E PARIS A RAYONNE.— BLOIS
environs. A l’un des plans reculés du vaste tableau qu’on a sous les yeux, on aperçoit à une distance de 36 kil. la flèche de l’église de Notre-Dame-de-Cléry. Ce château , qui fut la dernière résidence du duc de Bellune , appartient aujourd’hui au prince de Chimay, qui y a établi un prylanée.
Blois (Loir-et-Cher)— 13,500 hab — station : 180 kil. de Paris. — Préfecture.
Ici on s’arrête 10 minutes. — Buffet pour les voyageurs. N’oublions point de signaler les excellentes crèmes de Saint - Gervais.
Des omnibus à 30 cent, par place transportent les voyageurs dans l'intérieur de la ville.
Hotels : de Blois, nouvel établissement parfaitement tenu, avec bains dans l’hôtel; du Château, d’Angleterre, de la Tête-Noire. — Les hôtels de Blois et du Château fournissent â toute heure des voitures pour Chambord.
Bâtie en amphithéâtre sur la rive droite de la Loire et dans un des plus beaux sites de la France, Blois est divisée en ville haute et ville basse. La partie supérieure, qui forme la ville proprement dite, est assez mal bâtie; les rues sont étroites, mal percées et pour la plupart inaccessibles aux voitures, mais elles sont propres et ornées de fontaines publiques. La ville basse offre une suite déniaisons bien bâties le long d’un superbe quai d’une prodigieuse étendue, et qui, longeant le cours de la Loire, forme un boulevard planté d’arbres séculaires qui va s’unir à la belle levée de Tours. Un très-beau pout construit en pierre et orné d’une pyramide unit la ville au faubourg deVienne, où se trouve situé l'hôpital.
Le plüs bel édifice de Blois est le Château , situé au sommet d'une petite colline à l’extrémité occidentale de la ville. Ce monument, qui sert aujourd’hui de caserne , fut, au xvie siècle, le chef-lieu de la royauté. Louis XII y naquit, François Dr, Henri II, Charles IX et Henri III y tinrent leur cour et leurs états. I)e nombreux événements se sont passés sous ses voûtes obscures. Valenline de Milan y vint pleurer la perte de son époux, et elle y mourut. Henri III y fit assassiner Henri de Guise, surnommé le Balafré, qui contrebalançait son pouvoir à la tète des ligueurs, et l’avait tenu prisonnier au Louvre pendant la journée des barricades. Ce drame sanglant eut lieu le 23 décembre 1588,
pendant line séance des états généraux qui se tenaient à Blois depuis le 16 octobre précédent. Trois jours après cet événement, le lendemain de Noël, le cardinal de Lorraine, frère du «lue de Guise, et l'archevêque de Lyon, qui étaient également l’objet de la haine du roi et de Catherine de. Médicis, tombaient aussi sous le fer des assassins. Quelques années plus tard, Henri IV y célébra son mariage avec Marguerite de Valois. En 1 8 1 4, l'impératrice Marie-Louise abandonna Paris pour se retirer à Blois. C’est là qu’elle signa le dernier acte de sa régence, et que finit le gouvernement impérial.—Le château de Blois a été édifié sous la domination des ducs de Champagne et de Châlillon , mais il a subi de nombreuses modifications. Louis Xll fil bâtir, en 1498, la partie orientale : c’est celle qui sert de caserne; la grande salle où se tinrent les étals généraux y est située au rez-de-chaussée; elle est décorée de grosses colonnes surmontées de chapiteaux romains. Il existe dans le même bâtiment plusieurs autres sculptures curieuses. L’aile du nord fut construite par François 1er! Cettepartie du château est admirable par la beauté, l'originalité et l’élégance de l’ornement. La cage de l’escalier qui donne accès à ce bâtiment est saillante et d’une construction toute particulière ; le plafond rampant est décoré de rosaces dans lesquelles ont été alternativement distribués le chiffre de François 1er et la salamandre couronnée, emblème de ses armes. C'est dans cette partie du château que sont situés les appartements jadis occupés par Henri III , et où le duc de Guise fut assassiné par Loignac, officier des gardes du roi.
En 1638, Gaston d’Orléans fit élever sur les dessins de Mansard la façade qui règne à l’occident; mais celle construction, qui n’est point en rapport avec les autres parties du château , est restée inachevée.
Une vieille tour existant au sud paraît appartenir au château primitif; on lui a donné le nom d’observatoire de Médicis , parce que Catherine, qui se livrait à la chiromancie, y observait les astres et s'y renfermait avec des astrologues. Ce donjon en ruine sert aujourd’hui de magasin à poudre. De la terrasse qui le couronne on distingue le château de Chambord, à 16 kil. de Blois.
L’ancien évêché, aujourd’hui la préfecture, a été bâti sur les dessins de Gabriel , architecte de Louis XIV. Les jardins
DK PARIS A BAYONNE.— CHAMROKD. 81 sont disposés en terrasses régulières et l'on y jouit d’un coup d’œil magnifique. Vers le cours supérieur de la Loire, l’œil embrasse plus de 24 kil. d’étendue et admire les riants coteaux qui bordent ces deux rives, tandis que du côté opposé se déploient sur un immense horizon une foule de sites agréables et pittoresques qui offrent une série de tableaux variés difficiles à saisir, mais dans lesquels on distingue les grandes forets de /Unis, de Russy et de Boulogne.
On remarque encore l’ancienne église de Saint- Limier , aujourd’hui Saint-Nicolas, la plus belle de Blois; V église des Jésuites, bâtie sur les dessins de Mansard ; la place de la. Préfecture et du Palais de Justice, sur un des côtés de laquelle on a bâti des Halles fort élégantes ; la fontaine du marché aux herbes, oii est sculpté le blason de Louis XII, et un aqueduc en forme de grotte qui fournit de l'eau à une partie de la ville. — C’est à Blois qu’on a découvert, en 1632, l'art de peindre sur émail. — Commerce considérable.
Ouvrages a consulter. — Guide classique du Voyageur en France, de Richard, I fort vol. in-12, 24e édition; — trois Notices sur Blois, son Château, et Chambord, par M. de La Saussaye.
Voit, de corresp. pour le Mans, par la Chapelle-Vendômoise, Vendôme, Montoire, Savigny, Saint-Calais, Bouloire; — Venddme, par la Chapelle-Vendôme ; — Oncques; — Château- Renault, par Herbault; — Monlr icliard , par Ponllevoy ; — Sainl-Aignan, parCellelte, Centres; — Romorantin, parCour- Cbeverny, Mur ; — Valençay, par Cellettes, Centres.
Voilures à volonté pour les Environs, et spécialement pour Chambord.
Cliàtean de Chambord. — La distance qui sépare Blois de Chambord (16 kil. N. E.) est trop peu importante pour que le voyageur ne cède point au désir de visiter le plus beau château de la France.
Le château de Chambord s’élève au milieu de la Sologne; il est entouré de bois propices à la chasse; â ses pieds coule le Cosson, et les étangs, bois et fermes qui en dépendent occupent une superficie de 32 kil., c’est-à-dire une étendue égale à celle de la surface de Paris extrà muros. Le style des constructions est emprunté au xu<? siècle, et les ornements qui les décorent au genre bizanlin. Ce château représente un donjon flanqué de quatre grosses tours; la
terrasse qui surmonte ce donjon est occupée par des tourelles et des dômes de l’effet le plus pittoresque. Au milieu de l'édifice s’élève une flèclie de plus de 33 mètres de hauteur qui donne une forme pyramidale à ce monument, dont l’ensemble majestueux est très-imposant. Un bâtiment rectangulaire flanqué de quatre tours enveloppe le donjon. Ce bâtiment manque d’harmonie et nuit à l’ensemble des constructions. L’importance du château de Chambord est telle, qu’on y compte 363 chambres à feu et 444 croisées. On y remarque particulièrement un escalier à double rampe, se croisant l’une sur l’autre, et toutes deux communes a un même noyau.
« Chambord, dit M. Millin , est un assemblage de tours et de tourelles élégamment sculptées et chargées de petites pierres noires tadlées en rond et en losange, qui y forment des compartiments. Au milieu il y a huit salles très-vastes et très-élevées, et le second étage est voûté. On remarque surtout l’escalier double, dans lequel deux personnes peuvent monter et descendre sans se voir. Partout on trouve la salamandre ou l’F couronné. François 1" voulait faire passer le Loiret dans le parc. Depuis ce prince jusqu’à Louis XIV, les rois ont souvent habité Chambord. Devenu depuis la noble récompense des exploits et des talents militaires, il a été donné par Louis XV au maréchal de Saxe, et par Bonaparte au maréchal Berthier. r Dans les derniers temps, il fut offert par la ville de Paris au duc de Bordeaux, qui, dans son exil, a pris le nom de comte de Chambord.
François Ier fit édifier ce château par le Priinatiee; les travaux commencèrent en 1336, ils lurent continués par Henri II et quelques-uns de ses successeurs ; mais le Primatice eut la douleur de mourir sans avoir achevé son œuvre. — François Ier affectionnait particulièrement la résidence de Chambord ; elle lui rappelait le souvenir de ses premières amours avec la châteleine de Monlfrault et la comtesse de Thoury; cependant son cœur n’y fut pas toujours à l’abri des orages, car c’est dans l’oratoire de ce château qu’il traça sur une vitre, à l’aide d’un diamant, le distique suivant :
Souvent femme varie,
Bien fol est qui s’v fie.
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Toul ce que créa ce prince se ressentit du faste de sa grande âme et porta le cachet de ses penchants à .la galanterie. Chambord en est un exemple : il existait dans ce palais magnifique et somptueux des constructions mystérieuses qui permettaient au roi de se soustraire à tous les regards et de satisfaire sa passion pour Diane de Poitiers, sans éveiller les soupçons de la duchesse d’Etampes.
Nous revenons à Blois pour reprendre notre route.
Le chemin touche presque à la Loire pendant quelque temps ; il traverse le village des Gaudinières, la foret de Blois , et arrive à la station de Chonsy en descendant une pente de 3 millimètres par mètre.
Ici commencent les magnifiques levées de la Loire ; ces digues, dont l’origine est incertaine, ont été faites pour encaisser le fleuve en cas de sécheresse et en cas d’inondation. Le plus ancien document qui reste à cet égard est un édit de Louis le Débonnaire, fils et successeur de Charlemagne, qui , touché des représentations que lui firent les habitants de la Touraine et de l’Anjou , dont les débordements de la Loire détruisaient fréquemment les récoltes, ordonna l’exécution des travaux, qui furent modifiés et continués sous ses successeurs. Au temps de Philippe de Valois, les levées de la Loire acquirent la forme qu’elles ont conservée jusqu’à nos jours; elles servent de route entre Blois et Tours.
Clionzy (Loir-et-Cher) — 1 ,300 hab. — station : 1 90 kil. de Paris. — Bourg situé sur la levée de la Loire.
En 1802, M. Corbigny, préfet du département, est parvenu, en profilant des moyens d'irrigation qu’a procurés le voisinage de la petite rivière do Cisse, à former sur le territoire de la commune de Cliou/.y, et dans une terre assez médiocre, une pépinière départementale. Le voyageur qui chemine sur le chemin de 1er ou sur la levée de la Loire est agréablement surpris en voyant aujourd'hui une végétation vigoureuse là où naguère il n’apercevait que des bruyères et même un sable nu.
Onzain (Loir-et-Cher) — station : 190 kil. de Paris. — Village important situé dans l’arrondissement de Blois.
Si
De l’autre côté de In Loire, et en face d’Onzain, s’élève un vieux. manoir qui fixe l'atleniion de tous les voyageurs par sa situation imposante et pittoresque au sommet d’un rocher boisé : c’est le château rie Chaumont. Il occupe l’emplacement d'un manoir féodal dont la fondation est attribuée à Gueldin , chevalier danois, et que Thibault le Grand, comte de lîlois, lit démolir. Ce château fut construit par les seigneurs d’Amboise, dans la maison desquels il resta jusqu'en 4550. A celte époque il passa aux seigneurs de La Rochefoucault , qui le vendirent à Catherine de Médicis pour la somme de 4 20,000 livres. C’est particulièrement dans le château de Chaumont que celle reine artificieuse sacrifiait aux absurdes croyances du temps où elle vivait les moments qu’elle pouvait dérober h sa politique ombrageuse, en asservissant son génie fier et dominateur aux bizarres pratiques de l’astrologie judiciaire, et qu’elle cherchait à connaître un avenir que le cri de sa conscience devait lui rendre redoutable. A la mort de Henri 11, Catherine de Médicis, pour satisfaire la haine qu’elle portait à Diane de Poitiers, la contraignit à lui céder Chenoncemix en retour de Chaumont. Cet échange forcé lut ratifié par la duchesse de Valentinois en 4 559.
Le château de Chaumont a son entrée principale au midi: c’est un édifice peu régulier, construit à diverses époques, mais très-remarquable dans ses détails. L’intérieur du monument a conservé , dans sa plus grande partie, le cachet du xvie siècle. Le propriétaire actuel a mis un soin particulier à réunir tout ce qui y existait d’intéressant; il en a formé une collection curieuse, et a fait exécuter de belles restaurations. — Il est difficile «le rencontrer un point de vue plus agréable que celui qu’ollre le château de Chaumont. Du haut de la tour, dite â'Amhoise, on découvre la levée de la Loire pendant l’espace de 21 kil., on plane sur des campagnes animées, et l’on aperçoit la ville d’Amboise.
Pendant que nous nous sommes arrêtés à Chaumont , le convoi a déjà dépassé Mouleaux et franchi la limite du département de Loir-et-Cher en entrant dans celui d’Indreet-f.oirc : le voici qui atteint une nouvelle station.
Liincray (Indre-et-Loire) — station : 208 kil de Paris. — Ce village est situé sur la Cis.se, qui longe le chemin
DK PARIS A RA YONNE. — A MBOISE. 85
depuis Chouzy et ne le quittera qu’à Mont-Louis; ainsi nous sommes entre deux cours d’eau, la Loire à gauche et la Cisse à notre droite.
Nous passons devant le village de Vallée (le Fourchette , à droite, et nous traversons celui de le Rout des Pouls en arrivant devant Atnboise, à une assez grande distance de celte ville.
Ainltoise (Indre-et-Loire) — 5,000 hab. — station: 213 kil.de Paris. — (Hôtels : du Lion-d’Or, du Faisan , du Cygne.) — Celle ville est très-ancienne et généralement mal bâtie; elle se compoe de deux grandes rues, de quelques petites rues transversales et d'un pont sur la Loire, terminé en 1822. Elle est dominée par un château fort défendu par des tours et un large fossé, embelli par des jardins trèsagréables, élevés de 20 mètres au-dessus du sol «le la ville. Ce château est encore remarquable par une tour de 21 mètres d’élévation, dans l'intérieur de laquelle on peut monter en voiture, et dont la plate-forme olïre un des plus beaux panoramas de la Loire. Sa petite chapelle est un des morceaux les plus gracieux de l’architecture gothique fleurie.
La vue d’Amboise rappelle l’institution de l’ordre de Saint-Michel, qui y fut fondé par Louis XI en 1 160, la naissance de Charles VHI en 1470, et sa mort après un règne de courte durée. — C’est à Atnboise que les guerres de religion éclatèrent et que l’épithète de huguenots fut donnée aux calvinistes pour la première fois, en 1560, après le tumulte qui eut lieu , par suite de la conjuration qui avait pour but d’engager François II à permettre aux religionnaires réformés la libre pratique de leur croyance. — Jusqu'à Louis XV le château d’Amboise appartint à l’Etat; mais en 1791, le roi le donna à titre d’échange au duc de Choiseul ; il passa ensuite au duc de Penthièvre, et aujourd’hui il fait partie «lu domaine de l’Etat.
11 existe à Atnboise des souterrains curieux connus sons le nom de Greniers (le César. — L'église paroissiale possède un tombeau décoré de sept personnages emblématiques qui semblent représenter François I*r, Marie Gtidin , épouse de Babou, et ses trois filles, qui furent successivement les maîtresses du roi ; les autres personnages paraissent appartenir à la même famille. — On a érigé à Atnboise une pyramide en l'honneur deChaptal. — Commerce important.
Voit, de couresi*. pour Loches, par Bléré et Saint-Quenlin; — /itéré, par la Croix de Bléré ; — Château- Renault, par Pocé, Saint-Ouen, Aulrèchc; — Montrichard par Civray, Chenonceaux.
Excursions. — Au châtrait <lc (’hanteloup, dont il 11e reste plus qu'un kiosque.
Au parc et château tle Vernou.
Au château de Chenonceaux (26 kii. d’Ainboise), en traversant la forêt. Ce château, construit sur le Cher, est aussi intéressant par la hardiesse et l’élégance de sa construction que par les souvenirs qu’y laissèrent Henri II et Diane de Poitiers. Rien de plus merveilleux ne fut jamais imaginé que celte galerie qui traverse le Cher sur un pont dont les piles sont transformées en bâtiment de service, et met en rapport les deux rives du fleuve. Il 11'est point d’artiste, de poète ou d'amateur d’art et de tendres souvenirs qui n’ait visité Clienoneeaux et ne se soit senti inspiré devant les murs de ce palais gracieux et original. M. de Villeneuve, le propriétaire actuel, se prête avec infiniment de grâce aux désirs curieux des visiteurs.
Revenu à la station d’Amboise, le voyageur qui se dirige vers Tours passe devant les villages de Négron et de Muzelles. puis il atteint Noizay.
JVoizay (Indre-et-Loire), station : 220 kil. de Paris. — Village important.
Vernou (Indre-et-Loire) — station : 222 kil. de Paris. — Joli village sur la Brème, entre des coteaux plantés de vignes.
Ici le chemin décrit une grande courbe et traverse la Loire. A chaque tête du pont est établie une station : 1 durrrnj est sur la rive droite du fleuve et Montlouis sur la rive gauche.
Vouvray (Indre-et-Loire) — 2,500 hab. — station : 226 kil. de Paris, à quelque distance du chemin de fer. — Ce village est bâti dans une belle situation sur la levée, au confluent de la Cisse et de la Loire, dans une contrée fertile en vins blancs très-estimés. Vouvray est dominé par le château de Moncontour, et renferme des maisons bâties avec élégance.
Après Vouvray, nous traversons le pont de Montlouis, au bout duquel est située la station du même nom.
I)E PARIS A BAVONNE. — TOURS. 87
Ici, comme à Blois, le lleuve se découvre à nos veux dans toule sa magnificence; en amont et en aval du pont, nous pouvons jouir d’un coup d’œil de plusieurs kil. d’étendue.
Montlouis (Indre-et-Loire) — 2,500 hab. — station : 220 kd. de Paris. — Village sur la rive gauche de la Loire.
En quittant celle station, le rail-way suit la rive gauche de la Loire, passe devant les villages de Creux, Rochepinard, les Vallées, la Carte, la Ville-aux-Darnes , Saint-Pierre, et arrive à Tours, après avoir traversé le pont courbe jeté sur le canal du Cher.
Avant d’entrer en gare on aperçoit, sur la gauche, un charmant château , style Louis XV, bâti récemment et propriété du général Charon.
Tours, chef-lieu du département d’Indre-et-Loire — 34,000 hab. — station : 237 kil. de Paris.
Des omnibus à 30 cent, par place transportent les voyageurs dans l’intérieur de la ville.
Hotels : Grand hôtel de l’Univers, sur le boulevard, près de l’embarcadère du chemin de fer, tenu par Duchemin. Cet établissement, qui date de l’ouverture de la ligne, est sans contredit le plus beau, comme l’un des meilleurs qui existent sur la route de Paris à Madrid. — Hôtel de Londres; hôtel de la Boule-d'Or, dans la rue Royale.
Tours, grande et très-ancienne ville, chef lieu de préfecture, est située sur la rive gauche de la Ivoire, dans une plaine charmante qui s'étend entre ce lleuve et le Cher. Rien ne saurait donner une idée de la déJicieuse situation de Tours : une plaine plantée d'arbres à fruits, des champs de blé, un cercle de collines dans l’enfoncement, couvertes de vignes, et, sur le dernier plan, des maisons de campagne, des abbayes avec leurs jolies chapelles, des tours en ruines.
L’entrée de Tours est maguilique, et le coup d’œil imposant. On traverse un pont élégant, et l’on voit, sur la place, la statue île Réné Descaries: au delà on aperçoit la rue Royale, de chaque côté de laquelle s’élèvent des maisons d’uu bon goût d'architecture; à gauche et à droite, des îles charmantes; sur la gauche apparaissent, cachées par le feuillage, les tours de la cathédrale : rien de pareil en France. Le pont qu’on traverse pour entrer dans ce chef-lieu du département est un des plus beaux ponts de l’Europe; sa longueur est de 444 mètres, et sa largueur de 60; il est de niveau
sur toute sa superficie, et composé de quinze arches elliptiques, dont chacune de 25 mètres de diamètre. Au houl de ce pont, sur un alignement qui traverse toute la ville, est une rue de 800 mètres de longueur, embellie de trottoirs, bordée d’édifices modernes, tous de même hauteur, mais de di fièrent s goûts. A l’autre extrémité de cette rue, qui est la rue Royale, s’élève, sur la droite , le nouveau palais de justice, bel édifice.
Quoique en général d'un aspect assez agréable, il s’en faut que toute la ville soit aussi bien bâtie. Au nombre de ses édifices, on remarque la cathédrale de Saint-Galien , gothique léger, et dont les portails, les deux tours de 66 mètres de haut, les vitraux surtout, méritent d’être vus. Dans l’intérieur, qui a 80 mètres de long sur 27 de liant, on voit le tombeau des enfants de Charles VIII, ouvrage estimé, l’œuvre de deux Tourangeaux. I.es figures des deux princes, (pie regardent des anges, sont pleines d’expression. — La célèbre abbaye de Saint-Martin, dont l'église est détruite, niais dont on a conservé deux tours, dites Tour de Charlemagne et Tour de l'Horloge, qui sont probablement les plus anciens monuments religieux de la ville. — L 'abbaye de 'Saint-Julien, vaste et bel édifice gothique en croix latine, parfaitement conservé, que les autorités locales et le gouvernement ont acheté et réparent pour la livrer prochainement au culte. — Le palais archiépiscopal , la préfecture , V hdtel de rdle. — La maison de Tristan , dans la rue des Trois-Pucelles, n» 18: c’est un édifice en briques, flanqué d’une tourelle de 23 mètres de haut ; sur un des murs on lit cette inscription : * ,-lsses aurons et peu vivrons. >> et « Priez pour nous.* — L'ancienne chancellerie de Louis XI, gothique qui caractérise l’époque de Charles VIL Ce beau monument a été habilement restauré par M. Gouin, ancien ministre du commerce, qui l’habite. — La place du Vieux- Marché . au centre de laquelle s’élève une belle fontaine de marbre blanc. Non loin de là, au coin d’une rue, est une maison remarquable par les sculptures qui ornent sa façade et qui représentent la sainte Famille. — La halle au blé l’ancienne église de Saint-Clément), du xvr siècle, édifice mutilé, mais encore digne d’intérêt. — L'hospice, très- considérable, l’école de médecine. En face des bâtiments de l’hospice est un vaste jardin botanique, de création toute récente. Entre