A la serre de Pouzac et à celle d' Ordizan
Trois chemins y conduisent. Le premier est la grande route de Tarbes, que l’on quitte au milieu du village de Pouzac pour prendre à droite un chemin qui s’élève sur la colline.
Le deuxième est la grande roule de Saint-Gaudens, qu’on laisse aux dernières maisons de la ville après avoir passé sur le second pont, nommé Pont-de-Pierre. On suit alors à gauche un chemin qui traverse les champs de Monlo. 11 s’élève au-dessus de trois jolies maisons de campagne qu’unit une longue allée de peupliers, et conduit, après une trèscourte ascension, à l'habitation de M. de Cassan. Mais toute belle qu’elle est, ce n’est pas elle qui fixe les premiers regards; c’est ce bassin que l’on voit à ses pieds, ce sont ces molles indexions de l’Adour qui baigne ses champs et ses prairies ; c’est Bagnères, dont l’aspect riant présente bien
RAGNERES-DE-BIGORRE.— MÉDOUS. ai 3 l'image des plaisirs qu’on y goûte ; ce sont ses promenades qui serpentent par des contours gracieux sur le monticule au pied duquel elle est adossée; c’est l'heureuse vallée de Campan et les montagnes qui la couronnent ; c’est cette borne qui s'enfonce au couchant; ce sont, en un mot, ces beaux paysages partout semés dans ces lieux.
Rien n’est comparable au panorama qui vous attend à la Serre de Pouzae. Ne comptez pas, du reste, sur de grands effets, sur de vastes plaines, sur du grandiose; mais si vous aimez de beaux tapis de verdure, des prés émaillés de fleurs, des eaux coulant paisiblement, de doux murmures, de riches coteaux, un tableau hollandais enfin, venez vous reposer sur la Serre de Pouzae.
Levez-vous, retournez sur vos pas à l’extrémité méridionale du plateau, prenez à droite; suivez un petit chemin tout tracé qui vous conduira sans fatigue sur un monticule un peu plus élevé que le belvédère où vous êtes d’abord assis : c’est la Serre d'Ordizan. Là, le spectacle grandit d’étendue, les plaines sont plus profondes, et l’œil est beaucoup plus occupé. Si l’atmosphère est pure, des centaines de villages vont vous apparaître : le premier pâtre vous les nommera l’un après l’autre. Vous avez de quoi admirer pendant plusieurs heures.