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de Varmotos, c’est-à-dire une bouillie de mais très-claire, que l’on nomme millus quand elle est plus épaisse. Leur boisson n’est que de la piquette, qu’on obtient en laissant séjourner de l’eau sur le marc de la vendange.
« Les délassements du dimanche sont les contes, les visites, les achats. Ils portent sur leur gilet une longue veste non boutonnée, et quelquefois l'habit qu’ils avaient le jour de leurs noces; leurs guêtres (yarramucheos) font plusieurs fois le tour de leurs jambes, et ils ont des sabots, ou des souliers ferrés, qui datent quelquefois «lu même jour que leur habit. Chaque pièce de leurs vêtements est fabriquée avec leur laine ou avec leur lin, qui a été lilé par les mères de famille et les jeunes filles. Les femmes ont un long jupon, des brassières qui marquent la taille jusqu’aux hanches, et qui se lacent et se boutonnent, un tablier et une coillure de toile : dans la belle saison, elles ont les jambes nues; dans le mauvais temps, elles portent des bas de laine et des sabots : les souliers sont un grand objet de luxe.
« Les mères prennent soin du ménage , nourrissent la volaille; les jeunes tilles font paître les troupeaux : lorsqu’elles grandissent, elles partagent avec les hommes les plus durs travaux des champs; aucune ne voudrait rester fainéante et devenir ainsi indigne de la recherche d’un laboureur : aussi celles qui se louent, lorsque la famille est trop nombreuse, préfèrent-elles la campagne à la ville. Tout chez eux tend à l'union des familles par le lien sacré du mariage, et les exemples de séductions sont très-rares. 1 ne grande taille, de l’embonpoint, de larges épaules, de grands bras, de grands pieds, un teint fortement hâlé, font surtout rechercher les filles par les pères pour leurs aînés. Le jeune homme pince Je bras de celle qu’il préfère; si elle reçoit bien cette rustique déclaration , elle lui en fait l'aveu en s’asseyant sur ses genoux ; mais rien n’est terminé sans le consentement des parents. Un mauvais lit, une ou deux paires de draps d’étoupes, une armoire de montagne, qui vaut dix à douze francs, un habit complet pour les fêtes, une paire de souliers, une paire de sabots et environ cent francs composent toute la dot.
« SL, malgré sa robuste constitution , la jeune mariée ne donne pas à son époux plus de garçons que de filles, elle éprouve bientôt sa mauvaise humeur et ses rebuts ; mais si
l’époux voit s’accroître le nombre de ses garçons, c'est pour lui une source de richesses, et à sa mort il leur partage tous ses instruments de labour et d’agriculture.
« l.es paysans du Gers sont charitables et hospitaliers; jamais le mendiant n’est renvoyé sans un morceau de pain : ils donnent tout avec profusion à l’hôte qu’ils reçoivent. Ils sont durs pour eux-mêmes et pour leur famille; les malades même obtiennent peu de soins; mais ils les prodiguent au bœuf ou à la vache qui sont atteints de quelque maladie, et rien ne coûte, quelque faible que soit l’espoir qu’on a de le sauver; on a recours surtout à l’art des devins et à la puissance des sorciers. »
Ralmstcns (Hautes- Pyrénées), 18 Lil. de Tarbes, 1,600 liai)., est une des plus anciennes villes du comté de Bigorre. Elle possédait autrefois des fortifications et un château-fort, (pii en faisaient un lieu de sûreté dans les temps malheureux des guerres civiles et religieuses; elle a soutenu plusieurs sièges et a été prise et reprise plusieurs fois. I.c plus mémorable de ces sièges est celui que les protestants \ soutinrent contre le maréchal de Montluc dans le xvie siècle. Ayant été prise d’assaut par la valeur du parti catholique, après la résistance la plus opiniâtre, tous les habitants furent passés au lil de l’épée. {Ann. stntist.) M. Piqué, dans son Voyage dans les Pyrénées françaises, ajoute : Mouline, blessé au pied des murailles de Rabastens (il eut le visage fracassé d'un coup d’arquebuse, ce qui l’obligea à porter un masque le reste de sa vie), s’en vengea en passant tous les habitants au fil de l'épée, sans distinction de sexe ni de religion. Fléau des calvinistes, par un mélange de grandeur et de férocité, lidèle :i ses amis, inexorable après la victoire, ce barbare n’ambitionna l’honneur de vaincre que pour se livrer au plaisir d’exterminer les vaincus. Il fit périr plus de calvinistes par la potence et par la roue que par l’épée. Toujours suivi de deux bourreaux, qu’il appelait ses laquais, le nom de huguenot le faisait entrer en délire. Pour transmettre son caractère féroce à ses enfants, il les faisait, dit-on, baigner dans des cuves de sang.
Et sur la roule d’Aire :i Tarbes, on passe par
Miiubotirguct. (Hautes-Pyrénées), 20 kil. de Tarbes, 2,200 hab. — Cette ville faisait autrefois partie du territoire que l’on nomme la H ivtère- fiasse , ou le Ras-Comté de Bi-