Cascade du Mahourat
On monte par un chemin scabreux jusqu’à la soureg appelée Mahourat *
En chemin escarpé, rapide, tracé sur un éboulement qui semble s’étre refusé à le recevoir, conduit à un petit repos
' Demi-heure de marche depuis Caulcrels.
* A pied ou en litière : cette litière est surmontée d’un cerceau rouvert d'une toile cirée ; le voyageur est dessous, et voit tout
parfaitement.
Les pasteurs sont fort alertes : on n'a rien à craindre avec eux. Ils ont les pieds quelquefois couverts d'une espèce de peau qui leur permet de les poser sur les aspérités les plus aiguès.
Le costume du fashionable de Cauterets, dans ses courses des montagnes, se compose d'une veste légère, d’un bâton ferré, des espadrilles à la manière espagnole, ceinture rouge, béret montagnard.
où toutes les sensations fortes, effrayantes même, sont produits. Ce petit repos est pratiqué de la main des hommes. On a uni horizontalement quelques sapins sur lesquels on a jeté un peu de terre; une légère solive à hauteur d’appui forme le parapet.
D une part, le torrent est en pleine cascade; on est suspendu sur le point même de sa chute ; et cependant son onde écornante n’est aperçue qu’à travers le feuillage sombre d’un arbre très-fort dont le tronc est vigoureux et court .
De l’autre côté, une excavation ténébreuse se montre à vos regards; quelques pas faits en profondeur vous introduisent dans un antre que tout rend horrible. Une fumée et une odeur sulfureuse sont à l’entrée; vous êtes bientôt sous une roche d’un fond noir, recouverte de minéraux qui cherchent à se figer. On sent une chaleur considérable qui augmente à mesure que 1 on avance. Quelques pierres dépassent un peu le niveau de l’eau minérale, reçoivent et dirigent vos pieds. L’antre est resserré; à son extrémité, on touche aisément la roche de la main et de la tête; cette roche est brûlante et en même temps baveuse; le désir d'en connaître le tlegré de chaleur lait vaincre la répugnance que l’on sent à la toucher.
On ne reste pas longtemps sous cette effrayante ouverture ; on se hâte de revenir vers la cascade, dont on préfère le mugissement et la limpidité. Mais tout se fait mutuellement valoir dans ce lieu magnifiquement horrible. Après avoir considéré le torrent, après s’étre penché en frémissant sur le bord de l'abîme, on se tourne encore, sans se déplacer, vers la caverne sulfureuse; on est encore plus frappé de sa roche brûlante et sombre.
On remonte vers le chemin, et on se remet en marche. Quel chemin ! Les froissements du pasteur, qui, de son pied vigoureux et agile , le parcourt sans cesse, sont parvenus à peine à l’indiquer par une trace incertaine et légère.
Il faut toujours marcher sur des blocs de granit jetés là par de grands éhoulements. Souvent on grimpe sur des marches exhaussées ; quelquefois ces marches s’éloignent ; il faut sauter, bondir. Dans un endroit, un quartier de roche s’est appuyé en tombant sur quelques autres; il repose par ses angles, et l’on passe dessous. On a constamment auprès de