite noire. — H. o"» 069 ;
diam. o"^ 08.
Petite patère votive portant sur une des faces les deux bustes d'Isis Alexandrine et de Sérapis. Travail très soigné. — Ep. romaine. Le Caire,
5813. — Bronze. — H. o"" 14.
Pied de coifret. Un Vertumne portant une hotte
Salle gréco-romaine. 399
vide sur le dos, et, dans la main droite, un panier de fruits : le bas du corps est pris dans une patte de lion. — £p. romaine.
Génie sortant d'une sorte d'enroulement, analogue à Celui qu'on voit parfois autour du corps des Tritons. La tête couronnée de rayons, le sceptre et la guirlande qui chargent les mains, lui donnent presque l'apparence d'une figure mithriaque.
5817. — Diorite. — H. o^ 034.
Dé à vingt faces, sur chacune desquelles est gravée une lettre de l'alphabet grec depuis A jusqu'à V. Il servait, soit à consulter le sort, soit à tirer des loteries dont chaque lot répondait à une lettre. — £p. grecque. Zaga:{ig.
Sur le rayon supérieur :
5820. — Terre cuite. — H. o"^ 22.
Une tête de divinité barbue, peut-être une forme de Sérapis, bien qu'il ne porte pas le boisseau sur la tête. Elle est placée sur un pied rond. — Ep. romaine. Alexandrie.
5821. — Bronze. — H. o"^ 15.
Mylitta nue, levant les deux bras : les pieds et les bras sont brisés. Fabrique babylonienne. — Ep. persane. Tell'Défennèh.
5823. — Terre cuite. — H. et larg.o*" 22,
Un homme, en costume civil, s'adresse à un jeune soldat sans armure, le sein gauche découvert, qui tient une personne (?) de la main gauche, une lance
OXFORD
400 Salle gréco-romaine.
de la main droite. Derrière Torateur, autre guerrier, casqué et revêtu de Tarmure complète, dans le fond deux jeunes femmes. C'est un de ces bas -reliefs dont j'ai déjà décrit plus haut quelques spécimens (nos 5769 et 5789, p. 394 — 395) : un autre exemplaire, identique mais moins bien conservé, est en la possession d'un amateur au Caire. 11 faut peut-être y reconnaître Achille à Scyros. — Ep. grecque.
Alejcandrie.
5827. — Terre cuite peinte. — H. o'" 25; larg. o"^ 30.
Ântéfixe brisé par en haut : au centre, une tête chypriote ou grecque de style archaïque. Le no 5835, qui fait pendant au no 5827, montre quelle forme avait la partie supérieure de la pièce. Tous les deux proviennent de Tell-Défennèh, où ils ont été trouvés avec les objets exposés dans l'armoire BH. Us paraissent indiquer la présence en cet endroit d'un temple, élevé par les commerçants et les mercenaires cariens ou grecs au service de l'Egypte, soit au temps de la XXVIe dynastie, soit plus tard, lorsqu'Âgésîlas, Chabrias et d'autres généraux de renom aidèrent les rois de la XX1X<^ et de la XXXe dynasties dans leur lutte contre les Perses. Tell-Défennèh est sur l'emplacement de l'ancienne Daphné, qui était, avec Péluse, le boulevard de l'Egypte contre les invasions venues de l'Asie. — Ep. saïte. Tell-Défennèh,
Armoire BH,
La plupart des objets conservés dans cette armoire ont été découverts près d'Alexandrie et à Tell-Défennèh,
Salle gréco- romaine. 401
ou nous ont été donnés comme venant de ces deux localités. Quelques-uns me paraissent être d'origine étrangère, ainsi les têtes nos 5839, 5855, 5877, 5890, etc., qui rappellent certaines terres cuites de Tarente, les nos 5841, 5871, 5872, etc., qui ont un caractère chypriote bien marqué, etc. Peut-être le commerce ancien les avait-il déjà transportés de leur pays d'origine en Egypte, peut-être ont-ils été importés récemment par des marchands d'antiquités peu scrupuleux. On conçoit que, dans l'incertitude, j'indique le lieu de provenance sous toutes réserves.
Deux antéfîxes brisés (nos 5900, 5901) sont placés sur la planche supérieure : ils présentent le même carac\^ère d'archaïsme que j'ai signalé sur les fragments nos 5827 et 5835 (cfr. Armoire BG, p. 401). Cinq bas-reliefs en terre cuite, trouvés à Alexandrie comme ceux dont il a été question, (cfr. Armoire BG, p. 393, no 5789, p. 394, 400, no 5823, p. 399), sont répartis aux divers étages. Le plus beau, en terre cuite découpée (no 5872, H. cm 38, long, om 1 5) représente une déesse à demi-couchée, le bras droit appuyé contre un cygne et brandissant un arc de la main gauche : un amour, agenouillé à ses pieds, saisit par les ailes un papillon placé à terre. Un second bas-relief découpé (no 5769, H. cm 19, long, cm 245), celui-ci de style archaïque, paraît nous avoir conservé une scène de l'Orestie. Electre, assise, pleure au pied du cippe funéraire d'Agamemnon. Oreste, qui vient d'arriver, se penche vers elle pour la consoler, tandis que son compagnon tient les chevaux. Le no 5846, qui est le plus mutilé (H. cm 18, long, om 37), porte une scène empruntée à la légende
402 Salle gréco-romaine.
de Bacchus. Bacchus, à demi-supporté par un de ses compagnons, arrive sur un char traîné par deux centaures qui jouent du cor et de la lyre : il se prépare à descendre, pour accueillir Thommage de trois personnages qui lui offrent un sacrifice dans la partie gauche du tableau. C'est de tous les bas-reliefs celui où les traces de couleur sont le plus visible. Les deux derniers appartiennent à un art moins fin et sont d'exécution assez sommaire : le premier (no 5874, H. cm 17; larg. oni 21) représente un personnage nu, qui paraît faire la voltige sur un cheval; sur le second (no 5886, H.- cm 17; larg. cm 112), un berger assis tient un oiseau indistinct entre ses mains. La série des figurines alexandrines en terre cuite (cfr. Armoire BG, no 5800, p. 397; no 5807, p. 398) a fourni également à VArmotre BH quelques morceaux remarquables : l'Isis *(no 5828, H. cm 29); la jeune fille drapée (no 5867, H. cm 20); le médaillon représentant une tête barbue (no 5897, H. cm 12); le jeune homme en tunique et en manteau, coiffé du chapeau rond (no 5884, H. oni 225), la Pallas armée; peinte de couleurs vives (no 5884, H. cm 15). Ces objets indiqués, il ne me reste guère à signaler que :
5830, 5831. — Terre cuite. — H. o"» 1 16.
Deux exemplaires d'un cylindre babylonien de Naboukoudouroussor, trouvés, dit-on, dans Tlsthme. Ils ne renferment, outre le protocole ordinaire, que rénumération de quelques édifices construits par le roi à Babylone, entre autres un temple au soleil couchant. — XXVr dyn.
Salle gréco-romaine. 403
5832. — Terre cuite. — H. o"^ 09.
Cylindre plus petit, découvert avec les précédents : 11 est également de Naboukoudouroussour et ne fournit aucun renseignement historique. — XXVI* dyn.
5847. — Albâtre. — H. o"M i.
On a trouvé à plusieurs reprises, dans certaines localités du Delta, des figurines de style grec archaïque ou chypriote, provenant des premiers colons de race hellénique, établis en Egypte avant la conquête macédonienne. Cinq de ces figures, trois d'homme, deux de femme, ont été découvertes en 1883 près de Damanhour et brisées par les fellahs : les débris en appartiennent à un voyageur européen. Notre figure provient des environs de Sa el-Haggar; elle représente un homme nu, debout, la face souriante, la chevelure massée sur le derrière de la tête, les bras collés au corps. Les pieds manquent. — Ep. saïte.
Jolie statue d'Isîs Âlexandrine, qui tient dans la main gauche une corne d'abondance brisée : le bras droit manque, ainsi que les yeux qui étaient probablement en argent. — Ep. romaine.
Alexandrie,
5858. — Terre cuite. — H. o^ 095.
Petite ampoule dont le col est brisé : elle est couverte d'un vernis noir, sur lequel se détache en rouge une figure de magicienne, récitant une incantation au-dessus d'un chaudron. — Ep. grecque.
404 Salle gréco-romaine.
5857. — Terre cuite. — H. o"^ 08.
Petite tête de femme : la chevelure est entrelacée autour d'une couronne de fleurs d'olivier. — Ep, grecque. Alexandrie,
5859. — Ivoire teint en vert. — Diam.
Jeton portant d'un côté le nom de la ville de Xois, de l'autre, une couronne et une palme, emblèmes de victoire aux jeux athlétiques.
5863. — Terre émaillée bleue. — H,
Cylindre babylonien représentant deux personnages assis devant un arbre. — Ep. persane.
Saqqarah,
5870. — Terre cuite. — H. o"» 101; larg.
Joli vase à deux anses, orné de dessins au trait et aux couleurs rouge et noir à demi effacés. — Ep> grecque.
5871. ~ Bronze. — H. o"^ 15 ; larg. o"' 07.
Bout de sceptre. Un Anubis, à tête de loup, est debout entre deux chiens assis. Il est vêtu en soldat romain, et coiffé du pskhent : il tient une patère de la main droite et brandit une massue de la main gauche. C'est un bon exemple de ce mélange d'idées helléniques et égyptiennes, qui s'opéra dans les premiers siècles de notre ère, et détermina la création
Salle gréco-romaine. 405
de types nouveaux dont quelques-uns se transmirent plus tard aux chrétiens. Le fait le plus connu jusqu'à présent, est celui de THor perçant le crocodile, devenu dans Ticonographie chrétienne St Georges terrassant le dragon. — £p. romaine.
5876. — Bronze. — H.o™ io4;larg.o™i75.
Deux poignées d'un grand vase en bronze, dont les débris furent trouvés, dit-on, à Tell-Défennéh. Ils sont ornés chacun de deux têtes de cheval; les détails sont indiqués au trait. Travail grec archaïque ou chypriote. — Ep. saïte.
Tell Défennéh.
5880. — Terre cuite. — H. o™ 11; long, o™ 14.
Homme étendu et accoudé sur un lit de repos:
il tient de la main gauche une coupe qu'il serre sur la poitrine. Je crois reconnaître ici le travail chypriote. Alexandrie.
5881. — Bronze. — H. o™ 19.
Buste de Vertumne. Il tient une corbeille de fruits dans la main droite; la main gauche est cassée (cfr. Armoire BG., no 5813, p. 399). — Ep. romaine.
Coptos.
5883. — Bronze. — H. o"^ 20 environ; diam. 0™ 14.
Beau miroir grec orné de dessins au trait. Deux jeunes gens, Tun assis, l'autre, debout paraissent s'entretenir : point d'inscription. Le manche décoré de palmettes est tordu. — Ep. grecque. Alexandrie.
406 Salle gréco-romaine.
5887. — Terre cuite. — H. o"* 23 ; long, o"^ 15.
Cavalier romain armé de toutes pièces; la cotte de maille, le casque, le harnachement du cheval, sont rehaussés de traits verts, noirs, rouges et jaunes. Le travail est très grossier : les jambes de Thomme n'ont point de forme, et celles du cheval sont assemblées deux à deux. — Ep. romaine. Louxor,
5894. — Terre cuite. — ^ Diam. o™ 145.
Ecuelle plate à vernis rouge. Sur le fond sont disposées en croix cinq têtes de femme, gravées au trait dans le style de la basse-époque impériale. — Ep. romaine.
Armoire BI.
Elle renferme les meilleures statuettes de style grec que nous possédions au Musée : quelques-unes ne dépareraient aucune collection européenne. La place d'honneur revient de droit au no 5949.
5949. — Terre cuite peinte. — H. o"* 08;
long, o"* II.
Mariette croyait y reconnaître un Eole, à cause de Toutre sur laquelle le personnage est accroupi et de ragitation de ses vêtements. Cette identification est difficile à maintenir quand on examine les détails : la face aplatie, le nez camus, Toreille pointue, la petite queue attachée au rable et qui frétille sur Toutre, indiquent un faune. L'artiste a représenté un épisode ordinaire des fêtes de Bacchus. Le faune,
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en voulant danser, selon Tusage, sur une peau de bouc huilée et gonflée, est tombé à terre et serre dans ses bras le col de Toutre; son vêtement, sou> levé par la chute, s*enfle derrière lui et n*a pas encore eu le temps de s*affaisser. Le mouvement est juste, l'expression spirituelle, le modelé exact et vigoureux : la statuette a été moulée puis retouchée à la main. Le no 5948 (H. om 0^8; long, om 075) provient également d*un faune tombé et embrassant Toutre. Elle est d'un travail moins soigné; mais la figure, à peine ébauchée, rit mieux et plus franchement. — Ep. ptolémaïque. Alexandrie,
Les autres figurines n'approchent point de celleslà, pour le fini de l'exécution : elles sortent toutes d'un moule à une seule pièce, et n'ont pas été retouchées. Elles rappellent cependant de loin par la pose et le sentiment les figurines de Tanagra (cfr. Armoire BG, no 5769, p. 394 et Armoire BH, nos 5867, 5884, p. 403) : les deux jeunes femmes nos 5944 (H. cm 131), 5951 (H. cm 14) et 5955, le petit jeune debout (no 5945, H. cm 130) et le cavalier (no 5954, H. cm 15; long, cm 105). A des séries voisines se rattachent la jeune femme au turban, de style alexandrin (no 5952, H. cm 164), l'Astarté triomphante de fabrique chypriote (no 5953, H. cm 09), le petit personnage comique, du type des figurines grotesques de l' Asie-Mineure (no 5959, H. cm 12) et le masque en terre cuite noirci (no 5958, H. cm 15; larg. cm 10), Je ne doute pas que les nécropoles d'Alexandrie ne nous rendent beaucoup d'objets de ce genre, le jour où nous aurons assez d'argent pour y entreprendre des fouilles sérieuses.
Les objets purement égyptiens sont mélangés dans cette armoire à des objets de travail grec ou de provenance orientale :
5908. — Calcaire. — H.o™ 1 7 ; long. o"*33.
Joli lion couché de pur travail égyptien : pose des lions du Gebel Barkal (British Muséum) et du Sérapéum (Louvre). La tête à moitié brisée. — Ep. saïte.
Coptos.
5909. — Bronze. — Long, o"* 137; larg.
Poignée d'épée romaine en bronze : une tête d*aigle sortant toute droite de la garde. La lame vient d'une épée mamelouke; on Ta jointe à la poignée pour mieux faire comprendre à quel usage servait le no 5909. — Ep. romaine.
5912. — Email bleu. — H. o"^ 06; long, o"^ 125.
Les Égyptiens, surtout ceux des dernières époques, conservaient les momies des gens qui n'étaient pas assez riches pour s'acheter une tombe, dans des magasins placés sous la garde spéciale des choachytes. Là, moyennant une rétribution annuelle ou quelque somme une fois donnée, les morts recevaient aux jours réglementaires la part de prières et d'offrandes qui leur revenait. Pour empêcher toute confusion entre les différents locataireis de ces chantiers funèbres, chaque momie portait au cou ou sur la poitrine une étiquette à son nom. La plupart sont en bois : le nom y est gravé au couteau, en grec
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(no 5916, long, om 22, H. o»n 045, avec la légende nArOPAÎfC; no 5926, H. om 087; long, om 22, avec la légende EPMIAC nPOEBriEPOC, où le graveur égyptien, peu familiarisé avec récriture grecque, n'a pas reconnu le mot IIPECBrrEPOC), ou tracé à l'encre en grec (cfr. no 5926, H. cm 09; larg. om 08, avec la légende CEiNH^EMQNeHC erFATHP ÛPIÛN nOI- MUN d'un côté, et, au verso, le chien d'Anubis accroupi, la clef de l'autre monde passée au cou) ou en démotique (cfr. no 5929, H. om 07; long, cm 15). La tessère no 5912 est d'un type plus soigné. C'est une plaque d'émail bleu, sur laquelle est retracé, d'un côté, l'enlèvement de la momie par Anubis Psychopompe, de l'autre la légende, CQTHP KAI CAOÏ A ErQN IH «Soter, appelé aussi Saoua, âgé de dixhuit ans». — Ep. romaine.
5913. — Granit noir. — H. o"^ 20.
Tête de travail identique à celui de la belle statue alexandrine no 5532 (cfr. p. 380). Un fragment d'inscription conservé au dos, nous apprend que nous avons devant nous le portrait d'un certain Pétosiris. — Ep. romaine. Alexandrie.
5923. — Schiste gris. — H. o"^ 25.
Statuette d'Hercule : la tête et les mains ont disparu. Œuvre d'un artiste provincial de quelque habileté, vivant vers l'époque d'Hadrien. — Ep. romaine. Coptos,
5924. — Schiste gris. — H. o"^ 31.
Représentation, assez rare en Egypte, du sphinx
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grec ailé, à poitrine de femme : une patte a été sciée fort proprement dans l'antiquité. Ce morceau paraît sortir du même atelier que le précédent. — Ep. romaine. Coptos.
5930. — Terre cuite. — Diam. o"^ 08.
L*objet inscrit sous ce no 5930 est un miroir formé d'un morceau de verre étamé, monté sur un disque de terre cuite. Je ne crois pas qu'il soit ancien, non plus que les miroirs du même type no 5931 (H. oni 19; larg. cm 09, monté en bois), 5932 (Diam. cm 09), bien qu'ils aient été trouvés dans les ruines de maisons gréco-romaines. Ils paraissent être de fabrication arabe assez récente. Il ne faut pas oublier que les maisons et les tombeaux de l'Egypte pharaonique ont été occupés, pendant tout le moyen âge, et sont encore habités de nos jours, par une population qui les encombre de ses ordures et de ses rebuts domestiques. Cette année même, en rouvrant le tombeau de Nofirsokhrou, à Sheïkh Abdel-Gournah, qui a cessé d'être habité depuis six ans seulement, j'y ai ramassé, à plusieurs mètres de profondeur, une tête de poupée d'enfant de fabrique parisienne, en porcelaine émaillée, une grenouille peinte en caoutchouc, et une vingtaine de fragments d'assiettes en pâtes diverses, dont une appartient à la série des faïences révolutionnaires de Nevers, et a dû être laissée dans le pays par quelque troupier de l'armée de Desaîx. Tous les musées d'Europe possèdent de petits flacons en porcelaine chinoise, ramassés dans les hypogées thébains, et apportés là, vers le XI* ou XIP siècle de notre ère, par les com-
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merçants arabes de Qocéïr et de Qous. Le musée de Boulaq a, de plus, un petit bronze chinois, no 5934 (H. 0^ 065), représentant un homme nu, qui, la tête et les mains emprisonnées, subit le supplice de la cangue, et un petit coq en cuivre de travail syrien ou persan (no 5985, H. om 05). D'autres objets, exposés comme égyptiens dans des collections particulières, me paraissent avoir la même origine.
5933. — Bronze. — H. o^" 06 ; long, o"* 16.
Hache à deux tranchants, couverte d'une belle patine verte. — Ep. gréco-romaine.
Alexandrie.
5950. — Or et lapis - lazuli. — Diam. o"^ 019.
Le chaton, petite plaque de lapis-lazuli, porte d'un côté trois divinités debout, de l'autre, une légende gnostique en trois lignes: XONOCeH-OCENOrP-ANQ, qui a trait à ces trois divinités. La monture me paraît être moderne, mais formée de deux moitiés de boucles d'oreille antiques, terminées chacune par une tête de gazelle en or de travail très soigné. Elle a été achetée à Alexandrie. — Ep. gréco-romaine.
Alexandrie,
5956. — Or. — H. o^ 044.
Vénus, nue jusqu'à la ceinture, écarte ses cheveux des deux mains. Travail délicat, exécuté au repoussé. Une bélière, soudée derrière la tête, montre que cette figurine se portait suspendue à un collier. — Ep. romaine.
412 Salle gréco-romaine.
5968. — Ivoire vert. — Long, o™ 08.
Manche de poinçon représentant un lion couché qui ronge une tête de veau. La soie du poinçon est encore engagée. On dirait d*un objet fabriqué à Tépoque des Sassanides, en Perse. — Ep. byzantine.
Saqqarah,
5975. — Schiste gris. — H. o™ 045 ; long, o"^ 07 ; larg. o^ 08.
Boîte à parfum, dont le couvercle a disparu : elle avait jadis quatre compartiments, mais des cloisons ont été enlevées grossièrement au couteau, ce qui a réduit le nombre des compartiments à deux. Sur le pourtour extérieur, scènes guerrières : deux chars, montés chacun par un cocher et par un archer, chargent des ennemis fuyants ou renversés à terre. Sur la face de derrière, la plante sacrée des Assyriens est gravée deux fois fort exactement. Cet objet provient de Zagazig, où Ton a trouvé à plusieurs reprises des monuments assyriens ou de style égyptien mélangé d'assyrien. — Ep. éthiopienne ou persane. Zaga}{ig.
Armoire BJ.
Le compartiment le plus bas de Tarmoire BJ ne renferme que trois objets, mais ils sont d'une certaine importance.
6106. — '• Granit noir. — H. o^ 34; larg.
cm 26.
Les deux plaques inscrites sous ce numéro, ont
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été découvertes à Coptos, en Mars 1883, encastrées, comme matériaux de construction, dans le mur d*un édifice, situé sur le Forum de la ville antique. Elles ont été publiées par E. Desjardins {Comptes-Rendus de V Académie des Inscriptions et Belles-Lettres y 1883, p. 217) et par Th. Mommsen (Additamenta tertia ad Corporis Volumen II J, p. 5—16). C'est tout ce qui reste d*une longue inscription, qui couvrait au moins six plaques, et avait été élevée, dans le temple de Coptos, par des soldats romains, chargés de réparer les postes de la route qui conduisait de Coptos à la Mer Rouge. Ils avaient construit et dédié des citernes à TApoUonos Hydreuma, le 7 des calendes de janvier, à Compasi, aux calendes d'août, à Bérénice sur la mer le 1 8 des calendes de janvier, à Myos-Hormi aux ides de janvier. Ce beau travail fut exécuté pendant les premières années du règne d'Auguste en Egypte, et la liste de noms propres qui couvre Tune des plaques, nous donne des renseignements nouveaux sur la composition des légions romaines cantonnées dans le pays récemment conquis. — Ep. romaine. Coptos.
6102. — Marbre. — H. o"^ 39.
Statuette de Vénus portée sur un dauphin : manquent la tête et les bras. Travail assez fin de l'époque d'Hadrien. — Ep. romaine. Saqqarah.
Dans le second compartiment, j'ai exposé un certain nombre d'objets faux, que je me suis procurés dans les fabriques de Thèbes, pour la curiosité et l'instruction des touristes. Il y a, à ma connaissance, six de ces fabriques réparties entre les villages de
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Louxor, Karnak et Gournah. Les gros scarabées sont de travail médiocre, mais les petits laissent peu à désirer au point de vue de la perfection, et sont bien supérieurs comme exécution à la plupart des scarabées communs d'origine antique. Ils sont, pour la plupart, taillés au couteau, dans la même pierre qu'employaient à cet usage les anciens Égyptiens, puis peints, ou émaillés, avec la couverte à base de plomb de nos poteries communes, et cuits au four. Pour leur donner l'apparence antique, les Arabes se servent de divers procédés. Quelquefois ils mêlent les plus petits à la graine qu'on donne aux dindons : la bête les avale et les rend tout patines par le progrès naturel de la digestion. Le plus souvent, on les use en les agitant par dizaines dans un même vase, et on les enterre dans le fumier des moutons : l'ammoniaque leur donne une couleur et une odeur spéciales, fort recherchées par les amateurs d'antiquités. La statuette funéraire, en calcaire barbouillé de vert puis noirci, vient d'une fabrique de Karnak. Les deux stèles ont été dessinées et sculptées par un Arabe de Louxor; les statuettes d'homme et l'épervier par deux Arabes de Gournah. Je connais à Qous un atelier où l'on imite avec succès les intailles romaines ou grecques des bas temps, les perles en améthyste, les colliers en perles de verre. Les deux statuettes en bronze, l'une de Sokhit, l'autre de Bast, ont été fabriquées au Caire : elles sont d'un faire assez soigné et peuvent tromper aisément l'amateur. Le no 6103 provient d'Alexandrie. C'est une anse d'amphore antique, à la marque API-TOKPATES, sur laquelle un Italien a gravé, d'après un bon modèle,
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un sceau égyptien. Rien n'est plus fréquent, du reste, que ces objets mixtes, faux en partie en partie réels. La plupart des scarabées en pierre dure, améthyste, feldspath, émeraude, - lapis, ou des gros scarabées emblèmes du cœur (cfr. Salle funéraire, Vitrine AR, p. 218 sqq.) n'ont aucune décoration : pour en rehausser la valeur, les Arabes y gravent des cartouches ou des sujets divers. Un fabricant de Londres a expédié l'an dernier en Egypte une cargaison entière de scarabées et de statues en faïence, bleu, gris-bleu et verdâtre, d'un trop bon travail. J'espère augmenter peu-à-peu cette collection, qui a bien son intérêt dans un pays où l'on est entraîné presque forcément à acheter des antiquités.
La plupart des objets authentiques exposés dans le compartiment du milieu ne sont guères que des doubles d'objets déjà décrits, clefs en cuivre et en fer (nos 61 10, 611 1, 61 12, 61 13; cfr. Salle funéraire, Cage AA, no 4830, p. 295), des cuillers à pot (nos 6106, 6107, 6108, 6109; cfr. Salle du centre, Armoire S, no 2860, p. 127), des boîtes à parfum, des vases, etc. Quelques-uns pourtant, présentent un certain intérêt:
6114. — Bronze. — H. o'"3o; diam. o^ 16.
Sorte de patène en bronze très ornée : le manche
est formé par une femme qui, les deux bras levés, soutient une couronne dans laquelle est inscrite une croix (cfr. Salle gréco-romaine, Cage BE, no 5636 sqq. P» 384). — Ep. byzantine. Médinet-Faris.
6115. — Bronze. — H. o"^ 1 8 ; larg. o^ 065 .
4l6 Salle gréco-romaine.
Pelle à parfums : elle a pour manche une colonne à chapiteau ionique. — Ep. grecque.
Louxor.
6118. — Calcaire blanc. — H. o™ 215.
Autel rond, dont la cuve renferme encore la cendre du sacrifice. Il est monté sur une base carrée d'un dessin très riche.
6129. — Or. — H. o"* 052.
Deux petites colonnes ioniques, en fil d*or tressé et recourbé : Tune d'elles a perdu sa base. Proviennent d'un coffret. — Ep. byzantine.
Damanhour,
6137. — Terre cuite. — H. o"' 06.
Figurine très grossière, 6n une terre qui ressemble pour la couleur et le grain à la terre dont on fait les gouUéhs. Elle est brisée à la taille, et représentait une femme nue, dont la chevelure, maintenue par un bandeau, retombe en deux masses de petites tresses sur chaque épaule. Au cou, un collier à trois rangs ; les seins, très petits et très proéminents, sont entourés à la base d'un cercle de points, qui paraît marquer un tatouage. L'ensemble donne l'idée d'une figure de déesse babylonienne, et pourtant j'ai trouvé l'objet moi-même à Eléphantine.
Gé:{irét-Assoudn,
J'ai réuni dans le compartiment du milieu, une collection d'animaux en terre cuite, têtes de bœuf Apis (nos 6138, 6139, etc.), coq blanc (no 6142), chien (no 6143), cheval monté par un Hor (no 6145).
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Les plus intéressants sont les chameaux et Téléphanto On sait que les Égyptiens de Tépoque pharaonique n'ont pas employé le chameau : la seule mention à peu près vraisemblable qu*on en trouve dans les textes, nous reporte en Syrie, et c*est seulement par un artifice de lecture peu justifié que M. Chabas a pu proposer d'appliquer à cet animal un nom qui doit probablement s'entendre d'une sorte de chèvre. Deux de nos chameaux (nos 6146 et 6147) sont de basse époque grecque, et représentent l'animal debout, harnaché, portant sur sa bosse un objet recouvert d'une longue draperie et semblable aux litières des femmes arabes d'aujourd'hui. Le troisième est en terre émaillée bleue, d'époque pharaonique, probablement saïte (no 6148) et a été découvert à Abydos (Mariette, Abydos, T. II, pi. 40, et T. III, p. 587, no I495). Il est accroupi et chargé de quatre grandes jarres : son conducteur, un Égyptien de race pure, est assis sur son cou. Un goulot sort de la bosse et montre que l'ensemble était destiné à servir de vase. Quant à l'éléphant (no 6149, H. cm 16; long. omi94), il a été acheté à Coptos en 1882 et ne peut être attribué qu'à l'époque gréco-romaine. On sait quel usage les Ptolémées faisaient des éléphants de guerre dans leurs armées. Ils avaient établi le long de la Mer Rouge des stations, Ptolémaîs-épi-théras, Berenice-épi-théras , etc., où ils s'approvisionnaient de ces animaux : les bêtes étaient embarquées, transportées par mer à Bérénice ou à Myos-Hormi, d'où on les dirigeait sur Coptos. Notre éléphant a toutes les marques caractéristiques de l'éléphant d'Afrique : mais il a perdu sa trompe et son cornac, dont les
4l8 Salle historique de VEst.
jambes ont laissé leur trace sur son dos. Le seul autre éléphant que possède le Musée est de la fin de répoque saïte ei presque contemporain de celuici (cfr. Salle funéraire, Vitrine AK, no 4163, p. 275).
§ 2. — Salle historique de l'Est.
La série des stèles historiques, commencée dans les deux vestibules et dans la Salle historique de rOuest, s'achève dans cette salle. Ici encore, le classement ne saurait être définitif; plusieurs monuments sont hors série et devront être déplacés au prochain agrandissement du Musée.
La plupart des stèles qui couvrent les parois viennent d'Abydos (cfr. p. 29); les autres, en petit nombre, ont été trouvées à Thèbes, à Memphîs, à Tell el-Amarna et dans quelques villes de la Basse- Egypte. Voici les plus importantes: