A Médous
Nous avons donné l’itinéraire de l’ancien couvent de Médous dans la première promenade. Ce couvent n’existe plus; mais on y va encore admirer la merveille que les bons pères montraient aux voyageurs : la yrotte est située dans le jardin, au pied d’une forte montagne. Rien de charmant comme le joli ruisseau que cette grotte épanche avec tant d’abondance, que, dés son origine, il promet une rivière. On le suit à la piste hors du couvent d’où il s’échappe, on le cotoie sur le penchant de la montagne. Il roule hardiineut ses petits flots limpides, lier de couler parallèlement à l’Adour.
Au-dessus de Médous, dit-on, l’Adour disparut il y a uu demi-siècle, et ne reprit son cours qu’au bout de vingtquatre heures. On crut que, par un défoncement soudain, comme il arrive quelquefois dans ces montagnes, il s’était
ol î PYRÉNÉES.— ROUTE ii.
engouffré d’abîmes en abîmes, et n’avait repris son cours que lorsque les cavités furent remplies par les eaux du torrent. Ce n'était qu’une simple conjecture, mais assez vraisemblable. M. l’abbé de Tomé raconte que l’Adour disparut eu elfet, mais il ne s’engouffra point; au contraire, ayant rencontré quelque obstacle, il remonta par des conduits secrets jusqu’à la source de la grotte de Médous, laquelle, au lieu d’épancher un ruisseau, vomit un lleuve. 11 pourrait bien se faire que cette source ne lût que l’une des branches de l’Adour.
On sort de la grotte; à mesure qu'on avance vers la plaine *, les monts s’abaissent, s’effacent insensiblement. Quelquesuns résistent encore à la main du temps, mais ils n'ollrent plus que l’aspect de forteresses démantelées. Une route nouvelle pour aller à Médous a été pratiquée à gauche de Salut, sur le pied du mont d'Eu ; el e est beaucoup plus facile, et offre également d’admirables points de vue.
Vallon de Salut. — « Le petit vallon de Salut, le plus joli peut-être et le mieux disposé pour la promenade de tous ceux des Pyrénées (dit M. Lemonnier), est ouvert au sud de la ville de Bagnères ; à l’ouest il est dominé par une série de petits pics, dont les crêtes dénudées forment une sorte de feston au-dessus des riches cultures, des bouquets de bois, des prairies, des métairies qui en occupent les lianes et la base : le versant oriental est peu élevé et appartient aux collines; on dirait presque des tertres qui sont occupés par les Allées de Main tenon et les beaux ombrages du plateau du Poney, voisin du Médous.
« Le vallon, précédé par une des plus jolies allées où sont espacées, à partir de l’hêpital, quelques jolies habitations, ne commence, à vrai dire, qu’au pont de la Moulette (en patois : Moulin) jeté sur le ruisseau qui fertilise, après l’avoir creusé, le val délicieux dont nous essayons une courte description.
« Deux chemins conduisent à l’établissement thermal de
1 Si vous voulez parcourir le midi de la plaine de Bigorre, vous y trouverez quantité de plantes cosmopolites , dont les vents transportent les germes, comme ceux de plusieurs maladies : les aristoloches, les orchis , des prairies entières couvertes de soucis, de renoncules, de matricaires, d'armoises. Au sein de cette profusion de la nature, le paysage rit de fraîcheur, de verdure et de joie.
BAGNÈRES-DE-B1G0RRE. — MÉDOUS. olb
Salut, situé tout au fond du vallon; l’un, le plus suivi, le
[dus large et le plus favorable à la vue, traverse le pont de a Moulette et suit à mi-côte le versant du coteau oriental ; l'autre ouvert, en avant et à droite du pont, suit les bords du ruisseau et parcourt le fond du vallon.
« En suivant la première direction, on jouit d’un magnifique coup d’oeil sur les prairies qui bordent le cours d’eau, ainsi que sur la pyramide obtuse du llédat (mont presque partout dénudé ou couvert d’un maigre gazon) et toutes les hauteurs qui relient ce pic à celui du Monl-lVé, qui domine Salut. La route, plantée de sycomores et de peupliers, passe au pied d’une métairie entourée de cultures soignées appartenant au général d’Uzer.
« Le chemin qui suit le ruisseau longe d’abord le pied du Bédat et conduit bientôt à la Fontaine de Rieunel, dominée à droite par une métairie placée dans une situation des plus heureuses. — Plus loin s’ouvrent les sentiers qui parcourent le petit vallon de Constance et mènent à V Elysée Collin ; après quoi le chemin s’élevant toujours, traverse un bosquet de hêtres et descend à l’établissement de Salut.
« Le ruisseau de Salut est alimenté par de l’eau thermale, provenant soit du trop-plein des bains, soit d’une source beaucoup moins chaude, ayant son point d’émergence au pied même de la montagne.
« Un chemin ouvert à la gauche du réservoir qui reçoit les eaux pluviales et l’eau de la source précédente, conduit à des carrières de marbre gris, où l’on rencontre assez abondamment des pyrites martiales. On peut, en continuant à suivre cette route, rejoindre les extrémités de l’allée de Maintenon et revenir par elles à Bagnères, ou bien poursuivre toujours au sud et rejoindre la roule de Campan, en passant au-dessous et derrière Médous.
Vallon de la Gailleste. — « Le petit vallon de la Gaillesle, creusé entre le Mont-Olirel an sud, et les coteaux qui terminent, sur Pouzac, le Camp de César, est la voie ordinaire qu’on suit pour aller visiter la fontaine sulfureuse de la Rassère. La route qui y conduit est la même que celle de la fontaine ferrugineuse ; seulement, au lieu de gravir, après avoir traversé le pont de la marbrerie Gracietle, les premières rampes tracées sur le Mont Olivet , on suit à droite le chemin qui contourne exactement la base de cette montagne.
bW) PYRÉNÉES.— ROUTE H.
• Bienlùl la route domine le petit ruisseau de la Guilleste, dont on remonte la rive droite sur une longueur d’environ 1 kil. Ici se présentent, à gauche, un moulin et un chemin qui conduit au petit vallon de Sarraméa ; à droite, un sentier assez large, tandis que la grande roule, que l'on a jusque-là suivie, traverse le ruisseau et gravit bientôt les degrés les plus intérieurs de l’espèce de plateau sur lequel est situé le village de la Bassère , que l’on atteint sans aucune chance de s’égarer, après une heure et demie de marche, à compter depuis Bagnères.
« Une lois les premières maisons dépassées, on rencontre deux chemins, l'un conduisant à droite, dans le village; l’autre, bordé d’une magnifique haie de buis, et un peu moins large, ouvert à gauche : c’est ce dernier qu’il faut prendre. Il mène au pied d’une montagne située au sud, et dont on n’a qu’à suivre le contour pendant plus d’une demiheure. A droite on aperçoit, derrière le village de la Bassère, une colline calcaire surmontée d'un pan de maçonnerie eide deux arbres; et puis des bas-fonds occupés par des prairies; enlin, une maison isolée et un large chemin descendant à la riche mine d'ardoises que recèlent ces lieux.
« Suivant toujours la base de la montagne de gauche, ou arrive sous les ombrages du hameau de Sonia guets, situé sur le versant occidental de la vallée de l'Ou.ssouci, dont on aperçoit le fond couvert de prairies. Vers les deruièrrs maisons, un poteau portant un écriteau averlit le voyageur de prendre sur la droite (car si l’on continuait, on arriverait au pied du plateau d'Esquiou), qui est la route de la fontaine de la Bassère.
« Après quelques détours, occasionnés par la naissance de quelques gorges qui versent dans la vallée de l’Oussouet, on arrive à la fontaine thermale, située tout au fond de cette vallée et dans un site des plus sauvages.
« C’est un charmant spectacle de passer de la fraîcheur sans égale des fonds de Soulagnetsà celte nature sévère et triste.
« Le retour à Bagnères s’elfectue soit par la vallée de Trc- Imns, en suivant le cours de l’Üussouel, soit par les plaines d'Esquiou !. •
1 I.f.monmf.r, Itngnèrcs-de liignrre et ses environs, 1 vol. in-18, 3 Bagnères, rliei Dossun, imprimeur-libraiie — I’our avoir une