‹ Guide du voyageur aux PyrénéesChapitre 175 sur 226 · A Campan · texte numérisé non relu

A Campan

4 kil. 3/4. (En voiture, si l’on veut.)

Ou sort par les belles allées de Maintenon.

1 Cette cascade ne donne qu'une idée très-imparfaite de relie >]e Gavarnie, qui tombe de *00 mét.; et cependant cette dernière fait moins d'impression. Il est vrai que le Ponl-de-Neige, que le Cirque (espace de 233 mèt.) circonscrit par des montagnes perpendiculaires, que les tours du Marboré, rouvertes de neiges éternelles, partagent l'attention du spectateur.

.'>02 l'YRÉNÉES ROUTE H.

A gauche on aperçoit Gerde et Asie , deux jolis villages.

Al kil. on trouve l’ancien couvent de Mêlions, remarquable par la limpidité et l’abondance de sa source admirable, situé 1» 3 kil. 1/2 sur la route de Caïn pan, et une grotte tapissée d’une belle mousse.

On entre dans la vallée de Campan.

On traverse le village de Baudmn ; on passe le torrent de l’Adour ; après le village de VEsponne, on s’enfonce dans les forêts.

Saint-Paul, ancien prieuré, aujourd’hui relevé de ses ruines, qu’on trouve î» quelque distance de Campan, fut longtemps habité par l’abbé Torné. La plaisanterie d'un courtisan lui lit quitter la cour pour se retirer dans cet asile.— * Prêchant devant Louis XV, il allait commencer son sermon sans faire le signe de la croix : le roi s’en aperçut, et le témoigna par un sourire. M. de Noailles, alors duc d’Ayen, s’approche du monarque et lui dit : Sire, votre prédicateur va vous donner sans doute un sermon à la grecque. Cette plaisanterie, relative à la mode qui régnait alors, fut trouvée d’autant plus heureuse, que l’abbé débuta par ces mots : Les Grecs et les Romains, etc. »

Comment peindre la vallée de Campan? 11 est plus facile de la vanter que de la décrire. Je trouve dans Plutarque que le Perse Tissapherne possédait un jardin délicieux auquel il avait donné le nom d’Alcibiade. Ce jardin enchantait tout le monde par l’abondance de ses eaux, la fraîcheur de ses prairies, la beauté de ses retraites, que l'art et la nature embellissaient à l’envi, et où éclatait une magnificence royale, etc. Cette courte description convient parfaitement à la vallée de Campan, excepté la lin; car je défie l’art et le luxe de tous les Tissaphernes et potentats du inonde d’y pouvoir rien ajouter sans en détruire le charme.

Cette vallée, qui n’attend qu’un poète pour devenir aussi fameuse que celle de Tempé, outre les plantes qui y abondent, ne manque point de substances minérales; mais elles échappent à la plupart des minéralogistes, trop ravis de ce qu’ils voient pour avoir la patience de les chercher, et même d’y songer. Pasumol en rapporta cependant ce qu’on appelle du cuir fossile. Du reste, le commencement de cette gorge nous a surtout montré les domaines de Pan : nous ne verrons plus guère désormais que ceux de Poinone et de Cérès.

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