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MŒURS ET COUTUMES

Le vallon de Baréges, situé au centre des Pyrénées, dont la chaîne s’étend depuis Saint-Jean-de-Luz jusqu’à Port-Vendres, faisait partie de la province de Bigorre. A l’orient, cette vallée confine à eelles de Campan et d’Aure;

mu midi, à celle de Brolou, en Aragon; à l’occident, aux montagnes de Cauterets ; au nord, à la vallée de Lavedau.

Vous avez dû remarquer et les roules que l’on a pratiquées depuis Lourdes jusqu’à Baréges, et les ponts de pierre ou de marbre jetés sur des abîmes. Gps travaux, qui attestent le zèle et la patience des montagnards, furent commencés eu 17.35 Le gave, étonné, vil en 1743 rouler sur ses corniches, le plus souvent garnies de parapets, la première voilure dont on ait jamais entendu parler dans ces montagnes.

La vallée de Baréges et celle de Garantie, qui en dépend, comprennent environ six mille habitants établis dans une vingtaine de villages et quelques hameaux. On en compte quatre dans le bassin de Luz ; les autres sont dispersés çh et la, et quelquefois perchés sur des rochers.

Les montagnards ont plus d’ardeur que de llegme, plus de crédulité que de raisonnement. Fidèles à l’ancien culte de leurs pères, ils invoquent particulièrement la Vierge.

Chez eux, comme chez les Germains, le devoir des femmes est de pleurer les morts; celui des hommes de s'en souvenir. Quant à leur caractère, il est en général fier, généreux et sensible, mais d’une sensibilité virile. La menace et le dédain les irritent; la douceur et l'humanité les subjuguent. Religieux observateurs des coutumes anciennes, les deux sexes s’allient rarement hors de leur pays; de manière qu’ils ne forment tous, en quelque sorte , qu’une grande famille. On se marie ailleurs; ici l'on s’épouse réellement, et la foi conjugaley est respectée comme un trésor public. Les femmes, aussi pures que les neiges qui les entourent , travaillent constamment pendant toute l’année; mais les hommes se reposent durant l'hiver.

Il y a dans la vallée plus de prairies que de terres labourables, et c’est partout de même ; ce qui vient de l’abondance des eaux que l’on dirige sans effort vers tous les points d’une montagne. Cette culture est facile et se pratique a peu de frais, au lieu que celle de la terre labourable y est d’autant plus pénible et plus dispendieuse que l’on peut rarement se servir de la charrue sur ces pentes si rapides que l'on s’y soutient à peine. Ajoutez que les moissons d’une terre trop légère y sont le plus souvent ravagées par le vent du midi; que, pendant l’hiver, les pluies, les neiges et les lavanges qui en résultent, entraînent la terre végétale et le

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terreau vers les bas-fonds ; qu’il faut souvent reporter celle terre sur les roches décharnées, et cela pour recueillir quelques boisseaux de seigle, d’orge, de pois, de millet on de sarrasin. Tout ici les engage donc à donner la préférence aux prairies, où ils nourrissent de nombreux troupeaux, qui forment leurs véritables richesses.

Vous trouverez encore des restes de leur antique habillement dans les hautes montagnes. Les hommes perlaient de larges caleçons plissés depuis la ceinture jusqu’aux genoux; sur la chemise, une camisole de laine blanche engagée dans le caleçon ; et, sur la camisole, une petite veste brune allant à peine jusqu’au nombril. Le tout était couvert d'une ample tunique, recouverte elle-même par un cueillie ou manteau pareil à celui que portaient les Romains à l’exemple des Gaulois, et qui ressemble assez à la robe des capucins.

Au commencement de juin, suivis de leurs troupeaux, ils vont s’établir sur les hautes montagnes, d’où ils ne reviennent dans leurs villages qu’aux approches de novembre, et lorsque les neiges qui commencent à blanchir les vallons les avertissent de se retirer. Vous les verriez alors abandonnant des grauges, des cabanes faites à la bâte, détruites le malin, reconstruites le soir ; vous les verriez de toutes parts hâter la marche de leurs bestiaux pour éviter les lavanges qui souvent les poursuivent, les atteignent; et c’est alors que troupeaux et pasleurs sont quelquefois écrasés ou entraînés au fond des précipices.

Quant aux granges et aux cabanes, avant de les quitter, ils ont soin de les couvrir de chaume et non d’ardoises, parce que les fragments de roches qui tombent de temps en temps des parties supérieures ne font qu’un trou, au lieu qu'elles briseraient un toit d'ardoise.

Contre l’usage des autres peuples, ce sont ici les hommes qui iraient les vaches, les chèvres et les brebis, qui font le ' fromage et le beurre. En voici le procédé : ils se servent de peaux de mouton bien cousues, les enflent comme des ballons, y déposent la crème, l’agitent de haut en bas jusqu’à ce que le beurre en sorte arrondi comme une boule. Le beurre est d’une qualité exquise : il ne laisserait rien à désirer s’il était un peu plus proprement manipulé.

Terrains de transition. — Vallée d’Argelès, Pierrelitte, Lavedan, vallée d’Azun.

Terrain de schiste micacé. — Vallée de Baslan, Tourmalel, Baréges, Luz, Cauterels , Saint-Sauveur, Gripp, Pic du Midi.

T err ain granitique. — Néouvieille.

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