DE PARIS A TOULOUSE
116 kil. (Voyez Route 10.)
DE TOULOUSE A BAGNÈRES-DE-LUCHON
136 kil.
Gounon, ferme
Recebedou, f
Descruches, f.
Roques, village
Bonnefausse, f
Muret, bourg 20 k.
LaHilaire-Ségla,châl.
Barcau, f.
La Citadelle, hameau
Noé, bourg 13
Les Aignets, ham
Canavère, f
Bordevieille, f
Milhat, f
Saint-Elix, vill
Caillau, f. ,
Fauresse, f
Roudeilhe
Castelnau, auberge..
Baluet, ham
Martres, bourg 27
Le Bout-du-Pont, h. .
Saint-Martory, bourg
Lestelle, vill
Morlon,cbât
Beauchalot, vill
Millon, f
Pavan, f
Saint-Gaudens, ville. . 28 k.
Valentine, bourg
Martres, vill
Pontils, bain
Lourde, vill
Arliguelet, f
Bertren, ville
Bagiry, vill
Salcchan, vill
Estenos, vill 27
Monclos, cliât
Cierp, vill
Burgalais
Salles, vill
Antignac, vill
Moustajon, vill
Plusieurs voitures parlent journellement de Toulouse. 11 y a concurrence, et par conséquent bas prix. (V. Toulouse, page 266.)
De Toulouse la route traverse la grande plaine du Languedoc, en suivant la rive gauche de la Garonne.
Le pays que nous allons parcourir rappelle partout quel-
ques souvenirs des anciens souverains du pays de Comminges, si célèbre dans l'Ijistoire du moyen âge par ses comtes et par ses évêques.
Avant d’arriver à Muret, on passe devant trois ou quatre fermes et le petit village de Roques.
Muret (Haute-Garonne.) — 4,500hab. — (Hôtels : de France; du Griffon-d’Or). Celte petite ville, située à 20 kil. de Toulouse, au confluent de la Uouge et de la Garonne, qu’on y traverse sur un pont suspendu d’une belle dimension, est assez agréable et fort ancienne; elle date du XIIe siècle.
Muret n’a de remarquable que le clocher de son église, qui date du xive siècle. 11 forme une tour octogone couronnée par une galerie du sein de laquelle s’élance une belle flèche pyramidale hérissée de corbeaux à tous ses angles On remarque au sommet de la tour, dans une position horizontale et en saillie , huit ligures allégoriques d’hommes et d’animaux.
L'église, dédiée à saint Jacques-le-Majeur, a un très-beau sanctuaire surmonté d’uue voûte, dont on admire les nervures hardies. La nef, qui n’est autre que l’ancienne église érigée dans le xiue siècle, mais considérablement exhaussée, est très-vaste. On vénère, dans une chapelle souterraine sur laquelle s’élève le sanctuaire, les reliques de saint Germier, dixième évêque de Toulouse, l’un des patrons de la ville. Chaque année, pendant la neuvaine qui s’ouvre le 16 mai, jour de sa fête, le peuple se presse autour de la châsse qui renferme ces reliques.
Le Pont suspendu, sur la Garonne, a deux travées d’une construction élégante. Construit en 1833, et reconstruit en 1836 après la grande inondation de 1835 qui l’avait renversé, ce pont met le pays en communication avec le Lauraguais et l’ancien comté de Foix.
C'est sous les murs de celte ville que, le 12 sept. 1213, les armées du comte de Toulouse et de Pierre II, roi d’Aragon, qui comptaient 1 00,000 hommes, furent défaites par Simon de Moulfort, dans une sortie, par 14,000 hommes, conduits par saint Dominique, qui portait un crucifix devant lui. Les assiégeants furent taillés en pièces et Pierre laissé mort sur le champ de bataille.
Fabriques de capotes en drap, qui occupent uu grand nombre d’ouvriers.
DE TOULOUSE A R AG N È R ES-DK-LU CHON. 53'J
Montéyut-Ségla, — A -4 kil. de Muret, à deux pas de la roule de Sainl-Gaudeus, on aperçoit, au milieu d’une végétation luxuriante, iloniégul-Ségla, château dont le nom rappelle celui d une dame célèbre de la haute société. Toulousaine, vers le milieu du siècle dernier 1 . C’est dans le parc de celle propriété charmante, auquel les eaux brillantes et rapides de la Garonne servent de limites, sous l’ombre la plus épaisse de la futaie, que l’on vient de découvrir une source dont les eaux seraient, dit-on, purgatives, apéritives, calmantes, diurétiques et fébrifuges. Montegul-Ségla, dans une position heureuse, sur un plan incliné descendant vers la Garonne, mérite d’être visité.
Noé. — A 8 kil. de Montégut, on traverse le petit bourg de Noé, et à 14 kil. plus loin, les premières maisons du village de SaitU-Elix, laissant à droite, à 200 mèt. de la route, le château de ce nom, oâti, dit-on, sous François Icr ou sous Henri IL
Le beau parc qui entoure le château, fait sur un plan fourni par Le Nôtre, est d’une très-grande étendue. Des charmilles épaisses qui forment des murs verdoyants de chaque côté de ce parc, des pins parfaitement tadlés qui l’entourent, des bois touffus qui le couvrent eu partie, un lac immense, alimenté par plusieurs sources, font de cette demeure vraiment princière un séjour délicieux. Le riche ameublement du château est presque tout de l’époque de la renaissance.
Martbes, à 44 kil de Samt-Elix, et à 60 de Toulouse, est uue petite ville bien connue aujourd’hui pour ses nombreuses fabriques de faïence blanche. — Martres, autrefois Angonia, doit le nom moderne qu’elle porte aux martyrs qui l’ont rendue célèbre.
Voisine de la ville de Calagorris Convenarum , cité romaine détruite vers le vf siècle, et dans une position plus élevée, Angonia lui servait de citadelle, comme le prouvent la double enceinte de remparts, le chemin de ronde qui Pen-
1 Jeanne de Ségla , épouse de M. François Montégut, trésorier de France, née à Toulouse, en 1709, et morte en 1752. Elle obtint trois prix à l’Académie des jeux floraux, et fut nommée maîtresse des jeux. On a imprimé ses œuvres. Paris, 1768, 2 vol. in-8®.
louve, et un fossé d’origine romaine qui existe encore au
nord de la ville.
C'est tout près de Martres que l’on a découvert, il y a peu d’années, parmi des ruines admirables, des statues, de précieux bas reliefs, plusieurs bustes d’empereurs romains qui enrichissent aujourd’hui le musée de Toulouse.
Vidianus ou saint Yidian, parent de l’un des preux chevaliers de Charlemagne, mort en défendant le territoire d’Angonia contre les sectateurs de l’islamisme, est en vénération dans cette contrée, oii la reconnaissance et la piété lui ont élevé des autels. Chaque année, des jeux militaires, des pompes pieuses y rappellent et son courageux dévouement et son glorieux trépas. Le 27 août, jour de son martyre, on porte les reliques en procession autour des remparts de la ville.
A Martres ûnil la longue plaine de Muret. A quelques pas de là, on commence à voyager dans les montagnes.
Mancioux. à 7 kil. de Martres, est un village où l’on a trouvé des monuments antiques. 11 y a tout prés une carrière de marbre brèche coquillière, couleur de nankin, en exploitation.
Suint-IUartory. — 3 kil. de Mancioux. — Cette petite ville, chef-lieu de canton, arrondissement de Sainl- Gaudens, ne forme qu’une longue rue assez étroite, dont les maisons sont pressées entre la montagne et la rive gauche de la Garonne. Comme Martres, son exigence est mentionnée dans un acte de 980. Elle tire son nom des massacres que les Sarrasins firent des chrétiens dans ces localités, vers le ixc siècle.
Quand on approche de Saint-Martory, on aperçoit au haut de la montagne au pied de laquelle celte petite ville est située les débris d’une ancienne grosse tour carrée. Celte tour faisait évidemment partie de ce grand système de signaux que les Romains, suivant les uns, les Maures, suivant d’autres, avaient établis dans presque toutes les Pyrénées pour correspondre avec les villes principales destinées :t devenir des centres de résistance.
A quelques pas de Saint-Martory, on franchit le pas de Lescalère, haute montagne abrupte dont le pied n’est séparé de la Garonne que par la route. On traverse ensuite les villages de Lestelle , de Beauchalot , et on monte la côte de
DE TOULOUSE A BAGNÊRES-DE-LUCHON. 541 Millon, dont quelques travaux récemment exécutés ont bien adouci la pente.
A une faible distance de cette côte , on admire la belle vue qui se présente sur la gauche. Là, sur la rive droite de la Garonne, au pied d’une chaîne de coteaux prolongés eu amphithéâtre, se dressent comme un squelette, au-dessus d’un monticule isolé, les ruines d’un antique château. C’était le manoir des seigneurs de Monlespan, dont le nom se rattache à celui d’une femme qui, par son esprit et sa beauté piquante, surprit le coeur de Louis XIV. Le voyageur qui porte ses pas sur la route de Luchon peut contempler à son aise ces pittoresques débris au mil eu desquels surgit la vieille tour féodale qui, seule, a échappé aux ravages du temps.
Sainl-Ciaudens(Hauie-Garonne).— 6ôü h. —18 kil. du Saini-Mariory. — Hotels : De France, bien tenu, et plusieurs autres.
Saint-Gaudens est une petite et ancienne ville, fort triste, chef-lieu d’arrondissement et capitale de l'ancien pays du Nébouzan; elle est assise sur un plateau magnifique qui commande le bassin pittoresque de Miramonl et de Valentine, et d’où la vue s étend sur le paysage le plus saisissant. On y remarque : les débris de ses anciens remparts, la halle, vieille et sombre ; l’hôtel de ville, l'église, dont le style architectural nous transporte bien au delà de l’époque où furent fondées nos plus célèbres cathédrales. Elle remonte au commencement du xie siècle, et fut fondée par Bernard, évêque du diocèse de Comminges en 1 03o. Dans la partie oit est la tour se voit une porte dont l’architecture doit dater des vte ou vu* siècles. Elle serait alors les restes d'une ancienne église , sur les fondements de laquelle s’élève l’église actuelle.
Saint-Gaudens, chef-lieu d’arrondissement, possède une sous-préfecture, un tribunal civil, un tribunal de commerce et un collège communal. Sans être belle, celte ville est en voie de prospérité. Des promenades larges et bien tracées le long de ses boulevards, un nouveau Palais de Justice, une halle moderne témoignent de la sollicitude et du patriotisme de ses admirateurs.
EXCURSIONS
A 10 kil. S. de Saint-Gaudens, se trouve Encmsse, vil-
lage dont les maisons sont groupées ù l'entrée d’une gorge où vient se terminer la vallée de Cabanac, ramification de la vallée de Thou, entre les montagnes du Plech et de Caoubech- Roueyre, énormes protubérances sehisto-calcaires qui sont comme la partie basse des premiers contreforts de Kagire. Le village est traversé par le Job, ruisseau qui prend ses sources dans la montagne que nous venons de nommer.
Encausse possède des eaux qui ont, de tout temps, été fréquentées par les habitants des contrées voisines, et elles le sont maintenant par un nombre d’étrangers qui, quelquefois s'élève à plus de 600.
Sources. — Elles sont au nombre de trois et fort abondantes. La première sourd, froide, au milieu d’un pré de M. Laffont, à 650 met. environ au nord du village : elle est abandonnée; seulement quelques personnes vont y puiser l'eau qu’elles prennent en boisson dans les repas, parce qu'elle est diurétique et laxative.
Les deux autres sources, situées à l'entrée du village, ont chacune un bassin assez vaste; elles sont enfermées dans un grand bâtiment restauré, en 18 42, sous la direction de M. Abadie, ingénieur hvdrauhque. Les eaux de ces deux sources, qui ont constamment 25 degrés centigrades, coulent claires et limpides; elles n’exhalent aucune odeur sensible, et leur saveur n’est point désagréable.
Ces eaux exercent surjwi grand nombre de maladies une efficacité incontestable *. On les prend intérieurement et sous forme de bains ou de douches; elles produisent d’excellents effets dans les rhumatismes, dans les affections de la peau. Prises en boisson, elles rafraîchissent et calment les tempéraments les plus irritables; elles sont diurétiques et laxatives. L’eau de la grande source a bien dissipé les fièvres tierces et des fièvres quartes rebelles, et la douche forte a rendu quelquefois la vie et le mouvement à des membres frappés de paralysie. Chapelle et Bachaumonl firent le voyage d 'Encausse pour rétablir leur santé un peu délabrée.
Les thermes d’Encausse étaient connus à une époque très-reculée. Plusieurs écrivains, Casaulmn, de Valois, entre autres, ont pensé que Strabon les avait décrits dans son Truite de Géographie, lorsqu’il parle des Thermes Onésiens
’ Mlles oui pie analysées par M. Save, chimiste distingué.
-v* J tür \Jryx.
DE TOULOUSE A BAGNÈRKS-DË-LUCHON. 5i:t qui soûl placés suivant ce géographe, chez les Convenæ, et où l'on trouve, dit-il, des eaux excellentes à boire: Onesiorum aquœ rtilidtr ad polandum oplimœ , et qu’Antonin les avait cités dans son Itinéraire, sous le nom d ’in/uie Convennrnm.
M. du Mège, dans sa Statistique des départements Pyrénéens, tome II, pages 48-51, n’est pas de cet avis. Selon lui, on doit assigner aux aqmr Convenarum la position occupée aujourd’hui par les eaux de Capvern, et placer fi Luchon des thermes Onésiens.
La situation de rétablissement, la pureté de l’air qu’on y respire, viennent ajouter aux propriétés médicinales îles eaux. Peu de baigneurs se retirent sans s’être donné le plaisir d’admireT, du haut du Pleeh, ces lieux où depuis bien des siècles les naïades d’Fneausse ont établi leur demeure. Plech est le nom de la montagne à laquelle est adossé le village. Un seritier rocailleux, mais praticable, qui prend sort oiigine à quelques pas de l’église, conduit au sommet.
Sur le point culminant de celte montagne gisent les débris d’un ancien monument dont quelques pans de murailles subsistent encore, et sont là debout comme pour témoigner de la puissance des anciens maîtres du pays. L’époque de la construction de ce monument est complètement ignorée. Du haut de ces ruines on jouit d’une vue magnifique sur toute la vallée d’Encausse.
On lait aussi l’ascension du Castel-Lestèle, montagne qui domine au sud celle de Caoubech-Roueyre. On voit sur son sommet les ruines d’un monument qui remonte sans doute à l’époque romaine. La belle perspective dont on jouit du sommet, la vaste grotte de Lespugne , qui s’ouvre sur le liane occidental du mont, à 280 met. au-dessous de sa cime, et la facilité d’un voyage qui demande au plus 3 heures, y attirent les étrangers.
La vallée de Thou. C’est encore une excursion intéressante, et qui s’accomplit en moins de 3 h. On traverse le village de Cabanac, qui n’ofïre de remarquable que sa petite église moderne, et Izaxil de l'hôtel, autre village dominé par les ruines d’une ancienne tour qui s'élèvent sur la montagne voisine.
On arrive ensuite au village de Juzet, dans la populeuse vallée de Thon, et it quelques minutes plus loin, on se trouve
au pied du mont de Kagire, qui se dresse majestueusement devant vous. -=*■ J U «-v ' "*
i I est temps de retournera Saint-Gaudens pour reprendre notre roule.
Ile Saint-Gaudens on atteint, en 5 minutes, l'extrémité de la hauteur où est située celte ville.
De ce point la vue est de toute beauté : en face, les Pyrénées se détachent avec leurs blanches cimes, et dans le lointain, le pic du Midi semble les dominer; au pied, un vallon immense, populeux et fertile, avec la Garonne qui y roule majestueusement ses eaux Le duc d’Orléans, à son retour de Ludion, en 1839, pour se rendre à l'armée d'Afrique, voulut saluer cet admirable tableau.
On descend ensuite la côte de Vulentine, au pied de laquelle est une fabrique de porcelaines qu’il faut visiter.
Après avoir traversé la Garonne sur un pont de bois, on rencontre le bourg de
Valeutiuc, ancienne ville fondée, dit-on, par Valentinien pr, qui lut empereur d’Occidenl en 3(il de l'êre chrétienne, ou par Valentinien II en 383. On y voit encore des restes du mur d'enceinte et deux portes.
Nous traversons successivement les petits villages de Cier, Martres, Ardiège et Labroguèrc. D'ici Ton aperçoit le magnifique bassin de Saint-Bertrand, Vous le verrez mieux, si vous vous placez au sommet de la montagne oii le village est situé.
A 1/2 heure de la grande roule, sur la gauche, on aperçoit le beau château historique de Barbasan, qui, dès le i xc siècle, avait déjà ses seigneurs suzerains.
Après avoir traversé le beau pont de Labroquère construit en marbre, on laisse la grande route; nous suivons alors la rive gauche de la Garonne, au milieu d’une contrée fort intéressante: ici des champs bien cultivés, entourés de lestons de vignes, suspendus d'arbres en arbres, forment le premier plan ; les montagnes forment dans l’éloignement le second plan de ce beau panorama.
Nous arrivons bientôt à Yalcubrère (vallis capra), village qui fut autrefois une ville importante, à en juger par les ruines et les restes des murs d’enceinte qui y existent encore.
DE TOULOUSE A BAGNÉRES-DE-LUCHON. 545
Nous avous rencontré sur la roule de nombreux vestiges de constructions romaines.
L'église du village, dédiée h Saint-Just, est à un quartd’heure, isolée au milieu du vallon. Celle église, d’archilecture byzantine, et construite, dit-on, des débris d’un temple païen, est d’une grande antiquité. Le cimetière l’entoure.
Un quart- d’heure après avoir quitté Valcabrère, nous arrivons à Saint-Bertrand.
Saint-Bertrand de Comminges, Lugdunum Convonarum (Haute-Garonne). — 900 hab. — Cette petite ville remonte aune hante antiquité; on croit qu’elle fut fondée par Pompée l’an 683 de Home, 69 ans avant J.-C.
L’église de Suint- Bertrand, est l’une des plus remarquables du midi; sa voûte gothique est décorée de belles nervures; comme celle de Saint-Just, elle est classée au rang des monuments historiques. Elle est bâtie en pierre, du pays imitant le marbre gris. La porte d’entrée s’ouvre dans une immense tour ; elle est partie en marbre blanc, et soutenue de chaque côté par des colonnes, dont les chapiteaux sont très-bien sculptés. Aux chapiteaux des deux premières colonnes, à la gauche du spectateur, l’artiste a représenté l’avare ayant une énorme bourse suspendue au cou ; deux diablolius le tiennent fortement et s'efforcent de l’enfoncer dans la gueule de Lucifer. Au-dessus de la porte est une grande pierre qui représente l’adoration des mages. A gauche du portail, à la droite du spectateur, on voit, incrustés dans le mur, deux autels votifs, sur lesquels on lit deux inscriptions romaines.
Nous renvoyons le lecteur, pour la description détaillée de l’intérieur de cette église, au Voyage historique et pittoresque de Toulouse à Bagnéres de Luchon, par M. P-V. Fons; I vol. in-18, publié à Toulouse chez L. Jongla, 1819. Ce petit ouvrage , auquel nous avons emprunté la description de celle route , est rempli de recherches historiques très-précieuses et d’appréciations savantes.
Ou remarque dans l’intérieur les boiseries de la chaire , du confessionnal et celles des orgues, dont les tuyaux furent enlevés pendant la Révolution de 1793 ; les boiseries et les sculptures du chœur; les vitraux des trois fenêtres principales, qui datent de François I«r, mais malheureusement en partie détruits ; plusieurs mausolées, entre autres celui de Hugues de Chàlillon , évêque de Saint- Bertrand , qui acheva
la construction de l’église ; l'autel de saint Bertrand (évêque de Cumminges vers la fin du xie siècle ) avec les reliques du Saint. Cet autel est orué de peintures curieuses et trèsanciennes reproduisant plusieurs traits de la vie du Saint. On conserve dans l’église , et on montre aux étrangers, la chape, la mitre de l’ancien évêque de Comminges, ses pantoufles, beau travail de broderie, son bâton pastoral et son anneau. Pour voir tous ces objets ainsi que le reliquaire du Saint, il faut s’adresser à M. le curé. La demande est toujours accueillie. Il est d’usage de donner une offrande pour la conservation de l’église.
L’ancien cloître mérite aussi une visite. Autrefois entièrement couvert, il était orné de colonnes admirablement sculptées et renfermait un grand nombre d’inscriptions funéraires et de tombeaux qui ont été en grande partie enlevés ou détruits. Les arcades sont assez bien conservées. On y voit encore quelques tombeaux de chanoines et de chevaliers remontant aux xiue et xtV siècles.
Derrière la Chapelle de Saint’ Jean se voit encore la porte, aujourd’hui murée , des cagots avec leur bénitier. — C’était parcelle porte seulement que les cagots pouvaient entrer dans l’église. Ces malheureux, qui furent pendant plusieurs siècles, l’objet d’une persécution constante, étaient obligés de se renfermer dans des quartiers qu’on leur assignait; leurs quartiers , leurs rues , leurs villages étaient murés, et ils ne pouvaient avoir de rapports qu’entre eux. En justice, il fallait le témoignage de sept cagots pour égaler celui d’un autre témoin.
D’après M. Francisque Michel’, les cagots descendaient des chrétiens espagnols qui suivirent Charlemagne dans sa retraite de Koncevaux, et qui vinrent chercher un refuge de l’autre côté des Pyrénées.
Au-dessus de la porte de Cabirale se lit l’inscription suivante :