GAVARNIE — EXCLUSION DEPUIS BARÉGES
Le Mont-Perdu n’est pas comme le Mont-Blanc, où l'on court risque d’être englouti à chaque pas par les neiges et par les glaces.
Tout voyageur armé de patience et de courage peut être sûr d’en faire l’ascension. Cependant il ne faut pas se dissimuler que rien d’extraordinaire ne paye ici les fatigues d’un semblable voyage : car rarement ce pic, dégagé de nuages, permet à l’œil de contempler les systèmes des montagnes environnantes.
Voici la route que suivit M. Arbanère :
Départ de Baréges. — Premier échelon du passage nommé la Corniche , par où l’on escalade la muraille occidentale du cirque : précipice.
Sommet de l’amphithéâtre, 202 mètres au-dessus du cirque, nommé les Sarrudels.
Deux larges brèches se présentent : la plus occidentale se nomme la brèche du Taillon; l’orientale, la brèche de Roland.
Route à l’ouest vers l’arête qui sépare le glacier de Roland du glacier du Taillon.
On longe en écharpe le glacier, et on parvient au seuil de la brèche de Roland : passage difficile.
On franchit la brèche, on se dirige à l’est en suivant la savane aride qui longe les bases du Marboré. — Cabane au pied du Mont-Perdu, où l’on passe la nuit.
Départ de bonne heure ; on arrive au monticule nommé la Tour-de-Gollis.
On gravit le long des bases de la tour, on tourne à l’ouest, on atteint une haute terrasse.
Cette tour est séparée d’une autre terrasse par un ravin transversal de rochers et de neiges.
Le pas>age est une fissure presque verticale; il est difticile : il faut se servir de haches pour faire des escaliers.
On continue à monter en ligne droite vers la cime.
Une troisième fissure se présente, à escarpements verticaux.
Passage semblable au premier, mais plus dangereux. On atteint le sommet du mont après beaucoup de fatigues, en rampant souvent sur la glace.