IMP.XXV. COS
CIVITAS CONVENE.
que l’on traduit ainsi : « à l’empereur, 2’i fois consul, 5 fois père de la patrie, la ville des Convenir. »
> Histoire (les Races maudites de la France .
DK TOÜLOI SE A BAGNE R ES DE- Ll CHON. .il?
Après (ivitas Convenir, on remarque une louve, signe caractéristique îles villes romaines.
A gauche, près de la porte, sur une pierre en marbre, incrustée dans la muraille, est affichée la taxe du poisson, de par le chapitre de Saint-JJcrtrand, pour le carême de IGtil : Truites, 5 deniers la livre ; sièges, 3 deniers ; loches, 3 deniers; cabillas, 2 deniers.
Il faut visiter le cabinet d’histoire naturelle de M. Caze, si riche déjà en objets précieux d’antiquités, puis le Musée Pyrénéen , comprenant plusieurs musées spéciaux , inusée d’histoire naturelle, musée géologique, collection de tableaux, de minéraux, d'archéologie. Cet établissement est fort curieux.
Nous çrojons devoir donner ici une description du musée pyrénéen fondé par A1. Boubée :
« 1° Dans le inusee d’histoire naturelle , remarquez surtout, parmi les mammifères, le bouquetin, le chat sauvage, le dosinan , la loutre , le rat blanc , l’hermine ; parmi les oiseaux, le vautour-moine, l’aigle des Pyrénées, le grandduc; le flamant et l’ibis, oiseaux d’Egypte pris à Perpignan; le chevalier en robe de noces, le merle rose, la fauvette à moustaches, le butor, le coq de bruyère, la gelinote , la perdrix blanche en plumage d’été, en plumage d’automne et en plumage d’hiver; la spatule et le grand plongeon, oison du nord, et le goéland, oiseaux de mer que les frimas, les vents et les tempêtes poussent quelquefois jusqu’au centre des Pyrénées, jusque dans le bassin de Saint-Bertrand. Parmi les coléoptères et les papillons , de très-jolies espèces propres aux Pyrénées; ensuite les serpents, les amphibies, etc ; enfin, l’ herbier pyrénéen, riche de magnifiques espèces dont la simple nomenclature serait encore trop longue.
« 2° Dans le musée yéologiipie sont réunies toutes les roches des Pyrénées, de Bayonne à Perpignan, classées par ordre géologique et par masse, pour fournir à de nombreuses collections. 11 y a plus de G00 espèces ou variétés importantes de ces roches. Je ne crains pas de dire que c’est la plus grande collection géologique locale qui soit en France, et la plus étudiée au point de vue de la distinction et de la classification des espèces minéralogiques. Vous aurez quelque plaisir à voir la roche qui fournit le bitume, celle
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qui produit la porcelaine; l’amiante, le sable qui renferme des paillettes d'or, les mineiais de fer, de plomb, de cuivre et tant d’autres riches matières que contiennent nos Pyrénées et que l’on y laisse méconnues et inexploitées.
« Les marbres ]H>lis forment une série spéciale, riche et importante d’autant plus que l’usage et les applications du marbre prennent une telle extension que la marbrerie sera bientôt l'objet d'exploitation la plus considérable des Pyrénées. Parmi ces marbres, remarquez surtout les espèces nouvelles de MM. Liiez etCastillon, celles que travaille M. Géruzel, et plusieurs belles espèces des Basses-Pyrénées exploitées avec avantage par M. Bonnemaison de Bayonne. — Les fossiles présentent aussi un haut degré d’intérêt; vous en verrez de très-beaux et de très-rares dans le musée géologique.
* 3° Descendez ensuite à la seconde terrasse du musée. Là est le meilleur point de vue du bassin de Saint-Bernard. De cette terrasse on est assez près pour distinguer toutes choses, et assez haut pour tout voir à la fois. On ne peut se lasser de ce bassin, unique dans son espèce, où l’on trouve réunis tous les détails et accidents de topographie que ne
présente ordinairement qu'une vaste et riche contrée Une
grande ville détruite par le fléau des combats, tson fort encore debout, plusieurs villages avec leurs monuments antiques, cnrs ruines et des constructions nouvelles, un château féodal dominant tout le bassin habité par un gracieux et noble seigneur (le duc de Iiovigo), des mines et usines, des carrières de marbre , un lac, des ruisseaux, des rivières, un fleuve, des coteaux et une vaste plaine toujours couverte de deux moissons à la fois, des routes parfaites qui se croisent dans tousses sens, et ces montagnes en cirque dont la silhoulle est si gracieuse, les unes cultivées jusqu'à la cime , d’autres couvertes de bois, d’autres arides livrées à la bruyère et aux troupeaux, d’autres rocheuses et entièrement nues; enfin ces échappées de vue qui laissent l'œil se perdre vers la basse plaine comme sur l’Océan ; on dirait un musée géographique , et l’un des plus riches de ce genre. Lorsque M. de Lamartine vint le visiter, il resta longtemps dans l'admiration ; « C’est bien ici, dit- il , la plus belle vue du monde. » Sera-t-on surpris de voir ce bassin si richement doté par la nature, autrefois surnommé le Jardin des Gaules, occuper dans l’histoire des pages brillantes et nombreuses?
DF TOULOUSE A RAGNÈRES-DE-LUCHON. H49
Si vous couchez h Saint- Bertrand, vous reviendrez, librement le contempler encore demain de grand malin au moment de votre départ, avant que le soleil n'ait dissipé les faibles vapeurs qui. la nuit . profitent de son absence pour descendre jusqu’aux pieds des monts, et se nourrir du parfum des lleurs. Une demi-heure, une heure, ne suffiront pas pour rassasier vos yeux, votre âme, votre cœur de cet admirable tableau.
« 4° Vous avez encore à voir quelques tableaux pyrénéens et quelques produits de l'industrie de nos montagnes envovés par les artistes et les fabricants pour être vendus à leur bénéfice *. »
Vous devez sans nul doute emporter quelque souvenir de votre vovagedes Pvrénées.quelques objets pourcadeaux, etc.: voici, j'espère, une belle occasion. Choisissez quelques-uns de ces objets, quelques tableaux, de la musique des Pyrénées. des ouvrages et recueils pvrénéens, etc., sans vous inquiéter du moyen d’emballer et de transplanter vos achats. Le conservateur du musée vous expédiera tout ce que vous aurez choisi, et fera suivre le remboursement jusqu’à destination , et pour l'époque que vous lui fixerez. (M. Nérée- Bocbée.)
A I b. 1/2. de Saint- Bertrand on va visiter la grotte de Gnrgas , l’une des plus belles et des plus riches des Pyrénées. Celte grotte, véritable musée souterrain, selon l'heureuse expression de M .V. Boubée, est l’une des plus remarquables des Pyrénées, celle oh les formes minérales s’associent le mieux aux accidents de l'excavation pour produire les plus magiques effets et les apparitions les plus fantastiques.
Il faut un guide pour parcourir cette grotte.
Nous allons rejoindre au pont de Labroquère le chemin de Ludion. Nous traversons les villages de Loures, Bertren. Hnginj.
1 On reçoit au musee <le Saint-Bertrand tout ec que les artistes, éditeurs et industriels des Pyrénées adressent franc de port. On l’expose sous leur nom et on le met en vente. Après la saison, on rend compte du produit des ventes et on renvoie les objets invendus.
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ItaiiiM de Sii’adan el de Sainte-Marie. —
Ils som situés à un quart d’heure de la roule, et fréquentés chaque année par un assez grand nombre de personnes.
L'établissement des bains, récemment construit , est fort élégant el situé au centre du village, près de l’église, au bord d’un petit lac naturel très-profond qui, à époques irrégulières, se trouble el se bouleverse d’une manière extraordinaire, et dont les eaux toutes minérales deviennent alors sanguinolentes,ou blanchissent comme si l’on y jetait de la chaux.
Les eaux minérales sont efficaces dans les lièvres, les pâles couleurs et le sang hémorroïdal. Ces eaux se prennent en ha ins ou en boisson.
line source ferrugineuse fort abondante se trouve placée à côté de l’établissement de Siradan. On sait combien ces fontaines sont précieuses pour un grand nombre de cas déterminés par la science. Plus de huit cents malades se rendent chaque année à Siradan et à Sainte-Marie pour y boire les eaux ou pour prendre les bains.
Les baigneurs de Batjnères-dc-Lnchon viennent ordinairement visiter rétablissement de Siradan. L’air pur qu’on respire dans ce joli coin des Pyrénées, l’élégante propreté des logements et de l’établissement des bains, l’excellent service de l'Iiôtellerie qui s’y trouve attachée, tout contribue à y attirer la foule des visiteurs.
Le village de Siradan lui-même est dans une situation remarquablement belle, et des hauteurs qui le dominent on jouit d’une vue magnifique sur le bassin de Saléchan, sur le pic duGar, etc., etc.
Esténos est un riant et beau village, relai intermédiaire de la poste aux chevaux enlre Saint-Gaudens et Bagnères.
Après Esténos, on voit bientôt sur la gauche le nouveau pont dcChaum conduisant directement h Saint- B rat.
Le Lubroquère à Esténos on compte 12 kd. 1/2.
Cierp, village pittoresque, à 4 kil. 1/2 d’Esténos, est situé sur les bords de la Pique, à l’entrée de la vallée de Luciion, et à 16 kil. de Bagnères. Ce village est remarquable tant par ses chaumières antiques que par sa position au pied et sous l’escarpement d’un rocher qui surplombe.
De Cierp,. on peut faire une excursion à Saint-Béat, distance de o kil. Celte petite ville, bâtie presque toute en marbre, offre un aspect charmant et est fort agréable. On y
DK TOULOUSE A BAüNïüŒS-DK-Ll CIION. oi I remarque l'église, de style byzantin, à plein-cintre, ornée de colonnes, sur les chapiteaux desquelles île délicieuses sculptures représentent lesscènes du Nouveau-Testament ; les ruines d'une tour carrée, restes d’anciennes fortifications; celles d’un château fort du moyen âge. — A peu de distance de la ville, deux carrières de marbre très curieuses à visiter.
ÎA Cierp commence la vallée de Luchon, qui s’étend, sur une longueur de 25 kil., jusqu'au pied de l 'hospice.
Nulle part en France on ne rencontre d’aussi jolies figures de jeunes filles que dans la vallée de Luchon : elles sont brunes, elles ont les yeux grands, vifs, les traits réguliers. Malheureusement elles ne conservent pas longtemps leur beauté : à vingt-cinq ans, elles sont déjà fanées.
A mesure qu’on approche de Bagnèrés, les yeux sont de plus en plus affligés du spectacle d’hommes et de femmes alïectés de goitres. Celte horrible maladie, trop souvent héréditaire, éteint quelquefois l’intelligence, et change l’être qui en est affligé en cagot. On nomme ici de ce nom ceux qu'en Suisse on appelle crétins.
« H y a dans les Pyrénées, dit M. Ramond, un certain nombre de familles qui appartiennent à cette race réputée infâme et maudite. Au sein des montagnes qui semblent être le dernier asile de la liberté, ceux qui la composent sont réduits à une espèce d’esclavage, qui n’est pas réglé par la loi, mais qu’on regarde comme une suite de l’altération héréditaire des humeurs qui produit leur dégradation physique et morale. La profession de charpentier leur est particulière, et comme tels ils doivent aller les premiers arrêter les progrès d'un incendie. Le goitre, fruit de la misère et des maladies, parait être le cachet de leur réprobation, et leur avoir été donné pour désigner leur race. » — M. Ramond a observé ces véritables crétins dans les vallées de Comininges, de Bigorre, du Béarn, des deux Navarres ; c’est surtout la vallée de Luchon qui en renferme un grand nombre. Leur condition s’est, dans les derniers temps, un peu améliorée ; la clôture des portes par lesquelles ils entraient dans l’église a dû être le signal que Dieu paraissait ne plus les réprouver, et que l’homme devait imiter sa clémence ; aussi leurs habitations sont plus rapprochées des villages, et leurs semblables ne paraissent plus guère reconnaître en eux de différences que celles qu’inspirent les maladies et la
misère ; ei ces différences même n’existent pas toujours, car il y a beaucoup de cahots qui ne sont point affectés de crétinisme.
M. de Saussure, dans son Voyage aux Alpes, pense que la cause de «-elle infirmité est la chaleur jointe à la stagnation de l’air ; il dit que lorsque l’air est renfermé dans de profondes vallées et fortement échauffé par le soleil, il y contacte un genre de corruption dont la nature ne nous est pas connue, et qui produit sur les libres tendres des enfants un relâchement d’oii résultent les gonflements et l’atonie générale. 11 pense aussi que les exhalaisons des marais qui occupent le fond de quelques vallées sujettes au crétinisme peuvent contribuer à celte maladie ; mais c’est plutôt par la chaleur dont ces vapeurs rendent l’air susceptible, et par le relâchement qu’elles occasionnent , que par les miasmes qu’elles renferment.
A I kil- de Cierp, on traverse un pont récemment construit sur la Pique, puis on suit la rive gauche du torrent, laissant à gauche le village de Burg3lais, oii passait l'ancienne route.
On rencontre successivement Antignac et Moustajon, puis Barcugnus, faubourg de Bagnères. La route est magnifique ; on arrive à Bagnères-de-Luchon par une superbe avenue plantée de beaux platanes, c’est l 'allée de Barcugnas.