BAGNÈRES-DE-BIGORRE
l.a marbrerie de M. Gracielle mérite aussi d’élre visitée.
• Les Pyrénées renferment une foule de marbres différents pour la. composition, la structure et la coloration : les uns comme le Campait, sont de nature schisteuse et appartiennent aux terrains de transition ; d’autres, comme le blanc de babas, sont de structure saccharoïde et font partie de terrains primordiaux ; d’autres enlin, tels que les brèches de Beaudean, sont constitués par l’agglomération et la cimentation de matériaux hétérogènes, et ont pour origine le brisement et le relèvement des terrains secondaires et tertiaires par le soulèvement de l'opbite.
« Les stalactites et les stalagmites sont le résultat de phénomènes géologiques qui se pissent encore sous nos veux ; elles sont dues à la cristallisation plus ou moins incomplète •les matériaux calcaires et siliceux tenus eu dissolution et en suspension dans 1 eau qui filtre à travers les voûtes des grottes. La stalactite, quand elle est polie, offre généralement un aspect cristallin , une couleur jaune-clair , et est parsemée de veines plus foncées ou de taches noires qui lui donnent l’apparence de bois pétrifié. La stalagmite, au contraire, présente une teinte fauve, à peu près uniforme et une structure beaucoup moins cristalline, ce qui lient h son mode de formation ; tandis, en effet, que la stalactite est
partir de 1 829, M. Géruzet dirigea seul celte exploitation à laquelle il se livra exclusivement. Il lui a fallu vingt années de persévérance, de sacrifices, d’cITorts et de luttes pour amener l’etablissement au point de perfection et de prospérité qu’il atteint aujourd’hui. J
A partir de 1834, de flatteuses distinctions sont enfin venues recompenser les utiles travaux de M Gcruzet.— Celle même année 1834 lui valut la médaille d’argent; en 1 836 , et sur les demandes du maire, du sous-prefet et du prefet, M. Géruzet recevait la décoration de la Légion d’honneur; è l’exposition de 1839, première médaille d’or; en 1844 , seconde médaille d’or; troisième médaille en \ 849.
Très- secondé par scs deux fils, M. Géruzet donne chaque jour a son etablissement une extension nouvelle; chaque jour il ouvre aux marbres des Pyrénées de nouveaux débouchés dans toutes les parties du monde.
constituée par la cristallisation et le dépôt des gouttes d’eau qui abandonnent la voûte des grottes, la stalagmite, au contraire, s’élève en sens inverse, c’est-à-dire de bas en haut, aux dépens des matériaux les plus lourds, et qui tombent naturellement plus vite que ceux employés par la nature au développement des stalactites. L’agitation de l’eau et la différence dans l’état moléculaire des éléments de ces deux sortes de marbres expliquent parfaitement la différence de structure qui les distingue quand ils sont travaillés et polis. • (M. H. L.)
En seconde ligne se présente la papeterie mécanique créée
fiar M. Lasserre, et actuellement dirigée par M. Verdoux. tien de curieux comme la fabrication du papier par les procédés mécaniques, la réduction du chiffon en pâte, la régularité avec laquelle cette pâte liquide s'étend d’elle-mèmc autour du cylindre, d’où elle sortira bientôt transformée en papier propre à être livré à la consommation ; et ce qui n’est pas moins curieux, c’est de voir l’immense feuille de papier une fois commencée se continuer sans lacune, sans interruption, sans lin, sans autre limite enfin que celle de la matière qui sert à sa fabrication.
Vient ensuite la fabrique de crtpes dits de Barèges, de châles et de couvre-pieds de Mme Coslallat - l.afforgue; dans laquelle se confectionnent aussi les mérinos, lapis, couvertures, bérets, les jupes, les corsets, les gilets, les gants, etc., etc. Tous les tricots en laine ont été inventés dans cette ville ; il s’y en vendait, il y a quelques années, pour une somme de 300,000 à 400,000 francs.
Histoire. — Les Romains donnèrent à Bagnères le nom de Viens Aqnensis à cause de la grande quantité d’eaux minérales chaudes dont elle était enrichie. Etc us , parmi les Romains, désignait un bourg principal, et pour le distinguer des autres petites villes , ou y joignit le mot Aqnensis (aqueux), à cause de ses sources. Le nom de Bagnères, dans l’idiome gascon, répond à l’ancienne dénomination. Les Romains apprirent aux habitants de Bagnères à faire usage de leur trésor ; et ces derniers, par un motif de reconnaissance peut-être, ou pour plaire à César, érigèrent à la divinité de leur vainqueur un temple sur le frontispice duquel ils firent graver en caractères romains, sur un bloc de marbre, l’inscription latine suivante :
BACNÈRES-DE-BIGORRE.
NVH1NI AVGVSTI SACRVM
SECYNDVS SEMBEDO NIS PII.. N'OMINE VICANORVM AQTEN SIVM ET SVO POSV1T.
Ce temple, construit sur la place publique de Saint- Martin, où il subsista jusqu’à l’établissement de l’Evangile dans les Gaules, fut dans la suite converti en une église sous l'invocation de Saint-Martin de Tours. L’inscription Numini Augusti demeura sur les murailles de celte église jusqu’en 1641, qu’elle lut transportée sur la fontaine publique que l’on lit construire à la porte méridionale de la ville, où elle existe encore.
De leur côté, les Romains guéris par les eaux de Bagnères y laissèrent des monuments de leur reconnaissance : un de ces monuments, en l’honneur des nymphes, atteste la gratitude d’un malade rétabli, par une inscription en caractères romains gravés sur du marbre en ces termes :