‹ Guide du voyageur aux PyrénéesChapitre 219 sur 226 · BAINS D'ARLES OU A M É L I E-LES-B A I NS · texte numérisé non relu

BAINS D'ARLES OU A M É L I E-LES-B A I NS

Le voyageur quitte Perpignan par la route qui conduit a Figuèfrs en Espagne ; il parcourt d’abord un beau pnvs de plaines riches et bien cultivé ; à 7 kil, il traverse le village de

Pollestrcs, petite localité de 300 h; après avoir traversé la jolie petite rivière de Cautamne, la roule conduit à

Boulon, — 22 kil. de Perpignan, — où elle se bifurque; la branche droite, que nous prenons, conduit à Campredon en Espagne, en traversant la vallée du Tech, intéressante pour le géologue.

Boulon est une ancienne et petite ville de 1,300 hab., située sur la rive gauche du Tech, dans une belle plaine fertile. A 16 kil sud. se trouve le Fort de Beltegarde, frontière d’Espagne. La route continue de suivre la vallée, longeant la rive gauche du Tech, dont elle ne s’éloigne que d’un kil. jusqu’à

€érct.— 3 ,600 hab. — où nous entrons après avoir traversé la rivière sur un pont d’une seule arche, mais d’une construction et d’une hardiesse remarquables; l’ouverture de

1 Pli. Pâtissier.

celle arche est d’environ 44 met., sa largenrde 5 mèl., et la distance de la clef de la voûte au niveau des eaux ordinaires de 2!) mèl. Les culées de ce pont sont fondées sur deux roches au-dessus desquelles s’élance celte arcade qui, du bord de la rivière, paraît en l'air comme un ruban de pierre. Le pont de Céret exerce la sagacité des antiquaires. Quant au peuple, il tranche la diflicullé en attribuant sa construction au diable, qui le bâtit en une seule nuit '. M. le baron Taylor pense que ce pont est le plus grand et le plus curieux de l’ancienne France.

Céret, située à 97 met au-dessus du niveau de la mer, possède une sous-préfecture, un tribunal, un collège ; elle n’oll're rien de remarquable sous le rapport monumental ; son église, de construction moderne est assez jolie ; elle est entourée de hautes murailles llanquées de tours, le long desquelles règne une assez belle promenade: les rues, comme dans la plupart des villes anciennes, sont étroites et tortueuses ; le faubourg est riant et possède une fontaine de marbre assez jolie, siiqée au milieu d'une place assez vaste, jetant un volume d’eau considérable.

Commerce et industrie. — Bouchons de liège, tanneries, ouvrages en cuivre, vins, bestiaux et grains.

Après avoir visité cette petite ville, le vovageur revient au curieux pont de Céret, suit la roule qui longe la rive droite du Tech, en s’enfonçant dans une vallée pittoresque qu’arrose cette jolie rivière ; après une heure environ de marche, on aperçoit sur la rive opposée l’antique et pittoresque village de

Balada, — 700 hab., — oii l'antiquaire pourra trouver quelques médailles celtibériennes, et l’architecte ou l’artiste un pont jeté sur les deux rives du Tech, qui, en cet endroit, se trouve resserré entre deux montagnes, et présente un aspect tout à fait romantique.

La route allede les mêmes sinuosités que la rivière ; bientôt on aperçoit sur le haut d’une colline le Fort des Bains, construit sous Louis XIV pour défendre celle partie des Pyrénées, du côté de l’Espagne : c’est au pied de ce château qu’existe l’établissement thermal, dont la vaste salle indique, par la forme de sa voûte, un ouvrage romain : le

• Cuidee n lloussilhn , par J Henry Perpignan, 1812.

AMÉLIE-LES-BAINi?. — SOURCES. (ia9

village qui s'est élevé près de ces bains, dont la population n’excède pas 500 habitants, prend le nom de Ârles-lcs-Buins, Bains-sur-Tech, Bains d'Arles; et plus lard, en vertu d’ordonnance. celui d'Amélie-les-Bains.

Amél ie-lcs-ll.'iiiiK — 600 hab. — Cette petite localité est située à 2 kil. est d’Arles, sur la rive gauche du Tech, et à 32 kil. environ de Perpignan , avec laquelle on communique journellement par des diligences en poste.

« Amélie -les- Bains , dit M. Pâtissier, dans son savant ouvrage sur les eaux minérales, offre un bâtiment thermal qui se fait remarquer par ses formes colossales, par les dimensions de ses piscines , par l’antiquité de son origine. Mais celle piscine n’existe plus; vingt cabinets de bains oui été construits dans l’enceinte de cette vaste salle. On a seulement conservé deux piscines, l'une pour les soldats, l'autre pour les indigents. »

Le climat du village est très-doux. La saison des bains commence vers le 15 mai et dure jusqu’au 15 octobre. Trois ou quatre cents personnes affluent à ces thermes, sans compter les militaires et les indigents, et trouvent facilement à se loger d’une manière confortable. Près de l’établissement thermal s’élève un vaste bâtiment, oit peuvent loger les personnes qui désirent être le [dus à la portée des bains. La nourriture est bonne, abondante et à bon marché; le Tech et le Mondony fournissent leurs truites, Collioure son poisson de mer, le Lampout-dan son gibier.

Sources. M. Anglada en décrit quatorze qui surgissent dans un vallon , au pied d’une montagne ; trois seulement sont employées au traitement des malades ; les autres sources thermales , quoique très-abondantes et riches en principes sulfureux , ne servent qu’aux domestiques.

1® La Grande source ou Gros Escakladou. C’est la plus importante et la plus abondante des sources ; c’est elle qui alimente l’établissement, dont elle n’est éloignée que d'environ cent pas.

2° La source du réservoir de réfrigération surgit non loin de la précédente.

3° La fontaine Manjolet. Elle sert à la buvette de bains.

Propriétés plnjsiques. Elles sont identiques dans toutes les sources; l’eau est limpide, incolore, chaude, légèrement sulfureuse, semblable à celle des œufs durcis , avec arrière-

(i(iu ’ PVKENÉES. — ROUTES 31-32.

goût douceâtre ; elle fait sur la peau une impression d’onctuosité savonneuse très-prononcée. Elle est riche en glairine.

La grande source lournit par jour 1 ,029,888 litres d’eau, quantité considérable. A sa sortie du rocher, la température est de 61° 25. La source Manjolet est d’un faible volume , et fournit par jour environ 6,422 litres; sa température est de 43» 25.

Propriétés médicales. Ces bains jouissent d’une grande efficacité contre les rhumatismes chroniques, les maladies de la peau, de nature dartreuse, les accidents, les suites de blessures, engorgements des articulations , ulcères Ûstuleux ou aloniques. En boisson, la source de Manjolet est conseillée dans les affections chroniques de la poitrine, les engorgements des viscères, les tumeurs scrofuleuses, et dans toutes les maladies accompagnées de relâchement et d’inertie des organes.

A 2 kilom. environ des bains, en suivant le cours du Tech, on arrive à

Arlos-snr-Tecli — 2,400 hab. — Petite ville située sur la rive gauche du lleuve, au pied d’un des versants du mont Canigou et au centre d’une riante vallée assez boisée, et que rafraîchissent de nombreux petits cours d’eau. V' église est belle et fameuse dans le pays, par le tombeau de saint Abdon et de saint Senncn, qui se trouve dans la cour, près de la porte d’entrée. — Visiter les restes d’une abbaye de P>énédictins, et si l’on en a le temps, les environs, qui sont très-pittoresques. — Voitures, tous les jours, pour Perpignan.

D’Arles , pour gagner Prats-de-Mollo , la route longe la rive gauche du Tech. Pendant environ 14 kilom., on voyage dans une vallée resserrée , ayant à droite les versants du Canigou, à gauche les ramifications de la crête principale et quelques jolies vallées. Toute celte partie de la roule offre un grand intérêt au géologue et h l’artiste

Prats-de-HIollo — 3,300 hab. — Petite place forte, moins recommandable par son apparence guerrière qu'intéressante par sa position et par l’industrie de ses habitants. Elle est située sur la rive gauche du Tech, environnée de hautes et sauvages montagnes, et bâtie en amphithéâtre, sur une pente assez rapide, dont l’église paroissiale occupe le sommet.— Cette place de guerre est commandée par le fort La Garde.

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