I)E TOULOUSE A PERPIGNAN -PERPIGNAN. G
gothiques gravées sur deux piliers en regard constatent, qu’en 1323, époque de sa fondation , la première pierre fut posée par Sanchez, roi d’Aragon, et la seconde par Edouard, prince d’Angleterre : ce monument ne fut achevé que vers le règne de Louis XL Cette église peut avoir 80 mèt. de longueur, 20 de largeur et 30 de hauteur. Les fonts baptismaux, d’une seule pièce de marbre, sont très-anciens; on les attribue aux rois visigolhs : contigus à celte église se trouvent les restes d’une église plus vieille encore, maintenant en ruines, et appelée:
Saint-Jean-le- Vieux, monument qui date du commencement du xf siècle : sa voûte est très-élevée, et tout i'éditice est couronné par un clocher carré
Eglise et couvent des Dominicains ; une partie de ces édifices, du style roman , servant maintenant d’arsenal, appartient au bâtiment qu'habita, lors de son entrée en Roussillon, saint Dominique l'inquisiteur.
La Loge, de l’espagnol lonja, bourse ou bazar, offre un mélange curieux des styles moresques et gothiques, bien qu'ayant beaucoup soullert des divers changements qu’on y a faits. Cet édifice, situé sur la place de son nom, a été converti en café.
Bibliothèque publique, de 16,800 volumes. Parmi les manuscrits, on remarque celui sur vélin contenant une partie des œuvres d’Ovide ; il est enrichi d’une grande quantité de variantes et de notes marginales. — Ouvert tous les jours, excepté les lundi, de 1 1 h. du malin à 3 h. du soir.
Musée de peinture. — Fondé, de 1818 à 1822, par M. le marquis de Villeneuve, préfet du département, il passa plus tard sous la direction de M. Capdebos aux soins duquel Perpignan doitde posséder aujourd’hui une assez nombreuse collection de tableaux dont plusieurs sont très-remarquables.
Musée d’histoire naturelle. — Sa création date de 1839. Les productions des trois règnes de la nature indigènes ou exotiques y sont la plupart en grand nombre, et il y en a plusieurs de rares surtout parmi les mammifères. L’herbier se compose de 4,000 espèces de variétés. Un y voit aussi quelques sujets rares. Tout ce qui est donné par les personnes du département porte sur une étiquette le nom de ces personnes. C’est au zèle et au talent de M. le docteur Companyo que l’on doit la belle composition de ce musée, situé dans
le local de l'ancienne Université. Il est ouvert au public tous les dimanches et jours fériés depuis midi jusqu’à 4 h., en hiver, et de 1 h. à 5 h. en été.
Théâtre. — Il est situé sur une des principales places de la ville, laquelle est ornée d'une belle fontaine que l’on doit a la munificence de M. Després ancien maire de la ville.
Les autres objets dignes de l'attention du voyageur sont : Y Hôtel-de-Ville, {'Université, le Jardin botanique, les casernes, les anciennes églises des Cordeliers et des Grands-Carmes; les promenades des Platanes et de la Pépinière, toutes deux fort jolies; la première très-fréquentée en été , et la deuxième en hiver; les hôpitaux Saint-Jean et delà Miséricorde.
Les environs de Perpignan n’offrent qu'une série de beaux jardins, des champs couverts de vignes qui produisent un vin estimé, d’orangers, d’oliviers , de grenadiers, et une plaine fertile en grains.
Celle ville est la patrie de plusieurs hommes distingués tels que : le peintre Rigaud, le savant dom Priai les jurisconsultes Fossa, Jaunie, Gaffard et autres.
Commerce. Vinsde Malvoisie, de Grenache, d'Espera, etc.; fabriques : étoffes de laine, huiles, eaux-de-vie et briqueteries.
Diligences. Tous les jours pour Narbonne, Toulouse, Barcelonue. Le voyageur qui se dirige vers 1 Espagne doit faire viser son passe-port par le consul espagnol ; ce visa coûte o fr.
La première excursion sera celle aux sources thermales d 'Escaldas. village de la Cerdagne française, à 88 kil. environ de Perpignan.
DE PERPIGNAN AUX BAINS THERMAUX D’ESCALDAS,
PAU CRADES ET MOXT-LOt IS.
Le voyageur quitte Perpignan par la porte du vieux fort pittoresque nommé le Castillet, ou par la porte Saint-Mar. tin ; la route qu'il suit remonte la belle vallée de la Tel, dont
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les belles ondes coulent à sa gauche; toute cette partie de la plaine du Roussillon est riante et riche en vignobles. — A 8 kil. de Perpignan, on traverse le village le Soler, avec une population de 1 ,050 liai). — Suivant toujours la même vallée, on arrive, i kil. plus loin, à Saint-Feliu-d’ Avait , joli village de 1,300 babil.
La route se rapproche de la rivière de la Tel, et à 3 kil. plus loin on arrive à
Milia* — 2,100 bab. — petite ville ancienne située non loin de la rive droite delà Tet, et qui possède un bel hôpital.
A 10 kil. N., on trouve, sur la route de Toulouse à Perpignan,
Ewtaffel, grand et beau village de 2,300 hab., situe sur la rive droite de la Ghj, qui s’enorgueillit, et avec raison, d’avoir vu naître le savant F. Arago.
En quittant Millas, notre route s’éloigne de la rivière ; nous continuons de remonter la jolie vallée de la Tet, qui prend de plus en plus un caractère pittoresque, et après une heure de marche nous arrivons à
■ Ile. pe tile ville de 2,200 bab., riebe et assez importante ; ses beaux vergers produisent des fruits excellents, et notamment les plus belles pêches de France; les jardins potagers qui l'entourent offrent l’aspect le plus riant ; celte pittoresque localité possède un hôpital richement doté, et des environs charmants.
An sortir de llle, notre route décrit un coude, en s’éloignant de la Tet ; nous arrivons bientôt à
Vinça, gros bourg de 2,200 bab., avec un bon hôtel; — chef-lieu du riche canton de ce nom, situé près de la rive droite de la Tet.
A 1. kil. sud de Vinça, se trouve P établissement thermal de ce nom, d’un abord très-facile et offrant aux baigneurs des logements commodes; mais ces thermes sont peu fréquentés, sans doute à cause du voisinage de ceux de Molitg ci de Vernel.
Sources. On en compte deux, très-près l’une de l’autre.
Propriété s physiques. L’eau est limpide, onctueuse et exhale une odeur sulfureuse très-sensible; sa saveur est à la fois piquante, saline et douceâtre ; le volume d’eau peut être évalué à environ 19 mèl. cubes par jour; sa température, prise au sortir du rocher, est de 23» 50' cent.
Propriétés médicales. Ces eaux sont recommandées dans les maladies cutanées, les catarrhes pulmonaires, la gravelle; M. Anglada les compare aux eaux de lionnes; elles sont conseillées aux personnes dont la poitrine est délicate et aux enfants menacés d’engorgements mésentériques.
C’est particulièrement en boisson que ces eaux sont employées.
On trouve dans celte ville une grande propreté, quelques édifices remarquables, une charmante promenade, de belles fontaines, des usines en assez grand nombre; un commerce actif et des marchés bien garnis, et dans ses alentours une foule de jolis villages renfermant d’anciens châteaux ; sa population est de 3,400 habitants.
A 3 kil. S. de Vinça se trouve le village de Joch, où l’on admire un antique et pittoresque château.
C’est au sud de cette ville que se trouvent les délicieux vallons de Saint-Michel . Feuillu, les bains de Veniet et le gigantesque Canigou, situé à l’extrémité de la vallée de Lantilla. — De Vinça, 9 kil. nous conduisent h
Prades , jolie petite ville de 3,400 hab., dans une situation délicieuse, sur la rive droite de la Tel dont la vallée abonde en blé, vins et fruits. Cette ville, fort propre et d’un commerce actif, sert de passage continuel à ceux qui se rendent dans la haute vallée ainsi qu’aux bains des Escaldas, d’OIéta, de Molitg et de Vernet. Les voitures arrivent à ces établissements thermaux.
La route que nous suivons en sortant de Prades s’éloigne peu des bords méridionaux de la Tet, et 40 minutes de marche nous mènent à
Villefrauchc. — 900 hab. — Place forte, fondée en 1075, par Guillaume Raimond, comte de Cerdagne, au conlluent de deux vallées que ferment ses fortifications. Entre ses forlificalions et ses belles casernes, on montre encore au voyageur la casemate qui servit de prison à deux grandes dames de la cour de Louis XIV >, accusées de complicité dans les empoisonnements de la marquise de Brinvilliers, et la vaste grotte de C ova-Bastora , tapissée de stalactites, de concrétions merveilleuses, et dont une cavité conduit, dit-on, au village de Feuillu. — Celte ville n’a que deux rues qui
> Guide du Rounillnn , par M. Henry, 1812.
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suivent lu vallée, et ses liantes maisons construites en marbre que le temps a rendu noir, ont une apparence de vétusté ; en somme, Villefranche est un lieu assez triste; mais la nourriture y est bonne et d'un prix modéré ; on y mange d’excellentes truites de la Tel, et le gibier y est commun et bien meilleur ()ue dans la plaine ; après les fortifications, le voyageur visitera l'église, monument qui se compose de deux vaisseaux joints ensemble, et d’inégale hauteur, et ayant chacun son portail de style roman.
Excursions. A 3 kilom. dans la vallée de Conut; le riant village de ce nom possède une église de style roman , dont les chapiteaux sont remarquables par l’élégance de leurs proportions et par les jolies palmeltes qui les décorent.
Toute la partie sud des environs de Villefranche olfre des sites très- romantiques, sans parler des sources thermales de 1 ernet et Molitg que nous allons bientôt visiter.
Notre roule, qui depuis Perpignan avait constamment suivi la rive droite de la Tel, passe, au sortir du Villefranche, sur la rive gauche et suit les bords pittoresques de celte rivière jusqu’à
Olette, petite ville de 1,300 hab., chef-lieu du canton de ce nom, n’olfranl qu’une longue route resserrée entre la Teta ou Tet et la montagne.
Au sortir de celle localité, le voyageur passe, au-dessous d'un petit château flanqué de tours, un torrent formé des eaux de deux gorges boisées descendant des montagnes du nord, qui touche au chaînon du Carcanet. Dans les montagnes de Cabrils, auprès des villages à'Aigatébia et de Caudisé, se trouvent des sources minérales qu’on peut mettre au nombre des plus chaudes des Pyrénées, puisqu'elles atteignent une température de 70® cenlig.
Cette partie de la roule est la seule vraiment pittoresque jusqu’à ÀIont-Louis; on suit toujours la rive gauche de la Tet; à mesure que l’on avance, les monts se rembrunissent, et la vallée devient plus âpre jusqu’au dangereux défilé de G ruons.
Le hameau de Tilïiez— 300 hab.— à i kilom. environ d’OIette, où se trouve l’ établissement thermal, est d’un aspect triste, sauvage et d’un accès difficile, mais remarquable par le grand nombre des sources que renferme son territoire ; une seule est utilisée, elle estsiluée à I kilom. de Thuez, sur la
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rive droite de l:i rivière; ses eaux sortent par deux filets de médiocre volume; l’un d'eux se décharge dans un petit bassin qui sert pour se baigner.
Propriétés physiques. Eau limpide, odeur et saveur sulfureuses ; température 45» cenlig.
Propriétés médicales. I.es habitants de la vallée , dit M. Anglada, font usage des bains de Thuez aux saisons propices, et chaque année voit reproduire les bons elfets de ses eaux , soit pour combattre les affections dartreuses et les rhumatismes chroniques, soit pour provoquer la cicatrisation des vieilles plaies ou des ulcères atoniqnes.
C’est en plein air que l’on prend les bains; le malade se réfugie, en sortant du bain , dans une excavation creusée dans la montagne '.
Lorsqu’on a quitté Thuez ,la route monte continuellement, et bientôt on atteint une portion de la crête d’où la vue est très-belle. Enfin, au milieu d’une contrée alpestre et presque sauvage, le voyageur atteint le faubourg de Mont- Louis, où il trouve une auberge pa.-sable.
IVIont-Lonïs — 800 hab. — place forte composée d’une citadelle et d’un ouvrage à couronne qui renferme la ville, consistant en huit rues très-courtes, qui se coupent à angles droits; les casemates de la citadelle peuvent loger une garnison de 800 hommes; elle fut balte sous Louis XIV, par Vauban, pour défendre le col de la Perche, un des passages les plus faciles et les plus fréquentés vers l’Espagne. Elle est située sur un plateau très-vaste et très-inégal , à
I, 562 mèt. au-dessus du niveau de la mer, ce qui rend son climat parfois rigoureux.
De Mont-Louis , la roule n’est praticable que pour des mules, tant le sol est montagneux et le chemin étroit et escarpé. A 3 kilorn. 3/4 environ de Mont-Louis le voyageur franchit le col de la Perche, 1,559 mèt. au-dessus du niveau de la mer; passé ce défilé, l’œil s’étend snr la riante vallée de la Cerdagne française, qu’arrosent une multitude de jolis cours d’eau , au milieu desquels coule majestueusement la Ségre, qui va porter ses ondes dans l’Ebre, eu Espagne. De ce point, la route redescend et conduit, toujours à
t Traité des Eaux minérales des f’yrénces-Üi ienlates , par
J. Anglada.